Une folie de bibliophile, le fantasme des dépareillés rassemblés

Le 15 novembre 2018, chez Collin du Bocage, les tomes XI et XIII de l’Encyclopédie passaient seuls, estimés 200 à 250 € la paire. 10 mois plus tôt, chez Thierry de Maigret, 34 volumes sur 35 avaient fait 19 714 €. Entre ces 2 chiffres, des amateurs tiennent depuis des années un carnet de tomes manquants, et quelques-uns achètent.

Amis bibliophiles, bonjour.

Par Mathieu Lenoir, pourfendeur d’idées reçues, lecteur des usages présents et contradicteur attitré des confusions bibliophiliques pour la Guilde des Bibliopolicés.

J’ai dans ma cave le tome 43 de l’édition de Kehl des œuvres de Voltaire. Veau raciné, dos lisse, pièce de titre verte. Je l’ai payé 5 € dans une manette de Drouot, un jeudi de ventes courantes, avec 11 autres tomes de la même édition. L’édition de Kehl compte 70 volumes in-8, parus de 1784 à 1789. J’en ai eu jusqu’à 12.

5€. J’ai fait le calcul le soir même. Tout le monde le fait. La preuve ?

Je n’ai pas d’Encyclopédie et je n’en cherche pas, mais ses chiffres sont publics. Le lot 26 de Collin du Bocage, vendu en 2018, met le volume de l’Encyclopédie à 110 € environ. L’édition originale compte 35 volumes in-folio, 17 de discours, 11 de planches, 4 de supplément, 1 de planches du supplément, 2 de table. 35 volumes à 110 € font 3 850 €. Le 17 janvier 2018, salle 7 à Drouot, l’exemplaire de 34 volumes présenté par Thierry de Maigret, estimé 6 000 à 10 000 €, a fini à 19 714 €. L’écart est de 15 000 € et quelques. Un amateur patient, qui passe ses samedis à Brassens et ses soirées sur les sites d’enchères, se dit qu’en 10 ans il aura ramassé les 35 et qu’il aura économisé 15 000 €.

Mais non en fait, non.

Le carnet existe, j’en ai tenu un. 3 colonnes au crayon, le tome, la date d’achat, le prix, et une 4e pour la hauteur en centimètres, ajoutée la 2e année quand j’ai compris pourquoi les volumes ne s’alignaient pas. Une page pour mon Voltaire, et encore 9 achats en 3 ans, qui m’ont mené à 21 volumes sur 70. J’ai arrêté le délire là. 20 sont allés chez un bouquiniste de la rue de Seine, qui m’en a donné 40 €, et j’ai gardé le 43, pour bien retenir la leçon. Les 20 autres sont peut-être chez vous.

L’Encyclopédie a été vendue en feuilles. Les souscripteurs recevaient les volumes au fur et à mesure des livraisons et les faisaient relier chez leur propre relieur, à leurs frais. La synthèse publiée ici même en 2013 compte 4 225 exemplaires pour l’édition de Paris.

Il y a donc eu, en gros, 4 225 reliures différentes, dans 4 225 cuirs qui ne se ressemblent que de loin, avec des pièces de tomaison de 4 225 couleurs ou presque, des tranches rouges ou laissées nues, et des gardes marbrées qui ne sortent jamais de la même cuve, et surtout des vies différentes. Le tome XI que vous trouverez n’a jamais été relié par l’homme qui a relié votre tome X. Il a 0,5 cm de plus ou de moins, parce que chaque relieur rogne à sa manière, et 0,5 cm se voit à 3 mètres sur une étagère.

Buffon pose le même problème sur 40 ans. L’Histoire naturelle de l’Imprimerie royale compte 36 volumes in-4, de 1749 à 1789. Le souscripteur de 1749 qui avait 30 ans en avait 70 à la dernière livraison, s’il l’a vue, et Buffon lui-même est mort en 1788 avant son dernier volume.

Les exemplaires de Buffon qui passent en vente ont presque tous 2 ou 3 reliures (ou alors elles ont été reliées après), parce que personne ne garde le même relieur pendant 40 ans, et les libraires ont un mot pour cela dans leurs notices : exemplaire composite. Composite, dans une notice, désigne des reliures de 2 époques sur un exemplaire resté chez le même souscripteur (mais pas seulement, on est d’accord, il est aussi adéquat chez les amateurs de Frankenstein)…

Recomposé désigne des volumes venus de plusieurs exemplaires et réunis après coup par un libraire ou un amateur. Les notices emploient le premier sans gêne ; le second, je ne l’ai jamais lu qu’à côté d’un prix bas. Gênance, comme disent les jeunes bibliophiles (si, ça existe, j’en ai croisé un en 1979).

Un tome ne disparaît pas au hasard. Le 18 octobre 2022, Tajan présentait salle 11 un exemplaire complet de l’originale, estimé 12 000 à 15 000 €, dont les 7 premiers volumes étaient dans une reliure différente des 28 suivants. Il n’a pas trouvé preneur. Les 7 premiers volumes sont ceux de 1751 à 1757. Le privilège a été révoqué en 1759, et les 10 volumes de discours suivants ont été livrés d’un coup en 1765 sous une fausse adresse de Neuchâtel. 8 ans séparent la 7e livraison de la 8e. Je suppose que le souscripteur est mort entre les deux, ou que l’héritier a trouvé le premier relieur trop cher. L’exemplaire n’était déjà pas uniforme en 1765. On peut tout imaginer, mais au final, c’est la réalité qui s’impose. Le truc est raté.

Et les planches?

Elles manquent plus souvent que le texte. L’originale en compte 3 129, et une planche des Gobelins ou de la forge se vend seule, encadrée, depuis 2 siècles. Sur eBay, un vendeur allemand propose en ce moment 44 planches de tapisserie découpées d’un volume. Le volume qui vous manque est peut-être celui qu’on a dépecé. Les volumes qui circulent seuls sont ceux de texte, le XI et le XIII, les lettres N à P et R à S, que personne ne découpe parce qu’il n’y a rien à encadrer. On y reviendra, pire que les amateurs qui rêvent de rassembler les dépareillés, fantasme aussi vain que louable, il y a ceux qui veulent rassembler les feuillets… Je vous jure, j’en connais un, on en parle dans quelques jours!

Je ne dis pas que le marché ne pardonne rien. L’exemplaire de Thierry de Maigret avait une reliure dépareillée pour le tome III des planches et pour les 4 volumes de supplément, il lui manquait 1 supplément sur 5, et il a fait 2 fois son estimation haute. 29 volumes uniformes sur 34 passent. Je n’ai jamais vu un exemplaire remonté avec 35 volumes de 10 reliures franchir 10 000 €. Bon, c’est vrai, je n’ai pas cherché beaucoup. Flemme, comme disent les jeunes bibliophiles. Si ça existe, j’en ai rencontré un en…

Bon, admettons que vous y arriviez.

Mettons 12 ans, 35 volumes, 35 vendeurs. Regardez le rayon.

Le tome I est en veau fauve à dos à nerfs, avec un fleuron à l’oiseau dans les caissons ; le tome II en veau marbré plus brun, dos à nerfs aussi, mais les fers sont des grenades ; le tome III a été refait au XIXe siècle en demi-basane verte à dos lisse, et il est plus court de 1 cm, nausée ; les tomes IV et V viennent du même exemplaire et se tiennent compagnie ; le VI porte une pièce de tomaison noire quand tous les autres l’ont rouge ou citron ; les planches sont dans 4 reliures dont une en demi-toile de bibliothèque municipale avec une cote à l’encre blanche sur le dos. Les dorures ne sont pas de la même main ni du même or. Les tranches passent du rouge au jaune au bleu au rien.

Mary Shelley a publié son monstre en 1818, cousu de morceaux pris sur plusieurs corps. Le vôtre a 35 coutures et il a coûté 3 850 €.

Frontispice de Frankenstein, 1831 : la créature se redresse, Victor Frankenstein s’enfuit
Theodor von Holst, frontispice de Frankenstein, Londres, Colburn et Bentley, 1831. Domaine public.

Je connais la suite, parce que je l’ai vue chez un confrère de la Guilde: l’amateur qui a réuni ses 35 dépareillés ne supporte pas le rayon, et il fait relier le tout à neuf, en demi-chagrin rouge uniforme, chez un relieur de quartier qui facture 150 € le volume. 5 250 € de plus. Je l’ai vu, à Lyon, chez un relieur! De mes yeux vu!

Au passage, 35 reliures du XVIIIe siècle, dont 20 au moins n’avaient rien, sont parties à la poubelle du relieur, et l’exemplaire a maintenant 35 volumes rognés une seconde fois, dans des marges qu’un libraire décrira comme courtes. Le résultat est uniforme. Je n’en donnerais pas 5 000 €, et je ne crois pas qu’un libraire en donne davantage.

La notice, elle, ne pardonne pas. Un exemplaire recomposé porte pour toujours les mots qui le décrivent : reliures non uniformes, tome VI d’une autre édition. Les mots ne s’effacent pas à la vente suivante, le catalogue suivant les recopie. Vous aurez acheté 35 dépareillés et vous posséderez 35 dépareillés rangés côte à côte, ou 35 volumes recouverts de neuf dont le catalogue dira d’où ils viennent. Le catalogue de Thierry de Maigret a écrit « légèrement dépareillée » pour 5 volumes sur 34, et le mot a suivi l’exemplaire jusque sur la page de résultats. J’en ai des haut-le-cœur.

Sans parler du fait que le tome I de l’Encyclopdié, porte, replié, le Système figuré des connoissances humaines, un tableau sur une feuille plus grande que le volume. Il se déchire au pli, ou il finit encadré, et les notices le signalent quand il est là parce qu’il manque souvent. Je n’ai jamais vu cette feuille passer seule en vente, et vous aurez vos 35 volumes avant de l’avoir. L’exemplaire de Thierry de Maigret l’avait, c’est vrai.

Adam Pilinski, un Polonais installé à Paris, a fabriqué dans les années 1870 et 1880 des fac-similés de feuillets d’incunables et de livres du XVIe siècle, à la plume et à la pierre lithographique, si exacts que les libraires s’en servaient pour compléter les exemplaires défectueux. Les catalogues portent encore aujourd’hui la mention « feuillet en fac-similé Pilinski ». Elle fait baisser le prix. Elle ne le fait pas tomber à zéro, parce que Pilinski est devenu lui-même un nom de collection, et qu’un feuillet de sa main se reconnaît à la loupe au grain de la pierre.

Sur le contreplat de mon tome 43 de Kehl, une étiquette de libraire lyonnais, rue Mercière, et un prix au crayon : 3 francs. Quelqu’un, à Lyon, a acheté un tome seul il y a longtemps et l’a gardé.

Je descends parfois à la cave pour le regarder. Je ne sais pas ce qu’il contient. Je ne l’ai jamais ouvert au-delà de la page de titre, et je n’ai jamais cherché le 44. Banni.

Je sais, j’exagère, c’est ma signature.

GUILDE · ML/TOMAISON

La Guilde a vérifié sous l’armoire ; le tome XII n’y est pas. Document classé : diffusion restreinte.

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Le libraire est-il un algorithme? Fait-il encore le marché, ou ne fait-il que le suivre ?

Le dernier exemplaire est parti à huit cents euros chez Drouot ; le libraire pose son prix à neuf cents et le client repart. Il a recopié un chiffre et l’a vendu comme un jugement. On entre chez lui pour son savoir, on en ressort avec le résultat d’une vente d’avant-hier.

Par Mathieu Lenoir, pourfendeur d’idées reçues, lecteur des usages présents et contradicteur attitré des confusions bibliophiliques pour la Guilde des Bibliopolicés.

Amis bibliophiles, bonjour.

2026… On entre chez un libraire pour son savoir. On en ressort avec le prix d’une vente d’avant-hier. Il a recopié un chiffre, et il vous l’a vendu comme un jugement. Je sais, j’exagère, c’est ma signature.

Disons-le sans détour : une partie du métier de libraire est devenue une imposture polie. On a remplacé un connaisseur par un comparateur de prix en costume — et on continue de facturer le costume.

Je ne parle pas des escrocs ; ils m’ennuient. Je parle des honnêtes gens. Du libraire sérieux, compétent, courtois, qui croit faire son métier et n’en fait plus que la moitié. Et oui, je sais, j’exagère, c’est ma signature. Sinon vous ne me liriez plus….

Car un libraire, dans l’idée qu’on s’en fait, n’est pas un marchand comme un autre. C’est un homme qui sait. Il a lu, comparé, manipulé. Il distingue le bon exemplaire du médiocre, la vraie rareté de la fausse. Cette promesse a un nom : l’expertise. C’est elle qui justifie tout le reste — la marge, le conseil, le prix un peu plus haut qu’ailleurs. Vous ne payez pas l’objet. Vous payez le jugement de celui qui le vend, et son travail, quand il a travaillé.

Le reste est sur le site : le libraire devenu greffier du dernier coup de marteau, trois catalogues qui proposent le même contenu, et les quelques maisons qui posent encore un prix que personne n’a relevé ailleurs.

Encore faut-il qu’il y ait un jugement, et un travail.

Regardez comment se fixe un prix, aujourd’hui. Un livre arrive. Le libraire l’ouvre, et cherche. Pas dans sa tête : sur un écran. Il regarde ce que le même titre a fait à la dernière vente. Drouot, eBay, Catawiki, les concurrents (oups, pardon, les cionfrères, bien sûr, les libraires s’adorent entre eux, je l’oublie toujours). Il trouve un comparable, et il aligne son prix dessus.

Ce n’est pas malhonnête. C’est plus triste : c’est vide. Car ce n’est plus un jugement, c’est une valorisation. Il ne dit plus : voilà ce que vaut ce livre, selon moi, qui le connais. Il dit : voilà ce qu’il a fait ailleurs, la dernière fois. Il ne fixe pas un prix, il le constate. Il est devenu le greffier du dernier coup de marteau.

Et son catalogue suit. On y trouve ce qui se vend, parce que ça se vend. Les mêmes auteurs cotés, les mêmes reliures à la mode, les mêmes domaines que chez le voisin. Trois catalogues, un seul contenu. À ce compte, on n’a plus besoin de libraires : on a besoin d’un moteur de recherche avec pignon sur rue.

Comment en est-on arrivé là ? Par un outil, et par paresse. Avant, le prix d’un livre rare était un secret de métier. Le libraire avait vu passer mille exemplaires ; vous, aucun.

Ce savoir-là se payait, et c’était justice. Aujourd’hui, le dernier prix s’affiche en trois clics. Le savoir s’est répandu — tant mieux. Sauf que beaucoup de libraires se sont mis à boire à la même source que leurs clients. Ils ont perdu leur longueur d’avance, et l’ont remplacée par un copier-coller. Le numérique n’a pas tué les libraires : il a seulement révélé ceux qui vendaient des livres comme on vend des actions.

Car deux métiers, désormais, portent le même nom. Il y a celui qui suit : il s’indexe sur la salle, achète ce qui monte, vend ce qui se demande, et se trompe rarement — parce qu’il ne décide presque rien. Il transporte une valeur que d’autres ont fabriquée. Il n’ajoute rien.

Et il y a celui qui juge : celui-là achète ce que personne ne veut, flaire un domaine méprisé, paie d’avance une cote qui n’existe pas, défend, attend. Quand il se trompe, il garde le livre sur les bras, et c’est sa punition. Quand il a raison, c’est lui qui a fait le prix — pas la salle.

Le premier vit du marché. Le second le fabrique. Devinez lequel se fait passer pour l’autre.

On reconnaît le vrai à une chose : il prend un risque. Il avance son argent sur son propre jugement, il se compromet, et c’est précisément ce qui rend son avis précieux — il l’a déjà payé de sa poche avant de vous le donner. Celui qui se contente de suivre, lui, ne risque rien. Son avis ne lui coûte rien, ce’est un algorithme. Le métier s’est trouvé une rente : faire payer au prix de l’expertise un service que le marché rend désormais gratuitement.

Et vous, pendant ce temps, vous réglez plein tarif pour une caution qui n’existe plus. Vous croyez consulter un connaisseur ; vous consultez un homme qui a regardé le même écran que vous — sauf que vous, vous auriez pu le faire seul, et sans payer.

Un exemple, et tout devient clair. Un client entre, il cherche une édition précise en reliure d’époque, au prix non marqué. Le libraire, comme souvent, est assis derrière son écran, il fait défiler, s’arrête sur une vente récente. Le dernier est parti à huit cents euros, constate-t-il dans sa tête…

Il pose son prix : neuf cents. Le client paie, repart content. Que s’est-il passé ? Rien. Le libraire n’a pas jugé l’exemplaire, il a lu un chiffre. Il n’a pas dit si cette reliure-ci valait mieux que l’autre, si la marge, le papier, la provenance changeaient quelque chose. Il a vendu une moyenne au prix d’un jugement qu’il n’a pas rendu. Le livre était unique ; le prix, lui, était générique.

On me dira que le libraire doit vivre, qu’il ne peut pas tout acheter à l’aveugle, que les résultats publics sont une information légitime. C’est vrai. Je ne lui demande pas d’être imprudent. Je lui demande de ne pas confondre la prudence avec l’abdication. Consulter la salle, les confrères, c’est sain ; s’y soumettre entièrement, c’est démissionner. Le bon libraire regarde les résultats, puis décide. Parfois, cela ennuie le bibliophile qui trouve que c’est exagéré, mais il y a une conviction.

Le mauvais regarde les résultats, et obéit.

Alors, comment le reconnaître ? Méfiez-vous de celui qui n’a jamais tort : comme l’expert qui n’a jamais tort, c’est mauvais signe. Il ne décide rien, il suit, et il vous vendra au prix d’hier ce que vous paierez demain. Cherchez plutôt celui qui défend des choses bizarres, celui qui a, dans un coin, un domaine que personne ne lui demande, celui qui vous parle d’un livre avec une conviction que le marché n’a pas encore validée. Celui-là prend un risque. Donc il pense. Donc il vaut son prix.

Le bon libraire n’est pas celui qui connaît les prix. C’est celui qui ose en proposer. Le reste — la recopie, l’alignement, le catalogue qui suit la mode — ce n’est pas un métier, c’est un relais ; et un relais n’ajoute rien à ce qu’il transmet, il prélève seulement au passage.

Je sais que ces lignes en fâcheront quelques-uns. Tant mieux. Le libraire que cet article met en colère est peut-être celui qui s’y reconnaît ; celui qui le lit en souriant, lui, n’a rien à craindre : il fait encore son métier.

Le vrai libraire n’a pas disparu. Il est seulement parfois devenu difficile à distinguer de son photocopieur.

Sic transit gloria mundi.

GUILDE · ML/LIBRAIRES — Document classé : diffusion restreinte.

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