Les dix livres d’architecture de Vitruve corrigés et traduits nouvellement en français, par Claude Perrault

Amis Bibliophiles bonjour,

Nous devons à Claude Perrault, architecte, un livre d’exception, grand in-folio, « les dix livres d’architecture de Vitruve corrigés et traduits nouvellement en français”. Cette traduction libre et largement commentée était une commande de Colbert. Elle exalte les qualités de l’architecture antique et inspire l’architecture classique. Le livre connut deux éditions, toutes deux chez Jean-Baptiste Coignard à Paris, l’originale parut en 1673 et l’édition augmentée en 1684.
L’attrait du livre réside bien sûr dans son illustration. Outre de nombreuses petites gravures sur bois in-texte (plus de 80), deux bandeaux, deux lettrines et une vignette gravés, on dénombre 64 grandes planches sur cuivre à pleine page, parfois à double page (6 d’entre elles) et un frontispice gravé. L’édition de 1684 comporte 67 grandes planches et deux autres ont été complétées et corrigées, les notes étant largement remaniées. 
Pour un livre de luxe les planches sont comme il se doit en belle page. Le livre n’ignore pas les oeuvres d’architecture de l’auteur. Ainsi reconnaît-on en frontispice la colonnade du Louvre et l’arc de triomphe du Trône jadis édifié au faubourg Saint-Antoine. La vignette de l’épître figure encore la colonnade, deux grandes planches représentent l’observatoire de Paris. 

La majeure partie des planches est consacrée aux monuments antiques, temples, théâtres, colonnades, quelques unes et non les moins spectaculaires, représentent des horloges, des fortifications, des machines de siège, un orgue hydraulique ou l’élévation d’un obélisque.
Le frontispice est signé Sébastien Leclerc. E. Gantrel, P. Le Pautre , G. Edelinck, Tournier, N. Pitau, ont aussi pris part à l’illustration. Un livre à voir!
Collation, édition 1673: 1 f. (frontispice), 1 f. (titre), 3 pp. n.ch. + 1 p. (sonnet), 12 pp. (préface), 325 pp., 1 p. blc., 8ff.Collation, édition 1684: 1 f. (frontispice), 1 f. (titre), 3 pp. n.ch. + 1 p. (avertissement), 12 pp. (préface), 354 pp., 8 ff. n.ch.
Lauverjat

La lettre du bibliophile

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Un Livre à l’honneur : Le Malleus Maleficarum, ou le manuel d’inquisition du 15ème siècle

Un Livre à l'honneur : Le Malleus Maleficarum, ou le manuel d'inquisition du 15ème siècle

Le Malleus Maleficarum, ou Marteau des Sorcières, est le plus connu des traités de sorcellerie et le plus utilisé des manuels de sorcellerie. Publié en 1486 (pour ceux qui suivent, c’est donc un… incunable), il fût écrit par Heinrich Kramer (aussi connu sous le nom de Henri Institoris) et Jacques Sprenger.

Si Institoris (1430-1505) est un inquisiteur implacable de l’ordre des Dominicains qui est même contesté dans les rangs de l’Eglise, Sprenger, dominicain lui aussi, est un homme très instruit et malgré son titre d’Inquisiteur de la Vallée du Rhin, il n’a pas joué un rôle actif dans la traque des hérétiques et des sorciers.

Hommes de progrès, les deux auteurs choisirent de lutter contre l’hérésie en utilisant la technique la plus moderne de l’époque, à savoir l’imprimerie, afin de favoriser la diffusion rapide de leurs idées.

Extraordinaire somme démonologique, le Malleus se compose de trois parties principales.

Dans la première, les auteurs démontrent la réalité des maléfices et la nature de la sorcellerie, ils y expliquent aussi notamment pourquoi les femmes, à cause de leur faiblesse et de leur intelligence inférieure (pas de commentaire), sont par nature plus disposées à céder aux tentations du Malin.

Dans la deuxième partie, Institoris et Sprenger donnent des exemples concrets, qui sont autant de récits assez extraordinaires et fantastiques : tranformations en animaux, en monstres, vols sur les balais durant le sabbat, capacité à déclencher des catastrophes naturelles, destruction des récoltes, rapports sexuels entre sorcières et démons, etc.
Enfin, la troisième partie est le code criminel qui doit permettre d’interroger et de punir suspects et coupables (les suspects finissant rarement innocents, il faut bien le reconnaître). L’argumentation logique utilisée pour énoncer des absurdités constitue l’un des grands charmes de l’ouvrage, par ailleurs sinistre. Ce vademecum pour inquisiteur détaille aussi très précisément comment procéder à la capture, instruire le procès (notamment le rasage intégral du corps des accusés au fer rouge , afin de trouver la fameuse « marque du Diable », preuve de culpabilité), organiser la détention et l’élimination des sorcières. Il explique également comment accorder ou non du crédit aux déclarations des témoins, dont les accusations sont souvent proférées par envie ou désir de vengeance. Naturellement les deux auteurs assurent également que les juges, en tant que représentants de Dieu, ne peuvent être soumis à l’inquisition et en proie à l’hérésie. Pratique, non?


L’idée qui domine l’ouvrage est que si l’Eglise arrive à exterminer les sorciers à l’aide de ce livre et via l’Inquisition, le diable perd la plupart de ses moyens d’action.

Son succès sera immense. Entre 1486 et 1520, on compte une quinzaine d’éditions, parues dans des villes rhénanes, mais aussi à Paris et à Lyon. A raison de 1 000 ou 1 500 exemplaires par tirage, 20 000 exemplaires ont pu circuler avant la Réforme. Le traité connaît une seconde vie à la fin du XVIe siècle. De 1574 à 1621, une quinzaine de nouvelles éditions sortent des presses européennes. Les dernières éditions datent des années 1660.

Les détracteurs de l’hystérie démonologique furent peu nombreux mais existèrent.. On peut citer Jean Wier, qui publie en 1564 un traité Des illusions des démons, des incantations et des poisons , ne niant pas l’existence de Satan et de certains sorciers, proposant plutôt de soigner ces gens, qui sont de simples malades.

Les plupart des éditions sont in-8, mais on trouve également des in-4.

H
Images : le Malleus.

15 Commentaires

  1. Bonjour,
    vous pouvez m'envoyer ces éléments, ou bien vous adresser au libraire le plus proche de chez vous, ou le plus proche du lieu où sont les livres, c'est parfois le plus pratique. Dans tous les cas nous sommes à votre disposition pour une estimation dans un premier temps… Si vous vous identifiez sur ce blog, vous pourrez m'envoyer un mail, sinon passez par le propriétaire du blog… Benoît P.

  2. Bonjour, Je possède la deuxième édition des Dix Livres en bon état général, et je souhaiterais pour différentes raisons la mettre en vente.
    Elle est stockée chez un membre de ma famille, en France, je vais essayer d'avoir la date exacte de parution, et les éléments descriptifs habituels.
    Pachou

  3. Ah d'accord, pardon… Désolé pour le "notre" ; je voulais simplement dire qu'il s'agissait du même ouvrage, même si ce n'est pas le même ! Le livre "bibliophilique", un multiple qui est toujours singulier… (n'est-ce pas, d'ailleurs, une bonne définition…?)

  4. Non Môsssieur mon exemplaire n'est pas en condition extérieure médiocre ;). Par ailleurs, il faut absoudre Hugues, en son temps, le compte rendu de la vente de mon livre parlait en effet "des contes" de Perrault!!

    Lauverjat

  5. Dernier message, parce que le hasard s'y met : parcourant le dit catalogue, j'y trouve notre exemplaire de Vitruve ! Le même, visiblement en condition extérieure médiocre, certes, mais il est là. Est. 8/900 Euros…

  6. Info, à tous : très bonne vente dans ma province, à Auxerre, samedi… Jusque ce matin le catalogue était indisponible sur Interencheres (il y a bien un fichier, mais c'est juste l'affiche). Je dispose du catalogue, bien détaillé, fait par M. Cart-Tanneur, je peux vous l'envoyer. Je sais d'autre part que la partie non cataloguée va être, disons, intéressante… Ne loupez pas ça ; et comme ça vous passerez me voir à Sens en rentrant…

  7. Je duplique ici ma question posée sur FB : je recherche une vente prochaine de curiosae (enchères j'entends), pour y proposer qques ouvrages. Merci si qqun a une info concernant un catalogue pas encore clos… Et bonne soirée.

  8. Bonjour chers amis, help needed svp : qui pourrait me renseigner sur le prénom de l'éditeur Perrotin (romantisme 19e) ? Merci d'avance. Je penche pour Gustave ou Octave, de mémoire, mais c'est sûrement faux… Merci !

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