Les premières éditions de Paul et Virginie

Amis Bibliophiles bonjour,
Les premières éditions de Paul et Virginie, un des plus grands succès de librairie, sont quasiment innombrables ; les contrefaçons pullulent, et il est difficile de s’y retrouver. Heureusement, nous disposons d’un outil appréciable : le Répertoire publié par Paul Toinet, qui n’est pas exhaustif mais très complet, notamment pour les plus anciennes éditions.Les premières éditions de Paul et Virginie
Voici, en images, la description de quelques une de ces premières éditions, en incluant également des contrefaçons, contre lesquelles Jacques-Bernardin-Henri de Saint-Pierre (dit Bernardin de Saint-Pierre) s’est inutilement battu.

Les premières éditions de Paul et Virginie (2)
Voici quelques exemplaires de ces éditions. De gauche à droite :

études de la Nature, troisième édition, 1788, tome 4
Paul et Virginie, édition originale, 1789
Paul et Virginie, 1789, même édition, 1789
Paul et Virginie, papier bleuté, 1789
Paul et Virginie, contrefaçon, 1789
études de la Nature, troisième édition, 1792, tome 4 : contrefaçon
On note les différences de formats, qui traduisent plus l’ardeur du relieur que des différences d’impression.

Etudes de la Nature, troisième édition, 1788.

Les premières éditions de Paul et Virginie (3)

Les premières éditions de Paul et Virginie (4)
Les premières éditions de Paul et Virginie (5)
Les premières éditions de Paul et Virginie (6)
Etudes
de
la Nature,
par Jacques-bernardin-Henri
de Saint-Pierre.
Troisième édition, revue, corrigée et augmentée.
…Miseris succurrere disco. AEneid. Lib 1.
4 vol. fig. br. 14 liv.
Tome quatrièmre.
A Paris,
de l’imprimerie de Monsieur.
Chez P.F. Didot le jeune, Libraire, quai des Augustins.
Mequignon l’aîné, Libraire, rue des Cordeliers.
MDCCLXXXVIII.
Avec approbations, et privilège du Roi.Il s’agit du numéro 1 du répertoire de Paul Toinet. Cette édition contient pour la première fois, au quatrième tome et dernier, Paul et Virginie, qui occupe les pages 1 à 227 ; elles sont précédées d’un Avis qui occupe les lxxxii premières pages, et suivies de l‘Arcadie, jusqu’à la page 532 ; on trouve les approbations et le privilège à la suite.

Ce quatrième tome n’est normalement pas illustré ; dans l’exemplaire photographié, on trouve des réductions de la suite des illustrations de l’édition de 1806, par Lafitte, Girodet, Prudhon, ainsi qu’un tirage de la troisième illustration de l’édition de 1789, d’après Moreau ; ces illustrations sur papier fort.

Paul et Virginie, édition originale, 1789.

Les premières éditions de Paul et Virginie (7)
Les premières éditions de Paul et Virginie (8)
Les premières éditions de Paul et Virginie (9)
Paul
et
Virginie,
par Jacques-bernardin-henri
de Saint-Pierre.
avec figures.
… Miseris succurrere disco. AEnid. lib. 1.
Prix, papier vélin d’Essone, 6 liv.
A Paris,
de l’imprimerie de Monsieur.
MDCCLXXXIX.
Avec approbation, et privilège du Roi.C’est l’édition originale. Dans le répertoire de Paul Toinet, numéro 3 ; XXXV (avant-propos et avis sur cette édition) et 243 pages. Nb : Paul Toinet indique par erreur XXV pages.

La feuille de titre indique le prix de l’exemplaire, suivant le papier ; ici exemplaire sur vélin d’Essone, 6 livres. Il existe deux autres papiers : sur papier fin d’Essone, 4 livres, sur papier commun, 1 livre 10 sols. Seuls les exemplaires sur papier d’Essone sont avec les 4 figures.

Les premières éditions de Paul et Virginie (10)
Dans cet exemplaire se trouve relié la Chaumière Indienne, 1791,  qui  contient un extrait du catalogue de Didot, pour les ouvrages de Saint-Pierre – on voit les différences de papier et de prix – assez conséquentes, y compris pour la Chaumière Indienne.

Les premières éditions de Paul et Virginie (11)

Les premières éditions de Paul et Virginie (12)
Les premières éditions de Paul et Virginie (13)
Les premières éditions de Paul et Virginie (14)
Les premières éditions de Paul et Virginie (15)Ce livre est illustré de quatre gravures, au format 7cm x 5cm d’après des dessins de Moreau et Joseph Vernet pour la dernière ; Dans l’avis Saint-Pierre s’explique sur ce choix, fonction de la notoriété acquise par Joseph Vernet dans ce genre de peinture.

Il existe des exemplaires avec les gravures avant la lettre. Des contrefaçons ont été faites de ces gravures, regravées, éventuellement en contre-partie, avec des positionnements de gravures différents – dans l’exemple ci-dessus, la dernière gravure, la Mort de Virginie, n’est pas gravée par Longueil, elle est inversée, et la page indiquée (166) n’est pas correcte (page 204 normalement).

Paul et Virginie, 1789 – autre édition.

Les premières éditions de Paul et Virginie (16)
Les premières éditions de Paul et Virginie (17)
Paul
et
Virginie,
par Jacques-bernardin-henri
de Saint-Pierre.
avec figures.
… Miseris succurrere disco. AEnid. lib. 1.
Prix, broché, 1 liv. 10 sols.
A Paris,
de l’imprimerie de Monsieur.
MDCCLXXXIX.
Avec approbation, et privilège du Roi.Cette édition est imprimée sur papier bleuté. C’est le numéro 4 du répertoire de Paul Toinet ; il s’agirait d’une nouvelle édition, non illustrée, à la même date. Le fleuron, montrant un bateau, diffère de l’édition précédente ; c’est la seule différence de la page de titre. Le livre comporte XXXV (Toinet indique XXX par erreur) et 228 pages.

Cet exemplaire comporte une gravure en frontispice, la première gravure de l’édition précédente ; sur papier blanc, sans la signature de Moreau, cette gravure est  sans doute une contre-façon.

Paul et Virginie, 1789 – contrefaçon.

Les premières éditions de Paul et Virginie (18)
Les premières éditions de Paul et Virginie (19)
Les premières éditions de Paul et Virginie (20)
Paul
et
Virginie ;
Par Jacques-Bernardin-Henry
de Saint-Pierre.
… Miseris succurrere disco. AEnid, Lib. 1.
A Paris.
De l’imprimerie de Monsieur.
1789.L’exemplaire contient, des pages 5 à 180, Paul et Virginie ; c’est le numéro 5 du répertoire de Paul Toinet – et c’est une contrefaçon.

il est précédé, des pages 1 à 54, de la comédie en trois actes, de Favières ; cette édition est inconnue de Paul Toinet.

Cette contrefaçon peut être diversement illustrée ; Toinet indique les 3 premières figures, par Moreau, de l’édition de 1789 ; cet exemplaire-ci a uniquement, en frontispice, une gravure anonyme qui correspond à la pièce de théâtre et non au livre de Saint-Pierre.

Etudes de la Nature, 1792, contrefaçon.

Les premières éditions de Paul et Virginie (21)
Les premières éditions de Paul et Virginie (22)
Les premières éditions de Paul et Virginie (23)
Etudes
de
la Nature,
par Jacques-bernardin-Henri
de Saint-Pierre.
Troisième édition, revue, corrigée et augmentée.
…Miseris succurrere disco. AEneid. Lib 1.
avec figures.
Tome quatrièmre.
A Paris,
de l’imprimerie de Monsieur.
Chez P.F. Didot le jeune, Libraire, quai des Augustins.
Mequignon l’aîné, Libraire, rue des Cordeliers.
M DCC XCII.
Avec approbation et privilège du Roi.Edition inconnue de Paul Toinet. Évidente contrefaçon, ne serait-ce qu’à cause de la date, 1792 au lieu de 1788 ; par ailleurs cette édition est en 5 volumes (contre 4 pour la véritable troisième édition) et contient les textes de la quatrième édition.. Ne pas se fier à la présence de l’avis et de l’avant-propos, dans lequel Saint-Pierre se plaint des contre-façons !

Christian

Foire aux questions sur Paul et Virginie

Quelle est la première édition de Paul et Virginie ?

Le roman a paru pour la première fois en 1788, intégré au tome IV des Études de la Nature de Bernardin de Saint-Pierre. La première édition séparée date de 1789.

Combien vaut une édition originale de Paul et Virginie ?

Une originale de 1788 en bonne reliure d’époque peut atteindre plusieurs milliers d’euros. L’édition de 1789 séparée, plus rare, peut dépasser 10 000 € en bel état.

Y a-t-il des éditions illustrées notables ?

Oui, notamment l’édition Curmer (1838), magnifiquement illustrée, considérée comme un sommet du livre romantique français. Très recherchée.

Pour aller plus loin

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Dans la bibliothèque des bibliophiles du Blog: le dernier achat de Tiephaine, « De Jure Belli Ac Pacis » de Hugo de Groot, dit Grotius

Dans la bibliothèque des bibliophiles du Blog: le dernier achat de Tiephaine, « De Jure Belli Ac Pacis » de Hugo de Groot, dit Grotius

Amis Bibliophiles bonjour,
Lecteur régulier du blog, je réponds avec grand plaisir à l’appel du 5 novembre dernier. 
Voici l’avant-dernier ouvrage que j’ai acquis il y a environ deux semaines. Il s’agit d’un « De Jure Belli Ac Pacis » de Hugo de Groot, dit Grotius, daté de 1720. Il s’agit de l’édition in-octavo de Jean de Barbeyrac, incluant les commentaires du latiniste Gronovius, avec ajout de la dissertation « Mare Liberum » et de la très courte dissertation morale « De L’Equité, de l’Indulgence et de la Facilité », en un volume, relié en véritable vélin,

Cette édition est une édition de luxe (ainsi qu’en témoigne le vélin, au contraire de l’édition en deux volumes), considérée comme une référence dans les travaux sur Grotius. 



Cet exemplaire présente une intéressante signature, datée de 1722, probablement apposée par son premier propriétaire. Une autre annotation au crayon signale l’avant dernier(?) propriétaire (d’origine probablement germanique), datée de 1948. L’ouvrage ne présente guère d’informations supplémentaires sur son parcours et ses propriétaires entre ces deux-là. 
Bien complet avec ses deux gravures d’origine, il est dans un état de conservation proche de la perfection, exempt de rousseurs et de mouillures, et ne présente pas d’annotations dans le corpus du texte (une liste avec dates a priori établie par le propriétaire de 1948 est présente en toute fin d’ouvrage, mais je suis incapable de préciser à quoi elle correspond pour le moment).
Juriste et étudiant en Droit International, je suis très intéressé par les ouvrages majeurs de ma discipline; De Jure Belli Ac Pacis étant considéré comme l’ouvrage fondateur du Droit International (Mare Liberum ayant quant à lui posé les bases du Droit de la Mer moderne), il occupe une place particulière au sein de ma bibliothèque puisque je suis déjà propriétaire de l’édition en petit in-octavo de 1632 (et je ne compte pas m’arrêter là 🙂 ). 
Mon intérêt est bien sûr bibliophilique, mais aussi historique, cet ouvrage ayant connu de multiples éditions, chacune avec ses particularités, Grotius n’hésitant pas à procéder à des ajouts parfois très conséquents à chacune d’elle, les plus importants intervenants entre l’édition princeps de 1625 et celle de 1632 (les deux n’ont du coup plus grand chose à voir l’une avec l’autre).
J’ai acquis cet exemplaire aux enchères sur ebay, auprès d’un vendeur suisse-allemand, pour 180 euros (seul enchérisseur, pour mon plus grand bonheur).  
Tiephaine G. S. 

7 Commentaires

  1. Bonjour, cet après midi, on a vu passer une belle édition, celle de 1838 de Curmer avec une somptueuse reliure de Simier « avec la fameuse plaque indienne dorée ornant les plats ». moi, effectivement, je l’ai juste admirée…Bernard

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