Holbein et la Danse Macabre

Amis Bibliophiles Bonjour,

La Danse Macabre est familière des Bibliophiles, mais qui est-elle véritablement ?
Holbein et la Danse Macabre La Danse macabre est un élément, le plus achevé, de l’art macabre du Moyen Âge, du XIVe au XVIe siècle. Elle représente, dans la littérature, la peinture ou la sculpture, l’entraînement inexorable de tous les humains, quelle que soit leur position sociale, dans un cortège solidaire vers un destin commun, la Mort. On y voit à la suite un pape, un évêque, un moine, un empereur, un roi, un seigneur, un soldat, un bourgeois…

L’une des plus anciennes figurations de Danse macabre connue apparaît à Paris, en 1424, sur les murs du charnier du cloître des Saints Innocents. Cette fresque, aujourd’hui détruite, ne comportait que des hommes. Elle nous est parvenue à travers des gravures populaires que l’on retrouve dans le Manuscrit de Blois, au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale de France.
Holbein et la Danse Macabre (2) En 1538, avec la publication de Les simulacres de la Mort, Hans Holbein le Jeune redéfinit le thème de la danse macabre. La Mort, toujours agressive et jubilatoire, ne danse plus dans une longue farandole, mais intervient directement dans des scènes de la vie quotidienne. Dès lors, l’œuvre de Holbein devient la référence. Celle-ci est une suite de 41 gravures sur bois, qui furent exécutées vers 1526 et publiées 12 ans plus tard à Bâle, dans un recueil intitulé: Les simulacres et historiées faces de la mort.

C’est Holbein qui fait réellement entrer la Danse Macabre en bibliophilie, et c’est aussi lui qui en change fondamentalement le but didactique. Désormais, la Danse des Morts est un livre, et on en recevra les leçons seul à seul, avec un livre, et plus rarement en communauté, en regardant de grandes fresques.
Holbein et la Danse Macabre (3) La composition même de la danse macabre change: la Mort ne mène plus une farandole, mais intervient dans des scènes choisies de la vie quotidienne. Holbein est un humaniste et ses sentiments anticléricaux transparaissent dans son oeuvre. Il fait de la Mort un justicier dénonçant l’abus de pouvoir et l’avarice. Les quatre premières gravures sont des scènes de la Genèse, suivies par un groupe de squelettes jouant de la musique. La danse proprement dite débute avec le pape et se poursuit avec 34 autres victimes. Elle se conclut avec une gravure représentant le Jugement Dernier et une autre, les armoiries de la Mort. Dorénavant, l’Homme devra mourir, et le sablier qui apparaît fréquemment sur ses gravures incarne l’inexorabilité de ce destin.
Holbein et la Danse Macabre (4) Les scènes de la Danse macabre de Holbein sont connues et marquent en général les esprits… Imaginez ce qu’il en fût en 1538 : Sur la gravure du Pape, la mort vient le cueillir lors du couronnement d’un empereur, à l’un des moments les plus prestigieux de sa carrière. Deux démons symbolisant la tentation de la vanité sont aussi présents.

Avec le cardinal, la Mort surgit pendant la vente d’une indulgence. L’évêque paraît confus alors que la Mort, le prenant par la main, le guide à travers un troupeau de mouton.
La mort empoigne le moine alors qu’il tente de fuir avec ses possessions, alors que celui-ci a fait vœu de pauvreté. Mais la gravure avec la nonne demeure l’une des plus ironiques. Celle-ci dans une chambre richement décorée fixe d’un regard concupiscent son amant au même moment qu’elle prie. La Mort intervient en éteignant une bougie située sur l’autel. Un signe évident du destin de la nonne.
Holbein et la Danse Macabre (5) De telles représentations provoquèrent les rires du peuple, mais aussi la haine et la colère du clergé. Plus loin Holbein s’attaque aux autres puissants : le duc repousse une femme et son enfant, l’avocat reçoit ses honoraires d’un riche client; les deux ne se soucient guère du pauvre à leurs côtés. Holbein fait preuve d’un subtil sens de l’humour lorsqu’il représente la Mort qui s’empare d’abord de l’or de l’homme riche, avant de lui voler son âme.
Holbein et la Danse Macabre (6) Toutefois la Mort n’est pas toujours représentée comme justicier. Elle se montre cruelle en enlevant l’enfant à sa famille. Étrangement, elle tient parfois le rôle d’un ami ou d’un serviteur: comme avec Adam, la Mort aide l’agriculteur dans ses travaux aux champs. Elle sert le roi en lui versant l’eau pour se laver les mains avant le repas. Elle accompagne solennellement le vieil homme et la vieille dame vers leur dernier repos.

Finalement, avec l’avant-dernière scène: le jugement dernier, Holbein rappelle que la rédemption et la résurrection sont possibles avec l’aide du Christ. Grâce à lui, l’Homme peut triompher de la mort.

Les 41 gravures d’Holbein sont :

1- La création
2- La tentation
3- L’expulsion du Paradis
4- Adam travaillant le sol
5- Os de tous les morts
6- Le pape
7- L’empereur
8- Le roi
9- Le cardinal
10- L’impératrice
11- La reine
12- L’évêque
13- Le duc
14- L’abbé 15- L’abbesse
16- Le noble
17- Le chanoine
18- Le juge
19- L’avocat
20- Le sénateur
21- Le prédicateur
22- Le prêtre
23- Le moine
24- La nonne
25- La vieille dame
26- Le médecin
27- L’astrologue
28- L’homme riche 29- Le marchand
30- Le navigateur
31- Le chevalier
32- Le comte
33- Le vieil homme
34- La comtesse
35- La noble
36- La duchesse
37- Le vendeur ambulant
38- L’agriculteur
39- L’enfant
40- Le jugement dernier
41-Les armoiries de la Mort

En 1545, lors de la cinquième édition (Lyon), de nouveaux figurants joignirent la danse macabre, puis ce fût à nouveau le cas en 1562, toujours à Lyon. La Danse Macabre comprend 57 gravures, et est la plus longue. Hans Holbein a aussi fait un alphabet de la Mort et une danse macabre sur un fourreau de poignard.
Holbein et la Danse Macabre (7)Avec les siècles, la Danse Macabre, ou Danse des Morts deviendra un classique de l’expression artistique, Baudelaire y consacrera d’ailleurs un poème. Les oeuvres plus récentes se sont éloignées du contexte religieux et se veulent des critiques du temps ou des moeurs

C’est un classique pour un bibliophile, et à défaut de posséder un exemplaire ancien, on pourra toujours se satisfaire d’une des nombreuses éditions du 19ème.

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Jeu des sept différences pour bibliophile

Jeu des sept différences pour bibliophile

Amis Bibliophiles Bonjour,

Je poste ce soir un article de Pierre… qui vous propose de retrouver l’enfant qui dort au fond de chaque bibliophile.

Une de nos joies d’enfant, dans les périodiques d’alors et après la lecture du feuilleton favori, était de chercher à résoudre les jeux proposés en dernière page du journal et en particulier à faire le jeu des sept différences (ou erreurs). Deux dessins identiques à quelques différences près…

Je vous propose de renouveler l’opération, ce soir, avec trois exemplaires parisiens in4 de la bible de Royaumont édités à quelques années de différence.

Pour information, je vous rappelle ce que l’on englobe sous le terme de bible de Royaumont un ouvrage richement illustré de belles gravures sur cuivre retraçant l’histoire du vieux et du nouveau testament écrit par le sieur de Royaumont . Enfermés à la Bastille pour leur appartenance à Port-Royal, Lemaistre de Sacy et Nicolas Fontaine composèrent aux alentours de 1668 durant leur captivité ce magnifique ouvrage qui fut imprimé pour la première fois en 1670, sous le même pseudonyme de Royaumont.

Côté reliure : Un exemplaire est recouvert d’une très épaisse et belle basane de composition postérieure à l’ouvrage (qui est le plus ancien présenté). La pièce de titre mentionne « Sainte bible ». C’est une reliure solide, ce qui est normal pour un ouvrage qui peut être amené à être fréquemment consulté… Le deuxième exemplaire est un plein veau d’époque orné de petits fers très élégants. Pour les dames… Le troisième, plein veau, est légèrement décoiffé de la tête (le coup de peigne est programmé). La réalisation de la reliure est postérieure à l’ouvrage car le nouveau et l’ancien testament sont deux exemplaires édités à 60ans d’intervalle. Exemplaire pour jansénistes…Page de garde : Cette page de l’ancien testament de 1671, édité par Pierre le Petit a souffert et c’est pourquoi le volume a repris le chemin du relieur qui l’a recouvert d’une grosse basane antichoc (le reste est parfait heureusement). Les deux autres exemplaires proviennent respectivement de chez Etienne-Michel David -1724 et de chez Jean Villette fils -1735 (pas de biographie). Ils ont la même enseigne mais je ne sais pourquoi. Gravure « Habits des prêtres » : On peut logiquement penser que les plaques de 1671, 1724 et 1735 soient différentes. Le jeu des sept erreurs est aisé à résoudre quand il s’agit des deux premiers exemplaires mais il m’est impossible de faire la différence entre les gravures de 1671 et celles de 1735. Ces dernières me paraissent même plus fraîches. Talent de graveur ou d’imprimeur ? 

Gravure « Enfans dévorez des ours » : Bon là c’est facile… Les graveurs travaillaient avec une glace pour reproduire les dessins à l’identique. En 1724, on peut penser, qu’un jour, il y a eu une pénurie de miroirs ! J’ai mis un moment à réaliser cette méprise. Les lettrines de cette époque sont, malgré tout, très jolies. Histoire du nouveau testament : Pas de nom d’imprimeur en 1723 mais cette bible est celle qui est reliée d’époque. Fallait-il répéter le nom de l’imprimeur ? (David). Pierre le Petit l’a fait en 1671, en tout cas.
Le troisième ouvrage de 1735 présente un nouveau testament bien antérieur puisque édité en 1670. Si l’on compare avec le même exemplaire de pierre le Petit de 1671, on remarque que la typographie a quelque peu changé. 
Tout ça pour vous dire, qu’en attendant le chaland, le libraire fait des jeux de gamin… Pierre

Merci Pierre!

H

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