Amis Bibliophiles bonjour, Hier, Rhemus était chez Françoise …. Françoise d’Issembourg d’Happoncourt, dame de Graffigny, rentrée à Lunéville, dans le château des derniers ducs de Lorraine qu’elle a bien connu, et dont l’incendie, en 2003, avait détruit tous les livres. Pierre Mouriau de Meulenacker eut l’idée généreuse de faire don de sa collection Graffigny à la bibliothèque du château sinistré : collection de 135 éditions, unique au monde. Vers le milieu du XVIIIe siècle, Madame de Graffigny, née à Nancy en 1695 et décédée à Paris en 1758, était la femme de lettres la plus célèbre du monde, à la suite de la publication de son roman épistolaire Lettres d’une Péruvienne (1747). Elle ouvrit un salon, que fréquentèrent les poètes et les philosophes, et son drame Cénie (1750) remporta un triomphe à la Comédie française. Tombée dans l’oubli pendant plus de deux siècles, elle fut redécouverte à partir des années 1960, grâce à la publication de sa Correspondance et au développement du mouvement féministe. Château de Lunéville (Meurthe-et-Moselle).Exposition jusqu’au 16 décembre.Entrée libre. Catalogue in-4, illustré en couleurs, 88 p. (15 €) RhemusRhemus et Pierre de Meulenacker
La lettre du bibliophile
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Finalement, aujourd’hui, on peut mettre tous les ouvrages d’une bibliothèque sur un support numérique qui rentrerait dans une poche… Quelle évolution!
D’une certaine façon, c’est une parabole autour de l’évolution des formats connue par le Livre, et en particulier par le Livre Ancien, enfant chéri des bibliophiles.
J’ai déjà parlé dans un message des différentes appellations données au format (in-folio, in-4, in-12, etc.) des livres, mais sans réellement m’attacher à l’évolution de ces formats au fil du temps.
Au fil de mes lectures, j’ai lu plusieurs fois que pour le Livre ancien, en ce qui concerne les formats, tout a changé en 3 ou 4 siècles, avant que ne soit adopté le format qu’on lui connaît la plupart du temps aujourd’hui.
A l’origine, au Moyen-Age par exemple, le livre est un objet sacré, ou au moins sacralisé… Et d’une certaine façon sa rareté, sa valeur et le travail qu’il exige, justifient la taille qu’on lui donne alors le plus souvent, à savoir des in-folio, qui sont conservés à plat dans les scriptoriums et les bibliothèques, voire sur des lutrins (la physionomie des bibliothèques elles même évoluera d’ailleurs aussi significativement, de fait).
Jusqu’au 17ème, le livre (dans son format in-folio) est un signe de pouvoir, il est « monumentalisé », et n’est pas réellement pensé pour le lecteur, pour l’individu : peu aisé à transporter, encombrant, lourd, fragile, etc. Aussi il voyage peu, et son univers est statique : nombre de lecteurs limité, déplacements limités.
A partir du fin du 17ème siècle les choses changent, on commence enfin à voir apparaître des formats de taille in-8 ou plus petits, et si les grands formats perdureront un temps pour des raisons diverses, dont notamment la beauté des figures, le mouvement sera dès lors irrémédiable…
Les Elzevier, qui avaient lancé leurs petits formats pour des raisons d’économie furent bien sûr les précurseurs. Mais au 18ème, la tendance devient générale, et c’est le format in-12 qui s’impose très majoritairement, voire des formats encore plus petits, comme les Cazins.
Economie, société dans laquelle les idées s’échangent plus rapidement peut-être, mais aussi « démocratisation » de la lecture, et surtout nouvelles habitudes de lecture. En fait, avec le 18ème, le livre commence enfin à être pensé pour le lecteur.
La lecture devient personnelle, intime, et non plus rituelle et devant un auditoire comme quelques siècles auparavant, le lecteur même se déplace avec ses livres : il voyage, il les offre, il les lit dans les salons, il les revend… La vie de l’objet elle-même se fluidifie en fait, et justifie ces nouveaux formats, infiniment plus pratiques.
Pour ma part, même s’il me serait évidemment difficile de résister à un bel in-folio… je préfère les petits formats, notamment in-12 et in-8, probablement parce que je suis avant tout un lecteur (même les in-4 sont parfois un peu embarrassants je trouve, même si leur « noblesse » est évidente). Aussi, et comme nous tous, je pense, j’ai une relation très personnelle avec mes livres, et même s’il est difficile de transcrire cela en mots… cette intimité s’exprime plus volontiers avec ces petits formats maniables… qui souvent d’ailleurs n’ont rien à envier à la qualité des grands formats.Pour tout vous avouer, je pense que les livres in-folio qui sont dans ma bibliothèque, dont un sublime Racinet… sont ceux que j’ouvre malheureusement le moins souvent…Quoi qu’il en soit, je trouve que cette évolution du format des livres est vraiment intéressante… le passage du livre monumental à l’objet intime, évolution culturelle et historique qui se reflète dans les formats… Intéressant, non?
Et pour vous? La taille compte?
🙂
H
Images : un moine au travail, et une étudiante travaillant sur deux elephant-folio… pratique, non?
Une excellente initiative de Pierre de Meulenacker qui possède (possédait) la plus belle collection d'ouvrages originaux de cette auteure.
J'avais présenté sur mon blog une édition des Lettres dune Péruvienne éditée à Peine et il avait eu la bienveillance de m'envoyer des renseignements pour améliorer ma fiche incomplète. Sans chercher à pontifier, il m'a très gentiment permis d'améliorer ma présentation.
C'est dans ces moments que l'on reconnait les grands bibliophiles ! Prompts à aider les impétrants bibliophiles et généreux avec les simples amateurs de notre patrimoine qui viendront visiter ce château où sa collection lui survivra.
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Une excellente initiative de Pierre de Meulenacker qui possède (possédait) la plus belle collection d'ouvrages originaux de cette auteure.
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Hommage appuyé. Pierre Brillard