Le livre est un objet particulier pour celui qui le collectionne, parce qu’il peu à la fois le « posséder », et chacun d’entre nous comprendra ce que je veux dire par là, mais aussi parce qu’il peut l’utiliser, le lire, et que d’autres peuvent avoir envie de l’utiliser.
Je ne suis pas certain d’être bien clair, aussi vais je utiliser un exemple : j’ai une amie qui collectionne les grenouilles sous toutes leurs formes, un autre qui collectionne les boîtes à musique ancienne, et bien dans les deux cas, il ne me viendrait pas à l’idée de leur demander de me prêter une grenouille en faïence ou une boite à musique, pour que je puisse l’emmener chez moi et les utiliser…
Pour les livres, un jour ou l’autre, on croise cette catégorie de personnes honnie des bibliophiles : les emprunteurs. Le jour où cela survient, comment réagir si l’on n’est pas Sir Heber, bibliophile anglais, qui recommandait « qu’un bon bibliophile doit avoir trois exemplaires de chaque ouvrage intéressant, et s’employer à les trouver: le plus beau pour le montrer, le second pour s’en servir, le troisième pour être mis à la disposition des amis.». Oui, comment faire?

Solution n°1 : ignorer l’importun, au risque de perdre un ami? Mais un véritable ami oserait il vous priver ainsi d’une partie de vous?
Solution n°2 : feindre d’être atteint d’une crise de surdité aussi inattendue que définitive (une guérison miracle surviendra plus tard).
Solution n°3 : comme le bibliophile Daniel Brunet, joindre à tout livre prêté une carte, sur laquelle était écrit le texte suivant :
Les dix commandements de Daniel
Ce volume ne prêteras,
Je l’interdis absolument.
D’un papier tu le couvriras
Pour le conserver proprement.
Aucun coin tu ne corneras,
Je le défends expressément.
Aucune tache n’y mettras,
Ni doigt sale pareillement.
Le dos jamais ne briseras,
Car tu liras posément.
Jamais tu ne t’endormiras
Le laissant choir brutalement.
Au crayon, des traits n’y mettras
Ni note aucune, évidemment.
Aucun feuillet n’arracheras
Pour t’en servir incongrûment.
Entre mes mains le remettras
Comme tu l’as pris mêmement.
A Daniel obéiras
En cela scrupuleusement.
Solution n°4 : prévenir, plutôt que souffrir , et comme du Moustier écrire au bas de sa bibliothèque « Que le Diable emporte les emprunteurs de livres ».
Solution n°5 : la plus extrême, j’ai connu quelqu’un qui collectionnait les disques, et il lui en manquait souvent, soit qu’il les ait prêtés, soit qu’on les lui ait empruntés sans autorisation. Il finît par écrire sur la pochette « volé à T. Dupont ». Croyez le ou non, ce fût plutôt efficace!
Comme chacun le sait, les livres se rendent encore moins que l’argent. Qu’il est doux, parfois donc que la bibliophilie soit une passion où l’on rencontre peu de « confrères », ça limite considérablement les risque, non?
H
P.S. : merci à Philippe pour le petit texte de Brunet. Images : graveur, enlumineur et relieur au 16ème.
Bonjour,
Très belle exposition, merci! Auriez-vous par hasard quelques informations sur l'ex-libris de Paul Schmidt que vous présentez?
Merci beaucoup.
Cordialement,
Giulia Ventrella
l'ex-libris inconnu (le dernier) est celui d'un duc d'Arenberg…
c’est effectivement fou, mais d’un romantisme!!
Assez d’accord… Et puis, pourquoi ne pas imaginer un bibiophile voulant réunir la bibliothèque d’un de ses prédecesseurs. L’idée est assez séduisante (mais je suis un fou dangereux).
Hugues
Et puis c’est un jeu de piste amusant que l’on prépare :
« …Un jour, si tu t’ennuies, sache que j’ai collé des ex-libris qur d’autres livres que j’aimais. Si cela t’amuses, cherche-les et qaund tu verras ma bibliothèque, tu me verras…Bien à toi. »
Coy
Pas du tout Alain, ma logique serait de mettre mon ex-libris à côté du sien. J’ai plusieurs ouvrages sur lesquels il y a plusieurs ex-libris, et c’est ainsi que je l’imagine.
Je n’enlèverai jamais un ex-libris.
Martin.
La logique voudrait que votre ex-libris recouvre le sien.
Est-ce lui rendre hommage?
Merci Coy pour ce commentaire. C’est excatement comme cela que j’envisage la chose. Aucune question d’ego.
Martin.
On peut le voir aussi comme un clin d’oeil au futur possesseur :
« Regarde, j’ai aimé ce livre, j’en ai pris soin, je l’ai conservé contre le temps et il m’a rendu heureux. Je ne suis plus, il est là. A toi maintenant, continue la chaîne…et pense de temps en temps à moi ».
Coy
Jai du mal à exprimer mon avis sur les ex-libris !
Doit on les considérer comme une marque de propriétaire et/ou une manifestation d’ego surdimensionné.
Si la bibliothéque est grande , si les reliures sont refaites à neuf, pourquoi pas ?
S’il s’agit de rajouter sa marque sur un objet qui à déjà vécu, j’aurais tendance à considérer cela comme une dégradation supplémentaire et il importera peu aux générations à venir que ce livre ait été la propriété de Mr X .
Ceci dit certains ex-libris sont de véritables oeuvres d’art !!
cordialement
Bonsoir à tous,
la véritable question à se poser est à mon avis est la suivante :
Mérite-t’on un ex libris ou bien l’ex libris nous mérite-t’il ?
A débattre.
Doit-on se faire un nom comme bibliophile pour espérer passer à la postérité avec une petite étiquette gravée et imprimée, ou bien est-ce notre ex libris qui plus tard sera reconnu comme le signe d’un indéniable bon (ou mauvais) goût bibliophilique ??
Je ne saurais trancher.
A vous de dire ce que vous en pensez.
Amicalement, Bertrand
Ce commentaire a été supprimé par l’auteur.
Mon dilemme est encore plus fort : dois-je me faire faire un bel ex-libris ou pas?
Martin
Merci Raphael. En surfant un peu, on découvre que M Lugol avait apposé son ex-libris sur de nombreux autres ouvrages.
Heureux hommes
J’ai mal posté ce message, l’ex-libris de M. Lugol est dans l’exposition « ex-libris I ».
Raphael
Trés intéressante exposition malgré l’adversité.
Ce Monsieur Lugol aimait les livres illustrés. Voici un autre livre de sa bibliothèque que j’ai sur mes rayons, un ton au-dessous du vôtre néanmoins, avec quelques notes:
Historiettes ou Nouvelles en vers par M. Imbert. à Amsterdam (Delalain, Paris), 1774. In-8, 1 titre dessiné et gravé par Moreau, 1 figure et 4 vignettes par Moreau gravées par Masquelier et Née. Basane flammée, dos orné, encadrements de filets sur les plats, tr. dorées, papier de Hollande(Cohen, p.216).
Notice du catalogue du libraire découpée et collée sur le contre-plat sous l’x-libris, avec prix (1800 fr) et la mention au crayon « Le Tourneur (?) 1922 ».
Classé parmi les « Poètes à images » selon les Goncourt qui le possédait dans leur cabinet
(«Avouons-le franchement, la poésie du temps ne vaut quelque chose que par les estampes des dessinateurs qui l’ont illustrée. Parlons donc des poètes à images…).
Mon ordinateur a aussi fumé…Ce doit être la saison !
Raphael