Images autour du livre VII: une reliure amateur sur le Dialogi di amore, chez Alde

Amis Bibliophiles bonjour,
Après les Terze Rime du Dante, voici les Dialogi di Amore de Abravanel, également chez Alde. L’ouvrage émane de la collection Van den Bogaerde, bibliophile et numismate brugeois du 19e. Le bibliophile qui l’a acquis dérelié a préféré s’en occuper lui-même, pari risqué, mais le résultat est appréciable.
Après ces quelques images de reliures, j’enchaîne demain avec des images de l’intérieur d’ouvrages. L’objectif reste de poster un message par jour, même court, depuis mon lieu de vacances.

H

La lettre du bibliophile

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Connaissance de la reliure: les reliures à l’Apollon et Pégase de Maestro Luigi, Nicolas Fery et Marcantonio Guillery

Connaissance de la reliure: les reliures à l’Apollon et Pégase de Maestro Luigi, Nicolas Fery et Marcantonio Guillery

Amis Bibliophiles bonjour,

Nous devons à Anthony Hobson (fils de cet autre bibliographe Geoffrey D. Hobson) une étude exhaustive sur un type de reliure romaine à décor à froid baptisé  Apollon et Pégase*.

Dans la vogue des reliures italiennes à décor, de la première moitié du XVIe dites à médaillon ou « à camée », il s’agit d’un groupe de reliures de la Renaissance frappées au centre des plats d’un emblème représentant Apollon menant son char vers l’ascension du mont Parnasse où l’attend Pégase. 
Cet emblème se trouve dans un médaillon ovale vertical (sur les in-folio) ou horizontal (sur les autres formats). Le décor est rehaussé de couleurs à la main. Un ou deux filets dorés enchâssant une devise dorée en grec « droit et sans détours »  entourent le médaillon.  Le titre doré du volume, parfois dans un cartouche doré, surmonte le médaillon. Un décor doré fait d’entrelacs géométriques et de fleurons encadre les plats de façon variable. Les volumes sont reliés en maroquin olive ou bruni par le temps (pour les auteurs anciens) ou rouge (pour les auteurs italiens modernes).
Ces reliures étaient auparavant attribuées  à Canevarius (d’où parfois l’appellation de reliure romaine « Canevari »), ou à un membre de la famille Farnèse, le cardinal Alessandro Farnèse ou Pier-Luigi Farnèse (dont les livres sont pareillement ornés d’un emblème en médaillon, un aigle survolant la mer, et de sa devise). 

Anthony Hobson grâce à un recensement de 143 reliures de ce type perça les mystères de cet ensemble. A l’aide d’une condamnation portée sur le dictionnaire de langue latine de Robert Estienne par l’inquisition (exemplaire Esmérian première partie, n°42), il identifie le possesseur de ces reliures en la personne de Giovanni-Baptista Grimaldi. Héritier de financiers génois, celui-ci est proche de Claudio Tolomei érudit et familier du cardinal Alessandro Farnèse. Tolomei aurait constitué la bibliothèque de Grimaldi et créé son emblème.
Trois relieurs exerçant à Rome ont participé à la réalisation de cet ensemble, Maestro Luigi, Niccolὸ Franzese (Nicolas Fery de Reims) d’origine française et Marcantonio Guillery fils de l’imprimeur originaire de Lunéville Etienne Guillery.  
 
Cette bibliothèque, sorte de bibliothèque idéale, a été constituée toute entière entre 1545 et 1548 sans jamais être enrichie par la suite par son propriétaire. Actuellement, un peu moins de 170 volumes seraient identifiés, dispersés dans les collections publiques et privées de la planète.

Il circulerait cependant un certain nombre d’ouvrages anciens frelatés qui ont reçu a posteriori l’emblème au médaillon.

Voici quelques exemplaires passés en ventes publiques ou non :

-Vente Couppel du Lude n° 28
Virgile, Opera, Lyon, Gryphe, 1545, in-8° reliure de Marcantonio Guillery, vente 23 novembre 2009, 75 000 €.
-Vente Wittock (qui écrivit un article à ce sujet dans le bulletin du bibliophile 1998)
Sénèque, Lucius Annaeus, Lyon, Gryphe, 1541, in-8° reliure de Marcantonio Guillery, vente 7 juillet 2004, 69 310 £.
-Vente Wittock, Pindare, Olympia…, Bâle, 1535, in-4°, reliure de Niccolὸ Franzese,  vente 7 juillet 2004 (non vendu ?).
-Vente Bérès, Dionisus Halicarnasseus, Delle cose antiche della città di Roma, Venise, 1545, in-4°, reliure de Maestro Luigi, catalogue Bérès 2004 et vente 16 décembre 2005, adjugé 77 500 €.
-Trésors de Mariemont, collection de la bibliothèque,  Hygin, Fabularum liber […], Bâle, Johann Herwagen, 1535, in folio, reliure de Niccolὸ Franzese,  acquisition vente Robert Hoe 1912.
-Vente Audap et Mirabaud, Ovide. Metamorphoseon libri XV. Lyon, Gryphe, 1543 ; in-8, reliure Marcantonio Guillery, (exemplaire Esmérian, qui en possédait trois) vente 26 juin 2014,  66 000 €.

Lauverjat

11 Commentaires

  1. @ Gonzalo.

    Oui la couture est ferme et souple … elle n'a pas été refaite ! Le bloc livre était intact et n'a subi aucune reprise. Qu'était devenue la couverture d'origine, mystère ? Probablement en mauvais état elle avait été enlevée par un des précédents propriétaires.
    Le nerf supérieur est un peu de traviolle mais je n'y suis pour rien.

    René

  2. Je voulais dire réalisée.
    Et je confirme il y a des professionnels qui en seraient incapables (y compris des siècles derniers).
    Je ne voulais (vraiment) pas être désobligeant.
    Olivier

  3. Pourquoi reliure d'amateur? Je veux dire qu'il y a des relieurs professionnels qui ne font pas mieux.
    Pas signée ou des signes qui ne trompent pas (les cartons beaucoup trop épais?)?
    Bonne soirée,
    Olivier

    PS (après revisionnage) : les nerfs qui flanchent…

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