Promenade de Bibliophile : la Bibliothèque de Saint-Omer

Amis Bibliophiles bonjour,
Comme presque toujours dans les petites capitales régionales, la bibliothèque municipale s’est constituée au XIXe siècle autour des saisies révolutionnaires. À Saint-Omer, sous-préfecture et petite ville historique du Pas-de-Calais les bibliothèques primitives les plus importantes étaient celles de l’abbaye Saint-Bertin, de l’église cathédrale, (l’église collégiale était en effet devenue cathédrale après l’anéantissement de Thérouanne par Charles Quint), des collèges de jésuites, « français »et « anglais » et de quelques monastères des environs. 


En 1792, le dépôt littéraire s’installa dans les locaux de l’abbaye Saint-Bertin.
En 1804, il fut rassemblé dans une salle de l’ancien collège « français ». Pour l’occasion les boiseries de l’abbaye de Saint Bertin furent récupérées.  La bibliothèque municipale était créée. Aujourd’hui les boiseries  sont toujours conservées pour leur partie haute dans le bâtiment actuel qui date cependant de la fin du XIXe siècle.
Le fonds ancien préservé dans cet écrin (salle Aubin) compte 206 incunables, 1500 manuscrits dont 887  du IXe au XVIIIe siècle, 16600 imprimés avant 1914. La bibliothèque conserve également des archives communales et notariales importantes. 
Jean Doubdan, Le voyage en terre -Sainte, Paris, Clousier, 1666.
Nicolas de Nicolay, Discours et histoire véritable des navigations…faicts en Turquie, Anvers , 1586Héritage de Saint-Bertin, les reliures médiévales et monastiques y sont bien représentées, si en revanche les ouvrages précieux de littérature y sont plus rares. La bibliothèque enrichit un important fonds régionaliste. Elle conserve également depuis 1825 par donation la bibliothèque et les papiers du baron du Teil.
Parmi les trésors de la bibliothèque, la vie de Saint Wandrille manuscrit carolingien illustré, un tome de la Bible à 32 lignes de Gutenberg, une description de l’Egypte bien sûr (visible aux journées du patrimoine), l’Encyclopédie reliée aux armes de la ville…
César de Ligny, Ambassades et négociations du cardinal Du Perron, Paris, Estienne , 1623.Cette bibliothèque a le mérite d’organiser régulièrement des expositions temporaires in-situ dans la grande salle en accès libre ornée de ses girafes. Le cadre ajoute au plaisir des vitrines. Les quelques photos qui illustrent ce billet ont été prises pendant l’exposition « Récits de voyages » qui s’acheva le 28 août dernier.
Lauverjat
Pour plus de détails voyez le site « ménestrel »http://www.menestrel.fr/spip.php?rubrique1751
La Bible est numérisée : http://bibliotheque-numerique.bibliotheque-agglo-stomer.fr/collection/662-ancien-testament-bible/?n=1

La lettre du bibliophile

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Le Salon du Livre Ancien du Grand Palais, vision IV: le salon vu de l'intérieur par Eric, qui expose pour la première avec sa librairie l'Escalier des Sages

Amis Bibliophiles bonsoir,
Pour en terminer avec le salon du Grand Palais, je souhaitais vous proposer ce soir la vision de celui qui est  à mon sens l’un des plus prometteurs jeunes libraires français, si ce n’est le plus prometteur: Eric, lecteur du blog depuis très longtemps, qui s’est lancé en librairie il y a deux ans environ, avant d’être reçu au SLAM cette année et de participer, petite consécration, au salon du Grand Palais après donc seulement deux ans d’activité. Une forme de consécration, et de reconnaissance, qui s’ajoute à celle de ceux qui le connaissent: compétence, sympathie, simplicité et une certaine vision de ce qu’il veut (bien) faire.

Vous pouvez retrouver sa librairie sur internet (http://www.escalierdessages.com), Eric est spécialisé dans les sciences, la médecine et l’ésotérisme. Son stand sur le salon était en quelque sorte le quartier général des lecteurs du blog, et il faut dire qu’il était bien assisté par une très sympathique commis. 🙂
Eric a donc connu son premier salon et en semble très content, voici en quelques lignes la façon dont il l’a vécu.

Je viens chaque année au salon du livre ancien au Grand Palais. Cette année est particulière pour moi. Je suis exposant.

Lorsque j’arrive avec mes livres le jeudi matin, nous prenons juste quelques secondes avec Bergamote pour regarder autour de nous. C’est la classe. Ce sera notre seul instant de libre. Ensuite, même pas le temps de mettre les livres en place que des confrères viennent déjà voir si nous avons des ouvrages susceptibles de les intéresser.
Par rapport à d’autres salons, l’ambiance est studieuse. Chacun est concentré sur son stand. Je sens que ce salon est important pour tout le monde… Un petite musique annonce l’ouverture des portes dans 5 minutes. Je jette un coup d’oeil à droite un coup d’oeil à gauche pour évaluer les stands d’à côté. 
A ma droite, un libraire Italien présente une vingtaine de livres d’Heures. Superbe. Ce n’est pas mon domaine, mais j’apprécie. En face, un libraire danois propose un superbe exemplaire de l’édition originale du Discours de la Méthode, l’exemplaire Kronecker des Disquisitiones de Gauss. Fabuleux.
Les premiers visiteurs arrivent.  Des visages connus bien sûr, Lauverjat, Bernard, Bertrand, Jean Marc, Xavier, Frédérick, Baptiste, Textor et tant d’autres avec qui j’aurais souhaité pouvoir discuter un peu plus. Mais d’autres visiteurs sont là aussi, se renseignent sur tel ou tel livre. Nous ne sommes pas trop de deux pour tenir le stand. Le salon est aussi l’occasion pour moi de rencontrer des clients avec lesquels je n’ai souvent échangé que par mail ou par téléphone. De belles rencontres. Mettre un visage sur chaque passion.
Aux vêtements de certains, je constate qu’une averse est tombée. Cela n’arrête pas le bibliophile du vernissage. Il va au plus vite. Faire le maximum de stands pour trouver le livre qu’il recherche tant.J’en retrouverai la plupart le vendredi. La visite se fait alors plus méthodique. Stand par stand, étagère par étagère. Les catalogues ont été lus la nuit. Certains ont pris le temps de la réflexion pour des ouvrages importants. Le temps reste maussade. Il fait froid. Samedi aussi il fera froid. Moins de visiteurs à mon stand, mais un peu plus de curieux en visite (qui ne permettront pas à Bergamote de participer au traditionnel repas des bibliophiles).
Dimanche, enfin du soleil, beaucoup de monde, à nouveau. Je passe prendre les livres que j’avais réservés chez un confrère. Déjà 20h00, nous avons à peine une heure pour ranger les livres. Voilà, c’est déjà terminé. A l’année prochaine.
Eric

4 Commentaires

  1. Reportage avec des clichés bien nets, Lauverjat. On voit que les ouvrages ne sont pas à 3 mètres dans une vitrine blindée !

    Saint Omer est aussi la cité d'origine d'un graveur (sur bois) et peintre audomarois ayant vécu de 1894 à 1954, Gustave Vandenbergue. Ses illustrations de l'ouvrage de Sertillanges La cathédrale sont remarquables. Pierre

  2. Bel endroit qui donne envie de chercher où se trouve Saint Omer sur la carte.
    Si j’ai bien suivi, ce ne sont pas les livres qui sont remboités dans des reliures anciennes mais, pour une fois, la bibliothèque elle-même qui est remboitée dans une abbaye…
    Textor

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