Puisque nous parlons chine et heureuses découvertes, c’est le moment idéal de laisser la parole à Bertrand, qui va vous présenter un album extraordinaire illustré par Daumier et d’autres… Oh ! . un faisan ! Lithographie d’Honoré Daumier, coloriée et gommée à l’époque d’après les coloris d’Edouard Bouvenne.
Le hasard est sans aucun doute l’un des plus volages alliés du bibliophile. La persévérance lui tenant toujours la main de très près. Le bibliophile est donc le plus souvent amené à composer avec ce que beaucoup appelleront le destin, d’autres, la providence. Un paiement de dividende. Epreuve lithographique avant le titre et la légende par Honoré Daumier, état très rare (Cf. Daumier Register), pierre numérotée 750.
Au fond d’un carton, un volume plus grand que les autres. relié. Je sors ce volume de grande taille du carton, il avait pour seul titre doré au dos « ALBUM » en lettres grasses. La reliure en demi-chagrin rouge, avec faux-nerfs plats réhaussés de dorures, filets, palettes dorées en tête et en queue, faisaient inévitablement penser à une reliure des années 1840 et gardait encore fière allure. La reliure frottée se tient encore bien. Les plats sont en papier moiré rouge. Mention manuscrite « Bon à tirer » signée Gavarni dans le coin supérieur gauche d’une lithographie. (elle est signée trois fois ainsi).
Restait à regarder à l’intérieur.
L’ouvrage s’ouvre sur une belle lithographie signée Bouchot, puis une autre signée Ch. Vernier, puis encore une autre signée cette fois des initiales H.D. (Honoré Daumier)., puis Gavarni, puis Edouard de Beaumont, Lorentz, Grandville, Cham. Le tout étant dès le premier coup d’oil fort charmant. Lithographie de Cham avec de nombreuses annotations manuscrites, notamment un « Pour le Charivari si la censure le laisse passer » Plusieurs dizaines de lithographies, en noir, mais aussi en couleurs. Intéressant. Il s’agit en fait d’un recueil de lithographies originales la plupart annotées à la plume et légendées à la main sur étiquettes volantes collées au bas des épreuves. On y retrouve de nombreux artistes qui ont à la fois collaborés au Charivari et à La Caricature (les deux principaux journaux satiriques de l’époque – 1840). Victor Hugo au balcon de l’opéra et sa grosse tête. Annotations manuscrites à gauche. Lithographie de Moynet.
Cet album contient en outre plusieurs « bon à tirer » signés des artistes (Gavarni, Lorentz, .). On y trouve également des épreuves dont il est précisé qu’elles doivent « passer la censure » (voir photos). Les états avant la légende, avant le titre ou même avant toutes lettres tirées sur blanc, sont nombreux. Certaines lithographies, bien qu’elles aient été reliées au format déplié in-folio, ont été visiblement envoyées par la Poste pliées en 8. Après quelques recherches au verso des lithographies, j’ai pu retrouver le destinataire d’une lithographie, clairement identifié : Monsieur Boiste 40 rue Laffitte, puis un autre : Monsieur Goulet au Charivari.
Lithographie d’Honoré Daumier, coloriée et gommée à l’époque d’après les coloris d’Edouard Bouvenne. Au début, je n’avais guère conscience de l’importance de cet ensemble. Il s’agissait là d’un album vraiment extraordinaire, au sens le plus littéral du terme. Un tel ensemble d’épreuves lithographiques corrigées est forcément rare. J’en ai été définitivement convaincu lorsque j’ai pu lire le catalogue de l’exposition consacrée à Honoré Daumier en ce début d’année 2008 (BNF, Paris). De telles épreuves sont de véritables pièces de musée qui, uniques, permettent le plus souvent de retracer avec précision l’itinéraire « imprimé » de ces lithographies, des variantes de dessin aux affres de la censure de l’époque. Lithographie que je n’ai pas encore réussi à attribuer à un artiste. Peut-être Daumier ? Si la damoiselle de droite vous dit quelque chose ne vous inquiétez pas, c’est normal !
Voici un aperçu de quelques légendes, toujours inscrites à la plume, de la main de l’artiste même ou d’un collaborateur du Charivari, le plus souvent signées.
– La planche 43 de la série « Les débardeurs » par Gavarni est signée deux fois dans la planche « Bon à tirer. Gavarni », avec en plus quelques corrections dans l’adresse en bas de la lithographie. – Pour une planche intitulée « L’ambassade chinoise » signée Cham, on peut lire en marge de sa main : « Pour le Charivari si la censure le laisse passer », les légendes (2 versions différentes), sont également manuscrites.
– Sur une planche intitulée (en manuscrit) « Les petits bonheurs de l’équitation » signée Al. Lorentz, on lit de la main d’un collaborateur du Charivari vraisemblablement : « On ira vous demander cette lettre demain matin ainsi que des pierres si vous en avez de faites. Pressez les choses. Votre dévoué (illisible). Cette lithographie a été envoyée pliée en 4 à l’artiste Alphonse Lorentz, avec son adresse au dos.
– Sur la très connue caricature représentant Victor Hugo, avec une grosse tête, au balcon de l’opéra (signée Moynet), on lit, écrit à la plume sur le côté : « Veuillez faire prendre demain à midi la pierre chez M. Gaut. 2. Envoyez-en une ou deux (épreuves ??) chez M. Moynet ; 3. Envoyez-en une ou deux (épreuves ??) chez M. de Beaumont, 35 rue des martyrs. Signé illisible et plus loin « Charivari ».
– Sur une autre on lit, écrit à la plume : « à tirer de suite avant dépôt » ( ?? – je ne sais pas comment il faut entendre cette remarque ??).
– Encore sur une planche signée Lorentz on lit : « Tirer de suite ces pierres en 1/4 . attendre des ordres pour le Charivari. » et à côté : « Je n’ai reçu ce soir ni les bons à tirer de l’Histoire ancienne, ni les essais de la caricature (épreuves collées) veuillez m’envoyer tout cela demain matin chez moi avant 10h ; je vous retournerai les bons à tirer par le porteur. (illisible) Gavarni (ce petit mot final non identifié est adressé à Gavarni). Lithographie d’Edouard de Beaumont, légendée et titrée à la plume. Traces de pliures en quatre. Cette lithographie a voyagé par la poste ainsi.
Les artistes présents dans cet album sont Frédéric Bouchot, Charles Vernier, Clément Pruche, Honoré Daumier, Edouard de Beaumont, Paul Gavarni, Jean-Pierre Moynet, Cham, Alcide Joseph Lorentz, et Grandville.
Je vous laisse découvrir maintenant quelques images de cet album. Cet album rejoindra dans quelque temps une collection publique, je ne sais pas encore laquelle (j’hésite entre le Musée de la lithographie ou le Musée Daumier ??). Première leçon de chasse. Lithographie par Edouard de Beaumont légendée à la plume.
Soyons reconnaissant à ce collaborateur du Charivari d’avoir eu la présence d’esprit de rassembler sous une reliure solide qui a su traverser les ans afin de nous transmettre ces précieux documents iconographiques. Lithographie de Al. Lorentz légendée à la main avec de nombreuses annotations et quelques lignes d’un collaborateur du Charivari (voir ci-dessous).
Références :
– A propos de Daumier, la référence sur le net est The Daumier Register : http://www.daumier-register.org/login.php qui a servi à l’établissement de l’exposition Daumier de la BNF (actuellement présentée à la BNF site Richelieu et visible en ligne à l’adresse http://expositions.bnf.fr/daumier/infos/01.htm). Attention ! Visible jusqu’au 8 juin seulement !
Adresse de M. Lorentz, lithographe. Au dos d’une lithographie pliée en huit.
Lithographie d’Honoré Daumier, coloriée et gommée à l’époque d’après les coloris d’Edouard Bouvenne. Lithographie d’Honoré Daumier, coloriée et gommée à l’époque d’après les coloris d’Edouard Bouvenne. Modifications de la lithographie originale à la plume.
Lithographie d’Honoré Daumier, coloriée et gommée à l’époque d’après les coloris d’Edouard Bouvenne. Mention manuscrite : « A tirer de suite avant dépôt ».Merci beaucoup Bertrand,
H
La lettre du bibliophile
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Découvrir un nouveau bibliophile, c’est découvrir une bibliophilie mais aussi une bibliothèque… Ce soir, je vous invite au voyage et vous propose de découvrir ce soir le portrait de Gilles, alias Lauverjat, fidèle lecteur du blog, et qui intervient régulièrement. Crise du logement. Pourriez-vous nous parler un peu de vous et de votre bibliothèque?
Je suis presque né dans une imprimerie. Mon père était artisan, imprimeur, typographe et linotypiste tout à la fois. L’atelier était devant la maison. Enfant, je surveillais, perché sur un tabouret, une nébiolo, presse feuille à cylindre, qui avait la fâcheuse manie de prendre deux feuilles à la fois. J’appelais mon père du fond de l’atelier quand ça se produisait… ou je jouais avec l’apprenti. J’ai appris la casse, fait fonctionner les machines et aimé le livre. Etudiant (en médecine) je passais inévitablement par l’atelier pour voir ce qui tombait aux recettes des presses, examiner l’encrage et le foulage. Lettre autographe de Maurice Genevoix du 28 mars 1926 à Pierre Dominique. Il relate le plagiat de son mémoire sur Maupassant, par Louis Barthou bibliophile et académicien, et la duplicité des frères Fischer directeurs littéraires chez flammarion. En 1980, Genevoix, relate enfin cet épisode dans Trente mille jours (E.O. 65 exemplaires) Simier R. du Roi, Chambolle-Duru, Capé, Messier, Doll Depuis quand la passion de la bibliophilie s’est-elle emparée de vous?
C’est à dix-neuf ans que j’ai acheté, en brocante, mon premier livre ancien, un manifeste de Dumouriez. Au même moment mes parents m’ont offert les oeuvres d’Horace reliées en plein veau glacé par Simier. Ils auraient pu plus mal tomber et je remercie monsieur Touzot qui les avait conseillés pour cet achat. Mais la bibliophilie est souvent un plaisir solitaire, et peu de camarades de fac pouvaient concevoir qu’on puisse préférer un vieux bouquin à un week-end à la plage … Émouvante relique hélas passée dans les mains d’un relieur-rogneur, LABBE DE MONTVERON Gabriel, “Coustumes générales des Pays et duché de Berry avec les annotations de Gabriel Labbe sieur de Montveron conseiller et advocat du Roi au baillage et siège présidial de Berry à Bourges”, seconde édition, à Paris chez Nicolas Buon, 1607 in-4 6 ff., 699 pp. 23 ff., les ex-libris résument l’histoire du livre et du droit à Bourges: “j(ean) chenu ex dono authoris 1607″, avec une note sur l’auteur “décédé le xii février 1615 au retour du palais d’une apoplexie” Chenu, avocat, commentateur du droit et compilateur des privilèges de Bourges meurt le 16.12.1627. On trouve ensuite “Mercier” (famille de professeurs en droit de Bourges, ici Jacques ou Jean (1589-1648) puis “thaumasius de la thaumassiere..” (sans la mention d’achat habituelle qui a du être coupée par le relieur). La Thaumassière (1631-1702) est l’historien et le commentateur de la coutume du Berry le plus célèbre, “De Biet 1726″ (famille de lieutenants généraux et maires de Bourges), Jacques “Triboudet lieutenant particulier à Bourges 1749″ maire de Bourges de 1755 à 1759 écuyer sieur de Mainbray décédé après 1767, enfin un autre ex libris non déchiffré. Sous la ligne “revue et augmentée” une main ajoute: “avec les nottes de Messrs Chenu, Mercier et De la thaumassière”. Le corps du livre est couvert de marginalia des mains de Chenu et de La Thaumassière.Où achetez vous vos livres.? Internet, salons, libraires?
J’ai ensuite fréquenté, entre les cours, les salles de vente de Drouot. J’y ai beaucoup appris et assez peu acheté pour cause de bourse plate. Pendant longtemps j’ai arpenté les quais et j’y ai rencontré quelques libraires aujourd’hui installés. Depuis je suis resté fidèle aux salles de vente quand j’ai le temps. Je pousse les portes des librairies partout où elles s’ouvrent y compris en vacances en tenue de randonneur! Je fréquente inévitablement les salons depuis toujours, celui du Slam en ses lieux changeants, celui des Cordeliers puis du Carrousel, celui de l’ORTF puis de Saint-Germain, celui du Gippe à Saint-Sulpice, celui de la Charité-sur-Loire, d’autres aussi. Je n’ai plus le temps d’aller à Brassens qui me semblait moins intéressant avec le temps il y à déjà quelques années… Je boude les brocantes et les villages du livre où j’ai trop souvent l’impression qu’une masse de bouquins occulte quelques livres anciens. J’ai de bonnes relations avec les libraires, du moins j’espère, il faut bien que tout le monde vive. J’ai le privilège d’y avoir trouvé de rares amis. J’épluche assidûment et avidement les catalogues des libraires que je redistribue autour de moi. Certains professionnels font un travail extraordinaire, Jean-Marc Dechaud par exemple. Depuis peu j’achète un petit peu sur e-bay, de petits ouvrages et de la documentation. Je m’y méfie des descriptions, des ouvrages non collationnés et des attributions de provenances hâtives. Certains livres de ma bibliothèque proviennent de la collection d’un ami, mon aîné en bibliophilie et dans mon métier et mon tuteur dans notre société d’histoire locale. Il tenait lui-même ses livres d’un illustre prédécesseur local aux mêmes occupations. Eusèbe Pamphile évêque de Césaréé traduction Claude de SEYSSEL, Histoire ecclésiastique translatée de Latin en Fra(n)çois… imprimé à Paris Maistre Geofroy Tory de Bourges, Marchant Libraire et Imprimeur du Roy , 21 octobre 1532, in 4 E.O. de la traduction de Seyssel. Que le récent imprimeur du roi publie une traduction en français n’était pas innocent, et répondait à la politique de francisation ménée par François Ier. Notez le toret perçant le pot cassé, urne funéraire, qui symboliserait le cœur percé de l’imprimeur à la mort de sa fille dont l’âme s’envole. A ceci s’ajoute ma fréquentation des collections publiques où évidement je n’achète rien mais où j’apprends et je découvre beaucoup, mais les bibliophiles s’y font rares! Jean Chaumeau, Histoire de Berry… Lyon, Antoine Gryphius 1566, petit in-folio, vue dépliante de la ville de Bourges.Quels sont vos domaines de prédilection, ou votre approche est-elle éclectique et vous fonctionnez au coup de coeur?
Aujourd’hui ma collection concerne surtout le Berry historique et la petite ville où j’ai élu domicile. J’ai autrefois beaucoup recherché les E.O. sur grands papiers de Maurice Genevoix que j’ai parfois enrichies de lettres autographes. C’était une collection abordable pour un étudiant. Avec Genevoix j’ai rencontré le plaisir d’une langue maîtrisée et des thèmes chers, la Sologne d’une part, la Meuse et 1914 d’autre part qui me rappelaient mon grand-père. J’ai aussi une passion pour l’histoire, et les chroniques du seizième siècle si bien imprimées et parfois illustrées de bois gravés. Je cherche aussi les occasionnels des guerres de religion qui concernent le Berry. Mais ce genre d’imprimé se fait de plus en plus coûteux depuis quelques temps. Enfin je suis bibliopégimane. Par dessus tout, j’adore les relieurs du XIXe et je confesse des achats seulement motivés par la reliure. Mais une belle page de titre bien composée me séduira toujours. J’essaie de concilier tout cela et de rester cohérent et je n’aime pas les livres en mauvais état ou “à problème” comme dit Hugues. En un mot, je deviens difficile et ça m’inquiète. J’essaie de me concentrer sur les éditions du XVIe, les impressions régionales, les auteurs rares et les témoignages manuscrits. Antoine Leconte, Tractatus de diversis morae generibus…. Bourges, Guillaume Lauverjat 1587. L’auteur né à Noyon en 1517 environ, vient à Bourges en 1557. il y exerce le droit canon en 1558, puis le droit civil. Professeur de de Thou, recteur en 1576, il meurt en 1586. Son portrait gravé est signé des initiales G. L. pour Germain Lauverjat, libraire maillon d’une dynastie sur Bourges. L’imprimeur qui ne signe pas est Nicolas Levez dont on reconnaît le matériel typographique.Quant à ma bibliothèque elle est installée dans une petite pièce transformée en cabinet, protégée du soleil (et de la lune!). Les livres n’y ont pas assez de place et ils subissent un déclassement régulier pour rejoindre la bibliothèque générale familiale, en libre accès! Reliure estampée à froid sur une impression de Guillaume LeRouge de 1512Quel est le ou les livres qui vous font rêver? Et les livres que vous possédez déjà et qui vous sont particulièrement chers?
Une quête impossible ? Mon Graal ? En voici trois improbables : une édition originale du XVIe dans une reliure mosaïquée à la cire ou de Pietro Duodo, le bréviaire perdu de Saint-Satur, qui serait alors le premier livre imprimé à Bourges en 1523, relié par Bozérian si possible, le Champfleury de Geofroy Tory, dans une reliure de son atelier au pot cassé à un prix raisonnable. (J’en ai vu un une fois, je n’ai pas pu m’aligner!). Mais il y a une autre réponse à cette question. Beaucoup d’expositions de livres m’ont fait rêver ces dernières années. Chantilly d’abord et encore Chantilly (merci au duc d’Aumale et à Emmanuelle Toulet conservateur) et la Bnf, mais aussi les bibliothèques de Valenciennes, d’Arras, de Saint-Omer, l’exposition des manuscrits de Saint-Benoît à Orléans, les manuscrits du Mont-Saint-Michel à Avranches, et aussi le Salon International du Livre Ancien. Quelques uns de mes livres illustrent cet article. Bois gravé sur: Gilles Nicole, « les très elegantes et copieuses annales …des belliqueuses Gaulles », Paris 1541.Vous savez que les lecteurs du blog aiment les histoires, auriez-vous une anecdote à nous raconter, sur une trouvaille, un livre, autre chose qui touche à la bibliophilie?
Voici quelques années je repère sur le catalogue d’une célèbre librairie parisienne un livre du XVIe où je savais trouver le récit du siège d’une petite ville en Berry, Aubigny-sur-Nère autrefois tenue par les Stuart. Le libraire au téléphone me déclare embarrassé que ce livre, “celui-ci justement” est vendu. J’insiste pour en savoir plus sur son hésitation et je finis par apprendre que la Britsh Library l’a réservé (les Stuart je pense) … dommage. Deux ou trois mois plus tard en plein mois d’août, un message sur mon répondeur me proposait de passer prendre le livre après carence de l’acheteur précédent. J’avais bénéficié de la lenteur des institutions et d’un libraire à l’organisation et la mémoire structurée! Alain Chartier, (ou Le Bouvier Gilles dit “Héraut Berry” ), L’Histoire mémorable des troubles de ce royaume sous le roi Charles VII…Nevers, Pierre Roussin, 1594, (2)- 206 ff. (mal chiffrés 204), Seconde édition produite par le prototypographe de Nevers, l’E.O. était parue en 1528 chez François Regnault à Paris. Sur la page de titre figurent les armes du duc de Nevers, Louis de Gonzagues. Gilles le Bouvier (1386-1454) originaire du Berry fut choisi en 1420 par le Dauphin pour être son héraut, il est l’un des premiers à faire état du rôle de Jeanne d’ArcEnfin, vous êtes un visteur fidèle du blog… qu’en attendez-vous?
De pouvoir y cultiver ma passion, et de m’immerger dans le livre. Apprendre des autres, bibliophiles, libraires et bibliothécaires, donner et échanger quelques fois des informations. Vivre une passion un peu moins solitaire… Longue vie au Blog! Jean Mercier (professeur de droit à Bourges, la génération qui précède le possesseur du Labbe),édité par la veuve et les héritiers de Jean Lauverjat libraire à Bourges. Gilles/Lauverjat
P.S. Et le nouveau “fléty” du XVIe au XIXe, ouvrage collectif du Blog des Bibliophiles, on le fait? Merci Gilles!Pour faire plaisir à Hugues, une reliure XXe de Georges Cretté.
Jusqu’à l’invention et la diffusion du papier, le parchemin a longtemps été le principal support de l’écriture. Il était d’ailleurs fréquent qu’il soit recyclé : on le grattait, on le blanchissait avec du jus de […]
Amis Bibliophiles bonjour,Posséder une reliure armoriée valorise le livre, outre pour l’attrait du décor mais aussi bien sûr pour sa provenance. L’identification de ces armoiries et donc de la provenance des livres est essentielle. Il […]
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15 Commentaires
C'est encore mieux ! 😉
Je fais bien de me mettre à collectionner ces petites bluettes qui me plaisent fort. Daumier a la grosse cote, Gavarni un peu moins, et les autres encore moins, mais c'est la beauté du genre qui m'attire de toute façon, pas leur valeur en billets de banque.
résultats Alde : lot 82, adjugé 2957 euros (? sans doute avec les frais). Lot 83 : une litho du même genre (premier état, pliures, adresse de destinataire), adjugée 620 euros.
à noter, dans la vente Piasa du 3 juin prochain (estampes Petiet), plusieurs lots de litho de Daumier, très comparables (premier état, avec annotations manuscrites, traces de pliures et adresse au dos). Notamment le lot 82 : Moeurs conjugales, pl. 37, 38, 41, 42, 46 et 48. 1841. Lithographie. Chaque env. 215-250 x 185-215. D. 660, 661, 664, 665, 669 et 671. Réunion de 6 rarissimes épreuves du 1er état (sur 3 ou 4), avant toute lettre, cette dernière rajoutée à la plume et à l'encre sépia. Salissures, oxydation et menus accidents divers. Plis de messagerie et adresses de destinataires au verso de certaines planches : M. Jaimes (27 rue des Martyrs puis 9 place Bréda) et M. Biais. Toutes marges. Ex-coll. René Gaston-Dreyfus. Ens. 6 p. Estimation : 4000 euros. A suivre…
suite de la suite : lors de la vente du 3 juin prochain (2010 !), chez Piasa, lot 82, estampes, Petiet : Honoré Daumier
Moeurs conjugales, pl. 37, 38, 41, 42, 46 et 48. 1841. Lithographie. Chaque env. 215-250 x 185-215. D. 660, 661, 664, 665, 669 et 671. Réunion de 6 rarissimes épreuves du 1er état (sur 3 ou 4), avant toute lettre, cette dernière rajoutée à la plume et à l'encre sépia. Salissures, oxydation et menus accidents divers. Plis de messagerie et adresses de destinataires au verso de certaines planches : M. Jaimes (27 rue des Martyrs puis 9 place Bréda) et M. Biais. Toutes marges. Ex-coll. René Gaston-Dreyfus. Ens. 6 p.
En fait il n’y que 10 lithographies d’Honoré Daumier, la deuxième est signée dans la planche « Moynet ».
Un grand merci à M. Dieter Noack du Daumier Register qui m’a donné les différents états de ces différentes estampes de Daumier.
Quant à la Daumier 8 à savoir un « Dividende » (voir photo ci-dessus) qui est avant la lettre, il ne peut se prononcer sur l’authenticité de l’estampe sans la voir… Reliée dans un album relié typique années 1840 en maroquin rouge à long grain et prise entre une lithographie légendée à la plume de Cham et une légendée à la plume de de Beaumont, je ne vois pas bien comment cette estampe pourrait être une « imitation » ??? Je confierai cet album prochainement aux mains expertes du Département des Estampes de la BNF pour expertise. Je vous tiendrai informé.
A propos de la mention manuscrite sur une lithographie : « à tirer de suite avant dépôt » que je ne savais pas comment interpréter, à relire le catalogue de l’exposition Daumier de la BNF, j’ai compris qu’en fait il s’agissait du dépôt légal. A savoir que de chaque lithographie il devait en être donné au moins deux épreuves pour la dépôt légal au même titre que les livres imprimés.
On lit p. 12 du catalogue : « En même temps que celui des livres, l’Empire réorganise, en 1810, le dépôt légal des estampes dans un esprit de surveillance et de censure potentielle. Deux exemplaires, d’abord transmis aux bureaux du ministère de l’intérieur, étaient ensuite reversés à la Bibliothèque Impériale. Quatre ans plus tard ce sont cinq exemplaires qui sont exigés : deux destinés à la Bibliothèque, dont un avant la lettre ou, le cas échéant, en couleurs, le troisième étant destiné à la chancellerie, le quatrième au ministère de l’intérieur et le cinquième à la direction de la librairie. »
Evidemment je ne saurais trop conseiller les amateurs d’estampes, de caricatures ou plus généralement les biblio-iconophiles, d’acheter d’urgence si ce n’est déjà fait le Catalogue de l’exposition BNF consacrée à Honoré Daumier (2008).
Le prix neuf est de 36 euros. Pour info, il y a un exemplaire disponible sur Ebay pour 20 euros (prix de départ) ici :
Bravo cela fait rêver!! Bravo aussi de le laisser rejoindre une collection publique. La puissance de ces illustrateurs m’a toujours fasciné en des temps très « compliqués » pour leur art. Aussi, même si en général je n’achète guère d’ouvrages qui outrepassent les machines à papier continu je ne résiste pas à certains journaux illustrés où figurent Daumier (le journal illustré 1863 l’autre jour pour 3 euros) où un volume de la première année du Rire (novembre 1895-décembre 1896) pour les quelques dessins qu’y fournit Toulouse Lautrec (et tous les autres). Bravo encore!! Olivier
A propos de la lithographie : Un paiement de dividende. Epreuve lithographique avant le titre et la légende par Honoré Daumier, état très rare (Cf. Daumier Register), pierre numérotée 750. (voir plus haut la photo).
On lit dans le catalogue de l’exposition Daumier édité par la BNF cette année, à la page 153 :
« Avant la lettre : (…) Le tirage du premier état avant la lettre n’excédait pas trois exemplaires. La beauté des noirs veloutés caractérise ces toutes premières impressions qui permettent d’apprécier pleinement le génie du lithographe. »
C’est le cas de cette lithographie qui présente bien ces caractéristiques de noirs intenses. S’il est vrai que le nombre d’épreuves de ce type n’excède pas trois exemplaires, alors il en reste deux à trouver…
C’est le seul cas pour une lithographie de Daumier dans cet album mais d’autres artistes comme Lorentz, Moynet ou Bouchot sont également en tirage « avant la lettre », mais je ne sais pas si pour ces artistes une étude de leur catalogue raisonné a été poussée aussi loin que pour Honoré Daumier dont la célébrité à poussé à l’étude plus qu’un autre.
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C'est encore mieux ! 😉
Je fais bien de me mettre à collectionner ces petites bluettes qui me plaisent fort. Daumier a la grosse cote, Gavarni un peu moins, et les autres encore moins, mais c'est la beauté du genre qui m'attire de toute façon, pas leur valeur en billets de banque.
B.
oups, désolé ! c'est 4957 euros qu'il fallait lire, et non 2957…
Merci Calamar !
B.
résultats Alde : lot 82, adjugé 2957 euros (? sans doute avec les frais). Lot 83 : une litho du même genre (premier état, pliures, adresse de destinataire), adjugée 620 euros.
à noter, dans la vente Piasa du 3 juin prochain (estampes Petiet), plusieurs lots de litho de Daumier, très comparables (premier état, avec annotations manuscrites, traces de pliures et adresse au dos). Notamment le lot 82 :
Moeurs conjugales, pl. 37, 38, 41, 42, 46 et 48. 1841. Lithographie. Chaque env. 215-250 x 185-215. D. 660, 661, 664, 665, 669 et 671. Réunion de 6 rarissimes épreuves du 1er état (sur 3 ou 4), avant toute lettre, cette dernière rajoutée à la plume et à l'encre sépia. Salissures, oxydation et menus accidents divers. Plis de messagerie et adresses de destinataires au verso de certaines planches : M. Jaimes (27 rue des Martyrs puis 9 place Bréda) et M. Biais. Toutes marges. Ex-coll. René Gaston-Dreyfus. Ens. 6 p.
Estimation : 4000 euros.
A suivre…
suite de la suite : lors de la vente du 3 juin prochain (2010 !), chez Piasa, lot 82, estampes, Petiet :
Honoré Daumier
Moeurs conjugales, pl. 37, 38, 41, 42, 46 et 48. 1841. Lithographie. Chaque env. 215-250 x 185-215. D. 660, 661, 664, 665, 669 et 671. Réunion de 6 rarissimes épreuves du 1er état (sur 3 ou 4), avant toute lettre, cette dernière rajoutée à la plume et à l'encre sépia. Salissures, oxydation et menus accidents divers. Plis de messagerie et adresses de destinataires au verso de certaines planches : M. Jaimes (27 rue des Martyrs puis 9 place Bréda) et M. Biais. Toutes marges. Ex-coll. René Gaston-Dreyfus. Ens. 6 p.
Estimation 4000 euros.
« Belle » (et non abréviation de bouteille…)…je n’ai pas bu, j’ai voulu faire vite moi aussi et j’ai dérapé sur le clavier !
Blle récompense, Bertrand,pour un travail rigoureux…il n’y a pas de hasard : il y a des coïncidences troublantes…
errare humanum est…
Plus vite c’est trop vite !
En fait il n’y que 10 lithographies d’Honoré Daumier, la deuxième est signée dans la planche « Moynet ».
Un grand merci à M. Dieter Noack du Daumier Register qui m’a donné les différents états de ces différentes estampes de Daumier.
Quant à la Daumier 8 à savoir un « Dividende » (voir photo ci-dessus) qui est avant la lettre, il ne peut se prononcer sur l’authenticité de l’estampe sans la voir… Reliée dans un album relié typique années 1840 en maroquin rouge à long grain et prise entre une lithographie légendée à la plume de Cham et une légendée à la plume de de Beaumont, je ne vois pas bien comment cette estampe pourrait être une « imitation » ??? Je confierai cet album prochainement aux mains expertes du Département des Estampes de la BNF pour expertise. Je vous tiendrai informé.
Amitiés, Bertrand
J’ai compté au total 11 lithographies de Daumier, dont 1 état très rare (dividende) et quelques états coloriés, d’autres tirés sur blanc.
Pour votre plaisir, voici un petit acroflip book fait spécialement pour les lecteurs du Blog du Bibliophile.
Bonne lecture on line !
http://clients.acroflip.com/?userpath=00000003/00007885/00022389/
Amitiés, Bertrand
Bravo Bertrand,
C’est PASSIONNANT à lire, et très instructif
félicitation pour le beau geste de la donation.
Merci.
Amitiés
Xavier
Précision supplémentaire :
A propos de la mention manuscrite sur une lithographie : « à tirer de suite avant dépôt » que je ne savais pas comment interpréter, à relire le catalogue de l’exposition Daumier de la BNF, j’ai compris qu’en fait il s’agissait du dépôt légal. A savoir que de chaque lithographie il devait en être donné au moins deux épreuves pour la dépôt légal au même titre que les livres imprimés.
On lit p. 12 du catalogue : « En même temps que celui des livres, l’Empire réorganise, en 1810, le dépôt légal des estampes dans un esprit de surveillance et de censure potentielle. Deux exemplaires, d’abord transmis aux bureaux du ministère de l’intérieur, étaient ensuite reversés à la Bibliothèque Impériale. Quatre ans plus tard ce sont cinq exemplaires qui sont exigés : deux destinés à la Bibliothèque, dont un avant la lettre ou, le cas échéant, en couleurs, le troisième étant destiné à la chancellerie, le quatrième au ministère de l’intérieur et le cinquième à la direction de la librairie. »
Evidemment je ne saurais trop conseiller les amateurs d’estampes, de caricatures ou plus généralement les biblio-iconophiles, d’acheter d’urgence si ce n’est déjà fait le Catalogue de l’exposition BNF consacrée à Honoré Daumier (2008).
Le prix neuf est de 36 euros.
Pour info, il y a un exemplaire disponible sur Ebay pour 20 euros (prix de départ) ici :
http://cgi.ebay.fr/DAUMIER-LEcriture-du-Lithographe-BNF-2008-ETAT-NEUF_W0QQitemZ140233410659QQihZ004QQcategoryZ77932QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem
Je précise pour les grincheux que je ne connais pas le vendeur.
Amitiés, Bertrand
Bravo cela fait rêver!!
Bravo aussi de le laisser rejoindre une collection publique.
La puissance de ces illustrateurs m’a toujours fasciné en des temps très « compliqués » pour leur art. Aussi, même si en général je n’achète guère d’ouvrages qui outrepassent les machines à papier continu je ne résiste pas à certains journaux illustrés où figurent Daumier (le journal illustré 1863 l’autre jour pour 3 euros) où un volume de la première année du Rire (novembre 1895-décembre 1896) pour les quelques dessins qu’y fournit Toulouse Lautrec (et tous les autres).
Bravo encore!!
Olivier
Une petite précision.
A propos de la lithographie : Un paiement de dividende. Epreuve lithographique avant le titre et la légende par Honoré Daumier, état très rare (Cf. Daumier Register), pierre numérotée 750. (voir plus haut la photo).
On lit dans le catalogue de l’exposition Daumier édité par la BNF cette année, à la page 153 :
« Avant la lettre : (…) Le tirage du premier état avant la lettre n’excédait pas trois exemplaires. La beauté des noirs veloutés caractérise ces toutes premières impressions qui permettent d’apprécier pleinement le génie du lithographe. »
C’est le cas de cette lithographie qui présente bien ces caractéristiques de noirs intenses. S’il est vrai que le nombre d’épreuves de ce type n’excède pas trois exemplaires, alors il en reste deux à trouver…
C’est le seul cas pour une lithographie de Daumier dans cet album mais d’autres artistes comme Lorentz, Moynet ou Bouchot sont également en tirage « avant la lettre », mais je ne sais pas si pour ces artistes une étude de leur catalogue raisonné a été poussée aussi loin que pour Honoré Daumier dont la célébrité à poussé à l’étude plus qu’un autre.
Amitiés, Bertrand
chapeau bas, bravo
Wall