Miscellanées bibliophiles: catalogues de libraires, identification d’armes

Amis Bibliophiles bonsoir,
Trois catalogues de libraires reçus aujourd’hui, des très sympathiques librairies Gaelle Cambon, Anne Lamort et d’Apre-vent.
La librairie Gaëlle Cambon publie une nouvelle liste de livres anciens et modernes – Mars 2016, que vous pouvez trouver sur son site: http://www.gaellecambon.com/

Des illustrés, de la littérature, de belles reliures et même des assiettes(numéro 8)!Pour ma part, mon oeil a été attiré par le numéro 30 (LOTI, L’Inde (sans les Anglais), EO en plein maroquin vert de Noulhac, ex Barthou).
Pour ceux d’entre vous qui se rendent au Grand Palais, je conseille vivement son stand, généralement partagé avec son père, Alain Cambon. On y est toujours accueillis avec le sourire, une grande gentillesse et les ouvrages sont choisis, et, à mon sens, les prix également très hospitaliers.
On ne présente plus Anne Lamort, dernière présidente du SLAM, et dont le stand au Grand Palais est tout aussi agréable.Vous pourrez découvrir une liste de nouvelles acquisitions ici: http://www.anne-lamort.com/wp-content/uploads/2016/03/Bulletin-52.pdf
J’ai noté le 23 (CONSTANT Benjamin. Principes de politique, applicables à… EO, publiée pendant les Cent-Jours) et le 39 (39 MACHIAVEL. Rodéric ou le Démon marié ou le Malheur de ceux qui épousent des méchantes femmes, avec leur caractère vicieux.- Mitra, ou la Démone mariée, 1748)
A noter enfin de fort joli catalogue envoyé par Mathieu Charleux, de la librairie d’Apre-vent, que vous pouvez retrouver ici: https://www.ilab.org/catalog_view/2680/2680_Catalogue%202016.pdf

Vous y trouverez « des éditions originales avec envoi du XIXe et du XXe siècle, un almanach ayant appartenu au duc de Penthièvre et à son petit-fils Louis-Philippe d’Orléans, un PAB illustré par Miró dans une reliure originale, des reliures décorées ainsi qu’une petite sélection sur le jeu des échecs. Bref, un catalogue sous le signe de l’éclectisme ! »



J’ai noté les numéros 3 (BARBEY D’AUREVILLY, Jules. Une Vieille Maîtresse, 1927, plein maroquin violine), 25 (LONGUS. Les amours pastorales de Daphnis et de Chloe. 1745. plein maroquin ivoire mosaïqué d’un superbe décor floral agrémenté d’inserts de maroquins azur, orange, pivoine, rouge, jaune, ocre, etc.), et 32 (NOSTRADAMUS. Les Vrayes centuries et propheties de Maistre Michel Nostradamus, 1668, plein maroquin rouge).Vous pourrez également, il me semble retrouver Mathieu Charleux au Grand Palais.On se souviendra également qu’il a « commis » un délicieux petit ouvrage « Des couleurs et des livres », consacré aux couleurs des reliures des grands bibliophiles.
Enfin, deux lecteurs du blog sollicitent votre aide.
Le premier pour l’aider à identifier ces armes:

Le second, lui, aimerait savoir si l’un de vous possède ces ouvrages: « Catalogue de Riches reliures » (Librairie Belin, 1910) et/ou le « catalogue de Quelques Reliures du XVIe siècle » (Libr. Belin, 1930).
H

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Les Livres qu’on ne vendra jamais

Les Livres qu'on ne vendra jamais

par Hugues O, bibliophile sans fonction, membre de la Guilde par auto-cooptation.

Amis bibliophiles, bonjour.

Il existe, dans toute bibliothèque constituée avec soin, une catégorie de livres que l’on ne vendra jamais. Ni par nécessité financière, ni pour faire de la place, ni même à l’approche de la mort. Ces volumes ne sont pas forcément les plus rares, ni les plus beaux, ni les plus précieux selon les critères marchands. Mais ils sont intouchables.

Pourquoi ? C’est la question que je me suis posée en regardant mes propres étagères, un soir d’hiver où je venais de me séparer de plusieurs dizaines de livres qui ne m’évoquaient plus rien. Certains partaient sans regret. D’autres avec un pincement au cœur. Mais il y en avait — une vingtaine, peut-être — que je n’avais même pas envisagé de vendre. Pas par calcul. Pas parce qu’ils étaient invendables. Simplement parce que l’idée même ne m’avait pas effleuré.

Ces livres-là forment le noyau dur de toute collection, d’une vie, donc. Ils sont le cœur vivant de la bibliothèque, ce qui reste quand tout le reste a disparu. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ils ne se définissent pas par leur valeur objective, mais par l’attachement irrationnel qu’on leur porte.

Je vais vous parler de quelques-uns de ces livres, même si les ouvrages eux-mêmes importent moins que le lien spécial qui m’unît à chacun d’eux; des miens, et ceux d’autres bibliophiles que j’ai connus. Parce qu’à travers eux, c’est toute l’intimité de la bibliophilie qui se révèle.


I. Le premier livre : celui qui a tout déclenché

Chaque bibliophile se souvient de son premier livre ancien. Pas nécessairement le premier qu’il a acheté par hasard, mais le premier qu’il a voulu acheter. Celui qui a marqué le début de la collection consciente.

Pour moi, c’était un petit in-12 relié en basane brune, dos à nerfs fatigué, Racine, XVIIIème. Je l’avais trouvé chez un bouquiniste du marché Brassens, un après-midi de juin. Le libraire m’avait demandé cinquante francs. J’en avais quarante. Il avait accepté.

Ce livre ne vaut presque rien. La reliure est médiocre, l’édition courante, l’état moyen. Mais c’est celui-là qui m’a fait basculer. En le tenant dans mes mains, j’ai compris que je pouvais posséder un fragment du XVIIIe siècle. Pas un fac-similé, pas une reproduction : un vrai livre, imprimé il y a plus de deux cents ans, touché par des mains disparues.

Ce jour-là, je suis devenu bibliophile.

Je ne vendrai jamais ce Racine. Même si je devais tout vendre, je le garderais. Parce qu’il ne représente pas seulement un livre, mais une conversion. Le moment où ma vie a pris une direction que je n’avais pas prévue.

J’ai entendu des histoires similaires chez d’autres collectionneurs. Un libraire parisien m’a raconté qu’il gardait précieusement un exemplaire médiocre de Voltaire, acheté à quinze ans avec son argent de poche. « Ce livre m’a appris que je pouvais être propriétaire de quelque chose qui avait traversé les siècles. Depuis, je n’ai jamais arrêté. »

Le premier livre n’est jamais le plus beau. Mais c’est toujours le plus important.


II. Le livre hérité : la mémoire familiale

Certains livres ne se vendent pas parce qu’ils portent en eux une mémoire familiale. Ils ont appartenu à un grand-père, une tante, un parent disparu. Leur valeur n’est pas bibliophilique : elle est affective.

Je possède ainsi un exemplaire des Fables de La Fontaine, édition illustrée de 1880, reliure demi-chagrin. Rien d’exceptionnel. Mais c’était le livre préféré de mon grand-père. Enfant, il me le lisait à voix haute.

Quand il est mort, ce livre m’est revenu. Je ne l’ai jamais ouvert depuis. Mais je sais qu’il est là, sur l’étagère, et qu’il ne partira jamais.

Un autre bibliophile, rencontré lors d’une vente, m’a confié garder un missel de 1850, hérité de sa grand-mère. « Elle ne savait pas lire, m’a-t-il dit. Mais elle regardait les images. Ce livre a accompagné toute sa vie. Je ne peux pas m’en séparer. »

Ces livres-là ne sont pas des objets de collection au sens strict. Ils sont des reliques. Et les reliques, par définition, ne se vendent pas.


III. Le livre trouvé : la chance pure

Il existe des livres qu’on ne vendra jamais parce qu’on sait qu’on ne les retrouvera jamais. Pas parce qu’ils sont introuvables en soi, mais parce que les circonstances de leur acquisition étaient uniques.

J’ai ainsi acheté, il y a quinze ans, un gothique sur la guerre de Troie, pas dans une vente, ni chez un libraire mais presque, par hasard.

Cet exemplaire vaut aujourd’hui plusieurs milliers d’euros. Mais je ne le vendrai jamais. Pas par cupidité — au contraire, je pourrais facilement le revendre avec un profit considérable. Mais parce que cette découverte relève du miracle.

Combien de fois dans une vie trouve-t-on un tel ouvrage en dehors des circuits traditionnels, pour tout vous dire, au coin d’une rue. Une fois, peut-être. Jamais deux.

Ce livre est la preuve matérielle que la chance existe. Que le hasard peut sourire. Que les bibliothèques inattendues existent encore, cachées dans des greniers oubliés. Le vendre reviendrait à trahir cette chance.

Un autre collectionneur m’a raconté une histoire semblable. Il avait trouvé un incunable dans une brocante de village, vendu comme « vieux livre en latin ». « Je ne le vendrai jamais, m’a-t-il dit. Parce que ce livre m’a trouvé, pas l’inverse. Et on ne vend pas ce qui vous a choisi. »


IV. Le livre taché : l’imperfection assumée

Paradoxalement, certains livres qu’on ne vendra jamais sont des exemplaires défectueux. Incomplets, tachés, restaurés maladroitement. Des livres que personne ne voudrait acheter, mais qu’on garde précieusement.

Je possède un petit volume de Ronsard, édition du XVIe siècle, qui porte une large tache d’encre sur la page de titre. Quelqu’un, il y a quatre cents ans, a renversé son encrier. La tache a traversé plusieurs feuillets. L’exemplaire est techniquement « défectueux ».

Mais je l’aime pour cette raison même.

Cette tache me rappelle que les livres anciens n’étaient pas des objets de musée. Ils étaient utilisés, malmenés, tachés. Ils vivaient. Et cette vie-là, avec ses accidents, ses maladresses, ses traces humaines, est précisément ce qui me touche.

Un bibliophile anglais, que j’ai rencontré à Londres, gardait un Shakespeare du XVIIIe siècle dont plusieurs pages étaient brûlées sur les bords. « Un incendie, probablement, m’a-t-il dit. Mais ce livre a survécu. Il a failli disparaître, et il est encore là. Je ne peux pas le vendre. Ce serait comme trahir sa résistance. »

Les livres parfaits impressionnent. Les livres imparfaits émeuvent.


V. Le livre fétiche : celui qu’on relit

Il y a aussi des livres qu’on ne vend pas parce qu’on les relit. Pas pour leur valeur bibliophilique, mais pour leur contenu.

Je possède une édition originale des Fleurs du Mal, qui a appartenu à un grand bibliophile. Même s’il se présente dans une reliure modeste, et même s’il porte quelques annotations anciennes griffonnées au crayon. Cet exemplaire est devenu mon Baudelaire. Il n’est plus seulement un objet de collection, c’est un compagnon de pensée.

Je pourrais (essayer d’) acheter une édition plus belle, plus rare, mieux reliée. Mais ce serait un autre livre. Celui-ci, avec ses coins légèrement émoussés, sa provenance, son texte et ses annotations, c’est le mien.

Un ami bibliophile m’a confié garder un Montaigne qu’il a acheté à vingt ans et qu’il relit depuis trente ans. « Chaque fois que je le rouvre, je retrouve mes anciennes annotations. Je vois ce que je pensais à vingt ans, à trente ans, à quarante ans. Ce livre est devenu une sorte de journal intime. »

Ces livres-là ne sont plus des objets de collection. Ils sont des objets de vie.


VI. Le livre témoin : celui qui a vu quelque chose

Certains livres deviennent intouchables parce qu’ils ont été témoins d’un moment important de notre existence.

Je possède un exemplaire de Flaubert, Madame Bovary, édition de 1857. Je l’avais emporté lors d’un voyage en Italie, il y a vingt ans. Je l’ai lu dans un train, puis sur une terrasse à Florence, puis dans une chambre d’hôtel à Rome. Ce livre a accompagné dix jours de ma vie que je n’oublierai jamais.

Aujourd’hui, quand je le prends en main, je ne vois pas seulement Flaubert. Je revois Florence, la lumière sur l’Arno, la terrasse du café où j’ai suivi Emma. Ce livre est devenu un déclencheur de mémoire.

Je ne le vendrai jamais. Non pas parce qu’il est rare (il ne l’est pas tant que clea), mais parce qu’il porte en lui un fragment de ma propre histoire.

Un autre collectionneur m’a raconté qu’il gardait un livre qu’il avait acheté le jour de la naissance de sa fille. « Ce n’est même pas un bon livre, m’a-t-il dit. Mais je l’ai acheté ce jour-là. Et maintenant, chaque fois que je le vois, je pense à elle. »

Ces livres sont des ancres temporelles. Ils fixent des moments qui, sans eux, se dissoudraient dans l’oubli.


VII. Le livre offert : l’amitié matérialisée

Les livres offerts occupent une place particulière. Ils ne sont jamais vraiment à nous : ils restent liés à celui qui les a donnés.

J’ai reçu, il y a quinze ans, un exemplaire des Rêveries du promeneur solitaire, édition du XIXe siècle, offert par un ami bibliophile aujourd’hui disparu. Une simple dédicace à la page de garde : « Pour Hugues, qui comprend. — J., 2009. »

Ce livre est modeste. Mais je ne le vendrai jamais. Parce qu’il est tout ce qui me reste de cet ami. Quand je le prends en main, je retrouve sa voix, son sourire, nos conversations interminables sur la bibliophilie.

Un autre collectionneur m’a confié qu’il gardait un livre que son père lui avait offert pour ses dix-huit ans. « Mon père n’était pas bibliophile. Il ne comprenait pas ma passion. Mais il a fait l’effort de m’offrir un livre ancien. C’était sa manière de me dire qu’il acceptait ce que j’étais. »

Ces livres-là ne sont pas seulement des objets. Ils sont des preuves d’amour.


VIII. Le livre-projet : celui qu’on garde pour plus tard

Il y a aussi des livres qu’on ne vend pas parce qu’ils représentent un projet futur. Un livre qu’on n’a pas encore lu, mais qu’on va lire. Un jour. Peut-être.

Je possède ainsi un exemplaire de Dante, La Divine Comédie, édition italienne du XVIe siècle, que je n’ai jamais ouvert. Je l’ai acheté il y a dix ans, avec l’idée de le lire en italien. Mais je n’ai jamais trouvé le temps. Ou le courage… d’apprendre l’italien!

Pourtant, je ne le vendrai pas. Parce que ce livre représente une promesse que je me suis faite. Un jour, je le lirai. Et ce jour-là, quelque chose changera.

Un bibliophile parisien m’a raconté qu’il gardait un Proust qu’il n’avait jamais lu. « Je l’ai depuis vingt ans. Je sais que je devrais le lire. Mais tant que je ne l’ai pas lu, je peux encore me dire que je vais le faire. Le vendre, ce serait renoncer. »

Ces livres sont des horizons. On ne les atteint jamais, mais on marche vers eux.


IX. Le livre impossible à remplacer

Enfin, il y a des livres qu’on ne vend pas parce qu’on sait qu’on ne pourra jamais les remplacer. Pas parce qu’ils sont rares en soi, mais parce que l’exemplaire précis qu’on possède est unique.

Je possède un exemplaire de Voltaire, Candide, édition de 1759, avec des annotations manuscrites en marge. Ces notes ne sont pas de Voltaire. Elles sont d’un lecteur anonyme du XVIIIe siècle, qui a commenté le texte avec humour, parfois avec ironie, souvent avec intelligence.

Cet exemplaire n’est pas rare, il se trouve régulièrement en vente. Mais ce Candide-là, avec ces annotations-là, est unique. Si je le vends, il disparaîtra. Pas matériellement : quelqu’un d’autre le possédera. Mais pour moi, il sera perdu.

Un autre collectionneur m’a confié qu’il gardait un livre avec une dédicace manuscrite de l’auteur à un lecteur inconnu. « Cette dédicace ne vaut rien sur le marché. L’auteur n’est pas célèbre. Mais elle témoigne d’un moment, d’une rencontre, d’une vie. Si je vends ce livre, cette trace disparaît. »

Ces livres sont irremplaçables non pas par leur rareté, mais par leur singularité.


X. Conclusion : l’attachement irrationnel

Au terme de ce parcours, une évidence s’impose : les livres qu’on ne vendra jamais ne se définissent pas par des critères objectifs. Ils ne sont ni les plus rares, ni les plus beaux, ni les plus précieux.

Ils sont ceux auxquels on est attaché.

Et cet attachement est fondamentalement irrationnel.

On peut tenter de le justifier : « Ce livre a une histoire », « Il appartenait à mon grand-père », « Je l’ai trouvé par hasard ». Mais au fond, ces justifications sont secondaires. L’essentiel, c’est qu’on ne veut pas s’en séparer. Point.

La bibliophilie rationnelle, celle qui calcule, compare, évalue, a sa place. Mais elle s’arrête devant ces livres-là. Parce qu’ils relèvent d’un autre ordre : celui de l’affection, de la mémoire, du lien intime.

Charles Nodier écrivait, dans ses Mélanges (1829) : « Un bibliophile possède deux bibliothèques. Celle qu’il montre, et celle qu’il cache. La première impressionne. La seconde le constitue. »

Les livres qu’on ne vendra jamais forment cette bibliothèque cachée. Celle qu’on ne montre à personne, parce qu’elle est trop personnelle. Celle qui dit qui nous sommes, bien mieux que nos plus beaux maroquins.

J’ai enfin… un ouvrage auquel je suis « irrationnellement » attaché… un Cazin qui est le seul objet sur lequel mon chiot avait choisi d’exercer ses jeunes canines. Mon golden retriever a désormais 5 ans, nous avons encore une dizaine de belles années devant nous, mais un jour la vie nous séparera, et logiquement, il partira avant moi.

Je sais déjà qu’après son départ, quand je regarderai ce petit livre, quelques larmes couleront. Il faut « avoir » un animal pour comprendre cela. Ce petit livre nous relie à jamais, ce jeune chien et moi. Je ne le vendrai jamais… ceci, il n’est pas certain que je te trouve un acheteur, les marges sont un peu courtes 🙂

Reconstitution de la scène de crime

Épilogue : et pourtant, un jour…

Il faut pourtant dire une dernière chose.

Un jour, tous ces livres seront vendus.

Pas par nous. Mais par nos héritiers, ou les leurs, qui ne comprendront pas pourquoi nous les gardions. Pour eux, ces volumes ne seront que des objets anciens, sans histoire, sans mémoire. Ils les vendront, ou les donneront, ou les jetteront.

Et c’est normal.

Parce que l’attachement ne se transmet pas. On peut transmettre un livre, pas l’amour qu’on lui portait.

Alors, profitons-en. Gardons ces livres tant que nous sommes vivants. Relisons-les, touchons-les, regardons-les. Souvenons-nous pourquoi nous ne voulons pas nous en séparer.

Et quand viendra le moment où nous ne serons plus là, qu’ils partent. Qu’ils trouvent d’autres mains, d’autres regards, d’autres attachements.

Car un livre qu’on ne vendra jamais, c’est un livre qu’on ne vendra jamais soi-même.

Après, l’histoire continue.

Hugues

GUILDE · MS · MÉD · XXII · s.l. · s.d.

Bibliographie évoquée :

  • NODIER, Charles. Mélanges tirés d’une petite bibliothèque, Paris, Crapelet, 1829.
  • UZANNE, Octave. La Reliure moderne, artistique et fantaisiste, Paris, Rouveyre, 1887 (sur l’attachement aux objets-livres).

Note finale :
Après avoir écrit ce texte, j’ai regardé à nouveau mes étagères. J’ai compté : vingt-trois livres que je ne vendrai jamais. Peut-être vingt-quatre. Demain, peut-être vingt-cinq. L’attachement grandit avec le temps.

6 Commentaires

  1. Eh oui, nous sommes en dessous de tout les amis !

    Très bon anniversaire au Blog, remerciements appuyés à son créateur et aux contributeurs réguliers.

    Le rendez-vous presque quotidien d'une confrérie comme il en reste peu (et je ne me hausse pas du col, mais c'est vrai, nous "en" sommes). Et c'est en partie grâce à la constance de H.

    Happy 9th Birthday !

    B.

  2. C’est certain, le Blog du Bibliophile appartient à notre quotidien, tellement que personne n’a fêté son neuvième anniversaire !
    Notre amphitryon n’en a rien dit en public. Qu’il savoure cependant cette réussite !

    Champagne et bravo Hugues.

    Lauverjat

  3. Les armes: Gaspard-Moyse de Fontanieu, né 1697, maître des requêtes, intendant de Grenoble de 1724 à 1740, conseiller d'Etat, premier président du Grand Conseil et contrôleur général des meubles de la couronne; il mourut le 26 septembre 1767.
    Le 27 août 1765, il vendit au roi l’ensemble de sa collection qui fut transférée à la Bibliothèque royale après sa mort et répartie entre les Manuscrits et les Imprimés. Les livres imprimés furent dispersés dans le fonds général selon leur sujet. Seuls 368 volumes formant des recueils de mémoires, dissertations, etc., parmi lesquels des pièces manuscrites sont mêlées aux imprimés, sont restés groupés. Ils sont conservés à la Réserve des livres rares, sous la cote Rés. Z. Fontanieu 1-372 (368 volumes de recueils et 4 volumes de tables). Ils n’ont pas fait l’objet d’un catalogue spécifique. (copié sur CCFR:
    http://ccfr.bnf.fr/portailccfr/jsp/ccfr/sitemap/fonds_sitemap_view.jsp?record=rnbcd_fonds:FONDS:121&success=/jsp/ccfr/sitemap/fonds_sitemap_view.jsp&profile=anonymous

    l'OHR, planche 263) blasonne "d'azur au chevron d'or (?) accompagné en chef de deux étoiles d'argent et en pointe d'une fontaine jaillissante du même". ce qui est exacte et conforme aux usages héraldiques

    Notez que le chevron devrait être ponctué de petits points (or) et non d'un quadrillage (sable)! infortunes de la gravure!

    ici fer n°2 d'OHR

    Lauverjat

  4. Que le choix est difficile entre toutes les "propositions" de ces catalogues …
    J'ai le catalogue de la librairie Belin de 1910 et je peux envoyer les scans des pages qui intéressent le lecteur du blog.

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