« Système des libraires parisiens », « bibliographies », « codes »… On le voit, bien qu’elle soit une passion (parfois dévorante), la bibliophilie obéit à des règles. Il y a les règles fixées par l’Histoire, celles édictées par nos aînés en bibliophilie et il y a surtout les règles que chaque bibliophile se fixe à lui-même.
En ce qui me concerne, j’ai commencé comme j’ai pu, j’ai poussé en bibliophilie comme une mauvaise herbe, à la mesure de mes moyens et des arbitrages que m’imposaient ma vie d’étudiant (sniff, sniff…. bon, c’est bon, vous pouvez remettre vos mouchoirs dans vos poches)… Enfin bref.
Mais aujourd’hui, sauf exception, je me suis fixé des règles strictes, pour ne pas acheter n’importe quoi et ne pas regretter au final certains de mes achats (voire ne pas tomber dans une bibliomanie effrénée) :
1. Les livres incomplets, ne serait-ce que d’un feuillet de côté tu laisseras.
2. Les dépareillés, pareillement, oncques ne convoiteras.
3. Le bon état toujours tu privilégieras.
6. La qualité au nombre toujours tu préféreras.
4. Une émotion te procurer, chaque livre devra.
5. Les prix tu compareras
6. Patient tu seras.
Désormais, devant chaque livre, je me pose de façon instinctive ces questions, et quand une reliure vient accompagner l’ensemble, je veille toujours à ce qu’elle ait un sens par rapport au livre qu’elle recouvre. (ne pas oublier la règles fondamentale « tous les livres doivent recevoir une reliure appropriée à leur date, à leur valeur et à leur contenu »).
Et vous, avez-vous vos propre règles? Différent-elles des miennes?
H
La lettre du bibliophile
Si cette chronique vous a plu : recevez trois nouvelles par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d'archives, quelques milliers de lecteurs.
Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.
Amis Bibliophiles bonjour, Je vous avais déjà parlé du Code Voynich (http://bibliophilie.blogspot.com/2009/12/le-manuscrit-de-voynich-un-mystere-de.html), l’un de ces étranges ouvrages, à la frontière de la bibliophilie et qui n’a pas encore décrypté. Mais connaissez vous un autre de ces ouvrages étranges, dont le secret vient lui d’être percé… le code du Copiale. Le code du Copiale est un manuscrit chiffré formé de 75 000 caractères répartis sur 105 feuillets reliés en un volume. Il est généralement daté de 1760/17801, bien qu’il soit resté inconnu du grand public jusqu’en 2011 lorsqu’une équipe internationale a annoncé qu’elle l’avait décodé. Il avait été découvert dans les archives de l’Académie de Berlin à la fin de la Guerre Froide et est aujourd’hui en mains privées. Le manuscrit du Copiale tire son nom d’une des deux seules inscriptions non codées que l’on croise au fil des 105 feuillets: «Copiales». Il contient également un ex-libris manuscrit «Philipp 1866» sur la page de garde. Le manuscrit contient des symboles abstraits ainsi que des lettres grecques et la plupart des lettres de l’alphabet latin. S’il est connu des chercheurs personne ne parvient à comprendre ce dont il s’agît…. jusqu’au mois d’avril dernier, lorsqu’il est décodé informatiquement grâce à une collaboration entre les Universités de Californie du Sud et d’Uppsala en Suède. Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont réécrit une version du texte pouvant être lue par un ordinateur. Ils ont ensuite essayé de le décrypter grâce à 80 langues, avant de découvrir que le Code du Copiale était en fait un code de chiffrement par substitution complexe: les caractères romains étaient en fait des leurres, destinés à tromper les non initiés, et les messages étaient en fait dans les symboles abstraits.
Les chercheurs ont ensuite essayé d’associer des consonnes et des voyelles allemandes aux différents symboles ou groupes de symboles. Et cela a fonctionné puisqu’en déchiffrant la première phrase du document l’expression « Cérémonies d’initiation » est apparue. Elle était suivie de « Section secrète ». Les 16 premières pages du document décrivent en fait la cérémonie initiatique d’une société secrète non encore identifiée, mais qui était fascinée par par les yeux et l’ophtalmologie. Pendant le rite d’initiation, il est demandé au candidat de lire un morceau de papier blanc puis, une fois qu’il confesse qu’il ne peut pas le faire, il lui est donné des lunettes et demandé de réessayer ; on lui redemande ensuite après lui avoir essuyé les yeux avec un chiffon, puis après une « opération » pendant laquelle un poil de sourcil lui est arraché… Relié en papier brocard or et vert, a probablement été rédigé entre 1760 et 1780. Son décryptage est une étape importante pour envisager celui d’autres documents, notamment le Code Voynich. H P.S.: merci à Olivier et pour aller plus loin, je vous conseille deux lectures:Le Code du Copiale en anglais: http://stp.lingfil.uu.se/~bea/copiale/copiale-translation.txtEt l’excellent ouvrage de Simon Singh sur les codes secrets, une merveille: « Histoire des codes secrets »
Amis Bibliophiles Bonjour, Je laisse aujourd’hui la parole à Rémi/Gonzalo, dont le sang n’a fait qu’un tour en lisant l’étude sur le livre comme investissement, etc. publié par une célèbre librairie, et dont je me […]
Amis Bibliophiles bonjour,Michel Odieuvre est le marchand d’estampes emblématique du portrait illustrant les livres du XVIIIe siècle. Voltaire ironique, le cite dans sa correspondance à plusieurs reprises pour se faire immortaliser. Odieuvre naquit en 1687 […]
Amis Bibliophiles bonjour,J’espère que vous allez bien, je suis de retour d’un lointain voyage, ce qui explique les rares messages de cette semaine.Eric, tu as raison, cette formule ne convient pas, il faut que je […]
2 Commentaires
Dans un autre genre, voici les Commandements du Bibliophile, par François Fertiault, excellent bibliophile bourguignon du siècle de Baudelaire :
« De bonne heure t’éveilleras, Laissant l’oreiller prestement,
Alerte, tu t’habilleras, Et quitteras l’appartement,
Le long des quais tu te rendras, Pour entrer en chasse ardemment,
Par le soleil tu marcheras, Et par la bise également,
Dans chaque boîte fourreras, Ton nez et tes doigts vivement,
Retournant tout, tu flaireras, Avec un fin discernement,
Le plus possible choisiras, Puisant avec acharnement,
Quand une aubaine trouveras, Cacheras ton contentement,
Mais, en dedans, tu béniras, La providence tendrement.
Tout le jour, calme, arpenteras, La dalle infatiguablement,
Le soir, bien chargé tu seras, Et t’en reviendras lentement,
Dans tes rayons tu les mettras, En les classant logiquement,
Les rangs doubles éviteras, Comme cause d’un gros tourment,
En ami tu les poseras… Puis les fermeras prudemment,
Les emprunteurs distingueras, Pour prêter équitablement :
Aux fidèles accorderas, Plein d’un affable empressement ; Des indiscrets te garderas, Refusant énergiquement,
Aucun livre ne détruiras, Ni n’écorneras seulement.
Au contraire, tu guériras, Ces blessés paternellement.
Les destructeurs tu maudiras, Sans grâce, impitoyablement ;
Les voleurs, tu les châtiras, En les divulguant vertement.
Donc, tes livres tu chériras, Et tiendras amoureusement ;
Au couteau tu les couperas, Sans frange et délicatement ;
Enfin, surtout, TU LES LIRAS… C’est mon plus haut commandement.
Près du feu, tard, tu veilleras, Pour les contempler longuement.
A la fin, tu te coucheras, L’esprit plein de ravissement,
Toute la nuit tu rêveras, Bouquin, brochure et document ;
Aux Elzevirs tu sourieras, Tombant presque en l’enivrement,
Le lendemain, continûras, Pris d’un semblable entraînement,
Et, sans dol, rebouquineras… Jusqu’à ton dernier moment ! »
François Fertiault, 1877.
Pour information, François Fertiault est né en 1814 et mort en 1915 !
Vous comptez bien… 101 ans
La bibliophilie conserve c’est certain.
Pierre Bérès est né en 1913, je vous le rappelle et il se porte comme un charme…
Je ne peux que souscrire à ces règles. Je vais parler comme une « ancien », mais il faut un peu de temps pour se conformer à ces règles de bon sens. Je crois que le maître-mot est patience.
Trois chroniques par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d’archives, quelques milliers de lecteurs.
Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.
Cookie Consent
Nous utilisons des cookies pour mesurer l'audience du site et améliorer votre expérience de lecture. En continuant à naviguer, vous acceptez ces cookies. Vous pouvez à tout moment ajuster vos préférences.
ID used to identify users for 24 hours after last activity
24 hours
_gat
Used to monitor number of Google Analytics server requests when using Google Tag Manager
1 minute
_gac_
Contains information related to marketing campaigns of the user. These are shared with Google AdWords / Google Ads when the Google Ads and Google Analytics accounts are linked together.
90 days
__utma
ID used to identify users and sessions
2 years after last activity
__utmt
Used to monitor number of Google Analytics server requests
10 minutes
__utmb
Used to distinguish new sessions and visits. This cookie is set when the GA.js javascript library is loaded and there is no existing __utmb cookie. The cookie is updated every time data is sent to the Google Analytics server.
30 minutes after last activity
__utmc
Used only with old Urchin versions of Google Analytics and not with GA.js. Was used to distinguish between new sessions and visits at the end of a session.
End of session (browser)
__utmz
Contains information about the traffic source or campaign that directed user to the website. The cookie is set when the GA.js javascript is loaded and updated when data is sent to the Google Anaytics server
6 months after last activity
__utmv
Contains custom information set by the web developer via the _setCustomVar method in Google Analytics. This cookie is updated every time new data is sent to the Google Analytics server.
2 years after last activity
__utmx
Used to determine whether a user is included in an A / B or Multivariate test.
18 months
_ga
ID used to identify users
2 years
_gali
Used by Google Analytics to determine which links on a page are being clicked
Dans un autre genre, voici les
Commandements du Bibliophile, par François Fertiault, excellent bibliophile bourguignon du siècle de Baudelaire :
« De bonne heure t’éveilleras,
Laissant l’oreiller prestement,
Alerte, tu t’habilleras,
Et quitteras l’appartement,
Le long des quais tu te rendras,
Pour entrer en chasse ardemment,
Par le soleil tu marcheras,
Et par la bise également,
Dans chaque boîte fourreras,
Ton nez et tes doigts vivement,
Retournant tout, tu flaireras,
Avec un fin discernement,
Le plus possible choisiras,
Puisant avec acharnement,
Quand une aubaine trouveras,
Cacheras ton contentement,
Mais, en dedans, tu béniras,
La providence tendrement.
Tout le jour, calme, arpenteras,
La dalle infatiguablement,
Le soir, bien chargé tu seras,
Et t’en reviendras lentement,
Dans tes rayons tu les mettras,
En les classant logiquement,
Les rangs doubles éviteras,
Comme cause d’un gros tourment,
En ami tu les poseras…
Puis les fermeras prudemment,
Les emprunteurs distingueras,
Pour prêter équitablement :
Aux fidèles accorderas,
Plein d’un affable empressement ;
Des indiscrets te garderas,
Refusant énergiquement,
Aucun livre ne détruiras,
Ni n’écorneras seulement.
Au contraire, tu guériras,
Ces blessés paternellement.
Les destructeurs tu maudiras,
Sans grâce, impitoyablement ;
Les voleurs, tu les châtiras,
En les divulguant vertement.
Donc, tes livres tu chériras,
Et tiendras amoureusement ;
Au couteau tu les couperas,
Sans frange et délicatement ;
Enfin, surtout, TU LES LIRAS…
C’est mon plus haut commandement.
Près du feu, tard, tu veilleras,
Pour les contempler longuement.
A la fin, tu te coucheras,
L’esprit plein de ravissement,
Toute la nuit tu rêveras,
Bouquin, brochure et document ;
Aux Elzevirs tu sourieras,
Tombant presque en l’enivrement,
Le lendemain, continûras,
Pris d’un semblable entraînement,
Et, sans dol, rebouquineras…
Jusqu’à ton dernier moment ! »
François Fertiault, 1877.
Pour information, François Fertiault est né en 1814 et mort en 1915 !
Vous comptez bien… 101 ans
La bibliophilie conserve c’est certain.
Pierre Bérès est né en 1913, je vous le rappelle et il se porte comme un charme…
Amitiés, Bertrand
Je ne peux que souscrire à ces règles. Je vais parler comme une « ancien », mais il faut un peu de temps pour se conformer à ces règles de bon sens. Je crois que le maître-mot est patience.
Jean-Marc