Bibliopathe toi même!

Bibliophile, bibliomane, bibliolâtre, bibliopathe mais aussi les moins connus bibliotaphes, biblioclastes, bibliolètes…. sans parler des bibliophages… Les dénominations ne manquent pas pour qualifier les rapports entre les humains et les livres….

Les connaissez-vous toutes?

Voici un petit tour d’horizon… Si vous vous reconnaissez dans plus de trois de ces termes, il est temps de consulter! Sourire.Bibliophile : le plus simple et le plus courant, c’est l’amoureux des livres. Le mot est forgé à partir des mots grecs biblion (livre) et philia (amour) vers la fin du Moyen Âge, c’est-à-dire dans la période d’épanouissement des études classiques. Richard de Bury, érudit anglais du XVIe siècle, appela Philobiblon son traité de bibliophilie. Le mot bibliophile n’entre véritablement dans l’usage qu’au XVIIe siècle. Bibliomane : bibliophile à sa manière, c’est le chercheur passionné de toutes sortes de livres et sans logique établie (cf l’auteur de ce blog, quand il ne parvient plus à se maîtriser).
Bibliopathe : se dit d’une personne atteinte d’une maladie névrotique qui se caractérise par un excès de bibliomanie.
Bibliolâtre : un bibliophile qui achète des livres sans toujours avoir l’intention de les lire (je plaide encore coupable…)…
Bibliotaphe : curieuse manie, on désigne ainsi celui qui cache ses livres et ne veut ni les montrer, ni les prêter.
Bibliophobe : se dit des personnes et des peuples destructeurs de bibliothèques, non parce qu’ils n’aiment pas les livres, mais plutôt pour empêcher les idées contenues dans les livres de se propager. Bibliolète : s’applique à celui qui a une riche bibliothèque et qui a oublié ce qu’il a lu, voire ce qu’il possède (synonyme : heureux homme).
Moins drôle….
Biblioclaste : se dit de quelqu’un qui prend plaisir à détruire les livres.
Bibliophage : Animaux dévoreurs de livres. On raconte que des personnes auraient dévoré des livres, espérant en acquérir ainsi toute la science. Voir aussi ma petite fille de 2 ans, que j’ai découverte un jour en train de mâchonner les fables de La Fontaine, une petite édition fin 18ème… que je ne parvins pas à sauver…
Biblioblogophile : se dit de quelqu’un aimant Le Blog du Bibliophile!
Alors, où vous situez-vous?
HP.S. : j’essaie d’écrire dans ce blog ce que j’aimerais lire… je peux parfois être à côté du sujet, ou barbant.. Si c’est le cas, ou si vous avez des idées de messages, n’hésitez pas à me le faire savoir : blog.bibliophile@gmail.com
Ouvrage présenté : La Démonomanie des Sorciers, qu’on ne présente plus, un petit volume in-16, chez Prevosteau, 1598.

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Héraldique et bibliophilie – Chapitre III, couleur, encre et dorure…

Héraldique et bibliophilie – Chapitre III, couleur, encre et dorure…

Amis Bibliophiles bonjour,
Posséder une reliure armoriée valorise le livre, outre pour l’attrait du décor mais aussi bien sûr pour sa provenance. L’identification de ces armoiries et donc de la provenance des livres est essentielle. Il existe pour l’aide à cette recherche de nombreux armoriaux et des nobiliaires qui recensent les armes des familles. Or pour recenser ces armoiries l’héraldiste partage avec ses pairs un langage spécifique qui facilite les échanges mais reste obscure au non initié. La science des armoiries obéit à des règles précises et utilise un langage propre. Ainsi ne parle t-on pas d’un canard, d’un moineau ou d’un oiseau mais de merlette. Si vous désignez cette merlette d’un tout autre nom, les tables des armoriaux resteront muettes et les armoriaux ne vous seront d’aucun secours.
L’identification d’armoiries passe d’abord par leur lecture, avant de consulter les armoriaux il faut savoir ce qu’on y cherche.
Trésor héraldique, Ségoing, Paris, 1657L’héraldique utilise une juxtaposition de teintes, nommées  couleurs et métaux, ensemble appelées émaux. Une fois pour toutes, le nombre d’émaux est déterminé. On ne peut donc pas parler  de couleurs indistinctement. Les couleurs sont au nombre de 3 principales : azur (bleu), gueules (rouge) et sable (noir) et de quelques accessoires : sinople (vert), pourpre (violet).
Les métaux sont au nombre de deux, or (jaune) et argent (blanc).
Aux couleurs et métaux s’ajoutent les fourrures assimilées à des émaux. Les fourrures sont des compositions stylisées qui évoquent les pelleteries d’autrefois. Les deux plus fréquentes sont l’hermine, où la figure stylisée de sable est semée sur fond d’argent et le vair où les figures stylisées d’azur et d’argent en forme de « clochette »  sont posées tête-bèche en rangées superposées et décalées!


Le blason le plus simple sera donc un blason d’un émail uni on dirait, par exemple, plein azur.La  distinction des couleurs et des émaux revêt une importance particulière. On ne pose pas un émail sur un autre ou une couleur sur une autre. Cette dernière règle souffre quelques exceptions.  Notable entre toutes, le royaume de Jérusalem et partant, Godefroy de Bouillon et ses successeurs portent d’argent (c’est à dire sur champ d’argent) à la croix potencée d’or, à quatre croisettes de même (c’est à dire aussi d’or). Toutefois, ces armes sont très anciennes et la règle n’était peut-être pas encore très établie.
cliché typographique (à l’envers) aux armes
« d’azur au chevron d’or à trois (roses d’argent ?) 2 en chef une en pointe »  de la ville de Clamart.La bibliophilie s’intéresse surtout aux livres imprimés. En imprimerie la couleur est restée longtemps  coûteuse et difficile, le noir et blanc est demeuré longtemps la règle. Un code a donc été adopté pour signifier les émaux et les couleurs. Au XVIIe siècle ce code était encore changeant. Aujourd’hui, des hachures noires verticales signifient de gueules, un champ de pointillés représente l’or, des rayures horizontales d’azur, des rayures combinées horizontales et verticales de sable, le blanc évidemment représente l’argent, des hachures obliques de bas en haut et de gauche à droite en regardant l’écu signifie sinople. Retenez pour moyens mnémotechniques que l’azur évoque le ciel et l’horizon, la trame est donc horizontale. Le sang (rouge) coule verticalement, la combinaison des trames verticales et horizontales rend sa traduction typographique effectivement la plus noire (sable).
Ce code a finalement été unanimement utilisé en imprimerie, parfois en menuiserie ou dans la pierre. En reliure, en revanche, les fabricants de fers à dorer en ont fait hélas trop souvent fi. L’interprétation des émaux à partir d’un fer doré sur cuir est le plus souvent difficile.

Armoiries de Tallemant des Réaux(Voir en illustration les armes de Gédeon Tallemant des Reaux, auteur des historiettes sur un in-16 en maroquin (Source ebay) où le chevron inversé et l’aigle apparaissent tous deux dorés et sa représentation enluminée sur un manuscrit héraldique).
Lauverjat

7 Commentaires

  1. bonsoir,
    ça fait pas mal de temps que j’ai repéré sur ebay le lien vers votre blog, mais je n’ai pas réussi à trouver le temps de venir faire un tour (je me mefie quand il s’agit de livres je ne sais plus m’arrêter)
    bref hier soir j’ai enfin franchi le pas.
    quel plaisir; des articles interessants, un environnement agréable, pas de pédanterie.
    en ce qui concerne ce sujet je me définirais comme :
    bibliomane,
    bibliolatre
    biblioblogophile.
    bibliophage oui aussi; je dévore les livres, mais les restitue toujours en bon état (dans celui dans lequel ils étaient avant consommation)aprés digestion.
    je suis aussi maniaque, je les manipule avec précaution et ne les préte que difficilement (rien de plus désagréable que de devoir en réclamer la restitution)
    merci pour ce blog

  2. Bonjour Pierre,
    Merci pour ce premier message. J’espère que vous n’êtes pas bibliophage au sens propre…Vous avez raison de doubler les ouvrages anciens par des éditions modernes, je le fais également (Oexemlin, Malleus Maleficarum, etc.).
    En ce qui concerne le Bodin, le mien se tient bien, et c’est un format in-16, je l’ai donc lu dans cette édition 16ème. Un pur régal…
    Il faut dire que le texte est édifiant!
    H

  3. Bonjour et c’est avec plaisir que je lis votre blog.
    Bibliophage et bibliolâtre, le Bodin illustrant votre billet me fait me poser la question des reprints.
    J’ai ainsi doublé mon Bodin, que je serre précieusement par un deuxième, Gutenberg Reprints, que j’ai lu, lui.
    C’est grave?
    Je vous félicite encore de la qualité de votre blog,
    Pierre

  4. Chère Isa,
    Merci pour vos encouragements et encore plus pour avoir « osé » intervenir.
    La biblioblogphilie n’est pas dangereuse, mais elle est plus embêtante si vous possédez vous même des livres anciens et rares.
    Afin de vous protéger et pour que vous puissiez continuer à lire le blog sans problème, il serait peut-être plus sage que vous me confiiez votre bibliothèque, non?
    Sourire.
    H
    Intervenez quand vous le voulez!

  5. Bonsoir,
    Je vous lis depuis quelques jours et, d’après votre diagnostic, je crois que je suis devenue « biblioblogophile ». C’est grave, docteur ?
    Je ne suis certainement pas la seule mais jusqu’à présent je n’avais pas osé intervenir. Si je l’ai fait, c’est pour vous remercier de la qualité de vos articles qui sont toujours très intéressants. J’apprécie leur variété car j’y apprends toujours quelque chose.
    Bref, continuez ainsi !
    Cordialement,
    Isa

  6. Bonjour Guillem, bienvenue dans cette communauté et merci beaucoup pour vos encouragements, c’est très motivant!
    J’essaie d’aborder un sujet différent chaque jour, et je vais bientôt traiter ceux que vous avez évoqués.
    Merci encore

  7. Bonsoir,
    félicitations pour votre blog !

    Je m’appelle Guillem et je commence à m’intéresser aux livres anciens, particulièrement aux livre dont le thème est scientifique : physique, chimie, botanique etc..
    Je suis plutôt donc à dominance bibliophile et parfois je l’avoue ..Se trouver le temps..
    Ce message pour vous inciter à continuer, j’adore votre blog trés pertinent et utile..
    Je suis aussi intéressé par les sujets par exemple sur la gestion de la bibliothèque, conditions de garde et d’exposition, les premiers gestes lors d’un premier contact avec l’ouvrage, etc..
    A bientôt !

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