Les 6 commandements du bibliophile

Amis Bibliophiles Bonsoir,

« Système des libraires parisiens », « bibliographies », « codes »… On le voit, bien qu’elle soit une passion (parfois dévorante), la bibliophilie obéit à des règles. Il y a les règles fixées par l’Histoire, celles édictées par nos aînés en bibliophilie et il y a surtout les règles que chaque bibliophile se fixe à lui-même.

En ce qui me concerne, j’ai commencé comme j’ai pu, j’ai poussé en bibliophilie comme une mauvaise herbe, à la mesure de mes moyens et des arbitrages que m’imposaient ma vie d’étudiant (sniff, sniff…. bon, c’est bon, vous pouvez remettre vos mouchoirs dans vos poches)… Enfin bref.

Mais aujourd’hui, sauf exception, je me suis fixé des règles strictes, pour ne pas acheter n’importe quoi et ne pas regretter au final certains de mes achats (voire ne pas tomber dans une bibliomanie effrénée) :

1. Les livres incomplets, ne serait-ce que d’un feuillet de côté tu laisseras.
2. Les dépareillés, pareillement, oncques ne convoiteras.
3. Le bon état toujours tu privilégieras.
6. La qualité au nombre toujours tu préféreras.
4. Une émotion te procurer, chaque livre devra.
5. Les prix tu compareras
6. Patient tu seras.

Désormais, devant chaque livre, je me pose de façon instinctive ces questions, et quand une reliure vient accompagner l’ensemble, je veille toujours à ce qu’elle ait un sens par rapport au livre qu’elle recouvre. (ne pas oublier la règles fondamentale « tous les livres doivent recevoir une reliure appropriée à leur date, à leur valeur et à leur contenu »).

Et vous, avez-vous vos propre règles? Différent-elles des miennes?

H

La lettre du bibliophile

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Variations autour d’un portrait de Jean Charlier, dit Jean de Gerson de 1501 à 1861

Variations autour d'un portrait de Jean Charlier, dit Jean de Gerson de 1501 à 1861

Amis Bibliophiles bonsoir,
La publication des images du Catherine de Sienne du baron Pichon a provoqué de nombreuses réactions, en particulier en ce qui concerne le portrait, sujet sur lequel je m’étais déjà moi-même interrogé.

Les deux pages de titre
Mon ouvrage, publié chez Jehan Petit en 1503 contient en effet un portrait de Jean Charlier, dit Jean de Gerson, au verso du titre. 
Textor, lui possède un De Inventoribus de Virgile Polydore, une impression de Jean Marchand à la marque de Jehan Petit, avec un portrait au verso. Ce portrait est également celui de Jean de Gerson, mais il est légèrement différent.
Enfin, il semble que la première publication de ce bois date de 1501, sur la page de titre de La Mendicité spirituelle (Paris, Michel Le Noir, 1501 n.s.),  repris par Philibert Berjeau le 15 août 1861 pour orner la page de couverture de sa revue Le Bibliophile illustré. Ce qui est étonnant, c’est que ces trois bois du début du 16ème siècle sont différents , mais très légèrement, comme vous pouvez le constater. Comment expliquer ceci?

Le portrait n°1, de 1501, le plus fin au niveau du détail:

Le portrait dans mon exemplaire, un peu moins détaillé, notamment au niveau de la finesse de gravure des livres.
Enfin dans l’exemplaire de Textor, où le livre à l’intérieur du lutrin a encore perdu en finesse et le carrelage du sol diffère.
Enfin, repris sur la couverture du Bibliophile illustré:

H

2 Commentaires

  1. Dans un autre genre, voici les
    Commandements du Bibliophile, par François Fertiault, excellent bibliophile bourguignon du siècle de Baudelaire :

    « De bonne heure t’éveilleras,
    Laissant l’oreiller prestement,

    Alerte, tu t’habilleras,
    Et quitteras l’appartement,

    Le long des quais tu te rendras,
    Pour entrer en chasse ardemment,

    Par le soleil tu marcheras,
    Et par la bise également,

    Dans chaque boîte fourreras,
    Ton nez et tes doigts vivement,

    Retournant tout, tu flaireras,
    Avec un fin discernement,

    Le plus possible choisiras,
    Puisant avec acharnement,

    Quand une aubaine trouveras,
    Cacheras ton contentement,

    Mais, en dedans, tu béniras,
    La providence tendrement.

    Tout le jour, calme, arpenteras,
    La dalle infatiguablement,

    Le soir, bien chargé tu seras,
    Et t’en reviendras lentement,

    Dans tes rayons tu les mettras,
    En les classant logiquement,

    Les rangs doubles éviteras,
    Comme cause d’un gros tourment,

    En ami tu les poseras…
    Puis les fermeras prudemment,

    Les emprunteurs distingueras,
    Pour prêter équitablement :

    Aux fidèles accorderas,
    Plein d’un affable empressement ;
    Des indiscrets te garderas,
    Refusant énergiquement,

    Aucun livre ne détruiras,
    Ni n’écorneras seulement.

    Au contraire, tu guériras,
    Ces blessés paternellement.

    Les destructeurs tu maudiras,
    Sans grâce, impitoyablement ;

    Les voleurs, tu les châtiras,
    En les divulguant vertement.

    Donc, tes livres tu chériras,
    Et tiendras amoureusement ;

    Au couteau tu les couperas,
    Sans frange et délicatement ;

    Enfin, surtout, TU LES LIRAS…
    C’est mon plus haut commandement.

    Près du feu, tard, tu veilleras,
    Pour les contempler longuement.

    A la fin, tu te coucheras,
    L’esprit plein de ravissement,

    Toute la nuit tu rêveras,
    Bouquin, brochure et document ;

    Aux Elzevirs tu sourieras,
    Tombant presque en l’enivrement,

    Le lendemain, continûras,
    Pris d’un semblable entraînement,

    Et, sans dol, rebouquineras…
    Jusqu’à ton dernier moment ! »

    François Fertiault, 1877.

    Pour information, François Fertiault est né en 1814 et mort en 1915 !

    Vous comptez bien… 101 ans

    La bibliophilie conserve c’est certain.

    Pierre Bérès est né en 1913, je vous le rappelle et il se porte comme un charme…

    Amitiés, Bertrand

  2. Je ne peux que souscrire à ces règles. Je vais parler comme une « ancien », mais il faut un peu de temps pour se conformer à ces règles de bon sens. Je crois que le maître-mot est patience.

    Jean-Marc

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