L’Album extraordinaire, Honoré Daumier et ses « amis »…

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Puisque nous parlons chine et heureuses découvertes, c’est le moment idéal de laisser la parole à Bertrand, qui va vous présenter un album extraordinaire illustré par Daumier et d’autres…
Oh ! . un faisan ! Lithographie d’Honoré Daumier, coloriée et gommée à l’époque d’après les coloris d’Edouard Bouvenne.

Le hasard est sans aucun doute l’un des plus volages alliés du bibliophile. La persévérance lui tenant toujours la main de très près. Le bibliophile est donc le plus souvent amené à composer avec ce que beaucoup appelleront le destin, d’autres, la providence.
Un paiement de dividende. Epreuve lithographique avant le titre et la légende par Honoré Daumier, état très rare (Cf. Daumier Register), pierre numérotée 750.

Au fond d’un carton, un volume plus grand que les autres. relié. Je sors ce volume de grande taille du carton, il avait pour seul titre doré au dos « ALBUM » en lettres grasses. La reliure en demi-chagrin rouge, avec faux-nerfs plats réhaussés de dorures, filets, palettes dorées en tête et en queue, faisaient inévitablement penser à une reliure des années 1840 et gardait encore fière allure. La reliure frottée se tient encore bien. Les plats sont en papier moiré rouge.
Mention manuscrite « Bon à tirer » signée Gavarni dans le coin supérieur gauche d’une lithographie. (elle est signée trois fois ainsi).

Restait à regarder à l’intérieur.

L’ouvrage s’ouvre sur une belle lithographie signée Bouchot, puis une autre signée Ch. Vernier, puis encore une autre signée cette fois des initiales H.D. (Honoré Daumier)., puis Gavarni, puis Edouard de Beaumont, Lorentz, Grandville, Cham. Le tout étant dès le premier coup d’oil fort charmant. Lithographie de Cham avec de nombreuses annotations manuscrites, notamment un « Pour le Charivari si la censure le laisse passer » Plusieurs dizaines de lithographies, en noir, mais aussi en couleurs. Intéressant. Il s’agit en fait d’un recueil de lithographies originales la plupart annotées à la plume et légendées à la main sur étiquettes volantes collées au bas des épreuves. On y retrouve de nombreux artistes qui ont à la fois collaborés au Charivari et à La Caricature (les deux principaux journaux satiriques de l’époque – 1840).
Victor Hugo au balcon de l’opéra et sa grosse tête. Annotations manuscrites à gauche. Lithographie de Moynet.

Cet album contient en outre plusieurs « bon à tirer » signés des artistes (Gavarni, Lorentz, .). On y trouve également des épreuves dont il est précisé qu’elles doivent « passer la censure » (voir photos). Les états avant la légende, avant le titre ou même avant toutes lettres tirées sur blanc, sont nombreux. Certaines lithographies, bien qu’elles aient été reliées au format déplié in-folio, ont été visiblement envoyées par la Poste pliées en 8. Après quelques recherches au verso des lithographies, j’ai pu retrouver le destinataire d’une lithographie, clairement identifié : Monsieur Boiste 40 rue Laffitte, puis un autre : Monsieur Goulet au Charivari.

Lithographie d’Honoré Daumier, coloriée et gommée à l’époque d’après les coloris d’Edouard Bouvenne. Au début, je n’avais guère conscience de l’importance de cet ensemble. Il s’agissait là d’un album vraiment extraordinaire, au sens le plus littéral du terme. Un tel ensemble d’épreuves lithographiques corrigées est forcément rare. J’en ai été définitivement convaincu lorsque j’ai pu lire le catalogue de l’exposition consacrée à Honoré Daumier en ce début d’année 2008 (BNF, Paris). De telles épreuves sont de véritables pièces de musée qui, uniques, permettent le plus souvent de retracer avec précision l’itinéraire « imprimé » de ces lithographies, des variantes de dessin aux affres de la censure de l’époque.
Lithographie que je n’ai pas encore réussi à attribuer à un artiste. Peut-être Daumier ? Si la damoiselle de droite vous dit quelque chose ne vous inquiétez pas, c’est normal !

Voici un aperçu de quelques légendes, toujours inscrites à la plume, de la main de l’artiste même ou d’un collaborateur du Charivari, le plus souvent signées.

– La planche 43 de la série « Les débardeurs » par Gavarni est signée deux fois dans la planche « Bon à tirer. Gavarni », avec en plus quelques corrections dans l’adresse en bas de la lithographie.
– Pour une planche intitulée « L’ambassade chinoise » signée Cham, on peut lire en marge de sa main : « Pour le Charivari si la censure le laisse passer », les légendes (2 versions différentes), sont également manuscrites.

– Sur une planche intitulée (en manuscrit) « Les petits bonheurs de l’équitation » signée Al. Lorentz, on lit de la main d’un collaborateur du Charivari vraisemblablement : « On ira vous demander cette lettre demain matin ainsi que des pierres si vous en avez de faites. Pressez les choses. Votre dévoué (illisible). Cette lithographie a été envoyée pliée en 4 à l’artiste Alphonse Lorentz, avec son adresse au dos.

– Sur la très connue caricature représentant Victor Hugo, avec une grosse tête, au balcon de l’opéra (signée Moynet), on lit, écrit à la plume sur le côté : « Veuillez faire prendre demain à midi la pierre chez M. Gaut. 2. Envoyez-en une ou deux (épreuves ??) chez M. Moynet ; 3. Envoyez-en une ou deux (épreuves ??) chez M. de Beaumont, 35 rue des martyrs. Signé illisible et plus loin « Charivari ».

– Sur une autre on lit, écrit à la plume : « à tirer de suite avant dépôt » ( ?? – je ne sais pas comment il faut entendre cette remarque ??).

– Encore sur une planche signée Lorentz on lit : « Tirer de suite ces pierres en 1/4 . attendre des ordres pour le Charivari. » et à côté : « Je n’ai reçu ce soir ni les bons à tirer de l’Histoire ancienne, ni les essais de la caricature (épreuves collées) veuillez m’envoyer tout cela demain matin chez moi avant 10h ; je vous retournerai les bons à tirer par le porteur. (illisible) Gavarni (ce petit mot final non identifié est adressé à Gavarni).
Lithographie d’Edouard de Beaumont, légendée et titrée à la plume. Traces de pliures en quatre.
Cette lithographie a voyagé par la poste ainsi.

Les artistes présents dans cet album sont Frédéric Bouchot, Charles Vernier, Clément Pruche, Honoré Daumier, Edouard de Beaumont, Paul Gavarni, Jean-Pierre Moynet, Cham, Alcide Joseph Lorentz, et Grandville.

Je vous laisse découvrir maintenant quelques images de cet album. Cet album rejoindra dans quelque temps une collection publique, je ne sais pas encore laquelle (j’hésite entre le Musée de la lithographie ou le Musée Daumier ??).
Première leçon de chasse. Lithographie par Edouard de Beaumont légendée à la plume.

Soyons reconnaissant à ce collaborateur du Charivari d’avoir eu la présence d’esprit de rassembler sous une reliure solide qui a su traverser les ans afin de nous transmettre ces précieux documents iconographiques.
Lithographie de Al. Lorentz légendée à la main avec de nombreuses annotations et quelques lignes d’un collaborateur du Charivari (voir ci-dessous).

Références :

– A propos de Daumier, la référence sur le net est The Daumier Register : http://www.daumier-register.org/login.php qui a servi à l’établissement de l’exposition Daumier de la BNF (actuellement présentée à la BNF site Richelieu et visible en ligne à l’adresse http://expositions.bnf.fr/daumier/infos/01.htm). Attention ! Visible jusqu’au 8 juin seulement !

Adresse de M. Lorentz, lithographe. Au dos d’une lithographie pliée en huit.

Lithographie d’Honoré Daumier, coloriée et gommée à l’époque d’après les coloris d’Edouard Bouvenne.
Lithographie d’Honoré Daumier, coloriée et gommée à l’époque d’après les coloris d’Edouard Bouvenne.
Modifications de la lithographie originale à la plume.

Lithographie d’Honoré Daumier, coloriée et gommée à l’époque d’après les coloris d’Edouard Bouvenne. Mention manuscrite : « A tirer de suite avant dépôt ».Merci beaucoup Bertrand,

H

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

L’Encyclopédie Méthodique de Panckouke

L'Encyclopédie Méthodique de Panckouke

Amis Bibliophiles Bonsoir,

C’est un monument de la Bibliophilie et de l’Histoire du Livre que Bernard vous présente ce soir: l’Encyclopédie Méthodique de Panckoucke. Je me suis permis de compléter son article avec quelques éléments que j’avais moi même en stock, et provenant notamment du DEL.

Charles-Joseph Panckouke (1736 – 1798), fils d’un libraire de Lille, fonde une librairie à Paris en 1762, puis une imprimerie en 1774.

Diderot et d’Alembert avaient choisi l’ordre alphabétique pour leur encyclopédie, ce qui obligeait à lire cent articles pour avoir une idée suffisante d’un sujet.

Panckouke décida de reprendre l’encyclopédie et de classer les sujets « par ordre de matières ». Chaque spécialité forme un dictionnaire complet en lui-même et indépendant des autres. Ces matières étaient: L’Agriculture, la Médecine, la Géographie, l’Histoire Naturelle, la Philosophie, le Droit par exemple, mais aussi bien sûr la Physique, la Chimie et les Mathématiques. Panckouke reçut une autorisation de publication en 1780 et fît paraître son premier prospectus publicitaire en 1782. De là sortit la colossale Encyclopédie méthodique par ordre de matières, dite de Panckouke. En fait, alors que Panckoucke commercialisait un nouveau et énième tirage l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, il appris que les libraires Deveria avait un projet concurrent. Il s’associa avec eux, avant de prendre la tête du projet.

Au départ l’éditeur avait prévu 27 dictionnaires. Peu à peu de nouveaux dictionnaires paraissent pour atteindre 54 à la fin de l’entreprise. L’encyclopédie complète est ainsi formée de 210 volumes, dont 157 volumes de texte et 53 de planches. Par ses proportions démesurées, l’ouvrage entier devait coûter trois mille francs aux premiers souscripteurs, elle restait inaccessible à la majorité des curieux de la science. La parution dura jusqu’en 1832 (50 ans !). La publication après la mort de Panckoucke fut assurée par sa fille Thérèse-Charlotte Agasse, veuve de son associé Henri Agasse. Plus de 100 personnes furent employées pour « convertir » les articles de l’ouvrage de Diderot et d’Alembert.

La parution d’un dictionnaire s’étalant sur plusieurs années et les planches de plusieurs dictionnaires paraissant indépendamment des textes dans des volumes de planches séparés, il est très rare de trouver un dictionnaire complet. De plus la révolution fit « disparaître » de nombreux souscripteurs, d’où de nombreuses séries incomplètes sur le marché.
Je vous présente les dictionnaires de physique (édité en 31 ans), de chimie (édité en 28 ans) et de mathématiques (édité en 9 ans)…
Ensemble complet des deux dictionnaires de physique et de chimie, en reliure uniforme d’époque.

La PHYSIQUE.
Paris, Hôtel de Thou. 1793, 1816, 1819, 1822, 1816, 1824.
Texte : 5 volumes in-4: (4), 404, 240 pp. – (4), 424, 2, 425 à 786 pp. – (4), 820 pp. – (4), 926 pp.
Atlas (4) pp, 60 pl, (4) pp, pl 61 à 133.
La CHIMIE
Paris. Panckoucke. 1786 à 1815 pour le texte – 1813-1814 pour les planches.
Texte: 6 volumes in-4 ; (4), VIII, 774 pp. – (2), 786 pp. – (4), 781 pp. – (4), II, 742, (2) pp. – (4), 771 pp. – (4), 362 pp.
Atlas : 24 pp, 31 pl. – 74 pp, 31 pl. Ce Dictionnaire de chimie, édité en 28 ans ; est particulièrement intéressant car sa parution a débuté en pleine « révolution chimique ». Guyton de Morveau fut chargé de le rédiger. Le premier demi-volume du tome I parut le 8 mai 1786. Guyton de Morveau se convertit ensuite à la nouvelle chimie qui abandonnait le phlogistique. Il introduit celle-ci dans le deuxième demi-volume du tome I paru le 23 novembre 1789. Ce dictionnaire contient, à l’article chimie, des pages 262 à 781, un historique très détaillé ce cette discipline. Cet article est terminé par un Essai de Bibliothèque chimique.
Cet ensemble est en reliure « utilitaire » uniforme (Laurenchet).

Les MATHÉMATIQUES
Paris, Panckoucke. Texte : 1784 – 1785 – 1789, 1792 – Atlas :[ 1795].
Texte : 3 volumes in-4 : (4), CXIV, 721, (1) pp. – (4), 787 – (6), XXVIII, 56, 184 pp, (4), 316 pp, 16 pl.
Atlas : 108 pl.
Sous la direction de d’Alembert, ont participé à l’ouvrage : Condorcet, Bossut, Lalande, Diderot, Charles, Jean Bernoulli, de la Chapelle, etc. Le premier volume débute par un intéressant « Discours Préliminaire » rédigé par l’abbé Bossut, véritable histoire des mathématiques que l’auteur développera plus tard dans son Histoire générale des mathématiques parue en 1810. Condorcet traite des mathématiques sociales et des probabilités ; par exemple il rédige les articles Assurances et Arithmétique politique. Il fait suivre l’article probabilité, extrait de l’édition originale de l’encyclopédie et attribué à Diderot, d’un long article où il expose ses travaux et ceux de Laplace. Lalande a complètement réécrit les articles astronomiques de l’encyclopédie, rédigés initialement par d’Alembert.

Le troisième volume débute par un long prospectus de l’éditeur qui rend compte aux souscripteurs des difficultés rencontrées, présente les résultats obtenus, énumère les volumes en chantier, etc. Ce prospectus est précédé d’une Table des objets contenus dans le mémoire sur l’encyclopédie qui se trouve à la tête de ce tome troisième, première partie des mathématiques. Cette table est très rare ; je ne l’ai rencontrée que dans cet exemplaire.
La dernière partie du troisième volume a pour titre : Dictionnaire des jeux faisant suite au tome III des mathématiques. Il contient 16 planches. Les 108 planches de l’atlas sont extraites du tome VII des planches ; elles ont été éditées sans page de titre. Cet ouvrage est fondamental pour connaître l’état des mathématiques à la veille de la révolution, il est ici en reliure uniforme (Laurenchet).
Comme vous le constatez, cet ouvrage a constitué un véritable travail de Titan, qui a « usé » bien des souscripteurs: ils étaient 5000 en 1782, mais plus que 3000 en 1793 (gageons qu’un certain nombre d’entre eux sont passés sur l’échafaud). Le dernier volume est paru en 1832.
Merci Bernard,H

15 Commentaires

  1. C'est encore mieux ! 😉

    Je fais bien de me mettre à collectionner ces petites bluettes qui me plaisent fort. Daumier a la grosse cote, Gavarni un peu moins, et les autres encore moins, mais c'est la beauté du genre qui m'attire de toute façon, pas leur valeur en billets de banque.

    B.

  2. résultats Alde : lot 82, adjugé 2957 euros (? sans doute avec les frais). Lot 83 : une litho du même genre (premier état, pliures, adresse de destinataire), adjugée 620 euros.

  3. à noter, dans la vente Piasa du 3 juin prochain (estampes Petiet), plusieurs lots de litho de Daumier, très comparables (premier état, avec annotations manuscrites, traces de pliures et adresse au dos). Notamment le lot 82 :
    Moeurs conjugales, pl. 37, 38, 41, 42, 46 et 48. 1841. Lithographie. Chaque env. 215-250 x 185-215. D. 660, 661, 664, 665, 669 et 671. Réunion de 6 rarissimes épreuves du 1er état (sur 3 ou 4), avant toute lettre, cette dernière rajoutée à la plume et à l'encre sépia. Salissures, oxydation et menus accidents divers. Plis de messagerie et adresses de destinataires au verso de certaines planches : M. Jaimes (27 rue des Martyrs puis 9 place Bréda) et M. Biais. Toutes marges. Ex-coll. René Gaston-Dreyfus. Ens. 6 p.
    Estimation : 4000 euros.
    A suivre…

  4. suite de la suite : lors de la vente du 3 juin prochain (2010 !), chez Piasa, lot 82, estampes, Petiet :
    Honoré Daumier

    Moeurs conjugales, pl. 37, 38, 41, 42, 46 et 48. 1841. Lithographie. Chaque env. 215-250 x 185-215. D. 660, 661, 664, 665, 669 et 671. Réunion de 6 rarissimes épreuves du 1er état (sur 3 ou 4), avant toute lettre, cette dernière rajoutée à la plume et à l'encre sépia. Salissures, oxydation et menus accidents divers. Plis de messagerie et adresses de destinataires au verso de certaines planches : M. Jaimes (27 rue des Martyrs puis 9 place Bréda) et M. Biais. Toutes marges. Ex-coll. René Gaston-Dreyfus. Ens. 6 p.

    Estimation 4000 euros.

  5. « Belle » (et non abréviation de bouteille…)…je n’ai pas bu, j’ai voulu faire vite moi aussi et j’ai dérapé sur le clavier !

  6. errare humanum est…

    Plus vite c’est trop vite !

    En fait il n’y que 10 lithographies d’Honoré Daumier, la deuxième est signée dans la planche « Moynet ».

    Un grand merci à M. Dieter Noack du Daumier Register qui m’a donné les différents états de ces différentes estampes de Daumier.

    Quant à la Daumier 8 à savoir un « Dividende » (voir photo ci-dessus) qui est avant la lettre, il ne peut se prononcer sur l’authenticité de l’estampe sans la voir… Reliée dans un album relié typique années 1840 en maroquin rouge à long grain et prise entre une lithographie légendée à la plume de Cham et une légendée à la plume de de Beaumont, je ne vois pas bien comment cette estampe pourrait être une « imitation » ??? Je confierai cet album prochainement aux mains expertes du Département des Estampes de la BNF pour expertise. Je vous tiendrai informé.

    Amitiés, Bertrand

  7. Précision supplémentaire :

    A propos de la mention manuscrite sur une lithographie : « à tirer de suite avant dépôt » que je ne savais pas comment interpréter, à relire le catalogue de l’exposition Daumier de la BNF, j’ai compris qu’en fait il s’agissait du dépôt légal. A savoir que de chaque lithographie il devait en être donné au moins deux épreuves pour la dépôt légal au même titre que les livres imprimés.

    On lit p. 12 du catalogue : « En même temps que celui des livres, l’Empire réorganise, en 1810, le dépôt légal des estampes dans un esprit de surveillance et de censure potentielle. Deux exemplaires, d’abord transmis aux bureaux du ministère de l’intérieur, étaient ensuite reversés à la Bibliothèque Impériale. Quatre ans plus tard ce sont cinq exemplaires qui sont exigés : deux destinés à la Bibliothèque, dont un avant la lettre ou, le cas échéant, en couleurs, le troisième étant destiné à la chancellerie, le quatrième au ministère de l’intérieur et le cinquième à la direction de la librairie. »

    Evidemment je ne saurais trop conseiller les amateurs d’estampes, de caricatures ou plus généralement les biblio-iconophiles, d’acheter d’urgence si ce n’est déjà fait le Catalogue de l’exposition BNF consacrée à Honoré Daumier (2008).

    Le prix neuf est de 36 euros.
    Pour info, il y a un exemplaire disponible sur Ebay pour 20 euros (prix de départ) ici :

    http://cgi.ebay.fr/DAUMIER-LEcriture-du-Lithographe-BNF-2008-ETAT-NEUF_W0QQitemZ140233410659QQihZ004QQcategoryZ77932QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem

    Je précise pour les grincheux que je ne connais pas le vendeur.

    Amitiés, Bertrand

  8. Bravo cela fait rêver!!
    Bravo aussi de le laisser rejoindre une collection publique.
    La puissance de ces illustrateurs m’a toujours fasciné en des temps très « compliqués » pour leur art. Aussi, même si en général je n’achète guère d’ouvrages qui outrepassent les machines à papier continu je ne résiste pas à certains journaux illustrés où figurent Daumier (le journal illustré 1863 l’autre jour pour 3 euros) où un volume de la première année du Rire (novembre 1895-décembre 1896) pour les quelques dessins qu’y fournit Toulouse Lautrec (et tous les autres).
    Bravo encore!!
    Olivier

  9. Une petite précision.

    A propos de la lithographie : Un paiement de dividende. Epreuve lithographique avant le titre et la légende par Honoré Daumier, état très rare (Cf. Daumier Register), pierre numérotée 750. (voir plus haut la photo).

    On lit dans le catalogue de l’exposition Daumier édité par la BNF cette année, à la page 153 :

    « Avant la lettre : (…) Le tirage du premier état avant la lettre n’excédait pas trois exemplaires. La beauté des noirs veloutés caractérise ces toutes premières impressions qui permettent d’apprécier pleinement le génie du lithographe. »

    C’est le cas de cette lithographie qui présente bien ces caractéristiques de noirs intenses. S’il est vrai que le nombre d’épreuves de ce type n’excède pas trois exemplaires, alors il en reste deux à trouver…

    C’est le seul cas pour une lithographie de Daumier dans cet album mais d’autres artistes comme Lorentz, Moynet ou Bouchot sont également en tirage « avant la lettre », mais je ne sais pas si pour ces artistes une étude de leur catalogue raisonné a été poussée aussi loin que pour Honoré Daumier dont la célébrité à poussé à l’étude plus qu’un autre.

    Amitiés, Bertrand

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