Images autour du livre V: de la reliure pour protéger la vertu des jeunes bibliophiles

Amis Bibliophiles bonjour,

Voici une amusante reliure d’édition sur un « Livre de médecine » assez courant mais qui présente parfois la particularité d’être équipée d’un fermoir à clef, précaution utile pour freiner l’intérêt bien légitime des adolescents toujours friands de descriptions et illustrations instructives.
De la « bibliophilie » à bas coût, ou si on aime mieux de la tératobibliophilie.
H
P.S.: texte et image de René.

La lettre du bibliophile

Si cette chronique vous a plu : recevez trois nouvelles par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d'archives, quelques milliers de lecteurs.

Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.

À lire ensuite

Les différents types de reliure: la reliure brodée au XVIIIe

Les différents types de reliure: la reliure brodée au XVIIIe

Amis Bibliophiles bonsoir,

Voici un livre qui entre largement dans les critères “bon marché” de Benoit, fruit d’une chine dans un déballage de fin de semaine “où je ne trouve jamais rien”.

Il s’agit d’un petit livre (94 mm x 60 mm) couvert d’une broderie sur soie vieux-rose. Les encadrements sont constitués de pièces métalliques rebrodées, les plats sont ornés d’un médaillon formé d’un miroir de mica étamé serti d’un galon doré et maintenu par la broderie argent des lambrequins, au dessus d’une corbeille dorée brodée. Les deux plats présentent le même décor, le miroir porte un monogramme CAD.  Le dos à faux nerfs brodés porte l’inscription “ANE 1779″. Les tranches sont dorées, deux signets de soie, l’un rouge l’autre bleu sont cousus dans la coiffe. Les contre-plats sont recouverts d’un papier marbré imprimé d’un motif doré. Un petit étui de carton couvert d’un papier gaufré à l’imitation du tissu et bien dans le style des papiers d’Augsbourg protège le livre.

Le  sujet du livre “Les bonnes étrennes utiles aux chrétiens” à Paris chez Valade, ne nous surprend pas. La seconde moitié du XVIII e siècle marqua un réel engouement pour les petits almanachs en tous genres.  Nous ne comptons plus les Calendriers, Almanachs, Etrennes Mignonnes, Etrennes Nouvelles, Etrennes spirituelles etc, dont John Grand-Carteret a publié un inventaire à Paris en 1896. Ces petites publications bénéficient assez souvent de reliures à décor.

Leurs reliures de soie brodée, s’ornent sur les plats d’un médaillon  peint armorié ou d’une miniature ou d’une gravure, parfois sous mica ou d’un miroir, ou de compositions brodées multicolores ou or et argent.
Quelques exemplaires sont passés en vente Chez Alde le 24 avril 2008 (bibliothèque Claude L.) ou chez Thierry de Maigret le 6 avril denier.

Pour finir sur ce livre le “Calendrier pour l’année bissextile MDCC.LXXX.” enserre l’unique cahier du livre. Ainsi les premières pages du calendrier ouvrent le livre et les dernières le ferment. Bon, je retourne au maroquin…
Lauverjat

87 Commentaires

  1. Tiens c'est drôle, j'ai quasiment le même ouvrage, reliure tout à fait comparable, mais en allemand… Pas de fermoir… Moeurs plus libres ???! Sur le mien, les planches en chromo sont très… éloquentes !
    B.P.

  2. Très curieuse reliure à l'attention ou plutôt contre l'attention des curieux qui voulaient en savoir un peu plus sur l'anatomie de leurs cousines…

    Je me rappelle avoir été très impressionné, jeune, par une photo d’éléphantiasisme des bourses sur un homme d'une tribu africaine, photo trouvée dans une encyclopédie médicale de mon grand-père. A quoi tient une vocation médicale ! Pierre

  3. Les deux bien sûr ! Et j'ai la clef.

    Ces "Livres de Médecine" recèlent parfois des choses amusantes. Ainsi dans le "Bilz – Médecine naturelle" on touve une illustration reprise par René Magritte dans un de ses tableaux : Le poêle au charbon ardent "idéal" avec tuyau.

    René

  4. Qui est le monstre, le livre ou le bibliophile…Je n'ai pas la clé ?
    Le commentaire sur le livre de Vian, en avant la Zizique, et ces différentes reliures me font penser à ce fabuleux passage sur la reliure en peau de Néant dans l’écume des jours, imaginons faire relier un volume en peau de néant, en rien, ni maroquin, ni chagrin , que du diaphane. C'est un vieux phantasme et si je tombe sur l'E.O. de l'écume des jours je ne désespère pas de la faire relier en peau de néant. Laissons parler Vian : "Le dernier était juste revenu de chez le relieur et Chick le caressait avant de le replacer dans son emboîtement. Il était recouvert de peau de néant, épaisse et verte, le nom de Partre se détachait en lettres creuses sur la reliure. Sur une seule étagère, Chick avait toute l’édition normale, et toutes les variantes, les manuscrits, les premiers tirages, les pages spéciales occupaient des niches particulières dans l’épaisseur du mur. (…)Tous les livres de Partre étaient là, tous les livres publiés. Les reliures luxueuses soigneusement protégées par des étuis de cuir, les fers dorés, les exemplaires précieux à grandes marges bleues, les tirages limités sur tue-mouches ou vergé Saintorix, un mur entier leur était réservé, divisé en douillets alvéoles garnis de peau de velours. Chaque œuvre occupait un alvéole. Garnissant le mur opposé, rangés en piles brochées, les articles de Partre, extraits avec ferveur des revues, des journaux, des périodiques innombrables qu’il daignait favoriser de sa féconde collaboration.(…) "
    Je ne désespère pas de trouver une photo d'une reliure en peau de néant d'ici la fin de l'été…ou si vous en avez une, cela me ferai plaisir de ne pas la voir, faites passer vos photos.

    Pour les bibliopathe qui iraient trop loin, une petite relecture annuelle de l'écume des jours sur la plage est toujours salutaire…

    Daniel B.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.