Dossiers cliniques de l’IGLI: A Rebours, le livre qui se trompait de siècle

Service spécial de surveillance zoobibliologique
Inspection Générale du Livre Imprimé (IGLI)

Par le docteur Fulbert de Cuirac, vétérinaire assermenté des entités imprimées, expert près le Bureau des manifestations anormales du Livre, chargé de mission pour les troubles de régression séculaire et les phénomènes d’anachronisme compensatoire.

Amis bibliophiles, bonjour.

Il est des livres qui souffrent d’être mal reliés, d’autres d’avoir perdu un feuillet, d’autres encore d’avoir été trop longtemps possédés par des gens sans main, sans regard ou sans conscience. Ce sont là des misères ordinaires, dont les catalogues, les études et les héritiers font leur commerce avec une régularité presque consolante. Mais il existe une infirmité plus subtile, plus rare, et d’une cruauté singulière : celle qui consiste, pour un volume, à souffrir de son propre siècle.

Le lecteur naïf s’étonnera peut-être qu’un livre puisse regretter le temps qui l’a vu naître. Il se trompe. Les hommes passent leur vie à souhaiter une autre époque que la leur ; il serait surprenant que les livres, qui vivent plus longtemps et fréquentent de bien meilleures bibliothèques, ne se livrassent pas parfois à la même sottise. La différence, c’est que le livre ne rêve pas en silence. Il matérialise son regret. Il se tient autrement, se place autrement, se détend à certains voisinages, se crispe à d’autres, adopte des airs qui ne sont pas du temps de son impression, et finit par donner à croire, sinon qu’il est né plus tôt, du moins qu’il s’en juge digne.

L’IGLI classe ces cas dans la famille des régressions séculaires compensatrices, sous-classe des anachronismes de désir. En français plus simple : certains livres du XIXe siècle voudraient être du XVIIe.

Le cas ici rapporté, classé sous la référence R.S.C. 5 — régression séculaire compensatrice, cinquième espèce documentée — nous fut signalé par M. Armand de Villacerf, amateur parisien d’excellente tenue, de médiocre classement et d’un goût généralement supérieur à sa méthode. Il possédait un très bel exemplaire de À rebours de Huysmans, en reliure de la fin du XIXe siècle, auquel il était attaché avec cette ferveur de collectionneur nerveux qui tient à la fois de l’admiration, de la vanité et de l’hypocondrie. Le livre, écrivait-il, “semble honteux de sa date” et manifeste “des préférences chronologiques qui cessent d’être acceptables”. La formule, quoique légèrement théâtrale, n’était pas mauvaise.

Je demandai des précisions.

La réponse arriva sous la forme de six pages serrées, auxquelles il eût été charitable de retrancher la moitié si le fond n’en avait pas été aussi instructif. L’exemplaire de À rebours, très calme lorsqu’il reposait seul ou parmi d’autres livres de son temps, se modifiait dès qu’on le rapprochait de certains auteurs du Grand Siècle. Placé près de Pascal, il paraissait “prendre une gravité de tenue”. Mis à côté de La Rochefoucauld, il se raidissait d’une manière plus sèche, plus nerveuse, comme s’il cherchait à mériter d’avance la comparaison. Rangé, par un caprice d’amateur, entre un Nicole et un petit La Bruyère, il avait, selon le propriétaire, “cessé d’avoir l’air décadent pour prendre celui d’un moraliste qui aurait eu des nerfs”.

L’expression me plut assez pour justifier le déplacement.

Je me rendis donc chez Villacerf accompagné de Mlle Berthe Lépine, bibliothérapeute de quarantaine, et du sous-inspecteur Achille Peutre, auquel j’annonçai seulement que nous allions voir un livre de 1884 désireux d’être né deux siècles plus tôt. Peutre répondit qu’il connaissait déjà beaucoup d’hommes dans ce cas. L’observation, quoique sociale, n’était pas sans portée clinique.

La bibliothèque de Villacerf occupait deux pièces communicantes d’un appartement du VIIe arrondissement, dont la correction générale laissait paraître tout ce qu’un mobilier bien choisi peut contenir de désespoir discret. Les dos y étaient beaux, les tables dégagées, les reliures surveillées, les provenances exhibées avec cette modestie appuyée qui constitue chez certains amateurs la dernière forme du panache. Rien n’y jurait, ce qui est souvent mauvais signe. Une bibliothèque trop cohérente finit toujours par vouloir que les livres s’y comportent bien.

Le spécimen litigieux reposait dans une travée centrale, à hauteur de main, entre Mallarmé et Villiers de l’Isle-Adam. C’était sa place naturelle, ce qui ne signifiait nullement qu’il s’y portât bien.

L’exemplaire, il faut le dire, était fort séduisant. Belle reliure de son temps, maroquin sombre, dos à nerfs, titre finement poussé, gardes de moire discrète, papier excellent, marge bien gardée, et cette tenue légèrement excessive des volumes dont le propriétaire a passé plus de temps à admirer le dos qu’à relire le texte. Rien d’anormal au premier regard, sinon une sorte de gêne dans la manière qu’avait le livre d’être XIXe. Je n’emploie pas cette formule pour faire joli. Le volume ne semblait pas malade de vieillesse, ni de chaleur, ni de lumière, ni d’un mauvais rangement. Il paraissait incommodé par sa propre date.

J’ouvris le livre. Le texte se présentait correctement. Typographie fin de siècle, mise en page nette, aucune trahison matérielle. Pourtant, chose curieuse, les pages se tenaient avec une retenue qu’on eût dite plus ancienne que leur siècle. Elles n’avaient ni la souplesse un peu nerveuse des grands romans du XIXe, ni la complaisance du papier moderne à se laisser feuilleter. Mlle Lépine nota aussitôt une “raideur d’attitude”. Peutre, qui avait pris le Pascal voisin dans l’autre main, posa les deux volumes côte à côte et dit :
— On dirait qu’il singe l’autre.

Je corrigeai :
— Non. Il aspire à le rejoindre.

La nuance, ici encore, était capitale. Le singe imite de l’extérieur. L’aspirant se reprend tout entier dans l’espoir de n’être plus tout à fait ce qu’il est.

Le propriétaire nous raconta alors plusieurs incidents révélateurs. D’abord, le livre supportait mal qu’on le qualifiât de “roman décadent”. Le simple mot semblait produire chez lui une crispation du mors et une légère sécheresse des gardes. Ensuite, lorsqu’on le rangeait parmi des auteurs trop nettement “fin de siècle”, il prenait, disait Villacerf, “un air de mauvaise compagnie”. Enfin, détail plus troublant, il se montrait matériellement plus stable, plus calme, presque plus beau, lorsqu’on le laissait plusieurs jours au voisinage de moralistes ou de penseurs du XVIIe. Il avait même, à deux reprises, glissé de lui-même — ou du moins selon la version du propriétaire — d’une tablette de romans vers une rangée où se trouvaient Pascal, La Rochefoucauld, Retz et Bossuet.

Je demandai :
— Avez-vous vérifié le déplacement ?
Il rougit légèrement.
— Deux fois, oui. La troisième, j’ai commencé à me dire qu’il valait mieux ne plus toucher à rien.

Cette prudence tardive l’honorait.

Nous procédâmes à l’examen du cas selon le protocole Chron. 7, applicable aux ouvrages soupçonnés de désorientation séculaire. Le principe est simple : on soumet le volume à différents voisinages chronologiques, en observant les variations de tenue, de souplesse, d’apparence typographique perçue, de stabilité au rayon et d’humeur générale du spécimen.

La première phase se fit en compagnie de volumes franchement XIXe : Verlaine, Huysmans, Lorrain, Maupassant, Mirbeau. Le livre demeura correct, mais sans plus. Il avait l’air d’un homme très bien élevé condamné à dîner avec ses cousins. Rien d’insupportable ; rien de cordial non plus.

La seconde phase le plaça entre Pascal et La Rochefoucauld. L’effet fut immédiat. Le dos prit, ou sembla prendre, une rectitude plus noble ; les gardes se calmèrent ; le papier lui-même parut moins fébrile. Le livre s’ouvrit mieux, non point avec la volupté de l’exhibition, mais avec cette gravité contenue des volumes qui consentent enfin à leur compagnie. Peutre, qui observait la scène en plissant les yeux, lâcha :
— Il veut qu’on le croie plus vieux qu’il n’est.
Je répondis :
— Non. Il veut qu’on le croie mieux né.

Le propriétaire fut si frappé de cette phrase qu’il la nota aussitôt. J’en conçus quelque agacement, car les amateurs ont la manie de transformer en bons mots ce qui relève d’abord du diagnostic.

La troisième phase, plus sévère, consista à placer le Huysmans à côté de La Bruyère et de Nicole, c’est-à-dire de deux auteurs dont la discipline morale et la sécheresse d’observation ne laissent guère de place à la pose. Ce fut là que le phénomène se révéla dans toute sa finesse. Le livre ne cherchait pas seulement à paraître ancien ; il corrigeait sa propre manière d’être XIXe. Il semblait vouloir se débarrasser d’une part de son parfum, de sa nervosité, de son décor intérieur, comme un jeune homme trop raffiné qui, reçu dans une maison sévère, renoncerait tout à coup à ses manchettes, à sa voix et à son odeur.

Mlle Lépine résuma la chose avec sa justesse habituelle :
— Il se surveille.

C’était parfaitement vu.

Car le fond du mal était là. À rebours ne souffrait pas tant d’être du XIXe siècle que d’en donner l’air. Il ne rêvait pas seulement de l’ancienneté ; il aspirait à une respectabilité rétrospective. Il supportait sa singularité moderne tant qu’on la laissait s’exercer en paix ; il la supportait beaucoup moins dès qu’il se trouvait confronté à la tenue plus sèche, plus verticale, plus intérieure du Grand Siècle. Alors, comme certains propriétaires devant un grand nom, il se mettait à corriger son maintien.

Je demandai à Villacerf si l’ouvrage avait été souvent comparé, devant lui, à des moralistes anciens. Il m’avoua qu’il lui arrivait, dans les dîners, de présenter son Huysmans comme “un Pascal malade des sens” ou “un La Rochefoucauld intoxiqué par les parfums”. Je le regardai avec une sévérité médicale. Il me répondit qu’il cherchait seulement à faire comprendre le livre. Je lui répondis que beaucoup d’hommes, sous prétexte de faire comprendre, commencent par humilier ce qu’ils aiment.

Cette remarque ne fut pas inutile. Les livres, surtout les plus vulnérables, intériorisent très bien les comparaisons injurieuses prononcées en leur présence.

Pour confirmer le diagnostic, nous soumîmes le spécimen à une série d’épreuves verbales. Le propriétaire lut d’abord quelques lignes de notice contemporaine sur le “décadentisme”, les “raffinements fin de siècle” et “l’univers artificiel de Des Esseintes”. À mesure qu’il avançait, le volume se fermait presque imperceptiblement, et le plat supérieur prenait cette dureté contrariée qu’on observe chez les ouvrages fatigués d’être résumés par les mêmes imbéciles. Puis nous fîmes lire, à titre comparatif, plusieurs fragments de jugements plus anciens rapprochant Huysmans de la tradition des moralistes, de l’analyse spirituelle, d’une prose de conscience. Le livre ne s’ouvrit pas de lui-même — nous ne sommes pas ici dans la fantasmagorie — mais il cessa de résister.

Le diagnostic put alors être posé sans témérité : syndrome de régression séculaire compensatrice, avec complexe d’infériorité chronologique et aspiration matérielle au Grand Siècle.

Je le traduis pour les bibliophiles pressés : ce Huysmans souffrait d’être du XIXe et tâchait, autant qu’un livre le peut, de se conduire comme un petit classique.

Restait à déterminer si le mal était curable.

Je précise d’emblée qu’il ne s’agissait ni de corriger matériellement le volume, ni de lui imposer quelque voisinage brutalement moderne qui l’eût humilié davantage. Les ouvrages affectés de régression chronologique ne se guérissent pas à coups de chronologie. On ne délivre pas un livre de son complexe en lui rappelant sa date de naissance comme on giflerait un enfant vaniteux. Il faut au contraire lui rendre son siècle sans l’y enfermer.

Le traitement que je prescrivis releva donc d’une rééducation de milieu. Premièrement, ne plus ranger durablement le volume entre les seuls moralistes du XVIIe, voisinage trop flatteur et, partant, pathogène. Deuxièmement, ne plus l’exiler non plus parmi les seuls “décadents”, terme paresseux qui le blessait sans l’instruire. Troisièmement, lui composer un entourage mixte : un Pascal d’un côté, un Baudelaire de l’autre, puis, en alternance, un La Bruyère, un Flaubert, voire un Stendhal, afin que le livre cesse d’opposer sa dignité rêvée à sa naissance réelle.

Peutre demanda si l’on formait ainsi une sorte de pensionnat chronologique. Je répondis que la formule n’était pas entièrement mauvaise.

J’interdis en outre au propriétaire les comparaisons de dîner. Point de “Pascal des névroses”, point de “moraliste en parfumerie”, point de “Grand Siècle intoxiqué”. Les livres supportent mal d’être réduits à des formules d’amphitryon.

Le traitement fut complété par une mesure plus délicate encore : j’ordonnai qu’on lise devant le volume, à voix haute, non les passages les plus maniérés de À rebours, mais certains endroits où la fatigue, la lucidité, le dégoût, la scrupuleuse conscience de soi révèlent précisément sa modernité propre. Il fallait rendre au livre, non la fierté d’être XIXe siècle comme on récite une étiquette de musée, mais le sentiment qu’il n’avait pas besoin de contrefaire Pascal pour être lui-même un malheur respectable.

Les premiers résultats furent hésitants. Pendant quelques jours, le spécimen manifesta même une forme de bouderie historique. Placé entre Baudelaire et La Bruyère, il se raidit. Mis entre Pascal et Flaubert, il se tint correctement mais sans chaleur. Puis, lentement, quelque chose s’assouplit. Le volume cessa de glisser vers les moralistes ; il supporta mieux la proximité de son propre siècle ; surtout, il perdit cet air un peu laborieux d’ancienneté aspirée. Mlle Lépine nota que “ses gardes respiraient plus franchement le XIXe”. La formule était audacieuse, mais exacte.

Le tournant survint lorsqu’un ami du propriétaire, homme de bon goût et sans système, prit le volume en main et dit simplement : “Il n’est pas du Grand Siècle ; il est de la grande fatigue.” Je n’aurais pas osé la formule dans un rapport, mais le livre, lui, la reçut admirablement. Il se tint dès lors avec une paix que Villacerf ne lui connaissait plus. Nous avions trouvé le chemin du compromis : non l’obliger à renoncer au XVIIe qu’il admirait, mais lui permettre d’habiter le XIXe sans honte.

Le cas n’est pas sans portée générale. Beaucoup de livres du XIXe, surtout parmi les plus nerveux, les plus raffinés, les plus soucieux de ne pas paraître vulgaires, vivent dans l’ombre d’une antériorité prestigieuse qui les humilie. Ils savent que les bibliophiles pardonnent parfois à un livre de n’être pas parfait ; ils lui pardonnent moins volontiers de n’être pas du bon siècle. Quelques volumes finissent par l’apprendre. Ils tâchent alors d’emprunter ce qu’ils peuvent à des âges mieux cotés : un maintien, une réserve, une sécheresse, une autorité. L’opération les ennoblit rarement. Elle les fatigue beaucoup.

Je n’ignore pas que plusieurs lecteurs hausseront les épaules. Ils auront tort, mais en silence, ce qui sera déjà un progrès. Qu’ils se demandent seulement combien d’ouvrages, dans les bibliothèques privées, souffrent aujourd’hui d’être rangés moins selon leur vérité que selon le prestige comparatif des siècles. On parle volontiers des livres déclassés ; on parle moins de ceux qu’on pousse à renier leur naissance pour mieux mériter un rayon.

Les bibliophiles aiment croire qu’ils choisissent les livres. L’IGLI, sur ce point, demeure plus prudente. Il arrive qu’un volume choisisse le siècle où il voudrait être né — et souffre d’avoir manqué son entrée.

Rapport établi et visé par le docteur Fulbert de Cuirac
avec le concours de Mlle Berthe Lépine, bibliothérapeute de quarantaine
et du sous-inspecteur Achille Peutre, chargé des troubles d’anachronisme et des désorientations séculaires

Document classé : diffusion restreinte – Guilde & IGLI
Reproduction déconseillée dans les rayons comparatistes sans surveillance

Cote de classement : IGLI/SSSZ/RSC/5 – Régressions séculaires, première série
Ex. de service : GdB-Temps./Σ.9

Cote de bibliothèque de la Guilde : GUILDE · IGLI · CUIRAC · SSSZ · HUYSMANS-5

La lettre du bibliophile

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Dossiers cliniques de l’IGLI: l’atlas cannibale

Dossiers cliniques de l’IGLI: l'atlas cannibale

Service spécial de surveillance zoobibliologique
Inspection Générale du Livre Imprimé (IGLI)

Par le docteur Fulbert de Cuirac, vétérinaire assermenté des entités imprimées, expert près le Bureau des manifestations anormales du Livre, chargé de mission pour les troubles expansifs du document relié.

Amis bibliophiles, bonjour.

On se figure volontiers qu’un atlas est un livre comme un autre, à cette différence près qu’il contient davantage de cartes, de noms de lieux, de golfes, de caps, de provinces, de fleuves, et, par conséquent, davantage de poussière entre les pages lorsqu’il a trop longtemps sommeillé sur son rayon. C’est là une erreur commune, excusable chez le lecteur ordinaire, beaucoup moins chez l’homme de cabinet. Un atlas n’est pas seulement un livre qui montre le monde. Il est un livre qui supporte difficilement qu’une portion du monde lui manque.

L’IGLI a eu plusieurs fois l’occasion de rappeler ce principe, souvent négligé par les possesseurs de grandes cosmographies et de lourds recueils chorographiques. Les atlas de vaste ambition, surtout lorsqu’ils ont longtemps régné sans partage sur une tablette honorable, développent avec l’âge une susceptibilité territoriale que l’on aurait tort de réduire à un simple orgueil de reliure. Ils tolèrent médiocrement l’étroitesse des meubles, plus médiocrement encore la proximité des compilations de second ordre ; mais ils tolèrent moins que tout l’existence, dans leur voisinage immédiat, d’une terre, d’une île, d’un rivage, d’un peuple, même douteux, même satirique, même mensonger, qui échappe encore à leur autorité descriptive.

Je l’écris ici sans goût pour la formule, mais parce que les faits m’y contraignent : un atlas n’aime pas qu’il existe, dans son voisinage immédiat, une portion du monde — fût-elle fausse — qui échappe encore à son autorité.

Le cas qui suit, traité par l’Inspection sous la référence E.C.A.V. 3expansion cartographique assimilatrice de voisinage, troisième espèce documentée — demeure à ce jour l’un des plus nets et des plus utiles de cette catégorie.

L’affaire fut signalée à l’IGLI au commencement de l’automne dernier par le vicomte d’Aubeterre-Lesdiguières, possesseur d’une bibliothèque de province dont les défauts étaient ceux de toutes les bonnes bibliothèques privées : belle ordonnance générale, classement ancien, notices lacunaires, certitudes héréditaires, et cette légère fatigue du meuble savant qui trahit moins le négligé que la confiance.

Le message, rédigé d’une main ferme mais manifestement agacée, ne faisait d’abord état que d’un “désordre réitéré autour d’un atlas de Blaeu”, lequel “débordait de son logement à un degré ne pouvant plus être imputé à la seule épaisseur des ais”.

Cette formulation, en d’autres mains, eût pu n’être qu’une plainte de collectionneur embarrassé par l’envergure naturelle d’un grand volume. Mais deux détails, heureusement consignés, retinrent l’attention du Bureau des manifestations anormales du Livre. Le premier était que l’atlas semblait gagner chaque semaine un peu de place sur la tablette, non qu’il se déplaçât à proprement parler, mais parce que son corps paraissait s’épaissir de l’intérieur, refoulant peu à peu les ouvrages voisins. Le second, plus sérieux, était que plusieurs rubriques nouvelles avaient été relevées dans la table, et que le propriétaire croyait reconnaître, entre deux sections anciennes, un développement insulaire qu’aucun récolement familial ne mentionnait.

Le vicomte, homme exact en ce qui touchait ses serrures et ses indignations, ajoutait qu’un exemplaire de Gulliver, rangé depuis des années au voisinage immédiat du Blaeu, paraissait “avoir perdu de sa substance”, tandis qu’un petit More latin, contenant l’île d’Utopie, semblait désormais “plus mince de portée qu’il n’est convenable à un ouvrage si célèbre”. Cette dernière remarque, où la perplexité le disputait à l’orgueil blessé, justifia qu’on ouvrît sans délai un dossier.

Le dossier me fut confié en raison d’antécédents comparables, notamment une observation ancienne sur un portulan méditerranéen atteint d’hypertrophie marginale, et une intervention, plus discrète, sur un recueil de plans militaires qui tendait, les nuits de brouillard, à annexer par interpolation plusieurs positions qu’il n’avait jamais officiellement relevées. J’acceptai la mission et me rendis sur place accompagné de Mlle Berthe Lépine, bibliothérapeute de quarantaine, et du sous-inspecteur Achille Peutre, dont le sang-froid en matière de déplacement spontané des ouvrages n’est plus à démontrer, quoiqu’il s’en prévale souvent lui-même avec une insistance que les faits n’exigent pas toujours.

L’atlas incriminé occupait le troisième rayon d’une grande armoire grillagée, entre une cosmographie latine du XVIIe siècle et, fait plus significatif qu’il n’y paraissait d’abord, une rangée mêlée de voyages, d’îles imaginaires et de relations fabuleuses que le propriétaire avait rapprochées là, disait-il, “par amusement comparatif”. Il s’agissait d’un grand in-folio en veau brun, dos à nerfs, pièce de titre rouge brunie par le temps, coiffes un peu frottées, ais puissants, gardes renouvelées au siècle dernier avec une correction sans éclat. Rien, au premier coup d’œil, qui dût éveiller l’effroi. L’ouvrage avait même cette dignité lourde et satisfaite des volumes qui savent valoir plus par leur masse que par leur grâce. Je remarquai seulement que son insertion dans le rayon était anormalement tendue : la tablette semblait le contenir moins qu’elle ne cédait sous lui.

Le vicomte, qui observait mes premières constatations avec cet air à la fois supérieur et anxieux qui caractérise les propriétaires bien nés lorsqu’ils sentent que leur bibliothèque commence à leur échapper, me demanda si je croyais à un simple gonflement dû à l’humidité. Je lui répondis qu’en matière de livres anciens, l’humidité explique beaucoup, mais qu’elle n’a jamais encore rédigé de nouvelles rubriques de table. Il se tut avec cette docilité momentanée qu’on obtient parfois d’un aristocrate lorsqu’on a parlé comme un vétérinaire.

L’examen préliminaire fut conduit selon le protocole Cart. 6, applicable aux spécimens d’autorité territoriale soupçonnés de comportement annexionniste. Je relevai d’abord les dimensions extérieures du volume, puis son épaisseur utile au mors, la pression exercée sur les ouvrages voisins, le bombement du dos, enfin la souplesse des cahiers centraux. Les chiffres, comparés à ceux d’un récolement ancien conservé dans les papiers de famille, confirmaient un phénomène d’augmentation. L’atlas n’était pas déformé. Il était devenu plus abondant.

Cette nuance, négligée par les amateurs, est capitale. Un livre se déforme lorsqu’il souffre. Il augmente lorsqu’il réussit.

Nous procédâmes ensuite à la comparaison de la composition actuelle du volume avec les descriptions plus anciennes. La bibliothèque possédait, par bonheur, deux états de référence : un inventaire manuscrit de 1894, sec, précis, manifestement rédigé par un homme qui savait compter les cartes sans chercher à les admirer ; et un récolement du début du XXe siècle, établi sans style mais non sans conscience, lors d’un déplacement partiel des armoires après réfection des boiseries. Tous deux concordaient sur un point : évidemment, aucune mention n’y figurait d’une carte de Lilliput, ni d’une notice relative à l’organisation, aux dimensions, aux usages politiques et aux particularités topographiques de cette île. Aucune mention non plus d’une rubrique propre à Utopia Insula.

Or, dans l’état présent du volume, la carte de Lilliput existait bel et bien.

La carte de Lilliputia telle qu’elle figure désormais dans le Blaeu. On notera la rectitude du tracé côtier et la sobriété du cartouche — rien, dans la facture, ne trahit une incorporation récente.

Je ne dis pas qu’elle avait été glissée là comme une recommandation dans un dossier mal ficelé. Je ne dis pas non plus qu’un faussaire entreprenant s’était amusé à compléter un Blaeu avec les rêveries d’un satiriste anglais. Je dis qu’elle se trouvait là comme chez elle. Elle n’offrait ni couture suspecte, ni collage de fortune, ni rupture visible dans l’économie de l’ensemble. Elle s’insérait avec cette autorité tranquille qui fait les plus grands désordres bibliographiques. Le papier ne jurait pas ; l’encre non plus. Le style du cartouche, l’ordonnance du titre, jusqu’à une certaine manière de border les côtes, tout conspirait à lui donner l’air non d’une intruse, mais d’une possession ancienne.

C’était une très mauvaise nouvelle.

Car le faux, si raffiné soit-il, trahit presque toujours quelque ambition. L’assimilation parfaite, elle, ne flatte personne. Elle indique qu’un volume a cessé de juxtaposer pour commencer d’incorporer.

Quant à l’île d’Utopie, elle ne figurait pas encore formellement dans la table ; mais certains développements du volume, par leur ton, leur densité descriptive et une sorte d’impatience classificatoire, laissaient déjà soupçonner qu’elle travaillait le spécimen de l’intérieur. L’atlas n’avait pas encore déclaré sa conquête ; il en préparait l’administration.

J’ouvris ensuite le Gulliver voisin. Le livre avait mauvaise mine. L’expression n’est pas figurée ; elle est clinique. Le volume, naguère d’une tenue convenable, paraissait aminci dans sa substance intérieure. Certains développements relatifs à Lilliput, sans avoir entièrement disparu, semblaient comme dénutris, raccourcis de l’intérieur, privés de ce suc descriptif qui fait qu’un monde imaginaire tient debout. Le texte n’était pas mutilé selon le mode ordinaire du manque ; il était appauvri, comme si l’on en eût soutiré la part la plus assimilable.

Peutre, qui parcourait le chapitre avec l’air soupçonneux d’un gendarme chargé de contrôler la moralité d’un songe, leva les yeux et dit :
— On dirait qu’on lui a pris le terrain, mais en laissant les habitants.

Je ne corrigeai pas. L’image valait le rapport.

Le petit More latin présentait un état plus délicat encore. Là non plus, nul feuillet retranché, nul accroc, nulle amputation franche. Mais une lassitude de la conception. Plusieurs passages jadis vifs, où l’île d’Utopie se tenait encore par la netteté de ses institutions, semblaient désormais parler sous surveillance. Le livre n’avait pas perdu sa matière ; il avait perdu une part de son aplomb. Il exposait encore son île, mais avec la résignation d’un auteur auquel une administration supérieure aurait déjà emprunté l’essentiel pour le ranger ailleurs.

Mlle Lépine, qui sait écouter les livres comme d’autres tâtent les chevaux sous le poil, observa que le More “se défendait encore par l’idée, mais plus tout à fait par la forme”. C’était bien vu. L’ouvrage n’était pas vidé ; il était domestiqué.

Je demandai alors au vicomte si ces volumes avaient été, récemment, rapprochés, comparés, feuilletés ensemble, exhibés à des tiers. Il prit cet air légèrement confus qu’affectent les bibliophiles lorsqu’ils se découvrent eux-mêmes la cause élégante de leur malheur. Oui, me dit-il, il avait eu la fantaisie de composer, à l’occasion d’un dîner, un petit rayon du “monde vrai et du monde possible”, plaçant son Blaeu entre Gulliver, More, et plusieurs brochures de voyages fabuleux “afin de faire converser les géographies”. Cette formule suffirait à condamner bien des hommes.

On sait pourtant, dans les services un peu instruits, qu’il ne faut jamais soumettre durablement un atlas de haute ambition à la promiscuité des fictions insulaires. Un simple livre de voyage peut rêver sur ses voisins ; un atlas, lui, ne rêve pas : il annexe.

Le vicomte, piqué, fit valoir qu’un rapprochement d’esprit n’avait jamais nui à personne. Je lui répondis que c’était une opinion de salon, non de quarantaine. Les livres, surtout les meilleurs, supportent mal qu’on les fasse converser pour l’amusement des convives. Ils finissent toujours par prendre la comparaison au sérieux.

La surveillance fut organisée selon le protocole A-17, applicable aux troubles d’absorption silencieuse. On remit l’atlas à sa place, à proximité raisonnée des ouvrages soupçonnés d’avoir servi de pâture, après avoir établi un constat complet de la table, de la pagination apparente, de l’épaisseur des cahiers et de plusieurs passages caractéristiques des volumes voisins. Des signets de repérage furent introduits à des endroits choisis. Mlle Lépine releva chaque soir l’état des rubriques ; Peutre surveilla le rayon ; le propriétaire fut prié de ne toucher à rien et, surtout, de s’abstenir de commentaires flatteurs sur la complétude supposée de son Blaeu.

Cette dernière consigne lui coûta davantage que les autres.

Les deux premières nuits ne produisirent qu’un très léger resserrement du mors et une tension sensible des cahiers médians. Mais à la troisième, Peutre, qui veillait de loin avec cette vigilance soupçonneuse qu’il prend volontiers pour de la méthode, entendit ce qu’il décrivit plus tard comme “un froissement interne de nature industrieusement conquérante”. Je ne lui ferai pas l’injustice de corriger une formule aussi juste.

Le matin venu, nous constatâmes l’apparition, dans la table du volume, d’une rubrique nouvelle : Insula Utopiae.

Elle n’y figurait pas la veille.

Je le note ici sous ma responsabilité pleine et entière.

Le vicomte pâlit d’un pâlissement de propriétaire, lequel diffère sensiblement du pâlissement ordinaire : il y entre moins de peur pour soi que d’inquiétude pour la valeur future du lot. Il demanda si l’on pouvait encore parler d’exemplaire “strictement conforme”. Je lui répondis que l’heure n’était plus à la conformité, mais à la contention.

Le phénomène atteignait alors une netteté doctrinale presque scolaire. Non seulement l’atlas avait absorbé l’idée d’une île voisine ; non seulement il en avait tiré matière à description ; mais il l’avait immédiatement latinisée, ordonnée, disciplinée, rendue recevable dans la république grave des cartes anciennes. La fiction politique d’un humaniste devenait, par passage dans le Blaeu, un territoire répertorié. Le désordre de l’imagination s’était converti en géographie.

Il fallait voir, en effet, de quelle manière l’assimilation procédait. Le livre voisin proposait ; l’atlas disposait. Le récit suggérait ; le grand recueil fixait. L’imaginaire flottant, une fois absorbé, perdait cette mobilité déplaisante qui fait son charme pour entrer dans l’état plus stable, plus dur, plus froid, de la possession cartographique. Rien n’était plus instructif. Ce n’était pas l’imagination qui corrompait l’atlas ; c’était l’atlas qui administrait l’imagination jusqu’à la réduire en province.

Mlle Lépine, examinant la nouvelle rubrique d’un œil sévère, murmura qu’Utopie “avait pris le ton d’un archevêché”. Peutre trouva la remarque excessive. Pour ma part, je la jugeai exacte.

Le diagnostic put dès lors être formulé sans témérité : expansion endo-cartographique par absorption de voisinage, avec assimilation sélective des unités insulaires, micro-politiques et territoriales à forte densité descriptive.

Je le traduis pour les services encore encombrés d’esprits simples : l’atlas grossissait de l’intérieur en digérant ce que ses voisins disaient du monde, pour autant que cela pût, même de loin, se convertir en géographie.

Cette pathologie diffère sensiblement de la bibliophagie ordinaire. Le livre bibliophage déchire, mâche, incorpore, laisse derrière lui des déchets reconnaissables et une scène de crime à peu près lisible. L’atlas assimilateur, lui, ne détruit pas matériellement ; il transmute. Il ne mange pas son voisin : il l’annexe en le résumant par le dedans. Ce n’est pas moins redoutable. Un ouvrage dévoré se constate encore. Un ouvrage discrètement administré par un autre commence déjà à disparaître sans scandale.

Restait à déterminer pourquoi ce spécimen avait développé un appétit de cette espèce. Trois causes paraissaient ici se conjuguer.

La première tenait à la nature même du sujet. Certains grands atlas, surtout lorsqu’ils ont longtemps passé pour complets dans l’esprit de leurs possesseurs, supportent très mal l’idée d’une extériorité. Leur désir d’embrasser le monde finit, avec l’âge, par ressembler à une jalousie de souverain.

La deuxième cause était le voisinage prolongé de terres imaginaires. Le contact répété avec des îles fictives, des peuples miniatures, des géographies satiriques ou des voyages invérifiables provoque chez les atlas dominants un état d’excitation annexionniste bien connu des observateurs sérieux. Le livre se met alors à considérer que tout territoire décrit est, par définition, territoire répertoriable, donc intégrable.

La troisième cause, enfin, relevait de l’imprudence humaine. Le vicomte, flatté de ses rapprochements ingénieux, avait stimulé le trouble par le commentaire. Dire d’un atlas qu’il “contient déjà tout” est une maladresse. Lui montrer ensuite, sur le même rayon, une île qu’il ne contient pas encore, relève presque de la provocation expérimentale. On n’agace pas un Blaeu avec une lacune.

Le traitement fut celui qu’imposait la prudence. Nous séparâmes immédiatement le Blaeu de tout voisinage insulaire, utopique, satirique ou seulement fabuleux. Il fut placé en quarantaine sur une tablette nue, entre un cartulaire bourguignon sans horizon et un recueil de formulaires notariés parfaitement dépourvu d’appétence géographique. On lui interdit pendant six semaines toute fréquentation d’îles, de voyages extraordinaires, de cosmographies faibles et de récits maritimes à prétention merveilleuse. Mlle Lépine recommanda, à titre apaisant, la proximité intermittente d’un sobre volume de tables astronomiques, dont la sécheresse numérique eut sur le spécimen un effet sensiblement calmant.

Le vicomte protesta contre cette relégation entre des livres “sans panache”. Je lui fis observer que le panache, en pathologie expansive, est un excitant. Il me répondit qu’on ne traite pas un Blaeu comme un registre de tabellion. Je lui répondis qu’on traite un Blaeu malade comme il convient de traiter un Blaeu malade, et qu’en matière de convalescence la noblesse du voisinage est un luxe de propriétaire, non une exigence clinique. Il s’inclina, ce qui est une manière aristocratique de céder sans reconnaître qu’on obéit.

Le Gulliver et le More furent traités séparément selon le protocole de reconstitution descriptive. Le premier retrouva peu à peu, non toute sa chair, mais une part sensible de son relief initial. Quelques détails relatifs à Lilliput reparurent avec une vigueur modérée, preuve que l’absorption n’avait pas été complète. Le second demeura plus atteint. Les livres politiques résistent mal à l’administration du réel. Une fois partiellement convertis en notice, ils récupèrent rarement toute leur insolence.

Quant au Blaeu, son état se stabilisa sans pourtant guérir tout à fait. L’épaisseur des cahiers cessa d’augmenter ; aucune nouvelle île ne vint se loger dans la table ; les rubriques interpolées cessèrent de proliférer. Mais l’ouvrage manifeste encore, lorsqu’on l’approche d’une fiction topographique, un léger gonflement de suffisance, accompagné d’une tension perceptible des gardes. Pour cette raison, il demeure classé en surveillance spéciale.

Le vicomte d’Aubeterre-Lesdiguières reçut, pour sa part, une recommandation écrite dont la lecture lui déplut sans doute davantage que l’incident lui-même : il lui est formellement déconseillé de composer désormais, pour l’agrément de ses visiteurs, des “rayons à thème” où le vrai et le faux se frôleraient avec esprit. Les bibliophiles mondains s’imaginent souvent que les livres aiment leurs rapprochements. Ils oublient que certains volumes prennent les comparaisons pour des défis.

Le cas présente, pour la doctrine de l’IGLI, plusieurs enseignements qu’il n’est pas inutile de rappeler. Le premier est qu’un atlas n’est jamais innocent de sa complétude. Le second est que la proximité prolongée entre géographie souveraine et imagination insulaire expose les collections à des transferts internes d’une extrême élégance, donc d’un repérage difficile. Le troisième, enfin, est que les livres les plus dangereux ne sont pas toujours ceux qui bougent. Il en est qui restent parfaitement en place tout en augmentant leur empire.

Les bibliophiles aiment les exemplaires complets. Ils feraient bien d’apprendre à se méfier de ceux qui le deviennent trop.

Rapport établi et visé par le docteur Fulbert de Cuirac
avec le concours de Mlle Berthe Lépine, bibliothérapeute de quarantaine
et du sous-inspecteur Achille Peutre, chargé des phénomènes de voisinage conflictuel

Document classé : diffusion restreinte – Guilde & IGLI
Reproduction interdite à proximité des atlas souverains

Cote de classement : IGLI/SSSZ/ECAV/3 – Atlas assimilateurs, série des annexions internes
Ex. de service : GdB-Cart./Ω.12

1 Commentaire

  1. hum… il faut vite que je vérifie comment sont rangés certains livres… certaines tablettes sont classées par éditeur, et pas par auteur, ce qui pourrait être mal perçu 🙂

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