Images autour du livre VI: un exemple de reliure en maroquin mosaïqué sur un joli petit texte

Amis Bibliophiles bonjour,
Voici une reliure mosaïquée signée Chatelin, l’un des relieurs du duc d’Aumale, « La fortune Marastre de plusieurs princes et grands seigneurs », 1683, par Rocolès; maroquin citron mosaïqué, doublé de maroquin rouge.

H

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La fin du Bibliophile…. Réponse à l’énigme: le « Quinti Horatii Flacci Opera » de John Pine… où quand le Bibliophile cherche à attenter à ses jours…

La fin du Bibliophile…. Réponse à l'énigme: le « Quinti Horatii Flacci Opera » de John Pine… où quand le Bibliophile cherche à attenter à ses jours…

Amis Bibliophiles bonjour,
J’ai d’abord pensé à me mettre sous ma bibliothèque, à genoux, le front offert, et à l’agiter dans tous les sens pour les livres tombent, m’assomment et m’ensevelissent… puis j’ai imaginé m’ouvrir les poignets avec les (trop?) plats trop fins, effilés, d’un Trautz, ou alors ingurgiter sans répit et jusqu’au moment fatal les pages d’un Buffon in-4, la totale… Bref il fallait que j’en finisse. Mettre fin à tout ceci, cette mascarade…

Tout a commencé là où tout à toujours commencé: avec un livre. Bonne facture, intéressant sur le plan bibliophilique, bonheur de bibliopégimane (amateur de belles reliures), grand classique des beaux ouvrages du 18ème et qui de surcroît reste suffisamment original pour constituer une belle énigme pour le blog. 


Pour la réponse, j’attendais l’ami Ugo, et pour cause, puisqu’un cousin de cet ouvrage fût vendu à la vente Garnier, mais ce fût Martin qui surgît le premier (était-ce vraiment une surprise?). Son indice mît Montag sur la voie. Bref, l’ouvrage était identifié, il ne me restait plus qu’à présenter aux autres lecteurs les caractéristiques de cette acquisition récente. Elle faisait partie d’un lot, et je n’avais pas encore eu le temps de creuser l’affaire.
La gravure bien sûr me plaisait beaucoup, la question des souscripteurs m’avait interloqué, le relieur restait (et reste encore) mystérieux. Il n’y avait plus qu’à se pencher sur la question, et rédiger en même temps une jolie fiche.
  
Je pensais encore alors que tout ceci allait être un délice… Je cherche quelques informations, ça et là, je relis la fiche d’Ugo, je déglutis, j’ouvre précipitamment mon exemplaire, je re-déglutis. Malheur, misère… Mon exemplaire est parfait, il n’a pas l’erreur (« post est » versus « potest ») dans le portrait de César. Il est parfait… trop parfait hélas puisqu’il est de fait de second tirage… Un exemplaire sans erreur. Quelle horreur. J’imagine déjà Raphael qui jubile, Lauverjat qui rit sous cape… Je suis refait. 
Il ne me reste plus qu’à vous présenter l’ouvrage, répondre à l’énigme et boire le calice jusqu’à la lie.
 

La réponse à l’énigme est en effet l’un des plus célèbres ouvrages gravés du 18ème siècle, le « Quinti Horatii Flacci Opera », gravé et publié par John Pine en 1733 (premier volume) et 1737 (second volume). 2 volumes in-octavo (264 et 192 pp) en plein maroquin de l’époque, très richement orné et sortant probablement de l’un des meilleurs ateliers de l’époque. L’ouvrage est entièrement gravé sur cuivre, imprimée sur grand papier (texte et illustrations) et contient deux frontispices et une magnifique iconographie: gravures, ornements, vignettes, cul de lampe. Il est vraiment splendide (en premier tirage, j’entends bien… même si le second tirage ne s’en sort pas trop mal).

C’est la page 108 du second tome qui permet de distinguer les deux tirages: dans le 1er tirage, le portrait de César en médaillon comprend l’inscription « Post Est », alors qu’il fait bien entendu lire « Potest », erreur qui sera corrigé dans le second tirage. 

Le tome 1er lui, n’a connu qu’un seul tirage, ce qui est quand même une petite consolation.
John Pine (1690-1756) pourrait bien avoir été l’élève de Bernard Picart, l’une des autres sommités de l’époque. Il était en tout cas le meilleur graveur anglais de son époque et cet Horace est vraiment somptueux. 

Les souscripteurs ne s’y sont pas trompés, notamment les libraires, puisque la liste s’est allongée entre le premier et le second tome.
H
Merci à Ugo pour la belle fiche de la vente Garnier, utile, trop utile…, enfin merci à Célia…

4 Commentaires

  1. Flety cite seulement deux Chatelain mais orthographiés "ain" et non "in" ? Inconnu également au Ramsden French bookbinders 1789-1848. Ce serait un relieur français mais exerçant à Londres si l'on en croit l'article du musée de Chantilly qui présente une reliure de Chatelin Antoine, offerte au Duc d'Aumale en 1862 . C'est sans doute du fait qu'il exerçait à Londres qu'il est oublié des répertoires de relieurs français. Voir le lien suivant et descendre au N° 36 de l'expo avec reproduction d'une belle reliure mosaïquée. http://www.bibliotheque-conde.fr/expo/expo_li_aumale.htm

    Il faudrait donc chercher dans les répertoires de relieurs Londoniens pour avoir plus d'infos.

    Daniel B.

  2. On ne se rend pas tout à fait compte du format ? (d'ailleurs j'en profite pour faire remarquer à tous, annonces Ebay comprises, l'importance de bien spécifier les dimensions des ouvrages). Jolie reliure, ceci posé, quel que soit la taille !
    B.P.

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