Le nettoyage par le vide, ou comment prendre soin efficacement de sa bibliothèque

Amis Bibliophiles bonjour,

Il y a ceux qui ne font rien, il y a ceux qui passent un petit pinceau sur les tranches pour chasser la poussière (qui retombe très vite), il y a ceux qui craignent les vers et les poissons d’argent, alors qu’il n’y a plus de vers et de poissons d’argent ou presque… Il y a ceux qui couvrent leurs livres avec d’exécrables couvertures en plastique. Il y a ceux qui les cirent, trop, à mon sens on cire toujours trop.

Et puis il y a ceux qui font appel à la société Vacuum Cleaner, comme la Bibliothèque d’Alençon, pour prendre soin de leurs livres et les dépoussiérer un à un. Un travail de titan auquel se sont attelés quatre spécialistes habillés de combinaisons blanches, gantés et masqués depuis quelques mois, traitant chacun des 16 000 livres l’un après l’autre:  incunables, manuscrits médiévaux et enluminés, périodiques anciens et même un évangéliaire du IXe siècle.


La technique est éprouvée (« mais fais attention petit bibliophile, ne fais pas ceci à la maison »): une brosse aspirante est passée sur les six faces de chaque livre, ainsi qu’à l’intérieur de la couverture, avec une force adaptée à la fragilité de l’ouvrage. Après l’aspiration vient le nettoyage avec un chiffon à microfibres. Si une couverture vient à manquer, elle est remplacée par une couverture en papier bleu, au pH neutre, recommandé par la Bibliothèque nationale.

Ce processus permet aussi de repérer les livres attaqué par des champignons et de le marquer par une pastille verte, pour pouvoir ensuite le suivre spécifiquement.

Au delà des livres, c’es toute la bibliothèque qui est dépoussiérée: sols, murs, plafonds, les étagères sont démontées et remontées, puis couvertes d’un film translucide.

Plafonds, sol et murs sont, eux aussi, dépoussiérés à fond. Comme les étagères, démontées et remontées pour un nettoyage plus efficace. Propres et en ordre, les rayons sont ensuite couverts d’une bâche translucide.

H

La lettre du bibliophile

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Les éditions partagées

Les éditions partagées

Amis Bibliophiles bonsoir,
Les bibliophiles que nous sommes croisent souvent des ouvrages dont les pages de titre comportent les noms de plusieurs libraires. Ce procédé est appelé « édition partagée » et mérite que l’on s’y attarde un moment.
Ces éditions consistent le plus souvent en des entreprises éditoriales dans lesquelles les associés partagent les frais et les profits. Ces associations ne se font pas toujours à parts égales et sont prévues pour des durées limitées, correspondant souvent au privilège attribué. Les éditions partagées sont donc de fait plus fréquentes pour les ouvrages qui coûtent cher à produire, où en des périodes de difficultés économiques. On les rencontre de plus en plus fréquemment à partir de la seconde moitié du 16ème siècle, elles deviennent habituelles au 17ème et au 18ème.
C’est d’ailleurs un procédé qui sera renforcé par le corporatisme et qui débouchera parfois sur la création de ces compagnies de librairies, que l’on voit également parfois apparaître sur les pages de titre.
Concrètement, elles peuvent d’ailleurs se présenter sous trois formes sur les pages du titre: une compagnie de libraires, comme évoqué ci-dessus, l’énumération des noms des différents associés sur une même page de titre (comme sur cet armorial de Dubuisson), ou bien encore, ce qui peut compliquer la tâche des bibliographes, plusieurs pages de titres différentes, portant chacune le nom de l’un des associés, si bien qu’un seul éditeur/libraire apparaît sur l’ouvrage. Cette situation peut parfois prêter à confusion et j’ai moi même assisté à un débat entre deux bibliophiles, parlant d’une même édition, mais ayant en mains deux exemplaires avec des pages de titre différentes, où seul le nom du libraire variait. Il existe même une version 1 et demi, avec le nom d’une compagnie sur la page de titre, et les associés sur la page lui faisant face (comme sur cette Description de Paris, de Germain Brice).Dans ce dernier cas, le privilège est accordé à Hérissant et l’on peut imaginer que c’est lui a ensuite initié l’association pour faire face au coût de l’ouvrage, probablement élevé ici, puisque très illustré.
Autre exemple:H

2 Commentaires

  1. C'est très bon la poussière. Elle est le velours fluide des choses, la pluie fine qui anémie les teintes escessives et les tons bruts [J.K. Huysmans].
    Espérons que nos livres durent jusqu'à ce que nous retournions nous-mêmes en poussière.
    Haro sur l'aspirateur, un très léger coup de plumeau une fois par an, pas plus.
    René

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