Bibliophilie et Sciences: Mariotte, physicien du XVIIéme.

Amis Bibliophiles bonjour,

L’abbé Edme Mariotte (1620?-1684), contemporain de Newton,  fut l’un des premiers membres de l’Académie des sciences créée en 1666. Ses Essais de physique, au nombre de quatre, qui commencent à paraître à Paris entre 1676 et 1679, comptent parmi ses travaux les plus importants.

Essays de physique ou mémoires pour servir à la science des choses naturelles: de la végétation des plantes – de la nature de l’air – du chaud et du froid.Paris, E. Michallet. 1679.1 volume in-12 ; (4), 179 pp. – (4), 231 pp, 1 pl. – (4), 72 pp.

Le second essai, De la nature de l’air, contient l’observation que le volume des gaz varie inversement à la pression, fait qui avait été découvert en 1660 par Robert Boyle. Tous les lycéens connaissent cette observation sous le nom de Loi de Boyle-Mariotte.Dans son essai De la végétation des plantes, il est l’un des premiers à étudier scientifiquement le fonctionnement des végétaux.  Il s’intéresse à la circulation de la sève.  Ces essais constituent le plus important ouvrage de physiologie végétale du XVIIème siècle. Les commentaires parus dans le Journal des Scavans des 21 août 1679, 11 septembre 1679 et 20 novembre 1679, sont particulièrement intéressants.Un quatrième essai, De la Nature des Couleurs‎, a paru en 1681 [A Paris, Chez Estienne Michallet, 1681.  In-12 ; (8), 575 (i.e. 755), (1) pp, 17 pl. avec un certain nombre d’erreurs de pagination]

Traitté de la percussion ou chocq des corps.Paris, Michallet. 1684.1 volume in-12 ; (2), 419, (1) pp, 3 pl.
Dans cet ouvrage important Mariotte  s’oppose à Descartes et donne les règles des chocs élastiques et inélastiques. Il s’appuie sur les travaux de Wallis, Wren et Huygens. Mariotte souligne que ce n’est pas le poids mais la quantité de matière d’un corps qui intervient dans la quantité de mouvement, et par suite dans le choc.  On lui doit un appareil à boules sphériques servant à démontrer la conservation de la quantité de mouvement pendant un choc élastique, appareil qu’on trouve maintenant sous forme de gadget.La première édition, très rare, date de 1673 [Paris Etienne Michallet in-12 :(2) 298 pp. mal ch. 288, 2 pl.]

Traité du mouvement des eaux et des autres corps fluides…Paris, J. Jombert. 1700. 2ème édition.1 volume in-12 ; (12), 390, (18) pp.
Ce traité d’hydrodynamique résulte des travaux de distribution d’eau entrepris à Versailles. Il fut publié la première fois en 1686 par La Hire. Cette deuxième édition est augmentée des règles sur les jets d’eau issus d’un orifice percé dans la paroi d’un récipient. Mariotte expose une idée toute nouvelle pour l’époque à savoir que l’eau contient « de l’air », nous dirions gaz,  en dissolution:  « il y a quelques parties étrangères et hétérogènes dans l’eau, lesquelles se transforment en air, par une grande chaleur… »


 Œuvres de M. Mariotte de l’académie royale des sciences comprenant tous les traitez de cet auteur…La Haye, Jean Neaulme. 1740. Nouvelle édition.1 volume in-4 ; (10), (2) pp, pp 3 à 320, 13 pl. – (4), (1) pp, pp 322 à 701, 13 pl, (35) pp.
La première édition des œuvres complètes de Mariotte date de 1717 ( Leiden, Pieter van der Aa, 1717. (12), 701, (35) pp, 26 pl.) Cette seconde édition reprend tous les textes déjà publiés plus un texte inédit.
Tome premier. Traité de la percussion ou Choc des corps – Essais de physique: De la végétation des plantes.  De la nature de l’air.  Du chaud et du froid. De la nature des couleurs.Tome second. Traité du mouvement des eaux et des autres corps fluides – Règles pour les jets d’eau -Nouvelle découverte touchant la vue, continue en plusieurs lettres – Traité du nivellement – Traité du mouvement des pendules – Expériences touchant les couleurs et la congélation de l’eau – Essai de logique, contenant les principes des sciences, et la manière de s’en servir pour faire de bons raisonnements.
Bernard

La lettre du bibliophile

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Bibliophilie et Sciences: un propagateur du Cartésianisme, Pierre-Sylvain Régis

Bibliophilie et Sciences: un propagateur du Cartésianisme, Pierre-Sylvain Régis

Amis Bibliophiles bonjour,

Pierre Sylvain Régis est né en 1632, dans le comté d’Agénois. 


Après de brillantes études à Cahors, chez les Jésuites, il vient étudier la théologie à Paris. Il y suit les conférences publiques de Rohault et abandonne la théologie pour la philosophie de Descartes. En 1665, il reçoit de Rohault et de la société cartésienne de Paris la mission d’enseigner la philosophie nouvelle à Toulouse.  Ses leçons ont un succès immédiat: savants, ecclésiastiques, magistrats, dames du monde  viennent s’initier à la nouvelle philosophie.  Fontenelle note: « Messieurs de Toulouse, touchés des instructions et des lumières que M. Régis leur avait apportées, lui firent une pension sur leur Hôtel-de-Ville, événement presque incroyable dans nos mœurs et qui semble appartenir à l’ancienne Grèce. » En 1671, Régis ayant accompagné le marquis de Vardes à Montpellier, y enseigne publiquement le cartésianisme avec le même succès qu’à Toulouse. Il revient ensuite à Paris où il continue les conférences de Rohault.  Mais l’éclat de ces leçons contrarie l’Eglise. L’archevêque de Paris demande à Régis de suspendre ses conférences. Régis rédige alors son cours pour en donner une exposition systématique et complète. Mais ce n’est qu’au bout de dix ans, et avec les plus grandes difficultés, qu’il obtient, en 1690, la permission de l’imprimer, à la condition d’effacer du titre le nom de Descartes.

Système de philosophie contenant la logique, la métaphysique, la physique et la morale.Paris, Anisson, Posuel et Rigaud. 1690. EO.3 volumes in-4 ; portrait, (40), 480, (92) pp. – (14), 648, (49) pp, 1 carte – (16), 544, (45) pp.
Dans son Histoire de la philosophie cartésienne, parue en 1854, Bouillier écrit :  « Pierre Sylvain Régis, a plus fait encore que Rohault pour la propagation de la philosophie de Descartes. Non seulement il l’a enseignée, à son tour, avec le même succès, dans les conférences de Paris, mais il l’a, pour ainsi dire, prêchée avec un éclat extraordinaire dans différentes parties de la France. Il a travaillé à coordonner, à systématiser et à compléter, dans un grand ouvrage, toutes les parties de la philosophie de Descartes, tout en la défendant à la fois contre les excès du dedans et les attaques du dehors, contre Spinoza et contre Huet. »La physique occupe pratiquement deux volumes ; elle est illustrée de nombreuses figures dans le texte.

Une seconde édition paraît en 1691 à Amsterdam chez Huguetan sous un titre modifié :  Cours entier de philosophie ou système général selon les principes de M. Descartes contenant la logique la métaphysique la physique et la morale. Elle est augmentée d’une préface par Coste et d’un discours sur la philosophie moderne. Une autre édition en 7 volumes in-12 paraît en 1691 à Lyon chez  Anisson, Posuel et Rigaud.
Ce système de philosophie est critiqué par Jean-Baptiste Duhamel (1623-1706), premier secrétaire de l’Académie des Sciences dans ses  Réflexions critiques sur le système cartésien de la philosophie de M. Régis  parues en 1692.

Réflexions critiques sur le système cartésien de la philosophie de M. Régis.Paris, Edme Couterot. 1692. EO.1 volume in-12 ; (16), 344 pp.
Régis répond la même année:

Réponses aux réflexions critiques de M. Duhamel sur le système cartésien de la philosophie de M. Régis.Paris, Cusson. 1692. EO.1 volume in-12 ; (12), 263 pp.
Dans la préface l’auteur note : « … les Réflexions Critiques de M. du Hamel sur mes Ecrits, regardent plûtost la doctrine de M. Descartes en général, que mon Système de Philosophie en particulier je suis pas à pas M. du Hamel, en luy répondant chapitre par chapitre. »
Les critiques de Malebranche paraissent en 1693 :

Réponse du P. Malebranche, prestre de l’oratoire, á monsieur Régis.Paris, André Pralard. 1693.1 volume in-12 ;  (2) pp, pp 3 à 70, (2) pp.
Régis a répliqué dans le Journal des sçavans des 23 et 30 janvier 1694. Malebranche a répondu la même année dans ce journal.
Le cartésianisme a également été combattu par Pierre-Daniel Huet (1630-1721) dans son fameux livre Censura philosophiae cartesianae, publié en 1689. Régis réplique  point par point en 1691:

Réponse au livre qui a pour titre P. Danielis Huetii, episcopi suessionensis designati, censura philosophiae cartesianae. servant d’éclaircissement à toutes les parties de la philosophie, surtout à la métaphysique.Paris, Chez Jean Cusson, 1691.1 volume in-8 ; (12), 331, (2) pp.
« Pour procéder donc à cette réponse avec le plus d’ordre qu’il me sera possible, je tâcherai de suivre l’auteur pas à pas. Pour cet effet, je diviseray chaque chapitre de son livre en ses articles, et je répondray en suite à chaque article selon l’ordre qu’il aura          esté proposé ; observant toujours cette règle, que je mettray au commencement le propre texte de l’auteur traduit en français, pour la facilité de ceux qui n’entendent pas le latin. »         
Descartes avait encore des difficutés à s’établir en France que déjà Newton régnait en Angleterre.
Bernard

3 Commentaires

  1. Encore un personnage capital de la Science du XVIIIe siècle.
    Il est réconfortant de constater que beaucoup des grandes lois fondamentales de la physique sont extrêmement simples : la loi de Mariotte, la loi d'ohm, la puissance électrique, les lois de la gravitation et de l'attraction électrostatique, etc. Bien sûr, dans un langage moderne, il est possible de les rendre totalement incompréhensibles, ce que certains ne manquent pas de faire.
    Mais Bernard nous démontre régulièrement que la langue peut aussi servir à se faire comprendre.

    René

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