Théâtre des cruautés des hérétiques de notre temps par Verstegan

J’ai depuis longtemps dans ma bibliothèque un ouvrage que je ne parviens pas à identifier. C’est un ouvrage composite, contenant pour moitié des pages manuscrites, et pour moitié de gravures présentant des scènes de tortures religieuses.


Pour moi, l’ensemble date soit du 17ème soit du 16ème siècle, et le contexte est celui des guerres de religion. Je pense qu’un bibliophile plus expérimenté que moi, voire un historien, devrait être capable de l’identifier. Aidez-moi!




L’ouvrage est en trois parties.
La première partie est intitulée : « Description particulière des aurible cruautés que les hérétiques d’Angleter on fait soufrir aux catholiques sous le règne du roy Henri huitième l’an 15. ». Elle se compose de 34 pages, sur chaque double page on trouve une page manuscrite sur la page de gauche et une planche contre-collée sur la page de droite. Ce qui est intéressant c’est que sur la gravure, diverses personnes sont soumises à des tortures et signalées par des lettres de l’alphabet. Ces lettres sont reprises dans le texte de la page de gauche et les victimes sont alors identifiées par leur nom, on décrit également les supplices qu’elles ont subies. Parmi les victimes, j’ai noté Thomas More (exécuté par Henry VIII en 1535, le livre est donc postérieur à cette date).
La seconde partie s’intitule : « Particulier de quelques actions cruelles faite en Flandre des Rebelles sous l’autorité de Guillaume de Nasseau, prince d’Orange… envers l’église catholique et rebelle de son prince naturel ». Selon le même principe, on trouve lignes manuscrites sur la page de droite et gravure sur la page de droite. Le tout sur 10 pages.
La troisième partie s’intitule : »description de la recherche et des cruelles actions faite aux catholiques par les calvinistes d’angleterre sous le règne d’Elisabeth l’an 1566″. Sur une vingtaine de pages, on retrouve le même principe de pages manuscrites et de gravures en vis à vis.





Le tout est relié dans un cahier fort modeste, mais l’ensemble constitué est assez fascinant.
L’un d’entre vous aurait-il une idée? Toute information serait bienvenue. Il est certain que les gravures proviennent d’un ouvrage, mais lequel? Est-ce une copie manuscrite, etc?



Je place beaucoup d’espoirs en vous… Sourire.
Merci.H

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Le Bibliomane de Charles Nodier…

Le Bibliomane de Charles Nodier…

A terme, j’ai prévu de mettre au point un test « infaillible » qui vous permettra de savoir si vous êtes bibliophile, bibliomane ou bibliopathe… Naturellement, il sera validé préalablement par le docteur Diafoirus.

Puisque je parle de bibliomanie, je viens de terminer la lecture du Bibliomane de Charles Nodier (avec des illustrations en couleurs de M. Leloir, à Paris, chez Conquet, 1895) que j’ai acheté au marché Saint-Sulpice. Un charmant in-12 sur vélin du Marais, en demi-maroquin vert à coins, joliment relié par Champs.

L’ouvrage n’est pas volumineux, une cinquantaine de pages tout au plus, mais il est assez sympathique malgré un style un peu lourd, assez emblématique des satyres du premier tiers du 19ème siècle (selon mon expérience).

Pour le résumer très rapidement, même si cet exercice est toujours hasardeux. Au fil des pages le lecteur suit deux amis, dont l’un est bibliomane, au long d’une promenade dans Paris. La promenade est propice à diverses rencontres et à la visite de quelques lieux de la capitale où le livre est roi. Elle se terminera (attention, je vais annoncer la fin) mal, avec la mort du bibliomane, qui ne se remettra pas d’avoir découvert un Elzevir de meilleure qualité que le sien… La lecture est agréable, je retiens quelques moments sympathiques. Celui où le bibliomane considère ses souliers en soupirant « voilà bien du beau maroquin perdu », puis visite son tailleur et lui assène « Monsieur, cet habit est le dernier que je reçois de vous, si l’on oublie encore une fois de me faire des poches in-quarto »…!

Face à une trop grosse déception, son front prend d’ailleurs la teinte d’un maroquin citron un peu usé… Hélas, comme je l’écrivais plus haut ,il succombera un peu plus tard, ne parvenant à se remettre d’une découverte qui lui sera fatale : un exemplaire d’un Elzevir de 1676, en grand papier, dont il pensait avoir l’exemplaire géant, et qui l’emporte sur le sien d’un tiers de ligne de hauteur

« Un tiers de ligne », ce seront d’ailleurs ses derniers mots! Charles Nodier était bien sûr bibliophile, de mémoire il fût du déplacement pour la vente du Comte de Fortsas. Il fût également élu à l’Académie française en 1833 au siège 25 en remplacement de Jean-Louis Laya. L’année suivante il fonde le « Bulletin du Bibliophile », autre source inépuisable de plaisir pour les amateurs que nous sommes. Un petit PS qui n’a rien à voir : anticipant les foules de la fin août, je suis allé acheter les fournitures nécessaires à la rentrée des classes de mes enfants cet après-midi, dans un hypermarché. Devinez quoi, au milieu des classeurs Spiderman et autres trousses Winnie l’Ourson trônait une gigantesque pile de Gaffiot (dictionnaire Latin-Français pour les non latinistes), et elle était bien entamée! Dans un Hypermarché! Et bien voyez-vous, ça m’a non seulement rappelé mes jeunes années, mais également bien remonté le moral!

H

Images : Nodier, sa représentation dans le Panthéon Charivarique, et des bibliomanes…

11 Commentaires

  1. Le plus fascinant est d’imaginer le propriétaire de manuscrit réalisant ses découpages proprets, élaborant sa mise en page, crispé sur sa plume…
    Je m’interroge sur l’intérêt qu’il pouvait trouver à ce montage par rapport à l’original. Peut-être à des fins didactiques…
    Vous nous direz si le texte est in-extenso ou bien s’il s’agit d’extraits choisis.
    Cordialement
    Raphael

  2. Bonsoir,

    Chez amazon et chapitre, on trouve l’édition de 1995 pour 20 euros environ. Sinon, votre bibliothèque municipale devrait pouvoir vous aider, non?

    Bonne chance,
    ms

  3. Martin!

    Fantastique, c’est bien cela… Il s’agît bien du Vestergan… il ne me reste plus qu’à en trouver un sur internet pour le collationner… Aucune trace chez les marchands, aucune trace sur Gallica.

    Merci encore. Vraiment.
    H

  4. C’est passionnant, c’est un aspect que j’ignorais totalement… J’ai scruté le papier sous tous les angles. Aucun filigrane, mais une trame importante… je crains bien que cela n’aide pas. Le meilleur moyen reste sans doute d’identifier les gravures.
    H

  5. Le filigrane du papier du manuscrit. Son dessin pourrait (peut-être) orienter vers ses origine et période de fabrication. Il y avait sur Gallica l’ouvrage de référence de Charles M Briquet, les Filigranes en trois copieux volumes, un travail extraordinaire. Regardez s’il est toujours disponible. Sinon, je l’ai téléchargé et je pourrai chercher si vous voulez.
    Raphael

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