Miscellanées du Bibliophile: mes hommages Madame de Gouges, PIBI aka Pierre Berès is back, fantaisies et vraies curiosités autour du livre

Amis Bibliophiles bonjour,
Le salon du livre ancien qui se tenait auparavant à Saint-Germain-en Laye et que nous étions plusieurs à trouver trop loin de la capitale, surtout pour les provinciaux, se tiendra désormais dans le  11e arrondissement de Paris. Sa 19e édition se tiendra salle Olympe de Gouges, au 15 rue Merlin du vendredi 30 au dimanche 2 décembre. L’entrée est libre, les horaires sont souples (16-20h le vendredi, 11-19h le samedi et 11-18h le dimanche), toutes les conditions sont donc réunies pour faire de ce presque nouveau rendez-vous une réussite et l’imposer progressivement pour succéder à un salon de Champerret dont je n’ose même plus écrire qu’il est déprimant.
Je ne serai hélas pas salle Olympe de Gouges, mais vous pourrez par exemple y retrouver deux librairies que j’aime beaucoup, les librairies Cambon et Lamort, qui proposent toujours de bons livres, souvent bien reliés et à des prix que j’ai toujours trouvés attractifs.

Dernier salon de 2012, dernières ventes aussi, avec de beaux rendez-vous programmés, où je sera cette fois présent! C’est l’avantage de faire chou blanc pendant quelques ventes, me voici riche de livres non achetés, et bien décider à en découdre. 
A notre, comme le soulignait Olivier, une vente Berès (et oui!), qui se déroulera chez Christies les 12 et 13 décembre 2012. « Pierre Berès à livre ouvert » proposera un ensemble de 662 lots composé pour la première moitié de lots imprimés (livres, etc) et pour la seconde d’objets divers et de meubles. On aimerait en savoir plus, et notamment pourquoi ces lots n’ont-ils pas fait partie des ventes précédentes? (http://www.christies.com/salelanding/index.aspx?intSaleID=23916).
Quelques jours plus tard, le 19 décembre, se déroulera une vente bien curieuse, chez Pierre Bergé & Associés cette fois-ci , la 3ème Partie de la vente Jean-Paul Morin, « Utopistes et Révoltés du 19ème siècle », intitulées « Fantaisies et curiosités autour du livre ». Et il faut avouer qu’elle porte bien son nom. Ce sera en effet l’occasion de croiser de nombreuses bizarreries: cabinet d’aisance portatif, livres à système, livres et bibliothèques miniatures, boîtes à musique, tranches peintes, une reliure instrument, bref un invraisemblable à la Prévert!(http://www.pba-auctions.com/html/index.jsp?id=14389&np=2&lng=fr&npp=100&ordre=1&aff=1&r=).
Les amateurs ne manqueront pas d’être surpris et tentés par quelques lots, reste à savoir comment les intégrer dans votre bibliothèque. Personnellement, j’avoue avoir un faible pour la reliure instrument, le globe parapluie et le cabinet d’aisance portatif, dont l’estimation est somme toute faible (200 – 400 €)… mais ensuite qu’en faire?   Débuter un cabinet de curiosités autour du livre? Et alors que je suis en pleine disette? 
Quelques lots étonnants de la vente Morin:
8- [RELIURE ROMANTIQUE]. La Sainte Bible traduite par Lemaistre de Sacy. Paris, Furne et Cie, 1843-1841. 4 volumes grand in-8, chagrin prune, dos à quatre nerfs carrés ornés de caissons de filets dorés, quadruple filet doré et à froid encadrant les plats ornés d’un décor d’entrelacs de filets dorés droits et courbes, coupes et bordures intérieures filetées or, doublures et gardes de moire blanche, tranches dorées, ciselées et illustrées de sept compositions peintes (D. Boegner, rue de la Harpe 21). Edition romantique illustrée d’un plan de Jérusalem et de 32 figures gravées en taille-douce d’après Raphaël, Vernet, Poussin, Lebrun, Rubens, Van Dyck, Rembrandt, Murillo, Raffet, Johannot, etc. Chacune est protégée par une serpente de papier rose. Le premier volume est à la date de 1843; les trois autres sont datés de 1841. Spectaculaire et rare spécimen de reliure romantique française avec tranches dorées, ciselées et décorées, en tout, de 28 compositions peintes dans le goût des miniatures. 28 tableautins aux couleurs vives (7 par volumes, tous différents): Tentation, Jésus au milieu des docteurs, Sacrifice d’Abraham, David et Goliath, Jugement de Salomon, Tobie et l’ange, etc. La reliure est l’oeuvre de Dominique Boegner, relieur d’origine allemande, comme plusieurs de ses confrères de la même époque, dont l’atelier était installé à Paris, 21 rue de la Harpe. Son nom, omis par Fléty, est cité par Charles Ramsden d’après le présent exemplaire qui a figuré dans la collection de Grace Whitney Hoff. Cette reliure semble être, sinon la seule, à tout le moins l’une des très rares connues sorties de cet atelier. (Ramsden, French Bookbinders 1789-1848, p. 37.- Bibliothèque de Mme G. Whitney Hoff, 1933, II, nº 599). Les reliures avec tranches peintes du XIXe siècle furent le plus souvent exécutées en Angleterre et un peu en Italie; ce spécimen exécuté à Paris dans les années 1840 est en tous points exceptionnel. Un chef-d’oeuvre de la reliure romantique
13- [BIBLIOTHÈQUE MINIATURE]. Dessin.- Musique.- Divers. Paris, A. Tahan, sans date [vers 1850]. 3 volumes in-8 oblong, demi-maroquin rouge, dos filetés or, étuis de demimaroquin rouge, dos richement ornés or et à froid, et 2 volumes factices, ornés de même, le tout contenu dans un meuble-bibliothèque en palissandre, porte sur charnières avec serrure (reliure et meuble de l’ époque). Ravissante bibliothèque romantique renfermant trois albums destinés à recevoir les partitions, poèmes et dessins d’une jeune femme. La bibliothèque en palissandre, ornée de listels de bois clair et dotée d’une porte montée sur charnières, renferme cinq volumes, dont deux sont factices: les trois autres sont des albums oblongs en demi-maroquin contenus dans des étuis également en demi-maroquin portant en titre: Dessins, Musique et Divers. Chaque album est orné, en frontispice, d’une lithographie de Louis Lassalle mettant en scène une jeune femme, « tirant le portrait » de sa petite soeur qui joue à la poupée, jouant du piano entourée d’amis ou écrivant. Les papiers sont choisis en fonction des albums; papier à musique, papier réglé, papier à dessin, blanc et de différentes couleurs. Ces carnets sont vierges, à l’exception du volume Divers dont les deux premières pages portent un poème manuscrit intitulé « Le Jour de l’an ». Délicieux objet romantique en très bel état de conservation. On regrette que la jeune personne qui l’a possédé n’ait inscrit qu’un seul poème et n’ait pas conservé la clef. La bibliothèque d’une jeune femme romantique.Diverses boîtes34 – DELILLE – Les Oeuvres. Paris, Giguet et Michaud, 1802-1821. 19 volumes in-8, cartonnage à la Bradel de papier de huit tons différents, pièces de titre, de tomaison et ex-libris de maroquin rouge, vert ou noir, gardes et protègestranches de papier de différentes couleurs (reliures de l’ époque). Première édition collective, en partie originale. Elle est illustrée de 38 figures hors texte gravées d’après Monsiau, Moreau le Jeune, Myris Catel etc. et 8 vignettes gravées. La collection sacre le poète académicien (1738-1813) que l’Empire venait de hisser au rang de chef de file du néo-classicisme. Dans le même temps, les premiers romantiques le considéraient comme un maître. Ravissante collection reliée, à l’époque, en cartonnages à la Bradel de couleurs différentes. Chaque volume est pourvu d’un protège-tranches en papier de couleur. Le mariage des teintes entre les différents titres, de même qu’entre les gardes, les tranches et les plats est très réussi. Les reliures ont été exécutées pour Emile Deschamps, de Saint-Amand (1791-1871), avec son nom doré en pied des dos. Poète et traducteur comme l’abbé Delille, Emile Deschamps tint un salon littéraire où l’école romantique se réunissait. Victor Hugo y présenta en avant-première Hernani, Les Orientales et Cromwell. Cartonnages légèrement défraîchis par endroits, 3 pièces de tomaison manquantes. Cartonnages multicolores du XIXe siècle, avec protège-tranches18- Boîte de dévotion sous forme de livre. Sans lieu ni date [XVIIIe siècle]. Bois peint, ouverture à charnières (8,5 x 5,5 cm). Curieux objet d’art populaire portatif imitant la forme d’un livre de poche. Les deux pans intérieurs de la boîte en bois peint sont creux et décorés de petits tas de papier mâché, entourés de minuscules rouleaux de papier. A chaque tas est assigné le nom d’un saint imprimé en latin: S. Flaviæ, S. Natalis, S. Annæ, S. Agnetis, S. Damiani, S. Donati, S. Pieæ, S. Aurelii, S. Foelicis, S. Maximi, etc. Le tout est contenu dans un cadre en bois peint. Très bon état de conservation. On joint: Livre en bois peint et doré. Vers 1700. Bois sculpté et plâtre: 9,5 x 16 cm. Ce joli livre-objet figurant une reliure à fermoirs était sans doute un élément d’une sculpture figurant un personnage. Le revêtement en plâtre a été recouvert en rouge pour le dos et les plats. Les tranches sont peintes en or. Peinture écaillée par endroits, sinon en bon état de conservation. Un reliquaire portatif41- [GLOBE-PARAPLUIE]. De Elsevier-Globe, naar de nieuwste bronnen bewerkt onder toezicht van Dr. G.J. Dozy, gratispremie op et Boek der reizenen ontdekkingen. Rotterdam, Uitgevers Maatschappij Elsevier, sans date [1881]. Globe dépliant imprimé sur tissu et monté sur un mécanisme de parapluie en métal; boîte en bois. Beau globe-parapluie imprimé en couleurs sur tissu. Il a été publié en 1881 par la firme Elsevier de Rotterdam pour être offert en prime aux acquéreurs de la traduction hollandaise de l’Histoire des grands voyages et grands voyageurs de Jules Verne, traduite et adaptée par G.J. Dozy. Il s’inspire du New Portable Globe de Betts, édité à Londres dans les années 1860. Quelques piqûres et marques. Petite déchirure sans manque en pied. Le globe est préservé dans une boîte ancienne en bois, mais ce n’est pas celle, imprimée, de l’éditeur. Un globe destiné aux lecteurs hollandais de Jules Verne45- [HERVIER, chanoine de Saint-Chamond]. Horloge perpetuelle ou Cadran solaire, lunaire et stellaire pour l’année bissextile 1748. Lyon, Aymé Delaroche, 1748. In-12, cartonnage souple de l’éditeur orné de gravures sur les plats. Livret de toute rareté et très curieux. Il se compose d’un calendrier pour l’année 1748, d’une table des hauteurs du soleil et de la lune, d’une table des principales étoiles et de méthodes de calcul. Ainsi, pouvait-on connaître l’heure, mesurer les distances ou les hauteurs « sans avoir besoin d’autres instrumens que de ce petit livre », grâce à sa reliure. De fait, le cartonnage orné de deux gravures a été conçu pour servir d’instrument de calcul, dont le mode d’emploi est expliqué dans le texte. En avertissement, l’auteur estimait qu’il ne s’agissait que d’un « essai, qui augmentera suivant le goût du public ». Il semble pourtant qu’il n’y ait jamais eu que cette seule édition. L’ouvrage est annoncé dans le Mercure de France ainsi que dans les Mémoires pour l’ histoire des sciences et des Beaux-Arts de 1748: « Ceci est un des plus jolis calendriers qu’on puisse imaginer. La couverture seule peut donner envie de l’acquérir. » Le rédacteur de l’article explique ensuite comment utiliser les gravures ornant le cartonnage et attribue l’ouvrage anonyme à Hervier, chanoine de Saint-Chamond. (Lalande, Bibliothèque astronomique, p. 435.- Tardy, Bibliographie générale de la mesure du temps, p. 130). Rarissime « reliure-instrument » du XVIIIe siècle101- Reliure à système renfermant un cabinet d’aisances portatif. Eléments repliés, en bois et en cuir, dans un volume grand in-folio du XVIIIe siècle (47 x 33 x 8 cm), basane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre de basane citron. Curieux cabinet d’aisances portatif dissimulé dans une reliure. Il est constitué de deux tablettes rabattables montées sur charnières, l’une, en bois, servant de support, l’autre ajourée et recouverte de basane marbrée faisant office de lunette. La pièce de titre annonce un « Voyage des Pays-Bas », mais on suppose que ce cabinet d’aisance peut également servir à un bibliophile pressé lors d’escapades ailleurs qu’en Hollande. Le tout est fixé dans une reliure ancienne entièrement restaurée, dont les gardes ont été renouvelées. Trous de ver au dos.H

La lettre du bibliophile

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Miscellanées du Bibliophile: l’iris de Carlos Schwabe, bleus à l’âme, de la lecture et de la possession, brumes au Temps Retrouvé

Miscellanées du Bibliophile: l'iris de Carlos Schwabe, bleus à l'âme, de la lecture et de la possession, brumes au Temps Retrouvé

Amis Bibliophiles bonjour,
Une peur bleue, j’ai rêvé que mes maroquins changeaient de couleur, qu’ils se transformaient en veau ou en vélin (oui, oui, il s’en trouvera toujours pour dire qu’un beau veau ou un beau vélin, c’est mieux qu’un beau maroquin, exactement comme une Citroën Picasso est plus belle qu’une Jaguar Type E)… 
Luxure II, « Rien que pour vos bleus »Mais les bleus sont bien bleus. Ouf.

Début septembre, je confondais les poireaux et les iris… J’avais en effet découvert chez mon relieur cette jolie affiche: elle figure une jeune femme à côté d’une presse, sur laquelle souffle Eole je pense, et a été produite pour le « Cercle Grolier de Paris – SOCIETE DE PROPAGATION DU LIVRE D’ART MODERNE  FRANCAIS – « Fondation Charles Meunier » – Exemplaire imprimé pour Monsieur Georges Dubuffet, membre fondateur. 


Le mystère, c’était le poireau. Pourquoi dans cette création de Carlos Schwabe et datée de 1903, la jeune femme tenait-elle un poireau? C’est Samuel, lecteur du blog, qui a eu la gentillesse de m’informer que ce poireau est en fait un iris. Cette affiche est en fait une allégorie de la reliure, et la femme qui tient un iris est reprise d’un dessin de 1897.

On retrouve aussi cette jeune femme à l’iris dans une aquarelle de Carlos Schwabe portant une dédicace de Schwabe à Meunier (Aquarelle et encre de chine sur carton, Paris, collection Madame Lucile Audouy, reproduite dans l’ouvrage de Jean-David Jumeau-Lafond : Carlos Schwabe, Symboliste et visionnaire, ACR éditions, 1994 (pp. 106-107).) C’est probablement à partie de ce dessin (en supprimant la dédicace manuscrite) qu’a été faite l’estampe de mon relieur. Reste à savoir pourquoi l’iris? J’ai cherché des informations sur la symbolique de l’iris, rien de bien concluant…

Quelques lignes, découvertes par Benoît dans une plaquette intitulée « Ten Little Books ». « Cette plaquette, réalisée à l’occasion du dixième anniversaire de la galerie Arenthon et de son installation à la nouvelle adresse, 3 Quai Malaquais, a été tirée par l’Imprimerie Union à 1999 exemplaires le 15 février 1983 pour le compte et le plaisir de Lucien Desalmand. (Plaquette agrafée non paginée [12 pages], dimensions 205 x 150 mm, sous couverture imprimée.). En incipit ce petit texte de Lucien Desalmand : 
« Dix petits livres:J’entrai du pied droit dans cette librairie du boulevard, un peu pour tuer le temps, un peu comme ces vieilles dames peintes qui, sur le coup de cinq heures, engouffrent leurs fourrures dans les pâtisseries et compensent la vacuité de leur existence par des symphonies de tartelettes et des concerti pour personne seule et crème fouettée; mais j’entrai aussi avec la ferme intention d’acquérir un ouvrage qui aurait eu à la fois la délicatesse de la pâte feuilletée et le goût de la frangipane.
Comme à l’accoutumée, m’attendaient sur un rayonnage de gauche les oeuvres complètes et baranisées de Balzac, tandis que sur ma droite toute une rangée contenait depuis quinze ans les soixante-dix volumes des oeuvres de Voltaire ; je joignis à celle des libraires ma reconnaissance envers ces deux écrivains qui auront, en tout cas, contribué au remplissage des librairies, mais distinguai cependant sur la cheminée, encadré par deux réductions d’amphores bavaroises montées sur des socles Empire, un lot de dix petits livres, fraîchement déposés là, dans l’attente d’une prochaine mise en catalogue. 
Décidé à en faire l’examen un peu plus tard, je m’enhardis sur l’échelle de bambou, à l’assaut de la bibliophilie franco-monégasque et examinai quelques-uns des gros puddings, acquis généralement par les maris des dames qui entrent dans les pâtisseries à cinq heures ; je ne réussissais pas à trouver un livre à mon goût, partagé que j’étais entre le localisme tendre des textes et le parnasse paysan des illustrations ; arrivé au bas de l’échelle, je constatais qu’un espace s’était créé entre l’une des amphores et le reste des livres ; en effet, ils n’étaient plus que neuf ; mais cette contrariété ne devait pas m’empêcher de poursuivre, comme à mon habitude, l’examen systématique du magasin ; je montais et descendais, dessinais des lignes de démarcation, établissais des recoupements avec les prix d’autres librairies lorsque, à l’occasion d’un coup d’oeil rapide vers la cheminée, je constatai que l’espace s’était agrandi ; les livres n’étaient plus que huit ; il me fallait donc aller plus rondement dans l’examen des « trésors » du libraire ; je feuilletai rapidement les originales, retournai les « beaux-arts », entrouvrai les illustrés sans pour autant découvrir le livre parfait, et laissai aller mes regards sur les étagères les plus élevées, aussi désemparé que Marcel au treizième tome du Temps Perdu ou qu’un lecteur de Proust à la fin de la seconde phrase. 
Pour calmer mon désarroi je me rapprochai de la cheminée. Elle était vide! Le célèbre mécène Marcel Rodopacchi, qui devait sa fortune au succès foudroyant de l’ondulation Marcel ainsi qu’à son monopole sur la gaine compensée à micro-ondes, venait d’enlever d’un seul coup les cinq derniers ouvrages et s’apprêtait à payer comptant, en application très courtoise des usages de la librairie. 
Pris de court, je quittai précipitamment la boutique, avec, dans les oreilles, le tintinabulement de la sonnette de la porte et, accroché à mes basques, le regard suspicieux du mercanti ; je marchais à grand pas sur le trottoir d’en face quand je m’aperçus que les lettres de l’enseigne de mon libraire : « AU TEMPS RETROUVE » semblaient briller d’un éclat particulier. 
Les pensées qui agitaient mon esprit vinrent se fixer sur ces lettres pour ne former qu’une seule image, comme autrefois les clochers d’Illiers et de Combray et je compris, dans cet instant révélateur, que si la lecture d’un livre pouvait être un moyen de passer le temps, sa possession, encore plus que sa lecture, pouvait être un moyen de le RETROUVER. »
Brumeux, mais sympathique.
H

10 Commentaires

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  2. Et puis appeler son fils Platane… Ça passe à la rigueur quand on s'appelle Bibrahimovic…

    Trêve de plaisanterie je serai curieux (comme pour toutes les ventes) d'en savoir plus sur celle-ci.
    Après elle tombe bien, c'est bientôt Noël…

    Suis toujours preneur d'une bio copieuse, très documentée, etc. sur ce parcours incroyable. Un livre quoi…

  3. Drôle de catalogue Berès tout de même, des livres variés et inégaux jusques aux fauteuils et au coupe-papier… J'avoue aussi être un peu dérangé par l'aspect hagiographique mâtiné d'un côté Point de vue Image du monde… Un peut show-off pour tout dire.
    S.D.

  4. Oui ça avait l'air gentil chez lui. Je n'aurais pas dit non à un petit barbecue à Saint-Tropez (une de ses rares fautes de goût? quoi que la vue sur le golfe est formidable).

    Bon je crois qu'on est d'accord c'est un type fascinant. Il n'y a pas une biographie disponible ou quelqu'un volontaire pour s'y coller?

    Bien à vous tous,
    Olivier

  5. La boîte de dévotion me semble un reliquaire portatif avec décor de paperolles. Il faut voir l'objet de près mais les "petits tas de papier" pourraient-ils être des débris d'os? Habituellement ces reliquaires sont fermés par des plaques de mica.

    Lauverjat

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