Lauvertjatiana VII

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Nous retrouvons ce soir la traditionnelle lecture sélective des catalogues de libraires de notre ami Gilles.

« C’est le printemps des catalogues et ma lecture prend du retard quand je ne sais plus où donner de la bourse. La librairie Picard (82, rue Bonaparte à Paris) livre son 590 ème catalogue de livres anciens et modernes, agrémenté de planches en noir et blanc. Les livres anciens comptent 230 numéros. J’ai retenu de Guillaume Paradin, “Mémoires de l’histoire de Lyon” suivi de Claude de Rubis “Les privilèges… de la ville de Lyon” imprimé à Lyon chez Antoine Gryphe en 1573 et 1574, complet de ses deux parties, in folio en demi-basane du XIXe. Le titre de la première partie est imprimé dans un somptueux encadrement gravé architectural de la seconde renaissance couronné du griffon. (1000 euros). Une reliure “de mariage” du XVIe siècle (1582?) sur un “Officium Beatae Mariae virginis…” format in-8, la page de titre manque ainsi que la fin. La reliure en maroquin rouge est frappée dans un ovale de rameaux dorés aux centres des plats du nom et du chiffre de l’épouse Gabriele de Croiset (plat supérieur) et de l’époux Jean de Gay (plat inférieur), le dos plat est entièrement orné aux petits fers de médaillons floraux juxtaposés, centrés de monogrammes et chiffres (780 euros). Les “Curiosités de Paris, de Versailles, Marly, Saint-Cloud et des environs…” de Le Rouge, une nouvelle édition de 1771 à Paris chez les libraires associés en deux volumes in-8 pleine basane de l’époque comportant 31 planches gravées dont 21 dépliantes (500 euros). Un “ana”: le “Mantasiana” de Hyacinthe Cordonnier, alias Saint-Hyacinthe imprimé à La Haye chez Charles Le Vier en deux tomes sous cartonnage moderne orné de deux frontispices, une planche et six figures géométriques in-texte (200 euros). La librairie “Bonnefoi Livres Anciens” (1-3, rue de Médicis à Paris) sort un catalogue orné de reproductions en couleur intitulé “Livres & manuscrits anciens”. J’ai retenu de Guillaume Budé , la première édition “de Transitu Hellenissi ad Christianismum” chez Robert Estienne à Paris, en vélin souple de l’époque (7 500 euros). Une “Anthologia graeca” in Bibliopolio Commeliniano de 1604 in-4 aux armes et au semé alterné de fleurs de lys et de monogrammes couronnés de la reine Anne d’Autriche veuve en plein maroquin brun, après 1643 (12 000 euros). Un exemplaire de dédicace en vélin doré aux armes du cardinal Giacomo Rospigliosi, neveu du pape Clément IX, dans un encadrement de roulettes et de fleurons dorés sur “le Prerogative del senator Bartolomeo Gherardini…” de Palmieri, in-12, imprimé à Sienne en 1682 (1500 euros). Un recueil de 28 pièces in-4 des procès de Beaumarchais avec Duverney et Goezmann, constitué à l’époque en veau havane, rassemblant des pièces de l’auteur dramatique et des divers protagonistes (3 000 euros). Et, pour les amoureux de typographie, “Les Aventures de Télémaque…” de Fénelon , imprimées à Parme par le célèbre Bodoni en 1812, sous les hospices du roi Murat à 150 exemplaires seulement, en deux volumes in folio demi-veau blond (3500 euros). La Librairie ancienne Bruno Sepulchre, (7, rue Cassette à Paris) présente un catalogue illustré à la couverture ornée d’un sabot ayant appartenu à Jean-Jacques Rousseau. Les sabots se retrouvent sous le dernier numéro de ce catalogue et figurent aussi chez le libraire précédent (35 000 euros, la paire!). Mais pour cette somme je préfère revenir à la bibliophilie avec la “Topographie Françoise ou représentations de plusieurs villes bourg, chasteaux, plans, forteresses, vestiges d’Antiquité, maisons modernes et autres du Royaume de France…” par Claude de Chastillon, chez Louis Boissevin à Paris en 1655. L’ouvrage in-folio en plein chagrin moderne compte 300 feuillets pour 591 gravures sur cuivre la plupart à mi-page. J’ajoute que ce monumental ouvrage est rare les gravures étant le plus souvent découpées et vendues à l’unité (30 000 euros). Un des attrait de ce catalogue repose sur sa variété, juste avant ce très coûteux livre on trouve “Eloge prononcé par la folie devant les Habitans des Petite Maisons” de Pierre Mathias Chardonnet, un plaquette in-12 brochée de 48 pages imprimée à Avignon en 1761 pour 90 euros. Sur la même page, un livre que tous les lecteurs du Blog connaissent: “le tableau des Riches Inventions couvertes du Voile des feintes amoureuses, qui sont représentées dans le Songe de Poliphile…exposées par “ Béroalde de Verville [et de Francisco Colonna bien sûr], l’édition de Mathieu Guillemot à Paris en 1600, in 4 en vélin moderne. Cette dernière édition ancienne est riche de 180 bois gravés qui constituent son intérêt, sur l’une d’elle Priape est en pleine forme et n’a pas subi les outrages des lecteurs pudibonds (4000 euros). 
Pour changer je signale de Bruant “dans la Rue, Chansons et Monologues, Dessins de Steilen” une édition définitive, 13 ème mille sans date à Paris en deux volumes in-12 en demi-percaline rouge, les couvertures de Steilen étant conservées. Cet exemplaire comporte un envoi de l’auteur “à l’ami Guillaume, Montmartre 1891″ je me suis demandé si ce Guillaume aurait pu être le jeune dessinateur Albert Guillaume? (250 euros). La librairie de l’Avenue est une grande maison installée aux puces de Paris-Saint-Ouen. Elle publie un catalogue varié fortement illustré, tout en couleurs, de 400 titres. Parmi ceux-ci, d’Abel Hugo, la “France pittoresque…” de 1835 chez Delloye, en 3 volumes in-4 en demi-maroquin à petits coins. Cet ouvrage compte 470 planches gravées qu’on rencontre hélas plus fréquemment en feuilles (450 euros). Du recherché Athanasius Kircher, “…Magnes sive de Arte magnetica…” une seconde édition augmentée parue deux ans après l’originale, en 1643 pour J Kalcoven. Le livre in-4 en vélin ivoire compte un frontispice, 29 planches hors-texte et de nombreuses figures (3500 euros). De Jules Lemaitre, deux volumes in-8 en demi-maroquin à coins pour “En marge des vieux livres” illustré par Lalau et édité en 1921 chez Boivin (150 euros). L”Histoire de la ville de Rouen” de Servin, publiée à Rouen chez Le Boucher en 1775 en deux volumes en veau, est en édition originale et comporte un plan dépliant de la ville (250 euros). On ne peut qu’être surpris que l’édition originale française de l’oeuvre de Léonard de Vinci de son “traité de la peinture” ne soit pas antérieure à 1651. Le livre paru chez Langlois à Paris est illustré de 56 gravures sur cuivre d’après Poussin et d’un portrait du maître. Il est en plein veau accidenté (6000 euros). 

Bonne chasse et à bientôt… »

Merci Gilles

H

La lettre du bibliophile

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Registre des Faux Auteurs et des Vrais Pseudonymes, Maître Reliquet dit « le Relieur des Ombres »

Registre des Faux Auteurs et des Vrais Pseudonymes, Maître Reliquet dit « le Relieur des Ombres »

Vers 1835, un catalogue de la librairie Beauvais imprime Reliquet là où il fallait lire Reliure, maroquin noir, dos orné. La coquille devient un nom propre. En 1847, la librairie Martin annonce à Paris une reliure de Reliquet décorée de fers mystérieux, et Techener suit en 1852.

par Frère Séraphion de la Chartreuse de Rambervillers, spécialiste du classement bibliophilique dans les ordres réguliers et enquêteur sur les ateliers de reliure apocryphes

Amis bibliophiles, bonjour.

Il est des noms qui hantent les catalogues comme des spectres : Maître Reliquet appartient à cette catégorie de fantômes typographiques. Ce “Relieur des Ombres”, censé avoir exercé son art au XVIIᵉ siècle, apparaît régulièrement dans les descriptions de maroquins prestigieux : « Reliure de Reliquet, maroquin noir, fers inconnus ». Or, après enquête, il appert que nul “Reliquet” n’a jamais existé. Nous avons affaire à un pur artefact de catalogue, à un ornement de langage devenu, par contagion, une autorité en soi.


I. Fiche signalétique

Nom enregistré : Reliquet, Maître (dit “Relieur des Ombres”)
Lieu supposé : Paris, quartier Saint-Jacques, 1620–1650
Spécialité : maroquins noirs, dorures mystérieuses, plats “assombris”
Particularité : cité dans des catalogues du XIXᵉ siècle comme “relieur ancien reconnu”
Statut : entité fictive, née d’un malentendu philologique et nourrie par le goût romantique de l’ombre.

La genèse tient dans une ligne mal composée vers 1835 ; le registre donne ensuite la note où Nodier jure avoir vu des maroquins de Reliquet à l’Arsenal, le catalogue facétieux de Techener en 1856, et la lettre d’Uzanne qui rapporte un dîner où l’on en parlait encore.


II. Genèse du fantôme

L’origine probable réside dans une méprise typographique. Vers 1835, un catalogue mentionna une « Reliquet, maroquin noir, dos orné », au lieu de « Reliure, maroquin noir, dos orné ». Le mot mal imprimé fut lu comme un nom propre, et bientôt les libraires, trouvant la formule élégante, l’accréditèrent comme celui d’un relieur ancien.

Très vite, les amateurs romantiques, épris de mystères, surent exploiter ce patronyme involontaire. L’imaginaire fit le reste : on parla d’un relieur secret, travaillant dans la pénombre, utilisant des fers “oubliés”, produisant des volumes “assombris”. Les notices des catalogues, relayées sans vérification, bâtirent la carrière posthume de ce personnage inexistant.


III. Témoignages et illusions

Un Catalogue de la Librairie Martin, Paris, 1847, annonçait ainsi :

« Reliure de Reliquet, en maroquin d’un noir profond, décorée de fers mystérieux. L’ouvrage, ainsi enveloppé, semble avoir traversé les ténèbres d’un sanctuaire ou les profondeurs d’une crypte. »

Un bulletin de vente de 1852, chez Techener, notait :

« On doit signaler la rareté de cette reliure attribuée à Reliquet, relieur peu connu mais dont les travaux, empreints d’une gravité singulière, rappellent la sévérité gothique. »

Charles Nodier, dans une note manuscrite retrouvée dans son exemplaire du Dictionnaire bibliographique, griffonna :

« Ce Reliquet me hante. J’ai vu de ses maroquins à la Bibliothèque de l’Arsenal : volumes qui sentent la nuit, le cloître et le sépulcre. Reliquet, qui êtes-vous ? »

Jacques-Joseph Techener, dans un catalogue facétieux de 1856 :

« Reliquet, le Relieur des Ombres, ne relia point pour les princes ni les prélats, mais pour les spectres et les mélancoliques. »

Enfin, Octave Uzanne, dans une lettre datée des années 1880, adressée à un confrère :

« J’eus hier soir le plaisir de dîner chez M. Techener, en compagnie de quelques autres amateurs. La conversation roula longuement sur les relieurs anciens, et notre hôte me montra plusieurs volumes en maroquin noir qu’il attribue au fameux Maître Reliquet. Il travaille, paraît-il, à réunir ses notes pour une étude sur ce mystérieux artisan du quartier Saint-Jacques.
Ces reliures, d’une austérité remarquable, portaient des fers singuliers, dont certains me rappelaient la sévérité d’ouvrages conventuels. J’avoue avoir été frappé par l’uniformité de ce noir si profond, que M. Techener juge caractéristique de cet atelier.
Vous conviendrez qu’il serait fort intéressant de voir cette recherche publiée ; elle jetterait quelque clarté sur une figure trop longtemps laissée dans l’ombre. »

Ces témoignages, authentiques ou rapportés, nourrirent la croyance. Peu importait la véracité : l’idée d’un relieur clandestin, tapi dans l’ombre, travaillant le cuir noir comme un prêtre l’hostie, séduisit une génération de bibliophiles romantiques en mal de mystère.


IV. L’imaginaire des Ombres

L’engouement pour Maître Reliquet s’inscrit pleinement dans l’esthétique romantique. Le XIXᵉ siècle chercha dans les reliures la trace d’un artisan secret, d’un “moine du maroquin” qui aurait su mêler silence, fer et cuir. Reliquet devint ainsi l’emblème d’une “reliure nocturne”, opposée aux fastes solaires de Padeloup ou Derome, ces orfèvres de la clarté dorée.

L’époque aimait les noms nimbés de mystère. Déjà, Le Gascon, dont la signature d’outils est incertaine, servait de modèle à toutes les hypothèses. Boyet, Macé Ruette furent convoqués dans cette galerie d’artisans aux contours flous. À chacun son halo : certains reliaient “pour les anges”, d’autres “pour les ombres”.

Reliquet, lui, fut bientôt décrit comme un “faiseur de deuils bibliophiliques”. Ses maroquins noirs, uniformes, dépourvus d’or éclatant, semblaient faits pour couvrir des pensées sombres. On imagina des ateliers souterrains, des fers trempés dans la suie, des dorures éteintes à dessein. Un chroniqueur de 1861 nota, non sans componction :

« Reliquet demeure le seul relieur qui ait su donner à ses volumes la couleur exacte du silence. »

Ce “silence du cuir” séduisit des amateurs raffinés : des bibliophiles collectionnèrent ces reliures anonymes en croyant y voir la main du maître invisible. L’un d’eux, le comte de Sauvigny, les fit ranger dans un meuble distinct, sobrement étiqueté : “Reliquet : section noire”.

L’illusion se renforça par le marché : dans les ventes publiques, des “lots Reliquet” apparurent. Un marchand rusé, observant le goût croissant pour les attributs romantiques, inscrivit même sur un dos : “Reliquet fecit”, imitant la manière des relieurs du Grand Siècle. Dès lors, l’école Reliquet prit consistance — non par la main d’un homme, mais par la crédulité d’une époque.


V. Analyse bibliopolicée

Le dossier Reliquet, examiné par la Guilde, révèle la mécanique classique de la génération d’un “fantôme” bibliophilique. Trois ingrédients suffisent :

  1. une coquille typographique ;
  2. une imagination érudite ;
  3. un marché friand d’autorités nouvelles.

L’erreur initiale — reliquet pour reliure — fut la graine. L’esprit romantique, en quête d’artisans maudits et de traditions souterraines, fournit l’humus. Enfin, les libraires arrosèrent le tout par intérêt commercial.

Le phénomène n’est pas isolé. L’histoire du livre en compte plusieurs. Ainsi, le nom de “Le Gascon”, relieur du XVIIᵉ, repose partiellement sur des conjectures stylistiques plus que sur des preuves ; nul acte, nul contrat n’atteste formellement sa personne. De même, des relieurs réels — Macé Ruette, Florimond Badier — ont vu leurs noms prêtés à des œuvres d’autrui. Et que dire des “reliures à la manière de Derome” !

Reliquet appartient donc à cette catégorie d’êtres nés d’un besoin de classement. Les catalogues du XIXᵉ siècle, enivrés de précision, ne supportaient plus l’anonymat : il fallait baptiser chaque style, même d’un nom inventé. Là où la prudence eût dicté un “reliure d’époque incertaine”, la plume préféra écrire “Reliquet, vers 1630”.

Ce glissement révèle un trait de la mentalité bibliophilique : le plaisir de nommer l’inconnu. Donner un nom, c’est posséder. Maître Reliquet, né d’une coquille, offrait à chacun l’illusion d’avoir identifié un mystère.

La Guilde a établi, par recoupement, que la première occurrence imprimée du mot Reliquet provient d’un catalogue de la Librairie Beauvais, daté 1835 ; l’erreur y fut reproduite dans l’édition suivante, corrigée seulement à moitié — ce qui accrut encore la confusion. Dès lors, les notices s’enchaînèrent : “Reliquet, relieur de Paris” (Martin, 1847) ; “Reliquet, école Saint-Jacques” (Techener, 1852) ; puis, plus tard, “Reliquet (le Gascon noir)” dans un article de 1868.

Tout cela témoigne de la puissance du langage. Une simple lettre ajoutée transforma un substantif en personnage, un terme de métier en légende. C’est là le ressort même du mythe bibliophilique : la foi naïve dans les marges du catalogue.


VI. Conclusion et verdict

Après examen, la Guilde conclut que Maître Reliquet n’a jamais existé que dans les marges imprimées et les conversations de bouquinistes. Il n’a laissé ni adresse, ni fer, ni facture ; seulement des reliures sombres que le commerce, par jeu, lui attribua.

Cependant, on ne saurait lui retirer son utilité : il incarne le goût d’une époque pour la pénombre, pour la reliure comme art de l’ombre portée. Dans la mythologie du cuir, il tient la place du négatif photographique — le reflet inversé des orfèvres dorés.

Aussi, la Guilde, après délibération, inscrit définitivement :

Reliquet, Maître
Alias : le Relieur des Ombres
Statut : né d’une coquille, devenu “école” apocryphe.
Note : symbole du romantisme bibliophilique, qui préféra inventer un relieur nocturne plutôt qu’avouer une erreur de typographe.

Reg. FAVP / 1847 / M.R. – 58

94 Commentaires

  1. cette paire de sabots a ete rachetee a sa veuve par l'aubergiste des le deces de jj rousseau pour etre exposee dans son etablissement sur une armoire
    ensuite les temoignages, les recits
    ont permis de suivre leur trace
    des le premier proprietaire

  2. Ce vieux débat sur les enchères et les achats immédiats est un serpent de mer du blo… 🙂

    Ce que je voulais dire c'est qu'à force de voir ces objets être vendus, puis revendus à 10 fois le prix sur Ebay, les vendeurs non professionnels ou para-professionnels repasseront par d'autres canaux de vente et reviendrons peut-être même à proposer leur marchandise aux libraires?? A voir mais ce n'est pas inenviseageable.

    Vincent P.

  3. un vendeur non, mais à force de voir plus d'ouvrages en "achat immédiat" qu'en enchère classique, ebay a perdu son âme, et ce qui en faisait tout son intérêt.
    Il tend à ressembler à Abebooks ou bibliorare, avec les photos en plus.
    Est-ce là le but??

    je ne le crois pas.

    Guitoo

  4. Faire de beaux coups c'est bien mais c'est rare.

    En faire une politique de vente constistant systématiquement à ajouter un multiplicateur de 3 à 10est trop simpliste à mon goût, mais je respecte ce choix: comme l'a souligné justement Hugues chacun est libre d'acheter ou non.

    Cependant remettre sur Ebay les livres achetés en un laps de temps si court me laisse perplexe, et cela changera à terme ce site de vente.

    Vincent P.

  5. Vous avez tout à fait raison Hugues, j'ajoute simplement une chose: je ne stigmatise pas forcément ce vendeur en particulier (mais l'évoquer sur le blog nécessite visiblement de prendre plus de pincettes que pour n'importe qui d'autre…), je soulignais simplement une pratique. Si cela avait été un autre vendeur, je l'aurais fait aussi. Qu'ils s'appelle tartempion ou gustave robinet ne change rien pour moi.
    Et puis, je ne donne qu'un avis sur une pratique commerciale, pas sur une personne.
    Enfin, je crois qu'on a quand même le droit de dire quand on est pas d'accord, en restant correct. Rien de personnel donc, d'autres ici ont été "critiqués" pour des descriptions mal faites ou induisant en erreur, ce qui n'est pas le cas de ce vendeur, dont j'ai souligné la qualité des fiches.
    Denis

  6. Un petit message rapide, juste pour ajouter que chacun est libre de fixer les prix qu'il souhaite et que chacun est libre d'acheter ou non un ouvrage.
    Tant mieux pour certains bibliophiles s'ils sont informés, tant pis pour les autres.
    Je ne pense pas que ce libraire en particulier, qui a par ailleurs apporté des choses au blog, soit une exception; et je pense aussi que sa marge n'est pas la même sur tous ses ouvrages. Qui n'a jamais fait un "bon" coup? Il se trouve qu'ici c'est un libraire et qu'il revend le livre.
    Sa politique de prix me semble personnellement exagérée, comme celle d'autre d'ailleurs… mais elle est sienne et il est libre de la pratiquer, la qualité de ses fiches n'étant en effet plus à démontrer par ailleurs. Et vous libre de ne pas acheter.
    Hugues

  7. lE VENDEUR BIBLIOPHILIANA n'en est pas a son premier essai en la matière.
    Cet ouvrage sur rouen est passé 2 fois en invendu sur ebay par un particulier à 1000€, et est maintenant proposé à 3500€
    http://cgi.ebay.fr/1508-1509-DEUX-RARES-IMPRESSIONS-DE-ROUEN-MARTIN-MORIN_W0QQitemZ270406519810QQcmdZViewItemQQptZFR_GW_Livres_BD_Revues_LivresAnciens?hash=item3ef57c0c02&_trksid=p4634.c0.m14.l1262&_trkparms=%7C301%3A0%7C293%3A4%7C294%3A30

    quand à celui-ci aux armes de De Thou, il me semble l'avoir vu aux alentours de 600€ en vente chez un ebayeur, et le voici lui aussi à 3500€.
    http://cgi.ebay.fr/1624-EXEMPLAIRE-AUX-ARMES-DE-FRANCOIS-AUGUSTE-DE-THOU_W0QQitemZ260430474827QQcmdZViewItemQQptZFR_GW_Livres_BD_Revues_LivresAnciens?hash=item3ca2ddae4b&_trksid=p4634.c0.m14.l1262&_trkparms=%7C301%3A1%7C293%3A1%7C294%3A30

    A chacun de concevoir sa façon d'acheter un ouvrage,
    Et à chacun de se faire son idée du métier de libraire.

    Bibliophiliana remet sur ebay avec une "belle description" des objets étant passés à peine un mois avant sur le même site.

    Pour ma part, c'est prendre les personnes pour des c…, et aucunement l'exercice d'un métier respectable.

    Cordialement,

    Guitoo

  8. En effet, il ne faut pas confondre libraire et brocanteur dans un vide-grenier. Les prix ne font pas à la tête du client dans les librairies, en revanche, je crois toujours qu'on peut négocier, et là, cela dépend bien de chacun.
    Pour les livres qui font 10 fois la culbute entre salle des ventes et ebay… c'est regrettable, et le fait l'information soit à la portée de tous illustre bien l'image que doit se faire ce vendeur de ses clients…
    C'est dommage, cela jette le discrédit sur ses autres livres, qui sont beaux, mais chers, très chers, trop chers quand on découvre le pot aux roses.
    Denis

  9. Les catalogues des librairies Sourget Père et Fille ont bien la liste des prix jointe sur un feuillet cartonné joint.

    Certains catalogues comme l'avant-dernier de la librairie Vrain sont sans prix, mais cela est clairement indiqué en introduction: à livres d'exception (imprimés de Guttemberg…par ex) effort à faire, i.e téléphoner au libraire.

    Quant à ne pas indiquer de prix sur son catalogue pour adapter celui-ci à la personne intéressée c'est du phantasme…

  10. Et cela, n'est pas tout simplement ex-tra-or-di-nai-re?
    Adjugé le 12 mai chez Piasa pour 620 euros.
    http://www.piasa.fr/FR/vente_livres_autographes/v12837_piasa/l2034532__biblioth_que_spirituelle_imitation_de_sus_christ.html

    Revendu un mois plus tard sur ebay pour…… 6500 euros.
    http://cgi.ebay.fr/1856-1860-COLLECTION-COMPLETE-BIBLIOTHEQUE-SPIRITUELLE_W0QQitemZ260430117505QQcmdZViewItemQQptZFR_GW_Livres_BD_Revues_LivresAnciens?hash=item3ca2d83a81&_trksid=p3286.c0.m14&_trkparms=65:10|66:2|39:1|240:1318|301:1|293:1|294:50
    Quelle blague!
    On attend le pigeon.
    Jules

  11. et j'approuve d'autre part Gonzalo : plus le libraire et les livres sont "prestigieux" ou "connus", moins les prix sont indiqués. Alors oui on peut y voir une forme de snobisme… Je vais être bassement matériel (et un peu d'humour…), cela ne vous fait-il pas penser au célèbre "Prix : nous consulter" des pages "Immobilier de prestige" à la fin de certains de nos magazines hebdos ??? Il est vrai qu'un 450 m2 rue de Seine avec jardin, ne conviendra jamais à celui qui s'inquiète du prix !!!

  12. Concernant l'absence de mention de prix, j'ai qques réponses. A plusieurs reprises, des libraires m'ont clairement laissé entendre qu'effectivement comme vous le supposez, le prix n'était pas donné car à discuter selon l'acheteur. En particulier pour les prix a priori élevés. J'ai ainsi pu me procurer "1 cent life" de Wallace Ting, auprès d'un libraire contacté au téléphone qui m'avait d'abord dit : "venez, parlons du livre et pourquoi il vous intéresse". Il m'a appris plein de choses. Un vrai échange entre libraire et collectionneur. De grands librairie comme JB de Proyart éditent leurs catalogues sans prix, sauf erreur de ma part. Pour ma part, cela ne m'a jamais dissuadé de me renseigner…

  13. Après avoir vu le catalogue Sourget, j'ai deux hypothèses pour expliquer l'absence de prix :
    – une grande délicatesse du libraire pour ne pas perturber la lecture avec des considérations bassement matérielles.
    – une grand respect pour la santé du lecteur, en particulier pour son cœur, quand il s'emballe d'abord pour un ouvrage, puis retombe sur terre quand il voit l'inaccessibilité de son rêve.

    Jean-Marc

  14. Si les intéressés nous lisent …
    Mon interrogation tient au fait que pour moi, l'absence de prix affiché est clairement un frein à l'achat. Le fait de devoir demander le prix est une étape que ma timidité à m'empêche parfois de franchir.

    Eric

  15. >> "La pratique est-elle courante ? Quelle en est la justification ?"

    En général, ce ne sont pas n'importe quels libraires qui s'adonne à cette pratique, et ce n'est pas pour n'importe quels livres non plus. Ca c'est un constat.

    Après sur l'interprétation, je n'en sais rien. Est-ce pour pouvoir adapter le prix en fonction de l'acheteur? Est-ce un geste pudique pour des libraires qui n'assumeraient pas leurs prix?
    Seuls les intéressés pourraient vous répondre.

  16. Bonjour Eric,

    Chaque libraire fait il veut / peut. Les catalogues papiers (j'ai la chance d'en recevoir pas mal) sont très coûteux. Quant à marquer les prix ou pas, là encore c'est chacun son choix. Donc je comprends mal la question de la "justification"… Peut être ai-je mal compris… En tout cas Internet a permis une très large diffusion de catalogues, que ce soit en .pdf ou même au format Word.
    Benoît

  17. Ce qui m'ennuie dans ces reliques c'est que "l'abbé Brizard effectua le voyage à Ermenonville en juillet 1783 et découvre chez le cabaretier Antoine Maurice les sabots de Jean-Jacques (mort en 1778) donnés par sa veuve"…

    Bien commercial et bien venu pour cet aubergiste d'avoir une relique du grand homme qui attirait déjà les touristes"…Non?

    Le témoignage de cet abbé n'est pas la preuve en soi de l'appartenance, mais du récit de sa découverte et du soi-disant don. Vrai/pas vrai à chacun d'y voir sa vérité.

    Comme effectivement les morceaux de la vraie croix aux pélerins-touristes du Moyen-âge…

    Vincent P.

  18. C'est vrai j'aurais préféré une plume, un encrier ou, plutôt, des notes en marges…

    Je tendais les verges pour me faire battre et j'imaginais bien que la documentation était abondante (après tout il se vend des morceaux de la Vraie Croix tous les jours sur ebay).

    Par dessus tout, je trouvais le blog peu animé ces derniers temps…
    Bonne soirée,
    Olivier

  19. Et surtout, preuve entre les preuves… ils sentent la pervenche.
    H
    P.S.: la question n'est-elle pas, une paire de sabots, même avec une telle provenance, n'en reste-t-elle pas moins une paire de sabots??

  20. L'histoire des sabots est longuement racontée dans le catalogue Bruno Sepulchre qui s'appuie aussi sur les documents vendus avec eux : "plusieurs centaines de pages manuscrites" (successions, contrats, baux,…), des journaux, des clichés et reproductions, des ouvrages et un catalogue d'exposition.
    L'abbé Brizard effectua le voyage à Ermenonville en juillet 1783 et découvre chez le cabaretier Antoine Maurice les sabots de Jean-Jacques (mort en 1778) donnés par sa veuve, qui faisaient l'ornement de son auberge. Le récit de Brizard est conservé à la Bibliothèque de l'Arsenal. Les documents suivent l'histoire des sabots depuis le décès d'Antoine Maurice jusqu'en 1996.
    Lauverjat

  21. Cette paire de sabots a été vendu il y a peu aux enchères avec un dossier complet sur leur provenance.

    De mémoire ces sabots ont été offerts, puis leur provenance assurée à compter du second possesseur.

    Donc c'est un peu délicat et c'est pour cela que les institutions ne se sont pas portés acquéreuses aux enchères: la provenance n'est pas assurée entre Rousseau et le 1er propriétaire…

    Tout le monde peut dire que tel homme célébre lui a donné un objet, le second possesseur l'assurera par écrit, et 2 siècles plus tard cet objet sera bien de lui…

    CQFD…

    Vincent P.

  22. Un sabot de Rousseau, c'est tentant… mais je pense que Roland Dumas est déjà sur le coup…
    Une question toute simple, n'ayant pas les catalogues sous la main, comment ces objets sont-ils authentifiés?
    Bien amicalement,
    Olivier

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