Emois dans le microcosme martiniste, ou le vol de la bibliothèque de Robert Amadou

Amis Bibliophiles bonsoir,
Le microcosme des bibliophiles reste souvent mystérieux aux yeux des non-amateurs, mais que dire de l’univers feutré des amateurs d’ésotérisme, de franc-maçonnerie ou de martinisme? C’est un monde secret…
C’est ce monde secret qui a vécu un épisode fort singulier pendant l’été avec la vente d’une partie de la bibliothèque de Robert Amadou.
Robert Amadou (1924 – 2006) est un auteur qui a joué un rôle important dans la diffusion de la parapsychologie en France et surtout dans l’étude de l’ésotérisme (franc-maçonnerie, martinisme, soufisme, etc.).

Au cours de sa vie, Robert Amadou a constitué une considérable bibliothèque de recherche, et c’est le vol présumé de cette bibliothèque qui a rompu le silence feutré du petit monde de l’ésotérisme pendant l’été.
Ainsi, Wikipedia consacre-t-elle un chapitre à cet incident: « la bibliothèque de Robert et Catherine Amadou, l’outil d’une vie de travail, toute entière consacrée, dans le dénuement, à l’étude de nos chers objets et au service de la cause, cette bibliothèque a fait l’objet d’un vol considérable de plus, voire de beaucoup plus de 5000 ouvrages, de très nombreux documents d’archives, de manuscrits et d’imprimés.
Dans une lettre publique datée du 7 juillet 2013 Jean François Var confirme le vol avec ces propos  : «Puis vint un moment où les ressources d’Henri M. se trouvèrent drastiquement amputées du fait de circonstances qu’il n’y a pas lieu de conter ici, et il se trouva en peine d’acquitter le loyer du stockage… La tentation lui vint alors, et il ne sut hélas pas y résister, de commencer à se rembourser de ses débours, qui se montaient en gros, déménagements et loyers inclus, à plus de 50 000 €. Il commit alors une double faute : ce qu’il faut bien qualifier de vol, et aussi, par une fierté mal placée, de ne s’être pas ouvert à ses amis intimes de cette situation à laquelle ils auraient pu l’aider à trouver des solutions.»
À la suite de la révélation de ce vol, le responsable de ce dernier a été écarté de l’obédience à laquelle il appartenait. Voici les propos du Grand Prieuré des Gaules dans un communiqué du 9 juillet 2013:
« À la demande du Grand Maître du Grand Prieuré des Gaules, le Grand Maître adjoint Henri M. a démissionné de toutes ses fonctions au sein du GPDG et de son appartenance au GPDG ».
À l’heure où beaucoup de ces ouvrages et de ces documents se retrouvent dans le commerce, Catherine Amadou prie ses amis de publier l’annonce suivante :
« Catherine Amadou et les trois enfants de Robert Amadou (conjoint survivant donataire et héritiers de R.A.) tiennent à vous informer que la Bibliothèque de Robert Amadou a fait l’objet d’un important vol (plus de 5 000 livres, XVIe – XXIe siècles, des manuscrits) Ils mettent en garde les amateurs sur l’origine frauduleuse des livres ou des papiers qui en proviendraient. Cette origine frauduleuse étant d’ailleurs souvent ignorée des intermédiaires qui mettent en vente tel ouvrage dédicacé à R.A. par un grand nom de la littérature ou tel rare document d’archives d’un cercle martiniste de la Belle Epoque. La famille met en ce moment en place un dispositif juridique pour faire valoir ses droits. »
Une triste histoire semble-t-il, qui a fini par atteindre l’univers de la bibliophilie puisqu’il semble qu’une partie des documents incriminés ont été mis en vente par la maison lyonnaise De Baecque & Associés au mois de juillet dernier (http://www.debaecque.auction.fr/FR/v21776-de-baecque-associes-photographies-des-xixe-et-xxe-siecles-autographes-documents/index_p7.html).
Ces faits laissent songeur. Songeur, quant aux démarches qui vont devoir être effectuées, je l’imagine, auprès des acquéreurs des lots lors de la vente. Songeur aussi quant aux dispositions que devrait prendre chaque bibliophile avant de disparaître: laisser un catalogue, une estimation de la valeur, désigner des héritiers, organiser une vente de son vivant… On ne le fait pas bien sûr, mais ne devrions-nous pas, enfin, ne devriez-vous pas, chers amis, puisque moi, évidemment, j’assisterai à votre vente 🙂
H

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Portrait de libraire: Sébastien, de la librairie Les Portes Sombres

Portrait de libraire: Sébastien, de la librairie Les Portes Sombres

Amis Bibliophiles bonjour,

Je vous propose de reprendre le cycle des professionnels du livre, en particulier des libraires, avec aujourd’hui le portrait de Sébastien, de la librairie Les Portes Sombres.

Bonjour Sébastien, pourriez-vous nous parler un peu de vous et de votre librairie ? Comment êtes-vous arrivé au livre ancien, puis au métier de libraire?

Il y a toujours une généalogie de la passion du livre ancien pour ceux d’entre nous qui n’ont pas hérité de leur charge. Pour moi, il faut sans doute remonter vers 6-7ans, un grenier poussiéreux (celui de ma grand-mère) dans lequel siégeait une grande malle. Un coffre au trésor rempli de livres qui paraissaient dater de  l’âge des dinosaures, au moins ! Je me souviens  assez bien de la pénombre de ce grenier, la poussière qui grattait la gorge et les livres que je feuilletai sans les lire mais avec le sentiment d’avoir trouvé la 8ème merveille du monde.  Le libraire que je suis maintenant identifierait d’un coup d’œil une collection de livre de la bibliothèque verte des années 40 au papier de bois friable, une malle que les bouquinistes ne prendrait même plus la peine d’entreposer. Hop à la benne la huitième merveille du monde !
Il y eut ensuite une adolescence de lecteur avide (tendance Stephen King plutôt que Balzac), un Jean de Bonnot dans la bibliothèque familiale, mais plus vraiment de contact avec le livre ancien.
Le vrai déclic est venu plus tard, un décès dans ma belle-famille,  et une bibliothèque éparpillée dans la maison qu’il fallait rassembler, classer et dont il fallait jauger la valeur. Puisque j’aimais les livres, la tache me fut attribuée. J’ai alors retrouvé la pénombre d’un grenier, la poussière qui grattait la gorge, les livres… peu de livres anciens, des Jean de Bonnot, des EditoService, des incomplets…mais j’avais mis le doigt dedans ! En parcourant le net j’avais découvert que les livres anciens étaient accessibles !
Donc j’ai commencé à acheter, pour me faire plaisir, avec un tout petit budget. D’abord un peu de tout, puis ma petite collection s’affinant s’est tournée vers les sciences naturelles et surnaturelles. Puis l’engrenage, j’ai acheté de plus en plus, j’ai acheté des lots sur ebay dans lesquels un livre m’intéressait et je me chargeai de  revendre les autres. Période enrichissante de découverte du monde livre ancien, et aussi de sa blogosphère !
Dans le même temps je terminai un postdoc de biologie cellulaire au CNRS et l’état de la recherche en France ne m’incitait guère à poursuivre dans cette voie.
Et donc pourquoi pas ? Lancer son entreprise c’est sauter dans une piscine vide et trouver de quoi la remplir le temps de la chute, BANZAÏ !
C’était fin 2011, cela fait donc maintenant 5 ans que je suis libraire. Beaucoup d’erreurs commises (la principale ayant été de se lancer avec une trésorerie rikiki), un salaire divisé par pffiou…, mais  un métier-passion, enrichissant, stimulant un choix que je ne regrette pas !

Vous qualifiez-vous plutôt de bibliophile libraire ou de libraire bibliophile… ou bien encore autrement ?

En fait la question m’est complètement étrangère, comme s’il fallait opposer le libraire et le bibliophile. Le bibliophile serait-il le vertueux amoureux des livres et le libraire le vilain qui fait des profits ? L’un n’existe pas sans l’autre, dans la psyché du libraire comme dans la société. Nous sommes les derniers des mohicans d’une culture qui menace de s’éteindre ne nous opposons pas !

Avez-vous des domaines de prédilection, ou votre approche est-elle éclectique et vous fonctionnez au coup de cœur ?

J’ai longtemps marché sur trois pattes : une philosophie, une occultisme et une varia/ bouquinerie. J’ai lancé la collection Les Portes Sombres en 2013 avec  un site qui regroupait tous nos livres occultes et étranges. C’est maintenant cette collection qui a mangé les autres, même si nous nous allouons encore unilatéralement le droit aux coups de cœur dans tous les domaines. Cependant nous nous sommes de plus en plus spécialisés dans les livres les plus noirs, les plus étranges, les arts qui effraient le profane, le hululement de la chouette au clair de lune et l’ombre de la faucheuse.
Bref si vous cherchez un maroquin aux armes de la Pompadour et le crissement discret d’un soulier ciré sur de la moquette Napoléon III, ce n’est pas chez nous qu’il faut venir ! Par contre j’ai un bon manuel d’autopsie en ce moment…


Où vendez-vous vos livres ? Que pensez-vous de l’évolution actuelle du marché liée à internet?

En relisant les portraits de mes illustres confrères datant de quelques années j’ai en effet constaté que c’était la question qui animait alors les libraires : faut-il être sur internet ? Question complètement surréaliste aujourd’hui ! Il faut être là où sont les collectionneurs de livres c’est simple, et aujourd’hui ils sont en ligne ! Le commerce du livre n’est pas une sphère hors du temps.
Je propose donc mes livres exclusivement en ligne depuis le début de l’activité, cela me permet un certain luxe au quotidien (travailler chez soi au fin fond de la campagne béarnaise), de réduire mes frais fixes (pas de boutique ou stand) tout en pouvant toucher des clients en Corée du Sud ou au Brésil. Il en a fallu des années pour que les historiques s’y mettent aussi, mais je crois que c’est maintenant fait : tout le monde a son catalogue, ou partie de son catalogue, en ligne. Tous n’ont pas encore compris les bonnes pratiques de la vente par correspondance (photos !! envois rapides et protégés !!) mais ça viendra.
C’est d’ailleurs l’une des raisons sans doute pour lesquelles la situation s’est tendu pour les libraires. L’ensemble des catalogues étant accessible à tous, les bibliophiles ont un choix qu’ils n’ont jamais eu. Et la loi de l’offre et la demande agissant inexorablement…
Ce qui nous sauvent encore un peu c’est qu’internet permet également aux libraires de toucher une clientèle plus large. Et de fait bon nombre d’entre nous subsistons grâce à l’export.
Autre facteur qui vient un peu troubler la loi de l’offre, c’est qu’il n’y a pas un livre qui ressemble à un autre, ni une bibliophilie qui ressemble à une autre. Chacun peut donc trouver chaussure à son pied.
D’ailleurs à ce propos, je crois que l’article le plus déprimant que j’ai lu sur ce blog est « La hiérarchisation des exemplaires selon M. Christian Galantaris », ça me donnerait presque envie de m’assommer à coup d’elzeviromètre. C’est pour moi l’émanation d’une bibliophilie qui sent le renfermé ou pour le moins le manque cruel d’imagination. Je pense comme Berès, qui empruntait à De Vinci, que la bibliophilie e cosa mentale et que par conséquence il faut accepter de voir autant de bibliophilie que de bibliophiles. C’est même je crois le rôle du libraire des proposer des livres en dehors des codes, auxquels le client n’aurait pas osé penser.

Etes-vous présent sur les réseaux sociaux, pourquoi? Les marchés, les salons?

Les marchés et les salons c’est une sorte de réseau social du siècle dernier, c’est ça ? Non mais allo quoi !
Plus sérieusement, ici non plus il n’y a pas de questions à se poser, si les collectionneurs sont sur les réseaux sociaux il faut y être et y proposer du contenu ! Je dirai même plus, il faut que les libraires y soient moteurs ! Pourquoi devrait-on laisser les nouvelles technologies à la frange la plus inculte de la population ? Mais à chaque fois que je vois l’annonce d’une conférence ou un salon et que je demande s’il y aura des sessions Périscope, j’ai l’impression de parler martien…

Je fonctionne avec un tout petit catalogue qui tourne souvent, donc facebook est un moyen facile de tenir mes clients informés (quasi-quotidiennement) des nouvelles rentrées.
Toutes nos nouveautés sont ainsi d’abord annoncées sur notre page Facebook (https://www.facebook.com/LesPortessombres) avant de passer sur les canaux de ventes traditionnels ça permet aux acheteurs malins de court-circuiter les ventes 😉 Et les plus téméraires iront même voir sur Instagram les photos des derniers déballages.

Mais plus qu’un canal commercial c’est aussi le lieu pour se tenir au courant des tendances, des magouilles, des belles photos et articles,  avoir des discussions avec les autres libraires et les bibliophiles…

Quel avenir imaginez-vous pour le métier de libraire ?

Abordons les choses qui fâchent ! Ne nous en cachons pas la situation actuelle est préoccupante, les libraires tirent la langue et quand on va au-delà du mur de pudeur, on s’aperçoit que beaucoup sont sur la corde raide. Rentrer du stock plutôt que de changer les pneus de la voiture, brader un livre pour payer le RSI, passer parfois des mois sans pouvoir se payer…c’est le quotidien de beaucoup. On ne remerciera d’ailleurs jamais assez les compagnes des libraires qui tiennent le marché du livre ancien à bout de bras grâce à leur patience !
Depuis mes débuts en 2011 le marché ne cesse de se dégrader. Par exemple le marché du petit bouquin ancien a disparu en 5 ans. Je parlai il y a quelques temps d’un bibliocide, je crois que nous y sommes.
Et c’est je crois le sentiment de tous : il faut déployer de plus en plus d’énergie pour vendre un livre.Il y a plusieurs facteurs qui peuvent expliquer cela, d’abord  l’augmentation de l’offre depuis que l’ensemble des catalogues libraires sont disponibles en ligne. Ça s’est ressenti encore cette année sur ebay avec l’arrivée de gros stock mis en ligne à prix cassés.
Autre problème la concurrence déloyale exercée par les SVV. J’utilise à dessein le terme déloyal puisqu’elles ne fonctionnent pas avec la même législation que les libraires. Si les clients des libraires sont protégés par le code de la consommation, il n’en est rien quand le marteau tombe : frais cachés, conditions générales aberrantes, pas de rétractation ou de recours possible…Ils peuvent vendre sans risque financier, assurer un service après-vente déplorable, avec des prix constatés assez similaires aux librairies…et dans le même temps nous prendre des parts de marché ! Si ils progressent sur le même rythme, les SVV seront sans doute les  fossoyeurs de la librairie ancienne dans les années à venir. Je m’étonne d’ailleurs tous les jours de voir la majorité des libraires encore grenouiller dans les salles de ventes. C’est comme si la Fnac se fournissait chez Amazon, c’est complètement aberrant ! Mais Houellebecq ne dit-il pas que l’habitude est la plus forte des motivations humaines ?
Il y a d’autres risques auxquels la librairie ancienne devra faire face : l’arrivée massive de bibliothèques sur le marché avec le deadly-boom, la baisse possible du nombre de bibliophiles (mécanique par la démographie, et idéologique avec des générations moins attachés au support matériel de la culture).
Mais je préfère finir sur une note positive. Comme des poissons mis hors de l’eau les libraires gigotent beaucoup en ce moment. Beaucoup pour râler et regretter le temps où il suffisait de poser le livre sur son rayonnage et d’attendre qu’il se vende tout seul, mais on voit aussi fleurir beaucoup d’idées pour renouveler le genre : fiches vidéos, enchères privées, retrouver le métier d’éditeur, construire des lieux privilégier de rencontre, créer du contenu pour le bibliophile, etc…
Beaucoup s’aperçoivent que pour faire vivre la librairie ancienne il faut travailler sur le soft-power, la cosa mentale. Nous avons en France un patrimoine incroyable, il faut le faire savoir, et savoir le rendre désirable.

Quel est le ou les livres qui vous font rêver ?

J’ai des rêves en général assez raisonnables et l’enthousiasme facile, le secret du bonheur !
Mais il y a bien sûr les incontournables dans le domaine, j’aimerai bien un jour pouvoir rentrer un Compendium maleficarum de Guazzo avec ses bois gravés, ou un Malleus maleficarum.
Et puis faire un bond de quelques siècles et avoir la Nouvelle iconographie de la Salpêtrière avec notamment les centaines de clichés de femmes hystériques que traitaient Charcot à la fin du XIXème. Toute l’équipe de Charcot (Regnard, Legué, De La Tourette…) a d’ailleurs laissé une littérature très intéressante mettant en parallèle leurs observations psychiatriques et les cas historiques de possessions démoniaques (#conseil du libraire).
Et les livres que vous possédez déjà ou que vous avez eus et qui vous sont particulièrement chers ? J’ai par exemple en ce moment l’exemplaire de Schwob de la seconde édition du Dictionnaire infernal de Collin de Plancy, sorti directement de la bibliothèque familiale, plus d’un siècle après les ventes successorales. J’ai eu ce livre de magie avec les notules de Guaïta dont Bechtel s’est servi pour son petit opuscule sur les ex libris de Guaïta. J’ai eu les œuvres de Patin avec l’ex libris de La Martinière, livres donc tenus par les mains qui grattaient les croutes de Louis XV ! En fait les livres qui me touchent sont ceux qui ont eu un destin particulier, ou qui ont croisé l’histoire des hommes, ce sont des livres qui me font voyager à travers les siècles.

Vous savez que les lecteurs du blog aiment les belles histoires, auriez-vous une anecdote à nous raconter?

Et à ce propos un chopin qui m’a marqué, parce qu’on est à la fois très loin des standards bibliophiliques et pourtant c’est le livre que je regrette le plus d’avoir vendu. Acheté à une époque où donc je venais de redécouvrir les livres anciens, une période où l’on achète un peu tout et n’importe quoi. C’est un petit livre détomé, à la reliure triste, les mors fendus  vendu 1,5€ par un brocanteur. Je l’avais acheté parce qu’il avait été édité en 1789 et qu’il y avait une partition dedans ce que je n’avais alors jamais vu dans un livre ancien. Un livre avec un score de -15 sur l’échelle Galantaris donc.

Content de mon achat, je l’ai posé dans ma bibliothèque et l’ai  oublié un ou deux ans. Dans la même période j’étais vraiment tombé en bibliophilie et  commençait sérieusement à me demander si je n’en ferai pas mon métier. J’étais aussi  passé level 2 en bibliographie et un jour j’ai repris ce livre et je remarque un tampon sur une garde :
« Bibliothèque du citoyen Napoléon-Bonaparte »   !!! Mon coeur bondit, j’ai le rire de Guillaume de Baskerville quand il réussit enfin à pénétrer dans la bibliothèque de l’abbaye et je me jette sur google qui m’apprend qu’il s’agit du tampon ex libris du Prince Jérome Napoléon (1822-1891). Et qu’en principe les reliures de sa bibliothèque sont monogrammés à son chiffre. Je reprends le livre au dos sale et noirci et bingo on devine bien un J couronné ! J’avais donc entre les mains un volume des Soupers de Vaucluse, oeuvre que Barbier attribue à Restif de la Bretonne, édité en 1789 au faux lieu de Ferney, qui a été en possession de la famille Bonaparte et qui en mai 1871, alors entreposé dans la bibliothèque de Jérome Napoléon au Palais royal, a subi un incendie déclenché lors la Commune de Paris. Ce qui explique son dos noirci par les fumées ! Un siècle d’histoire fait livre !
Merci Sébastien!
H

20 Commentaires

  1. Je tiens à préciser devant l'emballement des commentaires… que n'ayant pas d'informations supplémentaires ou autres que celles que j'ai glanées ici ou sur internet au cours de l'été, je me suis contenté de reprendre et de citer ces informations.

    Visiblement l'histoire est complexe, et il est vrai en tout cas que cette bibliothèque a suivi un chemin semé d'embûches… un chemin fort étonnant.

    Hugues

  2. Bon finalement un dernier commentaire, ce deuxième postulat repose sur ce qu'écrit Jean François Var lui même dans sa lettre publique du 7 juillet ou il accuse de vol mais fournit deux lignes avant, tous les éléments clairs pour la défense du présumé voleur, ou présumé innocent ? ;). CQFD Cette lettre est un vrai acte manqué ou une grosse bourde rédactionnelle. En tous cas il faut éviter de défendre la personne que l'on accuse dans la même lettre :" il a commencé à se rembourser ses débours qui se montait en gros à 50000 euros " il a simplement récupérer son dû peut être pas de la bonne manière ? mais quoi de plus humain…et logique.

  3. >Anonyme a dit…
    >Au début j'ai cru que vous parliez >tous de Jean Amadou … Errare >humanum est … amor librorum etc.
    >Signé,Un franc du collier

    Presque ce sont les livres d'Amadou & Mariam.

  4. Je vous invite à lire le communiqué de Var. Ce n'était pas lui qui avait garde des livres, il a servi d'intermédiaire.

    Un don au GPDG très très peu probable…

    La demande de démission de Henri M. du GPDG est aussi du au fait que cette histoire est tout à fait saine bien entendu.

  5. Cher Anonyme,
    Vous choisissez de ne pas répondre à mon simple postulat libre à vous.

    Vous pouvez en poser des centaines d'autres. Le mien avait au moins l'avantage de reposer sur des faits.

    Pas pour enrichissement personnel, par mécénat surement. 5000 livres, mais nul part il n'est fait mention des manuscrits de Barlet, Guaita, St Yves etc etc vendus en 2011 et 2013. Etonnant non ?

    Si il ne pouvait pas assumer la garde pour laquelle il c'était proposé, il pouvait toujours se manifester pour trouver d'autre solution, et il est certain qu'une solution aurait été trouvée (comme le dit Var)

    Vendre en douce des documents et archives ne souligne pas une bonne foi maladive.

    Qui lui a confié ? Et bien Jean François Var comme dit dans son billet.

  6. Tout cela est pour le moins occulte.
    Le billet n'ai pas clair.
    Quels sont les faits annoncés ?

    Amadou possédait une bibliothèque importante, soit. Pour le reste rien de clair.

    Le dit Henri M. semble avoir été en possession des livres. A quel titre ? Personne ne semble remettre en cause le fait qu'il ai eu le droit de les avoir. Qui les lui a confié avec quel mandat ?
    Il payait le loyer de stockage avec ces deniers personnels ?

    Ensuite certains ouvrages ont été vendus et annoncés comme étant volés à la famille.

    Par ailleurs, d'autres personnes ont revendiqué la possession de certains ouvrages passé en vente en juillet…. Soit disant un don d'Amadou. Livre donné, mais pourtant stocké par Henri M. ???

    Nous espérons qu'un publicité sera aussi faite si un non lieu est prononcé dans cette affaire

  7. Dans sa lettre du 7 juillet Mr Var tout en l'accusant de vol disculpe le vendeur puisque ce ne serait pas pour enrichissement personnel, mais pour rembourser déménagement et loyer du stockage de cette bibliothèque s'élevant à plus de 50000 euros, ce serait donc bien juste un problème de gestion. Posons un autre postulat on vous confie une bibliothèque, son déménagement, le loyer des lieux…soit vous êtes mécènes et assumer tout sans rien demander soit au bout de plusieurs mois ou années, vous essayer d’équilibrer les comptes, devant en vendre une partie. Effectivement je ne connais pas le dossier, mais j'analyse juste avec les documents que j'ai pu lire depuis quelques semaines. J’arrête là la polémique et ne posterai pas d'autres commentaires car je ne voudrais pas commenter une affaire non jugée que je connais mal, loin de moi l'idée de faire de la désinformation, simplement une petite analyse des divers articles lu sur le net.

  8. Je ne vois pas en quoi cela vous défrise ainsi que Var, tout de même bien informé annonce lui même un vol à l'attention du "vendeur".

    Posons un postulat.

    Je me retrouve avec des livres vous appartenant, sans même que vous soyez au courant qu'ils sont ma garde. Et je les vends en cachette, sans prévenir personne. Et vous découvrez les faits chez un libraire où vous retrouvez des ouvrages dédicacés à votre nom.
    Bien entendu vous ne parlerez pas de vol.

    Ce qui gène dans le monde bibliophile autour du mot vol, est que si il y a vol, il y a recel, et bien des libraires, et même des salles de ventes De Baecque qui étaient prévenus, ont vendus des livres de cette bibliothèque, avec plus ou moins bonne/mauvaise foi.

    Les biens n'ont pas été confiés par la famille au vendeur, mais renseignez vous au lieu de faire votre propre campagne de désinformation.
    Les mots ont en effet un sens, et si vous trouvez le réveil tardif, demandez vous pourquoi.
    Je ne trouve pour ma part aucune justification à cette "dispersion", de livres documents etc etc

  9. C'est pas gagné pour les récupérer

    L’article 2279 du code civil
    En fait de meubles, la possession vaut titre.
    Néanmoins, celui qui a perdu ou auquel il a été volé une chose peut la revendiquer pendant trois ans à compter du jour de la perte ou du vol, contre celui dans les mains duquel il la trouve ; sauf à celui-ci son recours contre celui duquel il la tient.

    D’autre part d’après l’Article 2280 code civil.

    Si le possesseur actuel de la chose volée ou perdue l'a achetée dans une foire ou dans un marché, ou dans une vente publique, ou d'un marchand vendant des choses pareilles, le propriétaire originaire ne peut se la faire rendre qu'en remboursant au possesseur le prix qu'elle lui a coûté.

    J.

  10. Alors rions, ce que je trouve très désagréable c'est cette campagne de médiatisation faite autour du mot "vol" il y a une différence entre l'action de voler un bien, et l'action de mettre en vente dans le cadre de sa gestion, peut être de manière mal opportune (cela l'avenir le dira si une plainte est recevable) un bien qui vous a été confié sur le long terme, ceci n'est pas un vol, une erreur de gestion peut être. Comment parler de vol alors que les biens avait été confiés au vendeur ! Les mots ont un sens, et le réveil est tardif. Si cela vous rassure il y a eu plein de précédents dans d'autres successions, et ma remarque se voulait générale et humoristique. Comme disent les enfants donner c'est donner, reprendre c'est voler, qui est qui ?

  11. Malheureusement cher Bibliophile Anonyme quant on ignore l'histoire on évite de dire des énormités pareilles.

    Je ne sais pas si vous avez lu, mais c'est JF Var le premier, qui qualifie cette dispersion de vol. Bien placé puisque c'est ce dernier qui a d'ailleurs remis les documents au démissionnaire du GPDG sans que la famille soit au courant.

    Il est tellement crédible de dire que Robert & Catherine, tout de même bien calés dans leurs domaines, ignoraient la valeur commerciale de ce qu'ils possédaient. Si ce n'était pas ridicule ça serait risible.

  12. "Ce qu'il faut bien qualifier de vol" mais y a t'il eu vraiment vol ??? Ou quand la famille se rends compte après coup et après les avoir négligés, que les papiers et documents accumulés emmerdant par la place qu'ils tenaient, avaient une belle valeur commerciale !… Le jour de mes funérailles je veux que l'on passe Money des Pink et le vol du bourdon message codé pour mes héritiers. Six ans pour se réveiller juste après les ventes, étrange non !

    Signé : Un bibliophile avec plusieurs tonnes de livres et document, une plaie sans valeur pour les héritiers à confier à un tiers ou un cadeau magnifique à valoriser ??

  13. Il n'y a pas que les conflits guerriers pour disperser, de façon indue, de belles bibliothèques. Les conflits familiaux s'en chargent souvent. On peut aussi faire appel aux amis… Les francs-maçons ne le semblent pas plus que les autres ;-)) Pierre

  14. 5000 ouvrages, 50000€, il en fallait du courage pour vendre des ouvrages à 10€ de moyenne
    Je vais faire attention à mes livres de poches, on ne sais jamais..

    Yohann

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