Paul Bonet était la solution…

Amis Bibliophiles Bonjour,

La réponse à l’énigme d’hier était Paul Bonet. Vous fûtes nombreux à m’envoyer des emails et je vous en remercie. Certains de vous m’ont proposé Bradel, Marius Michel ou même Hetzel, mais c’est Olivier qui le premier est revenu vers moi avec la bonne réponse. Bravo à lui.
Paul Bonet (1889-1971) est un artiste et un technicien du livre moderne, rendu célèbre auprès des bibliophiles par ses reliures d’art mais aussi par ses maquettes de reliures industrielles. Un bibliophile pourra donc aussi bien croiser l’une de ses reliures d’art qui se négocient en général fort cher, que des cartonnages dits « sur la maquette de Paul Bonet », qui sont en fait des titres de la maison Gallimard.
En effet, entre 1941 et 1967, Gallimard fait paraître 552 titres sous une présentation inhabituelle. Contrairement aux couvertures en papier des exemplaires du tirage ordinaire, ces livres ont une reliure cartonnée, parfois recouverte de toile de lin, et ornée d’un décor original. Les projets de couverture sont conçus par différents artistes, mais la plupart d’entre eux sont l’œuvre de Paul Bonet ou du peintre Mario Prassinos.

Quand on lui demande de participer à cette expérience, Paul Bonet est déjà un relieur renommé. Les décorations de reliures qu’il va créer pour cette série de cartonnages, ressemblent donc fortement aux créations uniques qu’il a déjà dessinées pour des reliures faites à la main. On y retrouve le même esprit. Ces versions populaires font rapidement connaître son travail auprès d’un plus large public. Pour une reliure unique, il aurait procédé à des incrustations en cuir de diverses couleurs ; dans le cas des « cartonnages de la Nrf », le décor polychrome est imprimé en plusieurs passes.
Les titres concernés ne sont pas uniquement des premières éditions, mais aussi des rééditions (à l’occasion d’une édition définitive ou d’une simple recomposition de l’ouvrage) et des premières traductions, qui sont ainsi revêtues d’une couverture plus moderne. De nos jours, « les années 50 » suscitant à nouveau un vif intérêt, ces reliures industrielles sont désormais très recherchées par les collectionneurs.
Une bibliographie a été consacrée à ces éditions par le libraire J.-E. Huret.

H
Images : trois reliures d’art de Bonet et un cartonnage

La lettre du bibliophile

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Compte-rendu de la vente de l’Atelier Simier, suite et fin

Compte-rendu de la vente de l'Atelier Simier, suite et fin

Amis Bibliophiles bonsoir,
Après en avoir tant parlé, il est normal d’aller jusqu’au bout et de vous livrer les dernières informations sur la vente elle même, où le Blog du Bibliophile avait dépêché un envoyé spécial.
Pas de chance pour ceux que l’habitude avaient conduits à Drouot, puisque cette vente prestigieuse se déroulait Avenue Montaigne, l’annexe prestigieuse de l’hôtel des ventes.
Moquette profonde, écrans, convertisseur de monnaie, et près de 200 sièges attendaient les amateurs qui se bousculèrent pour avoir le privilège de faire face à la douzaine de personnes appartenant à l’étude et à M. de Coligny.
Le rythme de la vente fut très lent: 150 lots seulement après plus de deux heures de vente, quand nos amis belges ou allemands écoulent 120 lots à l’heure (mais est-ce bien raisonnable). L’assemblée est faite de bibliophiles, d’amateurs divers, de libraires (respects appuyés à Mme Lamort et M. Galantaris) et de journalistes qui filment ou photographient l’événement.
Des ecnhères, je ne vous dirai pas grand chose, si ce n’est qu’une nouvelle fois, les écarts furent importants entre les estimations et les résultats, et ce dans les deux sens… Ainsi si les fers de l’Empereur (131 et 132 notamment) étaient curieusement estimés pour le premier à 400 euros et pour le second à 20000 euros, ils finirent tous deux dans les mains du même amateur, pour respectivement 9000 et 25000 euros; suscitant d’ailleurs de nombreux commentaires dans la salle.
De nombreux lots furent préemptés, que ce soit par la bibliothèque de Lunel, celle du Mans, la BNF ou les Archives Nationales,
Parmi les lots les plus attendus figuraient le matériel de l’atelier proprement dit, dont la fameuse presse à balancier offerte par Charles X…. et ce fut semble-t-il une déception pour le commissaire-priseur puisque la presse à étoile se vendit pour 36000 euros (estimation: 40 – 80000 euros) et la presse à balancier pour 65000 euros, une somme certes, mais elle était estimée à 70 – 100000 euros. Le fût à rogner connut la même infortune et fut vendu en dessous de l’estimation.
Dès lors, mais c’est sans doute une analyse personnelle, il m’a semblé que le CP faisait durer le plaisir sur chaque lot afin de compenser ce manque à gagner important, d’où un important retard, comme je l’ai déjà évoqué.
Las, contrairement à mes projets, je n’ai pu acquérir les fers de la Pompadour, que j’avais prévus d’employer à dorer tous mes maroquins (surtout les 19ème). Ils partirent respectivement pour 2000 euros (lot 138, est. 200/300 euros……), et 2800 euros (lot 139, est. 100/200 euros). Je suis de ces gogos qu’on attire avec des estimations faibles, voyez-vous. Je m’y laisse encore prendre.
Au final? Un bon moment, un peu lent, mais voir défiler ces fers c’est voir défiler une partie de l’histoire de la reliure, en particulier les fers qui n’étaient point aux armes (cathédrales, fleurons, etc.). Pour tous ceux qui étaient présents, un lot de consolation cependant, et non des moindres, puisque vous pouviez repartir avec un catalogue fort joliment fait pour rien.
H
En exclusivité, une photo de la vente, comme si vous y étiez.

6 Commentaires

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