Portrait de relieur: Henri Noulhac (1866-1931)

Amis Bibliophiles bonsoir,

Excusez-moi, mais représenter l’oeuvre de Noulhac par un unique maroquin janséniste me chagrinait un peu. (Textor appréciera la formule).
La rapide consultation des évangiles selon Fléty, Devauchelle et Duncan et une brève recherche parmi les catalogues permet de préciser le travail de ce relieur.

Henri Noulhac est né à Châteauroux en 1866 et reçoit une formation dans sa ville natale. (À cette époque à Châteauroux, les libraires-éditeurs A. Nuret et fils signent des reliures simples de très belle facture.) Noulhac s’installe à Paris en 1894. Noulhac est encouragé dans ses travaux de type “janséniste” par Henri Béraldi car, nous dit Fléty, il n’était ni relieur ni doreur. 

Vers 1900 il adjoint à son activité un atelier de dorure tenu par un ouvrier spécialisé. Il introduit dans sa production des décors à motifs floraux dorés et des encadrements dorés. La reliure que je vous présente aujourd’hui sur un livre de 1887 date de 1914. Un peu plus tard, des décorateurs modernes proposent des décors de reliures qu’ils donnent à réaliser par des artisans. Noulhac réalise alors les décors d’Adolphe Giraldon illustrateur et de Jules Chadel dessinateur joaillier. Il travaillera ensuite sur les dessins de sa fille et un peu pour Pierre Legrain. Il réalise des reliures mosaïquées de maroquin de style Art-Déco. 

L’inspiration variant du type floral, à la décoration à la manière de parements de dallages colorés ou de compositions de vitraux. 

(photo reliure de 1921 issue du livre « la reliure en France Art-Nouveau-Art-Déco 1880-1940, Duncan & de Bartha, 1989)
Il s’attache à former des relieurs parmi lesquels Rose Adler et Madeleine Gras.
Sa réputation s’est établie sur une maîtrise professionnelle indiscutable avec une qualité d’exécution du corps d’ouvrage irréprochable.
Il travailla jusqu’à sa mort le 22 mars 1931.
Lauverjat

La lettre du bibliophile

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Le portrait au XVIIIe siècle suivant Odieuvre

Le portrait au XVIIIe siècle suivant Odieuvre

Amis Bibliophiles bonjour,
Michel Odieuvre est le marchand d’estampes emblématique du portrait illustrant les livres du XVIIIe siècle. Voltaire ironique, le cite dans sa correspondance à plusieurs reprises pour se faire immortaliser.  Odieuvre naquit en 1687 en Normandie. Peintre, il s’installe à Paris comme marchand d’estampes vers 1738, quai de l’Ecole, vis à vis la Samaritaine du Pont-Neuf. Il tient boutique en compagnie de sa femme. En 1745 il a déménagé rue d’Anjou, la dernière porte cochère entrant par la rue Dauphine. Il finira en 1755, rue des postes, cul de sac des vignes au Faubourg Saint-Marceau. Très tôt il spécialise sa boutique dans les portraits et fait travailler de nombreux graveurs : Schmitt, son élève Jean Georges Wille, Etienne Ficquet (qui grave les rois de France), Charles Eisen, Etienne Fessard, François Ravenet, Jean-Joseph Baléchou (qui gravera le portrait en buste de Voltaire), Pierre-François Basan … Tous se plaignent qu’il payait peu, mais vite.   
S’inspirant probablement d’éditions antérieures illustrées de portraits in-4°, comme celle de l’histoire du règne de Louis XIV de Limiers (Amsterdam, 1720), il constitue ainsi des suites de portraits destinées à illustrer des éditions nouvelles. Parmi d’autres : l’Histoire Universelle de J-A. de Thou  (“Londres”, 1734), les mémoires de Commines (1747), Histoire du règne de Louis XIV par Reboulet (1744), Nouvel abrégé chronologique de l’Histoire de France (de Hénaut, 1749), l’Histoire de France du père Daniel (1755), les mémoires de Condé (1743), les mémoires de Maximilien de Béthune, duc de Sully…

Ce dernier livre par exemple en français modernisé par Monsieur L’abbé De L’Escluse Des Loges (M.L.D.L.D.L.), publié à Londres (en réalité Paris) en 1745, en trois tomes in-4° comporte, semble-t-il le plus souvent, deux portraits seulement (Henri IV et Sully)-ou pas de portrait du tout?-, mais une suite a été vendue par Odieuvre avec une liste recto-verso de 56 portraits. Cette liste manque souvent. La suite ayant été enrichie par les bibliophiles de portraits vendus à la feuille, on rencontre des livres avec 56, 57, 58, 67 voire 76 portraits. Ceux-ci sont de beaucoup préférables et parfois superbement reliés.
Tous ces portraits et beaucoup d’autres seront petit à petit réunis dans un recueil de 592, 600 ou 602  figures en six volumes commenté par l’avocat Dreux du Rabier “l’Europe illustre, contenant l’histoire abrégée des souverains, des princes, des prélats, des ministres, des grands capitaines, des magistrats, des savants, des artistes et des dames célèbres en Europe dans le XVe siècle compris jusqu’à présent…” publié en 1756.
Les commandes d’Odieuvre auprès de ses graveurs ne suffisaient bien sûr pas et il racheta divers fonds réutilisant et re-cadrant des oeuvres parfois fort usées des siècles précédents signées à l’occasion par Thomas de Leu, Léonard Gaultier, Poilly  ou Edelinck ainsi que le fond de Baltazar Moncornet. Ces  cuivres anciens recoupés étaient placés, comme presque tous les autres, dans un ovale reposant sur un piédestal, la plinthe servant de cartouche, le tout sur fond azuré pourvu d’un encadrement baroque occupant ainsi le format in-4°.Odieuvre mourut en 1756 à Rouen en voyage d’affaires mais ses portraits continuèrent d’être imprimés.
Lauverjat

10 Commentaires

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    Le hic avec Noulhac c’est qu’on ne l’attendait pas sur cette reliure au Mandala de type bouddhique himalayen. Il était vraiment de Châteauroux ?

    T

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