Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Bibliophilie sans jamais avoir osé le demander… par Anne Lamort

Amis Bibliophiles bonjour,
J’ai le plaisir de vous présenter aujourd’hui un tout nouveau petit ouvrage sur la bibliophilie dont j’ai reçu ce matin un exemplaire de presse tout chaud grâce aux éditions ipagine (ipagine.com). Cet ouvrage est signé par Anne Lamort, libraire bien connue est appréciée des bibliophiles et est notamment spécialiste de la reliure (j’avais déjà présenté ici son lexique et son ouvrage sur les reliures impériales de la bibliothèque napoléonienne de Gérard Souham http://bibliophilie.blogspot.com/2010/11/les-reliures-imperiales-de-la.html). Il s’intitule Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Bibliophilie sans jamais avoir osé le demander, et se présente sous la forme d’un élégant format in-8 de 47 pages, sur papier glacé, avec des illustrations en couleurs. 

Anne Lamort, dont je suis un admirateur secret il faut bien le dire, et qui possède également une très jolie plume, propose un ici un petit guide destiné à accompagner les amateurs de beaux livres dans leur démarche d’acquisition. 

De façon très didactique et avec des nombreuses illustrations, elle présente les grands thèmes de la bibliophilie:
Qu’appelle-t-on un livre ancien?Décrypter les notices de cataloguesLes papiers et la justificationLes formatsLa collationLes différents types de reliure Les éditions L’illustration du livreLes livres à provenanceSavoir acheter.

Tout ceci de façon simple, efficace et attractive, en 47 pages, et dans un format que l’homme ou la femme élégant(e) pourra glisser qui dans la poche d’une veste de tweed, qui dans une élégante pochette, afin de ne jamais être pris au dépourvu.

Ce manuel permet également de rappeler que la connaissance est au centre de la bibliophilie ainsi que le souligne la citation de Saint-Exupéry qui conclue l’ouvrage: Les amateurs ne peuvent se contenter de l’accumulation car, sans l’accompagner d’une démarche d’acquisition de connaissances, ils traîneront des provisions vaines « dans une patrie qui leur sera campement vide dont, faute d’en connaître les clés, ils laisseront pourrir les trésors ».
C’est un ouvrage de vulgarisation, mais que je trouve tout à fait utile. En effet, même si j’ai pour ma part des goûts éclectiques, je connais des bibliophiles spécialistes d’ouvrages du 16e qui liront avec profit le passage sur la justification, etc. Pour 12€, un immanquable, que vous pourrez par exemple ranger à côté du Manuel de Christian Galantaris… en toute logique 🙂
H

Vous pouvez retrouver les éditions ipagine sur ipagine.com ou au Salon du Livre , Stand Z60, à partir du 16 mars 2012.

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À lire ensuite

Les Formats des livres : in-folio, in-4, etc.

Plusieurs d’entre vous m’ont posé la question de l’appellation des formats des livres anciens : in-folio, in-quarto, in-octavo… Voici quelques éclaircissements, même si au final ce sont la pratique et l’expérience qui permettent de nommer rapidement le format d’un livre. Après quelques hésitations, on prend vite l’habitude.

Le principe : le format dépend du pliage de la feuille

Le format d’un livre ancien est déterminé par le nombre de fois où la feuille d’imprimerie a été pliée pour le constituer :

  • In-plano : la feuille n’est pas pliée du tout (très grand format, atlas, planches isolées).
  • In-folio (2°) : feuilles pliées en 2, formant 4 pages (recto-verso).
  • In-quarto (4°) : feuilles pliées en 4, formant 8 pages.
  • In-octavo (8°) : feuilles pliées en 8, formant 16 pages.
  • In-douze (12°) : 12 feuillets par cahier, format de poche très répandu au XVIIIe siècle.
  • In-seize (16°), in-dix-huit (18°), in-trente-deux (32°) : formats très petits, dits « de poche » ou « de gousset ».

En pratique, comment le bibliophile mesure-t-il le format ?

Voilà pour la théorie. En pratique, c’est différent. Comme la feuille de papier d’imprimerie n’a pas toujours eu la même dimension (et que seul l’imprimeur connaît la taille du stock employé), il faudrait quasiment dérelier un livre pour compter les pliures… La tâche peut donc s’avérer délicate, même pour un bibliophile expérimenté ou un libraire confirmé.

Pour simplifier et codifier, on utilise depuis le XIXe siècle une cote moyenne dite « format bibliographique », fondée sur la hauteur du livre relié :

Tableau des formats bibliographiques

Format Hauteur Usage typique
Grand in-folio plus de 40 cm Bibles, atlas, livres de cérémonie
In-folio moins de 40 cm Ouvrages savants, théologie, droit
In-4 (in-quarto) moins de 30 cm Ouvrages d’érudition, livres illustrés
In-8 (in-octavo) moins de 25 cm Format courant pour la littérature
In-12 moins de 20 cm Romans, livres de dévotion (XVIIIe)
In-16 moins de 16 cm Petits classiques, livres de poche
In-18 moins de 14 cm Édition Charpentier, livres économiques (XIXe)
In-32 moins de 10 cm Almanachs, livres de gousset

Comparaison des grands formats : in-folio, in-quarto, in-octavo

Comparaison des petits formats : in-12, in-16, in-18

Avec l’habitude, il n’est plus nécessaire de regarder ce tableau : on sait immédiatement à quel format on a affaire.

Petite histoire des formats

L’usage des formats remonte à l’imprimerie occidentale du XVe siècle. Gutenberg et ses successeurs publient principalement in-folio : le format majestueux convient aux Bibles, aux missels et aux ouvrages d’apparat. Les premiers incunables sont presque tous des in-folio.

Au XVIe siècle, l’humaniste vénitien Alde Manuce popularise un format plus maniable : l’in-octavo. C’est une révolution. Désormais, on peut emporter un classique grec ou latin dans sa poche. Ce format devient celui de la littérature pour les siècles suivants.

Au XVIIe siècle, on voit apparaître l’in-douze (ou « duodecimo »), encore plus économe en papier, qui s’imposera comme le format roi du roman au XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, l’éditeur Gervais Charpentier lancera son célèbre format Charpentier (in-18), à 3,50 francs le volume, démocratisant la lecture.

Pourquoi le format compte pour le bibliophile

Le format n’est pas qu’une question de taille : il influence directement la valeur et l’usage d’un livre ancien.

  • Les in-folio sont rares, lourds, encombrants, mais souvent les plus prestigieux. Une Bible in-folio du XVIe siècle peut atteindre des sommes importantes.
  • Les in-octavo et in-douze sont les formats les plus courants en littérature : la valeur dépendra surtout de l’édition (originale, illustrée, recherchée) et de la reliure.
  • Les très petits formats (in-32, in-48) sont souvent des curiosités : almanachs, livres de gousset, sont prisés des collectionneurs spécialisés.

Foire aux questions

Quelle est la différence entre in-4 et in-quarto ?

Aucune, c’est la même chose. In-quarto est l’expression latine, in-4 son abréviation usuelle (notée parfois 4°). Les deux désignent un livre dont les feuilles ont été pliées en quatre.

Comment mesurer le format d’un livre ancien ?

Mesurez la hauteur du dos (du haut au bas du plat) et reportez-vous au tableau ci-dessus. C’est la convention bibliographique en usage chez les libraires depuis le XIXe siècle.

Pourquoi parle-t-on parfois d’in-folio « raisin » ou « jésus » ?

Ce sont les noms anciens des formats de papier avant pliage. Le papier « raisin » faisait environ 50 × 65 cm ; le « jésus » environ 56 × 72 cm. Un « in-folio jésus » est donc un in-folio imprimé sur du papier jésus, soit un grand in-folio.

Existe-t-il des formats encore plus grands que l’in-folio ?

Oui : l’in-plano (feuille non pliée), l’atlas (très grand format pour cartes et planches), et l’éléphant (format spécial des planches d’histoire naturelle, comme les Birds of America d’Audubon, qui font près d’un mètre de haut).

Pour aller plus loin

H

P.S. : Source partielle « Histoire et Commerce du Livre », par Henri Desmars, GIPPE.

5 Commentaires

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  3. Le hasard est étrange, il provoque les choses : Trois heures avant ce billet, je présentais un billet sur FB avec exactement le même titre ;-))

    Je m'en excuse auprès de Madame Lamort dont je connaissais l'ouvrage édité à petit tirage. Le titre avait dû me rester dans la tête… C'est vraiment un hasard ! Excellent opuscule. Pierre

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