Les Tablettes Chronologiques… ouvrage curieux

Amis bibliophiles Bonjour,

Je suis amateur de curiosités, vous le savez. Je partage avec vous l’une d’entre elles, les « Tablettes chronologiques, contenant la suite des Papes, Empereurs et Roys qui ont regné depuis la naiss. de J. Chr. jusqu’à présent, Pour servir de plan à Ceux qui lisent l’histoire profane, présentées au Roy » par G. Marcel; chez Pierre Mortier, 1710.J’ai chiné ce petit ouvrage (45 euros) que j’ai trouvé amusant non seulement pour son format, mais aussi parce qu’il est entièrement gravé et qu’il se lit d’une bien curieuse façon, que j’ai pour l’instant eu la paresse de chercher à comprendre…En fait, la pièce de titre est d’un côté de l’ouvrage, et le frontispice de l’autre, et c’est ainsi pour chacune des pages, disposées tête-bêche. Il y a 24 feuillets au total dans ce petit in-24 en plein veau. La Biographie Universelle en dit “non moins ingénieux pour la forme que le précédent, et bien plus portatif encore, n’ayant que la dimension d’un jeu de cartes. Ce petit chef-d’œuvre n’a point encore été dépassé”. Guillaume Marcel (1647 – 1708) a imaginé un système à clef avec rabat dépliant permettant de situer rapidement personnages et évènements historiques. Ca c’est pour la méthode, mais je vous avoue que lorsque vous vous trouvez réellement face au livre, c’est beaucoup moins évident. L’un d’entre vous l’a-t-il déjà eu entre les mains?

H

La lettre du bibliophile

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Jeu des sept différences pour bibliophile

Jeu des sept différences pour bibliophile

Amis Bibliophiles Bonjour,

Je poste ce soir un article de Pierre… qui vous propose de retrouver l’enfant qui dort au fond de chaque bibliophile.

Une de nos joies d’enfant, dans les périodiques d’alors et après la lecture du feuilleton favori, était de chercher à résoudre les jeux proposés en dernière page du journal et en particulier à faire le jeu des sept différences (ou erreurs). Deux dessins identiques à quelques différences près…

Je vous propose de renouveler l’opération, ce soir, avec trois exemplaires parisiens in4 de la bible de Royaumont édités à quelques années de différence.

Pour information, je vous rappelle ce que l’on englobe sous le terme de bible de Royaumont un ouvrage richement illustré de belles gravures sur cuivre retraçant l’histoire du vieux et du nouveau testament écrit par le sieur de Royaumont . Enfermés à la Bastille pour leur appartenance à Port-Royal, Lemaistre de Sacy et Nicolas Fontaine composèrent aux alentours de 1668 durant leur captivité ce magnifique ouvrage qui fut imprimé pour la première fois en 1670, sous le même pseudonyme de Royaumont.

Côté reliure : Un exemplaire est recouvert d’une très épaisse et belle basane de composition postérieure à l’ouvrage (qui est le plus ancien présenté). La pièce de titre mentionne « Sainte bible ». C’est une reliure solide, ce qui est normal pour un ouvrage qui peut être amené à être fréquemment consulté… Le deuxième exemplaire est un plein veau d’époque orné de petits fers très élégants. Pour les dames… Le troisième, plein veau, est légèrement décoiffé de la tête (le coup de peigne est programmé). La réalisation de la reliure est postérieure à l’ouvrage car le nouveau et l’ancien testament sont deux exemplaires édités à 60ans d’intervalle. Exemplaire pour jansénistes…Page de garde : Cette page de l’ancien testament de 1671, édité par Pierre le Petit a souffert et c’est pourquoi le volume a repris le chemin du relieur qui l’a recouvert d’une grosse basane antichoc (le reste est parfait heureusement). Les deux autres exemplaires proviennent respectivement de chez Etienne-Michel David -1724 et de chez Jean Villette fils -1735 (pas de biographie). Ils ont la même enseigne mais je ne sais pourquoi. Gravure « Habits des prêtres » : On peut logiquement penser que les plaques de 1671, 1724 et 1735 soient différentes. Le jeu des sept erreurs est aisé à résoudre quand il s’agit des deux premiers exemplaires mais il m’est impossible de faire la différence entre les gravures de 1671 et celles de 1735. Ces dernières me paraissent même plus fraîches. Talent de graveur ou d’imprimeur ? 

Gravure « Enfans dévorez des ours » : Bon là c’est facile… Les graveurs travaillaient avec une glace pour reproduire les dessins à l’identique. En 1724, on peut penser, qu’un jour, il y a eu une pénurie de miroirs ! J’ai mis un moment à réaliser cette méprise. Les lettrines de cette époque sont, malgré tout, très jolies. Histoire du nouveau testament : Pas de nom d’imprimeur en 1723 mais cette bible est celle qui est reliée d’époque. Fallait-il répéter le nom de l’imprimeur ? (David). Pierre le Petit l’a fait en 1671, en tout cas.
Le troisième ouvrage de 1735 présente un nouveau testament bien antérieur puisque édité en 1670. Si l’on compare avec le même exemplaire de pierre le Petit de 1671, on remarque que la typographie a quelque peu changé. 
Tout ça pour vous dire, qu’en attendant le chaland, le libraire fait des jeux de gamin… Pierre

Merci Pierre!

H

4 Commentaires

  1. D’accord avec Gonzalo pour la filiation avec la lettre « cadeau »; à noter qu’au XVIIe beaucoup de signatures sont ornées d’entrelacs cursifs semblables.
    Lauverjat

  2. Ce type de motif décoratif est très courant en calligraphie et en calligraphie gravée en taille douce.

    Je pense que c’est un ornement dérivé du « cadeau » (ou cadel) gothique, entrelacs ornant les manuscrits. Cela mériterait une enquête approfondie, mais j’imagine que ce type d’entrelacs très angulaire s’adaptait mal aux écritures « italianisantes » (batardes et financières), et on a mis des courbes au lieu des entrelacs.

    Je tâcherai, dans la semaine, d’envoyer à Hugues un florilège de quelques unes de ces belles courbes que j’affectionne particulièrement: vous verrez, il y en a des corsées. Je n’aurai pas le temps de faire un vrai article, mais si ça vous intéresse, quelques photos et des légendes.

  3. Je suis fasciné par le motif décoratif de la pièce de titre, celui qu’il y a entre « G Marcel avocat au parlement » et « Suivant la copie imprimée… ». Je trouve remarquable la qualité de ce trait, je pense dessiné à la main, et quasi symétrique. Avez-vous remarqué qu’on commence à un bout et on finit à l’autre sans avoir besoin de lever le crayon ?? Cela fait 30 minutes que j’essaye de le reproduire avec un résultat pitoyable. Quelqu’un sait-il si ce type de motif a un nom, qui le dessinait, à quel type d’ornement était-il destiné : pièce de titre comme ici, dos de reliure comme j’ai pu le voir sur une reliure vénitienne ? Existe t-il un ouvrage qui les rassemble ?
    Cordialement
    PEL
    PS : il vaut mieux tourner la photo de 90° pour éviter les cervicalgies

  4. Quoi ? Aucun commentaire sur un si joli petit livre ! Voilà qui est réparé 🙂

    Je craque généralement sur les livres de petit format, mais en plus celui-ci est oblong, il est superbe !

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