Promenade de bibliophile: la donation Pierre de Meulenacker au château de Lunéville

Amis Bibliophiles bonjour,
Hier, Rhemus était chez Françoise …. Françoise d’Issembourg d’Happoncourt, dame de Graffigny, rentrée à Lunéville, dans le château des derniers ducs de Lorraine qu’elle a bien connu, et dont l’incendie, en 2003, avait détruit tous les livres.

Pierre Mouriau de Meulenacker eut l’idée généreuse de faire don de sa collection Graffigny à la bibliothèque du château sinistré : collection de 135 éditions, unique au monde.
Vers le milieu du XVIIIe siècle, Madame de Graffigny, née à Nancy en 1695 et décédée à Paris en 1758, était la femme de lettres la plus célèbre du monde, à la suite de la publication de son roman épistolaire Lettres d’une Péruvienne (1747). Elle ouvrit un salon, que fréquentèrent les poètes et les philosophes, et son drame Cénie (1750) remporta un triomphe à la Comédie française.

Tombée dans l’oubli pendant plus de deux siècles, elle fut redécouverte à partir des années 1960, grâce à la publication de sa Correspondance et au développement du mouvement féministe.

Château de Lunéville (Meurthe-et-Moselle).Exposition jusqu’au 16 décembre.Entrée libre.  Catalogue in-4, illustré en couleurs, 88 p. (15 €)
RhemusRhemus et Pierre de Meulenacker

La lettre du bibliophile

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Promenade de Bibliophile: un bibliophile à New York

Promenade de Bibliophile: un bibliophile à New York

Amis Bibliophiles bonjour,
Un déplacement professionnel à New York m’a amené sur Madison Avenue à la John Pierpont Morgan Library. J’avoue n’avoir fait que plus tard le rapprochement avec la Banque JP Morgan, aujourd’hui Morgan-Chase. 
John Pierpont Morgan était immensément riche et, surtout sur la fin de sa vie, il amassa une assez incroyable collection d’objets d’art, d’antiquités et… de livres. Il fut d’ailleurs caricaturé comme le Magnet attirant à lui par la force d’attraction de sa fortune tout ce que le monde comptait d’objets d’intérêt et de valeur. 


Je vais m’en tenir à la collection de livres même si la Morgan Library accueille également des œuvres d’art (et notamment une très belle exposition de dessins récemment acquis où j’ai croisé un très beau Gauguin et un non moins beau Odilon Redon). Les livres de Morgan se trouvent, évidemment, dans sa bibliothèque mais aussi dans son bureau. Signe de son intérêt la pièce réservée à sa bibliothécaire est attenante. Car la responsable des achats de Morgan était une Diane chasseresse, Belle Da Costa Greene, à fort caractère (une de ses lettres au « patron » est d’ailleurs exposée) qui répondit espièglement à la question de savoir si elle avait été la maîtresse de Morgan : « nous avons essayés ». 

Dotée de fonds quasi-inépuisables elle va acheter pour le compte de Morgan tout ce qui se présentait sur le marché de plus beau. La Morgan Library est ainsi notamment célèbre pour posséder trois Bibles de Gutenberg (dont une sur vélin). Si l’on ajoute qu’à deux blocs de là la New York Public Library en possède également une, on reconnaîtra que cela fait beaucoup au kilomètre (ou mile) carré. 
http://www.google.com/culturalinstitute/collection/the-morgan-library-museum?museumview&hl=en&projectId=art-project
Il faut reconnaître que la bibliothèque est impressionnante. La plupart des livres sont rares et dans de belles, voire exceptionnelles reliures (malheureusement on ne peut que les deviner). Le rayon français (Morgan parlant français et allemand) est très fourni tant en auteurs anciens qu’en contemporains de Morgan. Les vitrines, outre un des exemplaires de la Bible de Gutenberg, proposent certains joyaux de la collection : livres et manuscrits mais aussi lettres (dont une de Mozart se plaignant de ses problèmes d’argent) et partitions (Beethoven). 




J’ai noté (en me demandant comment il avait pu se trouver sur le marché) un manuscrit provenant de l’Abbaye du Mont-Saint-Michel (simple tropisme personnel : je suis né à deux pas, à Avranches qui abrite aujourd’hui le musée des manuscrits de l’Abbaye). Sur les rayonnages des éditions originales à foison, des exemplaires d’auteurs, etc. 
Bref, c’est un peu le Disneyland du bibliophile qui ne sait où donner de la tête. 
A la réflexion, je me suis tout de même dit que cette bibliothèque de bibliophile ouverte au public était un peu vaine. Si la conservation, pour l’étude et l’exposition, des pièces uniques (manuscrits notamment) est louable j’ai beaucoup plus de mal à trouver du sens à ces rayonnages où se trouvent retirés du circuit bibliophilique (et dans des armoires cloisonnées) des ouvrages de grand intérêt bibliophilique mais sans doute de moindre intérêt scientifique. 
Pour avoir enchaîné avec un déplacement à Londres, la British Library a trouvé une solution originale avec « The King’s Library » qui est à la fois visible de l’extérieur et accessible (pour l’étude si l’on n’est pas un Windsor) de l’intérieur. Idem au British Museum où l’une des salles accueille les rayonnages d’une bibliothèque remplie désormais de livres factices. Ce qui est à la fois suffisant et souhaitable lorsque l’on voit des touristes mâchonner des sandwiches accoudés sur un marbre égyptien…



Bref, un musée bibliophilique tel que la Morgan Library a-t-il un sens ? Sachant qu’une des particularités des livres est que l’on ne peut guère ne profiter sans les avoir en main…    
Olivier

1 Commentaire

  1. Une excellente initiative de Pierre de Meulenacker qui possède (possédait) la plus belle collection d'ouvrages originaux de cette auteure.

    J'avais présenté sur mon blog une édition des Lettres dune Péruvienne éditée à Peine et il avait eu la bienveillance de m'envoyer des renseignements pour améliorer ma fiche incomplète. Sans chercher à pontifier, il m'a très gentiment permis d'améliorer ma présentation.

    C'est dans ces moments que l'on reconnait les grands bibliophiles ! Prompts à aider les impétrants bibliophiles et généreux avec les simples amateurs de notre patrimoine qui viendront visiter ce château où sa collection lui survivra.

    Hommage appuyé. Pierre Brillard

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