Mon problème, c’est que j’ai choisi de collectionner les livres rares, et non les bibliothèques, résultat, je croule, et la question du rangement, du classement et de l’organisation se posent tous les jours à moi.
Vous le savez, dans les scriptoriums, les livres étaient le plus souvent rangés à plat. Mais saviez-vous qu’ensuite, avant d’arriver à l’habitude qui est la notre aujourd’hui, les livres étaient rangés verticalement dans les rayonnages, certes, mais « à l’envers », présentant leur tranche aux yeux de tous, plutôt que leur dos, comme c’est le cas désormais.
D’où d’ailleurs les superbes réalisations qui furent faites pour Pillone et son fils par Vecellio, le neveu de Titien, vers 1590, et dont un grand nombre furent rassemblées par Pierre Berès (mais je parlerai de Pillone une autre fois, c’est prévu). Comment faites vous de votre côté pour ranger vos livres? Au début, j’ai essayé de les ranger par thème, mais je me suis rendu compte que chaque nouvelle arrivée m’amenait à modifier toute l’organisation. Du coup, j’ai abandonné ce système et j’avoue, à ma grande honte, que je mixe désormais deux méthodes : un rangement par thème quand j’en ai le courage, mais la plupart du temps, un rangement par ordre d’arrivée (ce qui n’est pas idéal).
En même temps, je ne suis ni chercheur, ni marchand et je n’ai donc pas besoin de savoir immédiatement où se trouve tel ou tel livre. Au contraire même, c’est même devenu un plaisir de parcourir les rayonnages à la recherche d’un titre, et d’en redécouvrir d’autres au passage.
Hélas, cela ne suffît pas toujours et j’en suis arrivé à ranger les livres sur la tranche dans le fond des rayonnages (ils présentent leurs dos), et d’en présenter certains autres de face, c’est-à-dire plat mis en avant, devant ceux qui sont dans le fond du rayonnage… Ce n’est pas idéal non plus.
J’oubliais quand même quelque chose, je module ce classement en fonction de l’état des livres ou de leur thème, pour environ 5% d’entre eux : ceux qui pourraient s’avérer fragiles sont préservés de l’éclairage direct d’une part, et les curiosa et les livres occultes sont enfermés dans un petit cabinet particulier, qui est enserré dans un rayonnage. Ils sont ainsi à l’abri du soleil… et des regards.
Et vous? Auriez-vous une méthode miracle? Comment faites-vous? Comment lutter contre l’invasion?
H
La lettre du bibliophile
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Je poste ce soir un article de Pierre… qui vous propose de retrouver l’enfant qui dort au fond de chaque bibliophile.
Une de nos joies d’enfant, dans les périodiques d’alors et après la lecture du feuilleton favori, était de chercher à résoudre les jeux proposés en dernière page du journal et en particulier à faire le jeu des sept différences (ou erreurs). Deux dessins identiques à quelques différences près…
Je vous propose de renouveler l’opération, ce soir, avec trois exemplaires parisiens in4 de la bible de Royaumont édités à quelques années de différence.
Pour information, je vous rappelle ce que l’on englobe sous le terme de bible de Royaumont un ouvrage richement illustré de belles gravures sur cuivre retraçant l’histoire du vieux et du nouveau testament écrit par le sieur de Royaumont . Enfermés à la Bastille pour leur appartenance à Port-Royal, Lemaistre de Sacy et Nicolas Fontaine composèrent aux alentours de 1668 durant leur captivité ce magnifique ouvrage qui fut imprimé pour la première fois en 1670, sous le même pseudonyme de Royaumont.
Côté reliure : Un exemplaire est recouvert d’une très épaisse et belle basane de composition postérieure à l’ouvrage (qui est le plus ancien présenté). La pièce de titre mentionne « Sainte bible ». C’est une reliure solide, ce qui est normal pour un ouvrage qui peut être amené à être fréquemment consulté… Le deuxième exemplaire est un plein veau d’époque orné de petits fers très élégants. Pour les dames… Le troisième, plein veau, est légèrement décoiffé de la tête (le coup de peigne est programmé). La réalisation de la reliure est postérieure à l’ouvrage car le nouveau et l’ancien testament sont deux exemplaires édités à 60ans d’intervalle. Exemplaire pour jansénistes…Page de garde : Cette page de l’ancien testament de 1671, édité par Pierre le Petit a souffert et c’est pourquoi le volume a repris le chemin du relieur qui l’a recouvert d’une grosse basane antichoc (le reste est parfait heureusement). Les deux autres exemplaires proviennent respectivement de chez Etienne-Michel David -1724 et de chez Jean Villette fils -1735 (pas de biographie). Ils ont la même enseigne mais je ne sais pourquoi. Gravure « Habits des prêtres » : On peut logiquement penser que les plaques de 1671, 1724 et 1735 soient différentes. Le jeu des sept erreurs est aisé à résoudre quand il s’agit des deux premiers exemplaires mais il m’est impossible de faire la différence entre les gravures de 1671 et celles de 1735. Ces dernières me paraissent même plus fraîches. Talent de graveur ou d’imprimeur ? Gravure « Enfans dévorez des ours » : Bon là c’est facile… Les graveurs travaillaient avec une glace pour reproduire les dessins à l’identique. En 1724, on peut penser, qu’un jour, il y a eu une pénurie de miroirs ! J’ai mis un moment à réaliser cette méprise. Les lettrines de cette époque sont, malgré tout, très jolies. Histoire du nouveau testament : Pas de nom d’imprimeur en 1723 mais cette bible est celle qui est reliée d’époque. Fallait-il répéter le nom de l’imprimeur ? (David). Pierre le Petit l’a fait en 1671, en tout cas. Le troisième ouvrage de 1735 présente un nouveau testament bien antérieur puisque édité en 1670. Si l’on compare avec le même exemplaire de pierre le Petit de 1671, on remarque que la typographie a quelque peu changé. Tout ça pour vous dire, qu’en attendant le chaland, le libraire fait des jeux de gamin… Pierre
Amis Bibliophiles Bonsoir, J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ici quelques uns des mots insolites et originaux qui font le quotidien d’un bibliophile, qu’ils servent à qualifier la couleur d’un maroquin (sable, citron, taupe, violine, etc.), […]
Amis Bibliophiles Bonsoir, Hasard du calendrier puisque dimanche deux lecteurs du blog m’ont envoyé des articles sur des sujets proches: V qui a proposé une tribune sur les attribution abusives de reliures à des relieurs, […]
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17 Commentaires
Bonjour, J'espère qu'après tout ce temps vous êtes arrivés à ranger efficacement vos livres. Sincèrement, dans votre cas, le rangement n'est pas aussi évident qu'on peux le croire, vu les différentes contraintes que vous éprouvez, pourtant, je peux vous proposer de les ranger par ordre alphabétique, en fonction du titre ou même du nom de l'auteur. Bon courage.
Pour cela il faudrait que Hugues me tire le portrait et pour que j’accepte, il faudrait au préalable que Hugues fasse son autoportrait, ce qui ne semble pas gagné 😉 Pudique, Hugues, qui l’eût cru ! Eric
Je retranscrit ci-dessous le texte de Gabriel Peignot « Manuel du Bibliophile » sur ce même sujet.
Au passage, son avis concernant le bois à utiliser pour sa bibliothèque : « Si l’on a une bibliothèque composée de livres précieux, il est à propos de prendre du bois de cèdre, ou au moins du chêne très sec et très sain, pour en faire le meuble et les tablettes destinées à recevoir les ouvrages. Le cèdre, par son odeur, le chêne, par sa dureté, sont plus propres à écarter les vers et autres insectes, qui se creusent si facilement un asile dans le sapin et autres bois tendres. »
Et concernant le classement :
« Il existe un grand nombre de systèmes sur la manière de classer les livres »… »mais on revient toujours à celui de G. Martin » … » Il divise les connoissances humaines en cinq grandes branches : 1° religion, 2° jurisprudence, 3° sciences et arts, 4° Belles—lettres, 5° histoire, et ensuite il établit des sous-divisions , dont voici les principales: » …. « En général , pour qu’une bibliothèque flatte l’oeil et que l’on puisse y trouver sur-le-champ ce dont on a besoin, il faut avoir l’attention de réunir d’abord tous les formats de même espèce, c’est-à-dire, mettre tous les in_folio ensemble, tous les in—4°, tous les in-8°, etc.; ensuite il faut classer les ouvrages, dans la série de chaque format, selon les cinq grandes divisions que nous venons d’exposer, et enfin, ranger par ordre chronologique, dans chaque division ou sous-division, les auteurs qui ont travaillé sur la même matière. C’est le moyen le plus sûr de savoir où chaque ouvrage et chaque volume est placé , et d’être toujours au courant de ce que l’on possède, et de ce que l’on désire encore acquérir pour se compléter dans chaque partie, selon ses besoins ou selon ses goûts. Cet ordre, que la différence des formats nécessite dans l’arrangement d’une bibliothèque, ne conviendroit pas dans le catalogue que l’on en voudroit faire, quoiqu’il ait été suivi jadis par plusieurs libraires il isole trop des parties qui appartiennent à une même division. Pour faire un catalogue régulier, il faut commencer par faire copier les titres de tous les livres sur des cartes, ensuite classer toutes ces cartes dans l’ordre des divisions et sous-divisions que nous avons rapportées plus haut, puis les transcrire dans ce nouvel ordre sur un registre. On aura soin de mettre en tête du catalogue la table des divisions, et, à la fin, la table alphabétique des auteurs, suivie de celle des ouvrages anonymes. Un catalogue ainsi rédigé, a l’avantage de présenter toutes les richesses d’une bibliothèque dans l’ordre le plus méthodique, et de faciliter les recherches. »
Vive l’informatique !
En ce qui me concerne, je classe mes livres par catégories : trois catégories « spécialisées » : Mathématiques, Alchimie, Chimie Dans ces catégories, j’adopte un classement « au mieux » en fonction du format et des sous-catégories.
Ensuite, le tout venant (je plaisante) : Incunable (ici pas de manque de place pour ce rayon qui reste désespérément vide) Livres du XIX° (hors Mathématiques, alchimie, chimie) Livres anciens (hors catégories ci dessus) Et enfin les bibliographies et livres sur les livres.
Raphaël, réponse du conservateur de la BM de Reims : « Les boites sur mesure recouvertes de toile sont faites par l’atelier de reliure. Les boites de conservation prédécoupées utilisant des matériaux neutres sont faites par Stouls (http://www.stouls.com/). D4autres sociétés fournissent des boites de conservation de qualité : Atlantis (http://www.atlantis-france.com/) ou Canson. »
Puisque l’on évoque les boites, quelqu’un connait-il le nom des boites en carton noir, résistant au feu, imperméable et non acide qu’utilisent les dépots d’archives? Je sais que ces boites ont un nom, mais je ne parviens pas à le retrouver…
Mes livres anciens fragiles sont tous de petites tailles, alors je me contente d’enveloppe craft.
Je demanderai rapidement au conservateur de la BM de Reims quel est son fournisseur pour des boites que je connais, qui sont a priori au top car probablement conformes aux données de la BnF sur le sujet.
Une question plus particulièrement à Intaglio mais adressée également à la communauté des collectionneurs : Quel est votre avis et vers quel choix de fournisseurs orienteriez-vous pour des boites ou étuis en carton de qualité « conservation », afin d’assurer la protection de livres fragiles, sans aller jusqu’aux prestations des relieurs, certes plus esthétiques, mais aussi plus onéreuses. J’ai repéré par exemple: http://www.klug-conservation.com/site/index.php?prod=nomi&lang=fr&nava=1&typ=Haupt-Kategorie
La question du matériau à employer pour les bibliothèques tracasse aussi les bibliothèques (nationales, municipales, etc.). Le bois fut longtemps privilégié malgré les risques d’incendie (cf. incendie de la Herzogin Anna Amalia Bibliothek du 2/9/2004, url : http://de.wikipedia.org/wiki/Herzogin_Anna_Amalia_Bibliothek) et les risques d’infestation. Le fer est désormais employé par les grands établissements pour leurs magasins même si l’on a constaté que sous l’effet de la chaleur il pliait et que le bois pouvait résister longtemps. Cf. « steel shelving is the best choice to avoid possible damage to the collection materials from direct contact with the finish. » in : http://www.librisdesign.org/docs/CollectionPreservation.pdf. Cf. aussi : http://www.culture.gouv.fr/culture/conservation/fr/preventi/guide_dll.htm#Sommaire
Bonjour Gonzalo, A la lecture de ta question, je m’apperçois que j’ai mis deux « t » au lieu d’un à « raboté » ! Sinon, le choix entre sapin et chêne n’est effectivement qu’une question de prix pour la même qualité de résultat. Et surtout, ne jamais cirer ni l’un ni l’autre, pas à cause du bois, mais à cause des livres !
Pour la partie livres anciens de ma bibliothèque, aucun classement: je n’en ai qu’une poignée, et un simple regard suffit à les embrasser tous (je manie la métaphore avec approximation, veuillez m’en excuser). Sous vitrine!
Pour le reste de ma bibliothèque (qui mélange les tirages de tête aux éditions de poche), deux grandes sections: classement alphabétique d’auteurs pour tous ce qui est littérature et philosophie (que je mélange volontairement, certains romans sont de véritables traités philosophiques, alors que certains traités philosophiques m’apparaissent plus comme de la poésie). Classement par thème pour la section documentaire. A côté de cela, une bibliothèque de travail comprenant tous mes livres d’histoire et de sciences humaines, et d’histoire du livre (à part). Je suis en train de faire une tentative de classement thématique (une « dewey » personnelle!) pour le rayon « books about books », je vous tiendrai au courant si la chose vous intéresse.
Ha oui, j’oubliai: pragmatisme oblige, séparation entre les livres de format moyen (8° et plus petits) et grands formats, auxquels un meuble est consacré.
Petite question pour Jean-Paul: pourquoi « sapin rabotté »? quelle est l’importance de l’essence du bois pour la conservation des livres? Le chêne ne convient-il pas? Le sapin n’est il important que pour son prix (excellente raison), ou pour des raisons plus directement bibliophiliques?
Quelqu’un a-t-il des connaissances sur ce qui est de la fabrication des meubles?
La question ne se pose même pas chez moi… Chambre de 12m² où je suis obligé de caser environ 1100 mangas et BD, 250 poches, 200 livres d’histoire et d’art, et 150 livres anciens… Il faut trouver un ordre, et le plus simple possible est le mieux… Quatre étagères pour les in-12 et moins, une pour les in-8 et plus. Les plus moches au fond, là où il fait le plus noir, les plus beau, devant, là où la lumière (pas la lumière solaire, et pas de lumière directe) les atteints. Pour les autres livres, ils sont mis là où ils peuvent rentrer. C’est tout simple. Pas vraiment de classement par thème. Juste un demi rayon Histoire des Deux Indes et autres livres d’Histoire. On fait comme on peut. Et on attendra également pour les étagères en acajou! Pour le moment, c’est de l’agglo de base, résistant et pas cher.
Bonsoir à tous, Bien entendu pas de recette miracle pour moi non plus, juste une observation. Mon philosophe de père est un maniaque du rangement et de l’ordre pour tout ce qui est papiers, livres, etc. Ironie, il est aussi celui qui réalise mes étagères. Pour ma part, et ce depuis toujours, je suis un vrai « bordèlique » (dixit ma chère mère, philosophe elle aussi). Au désespoir de mon collègue de bureau les livres, les papiers, s’accumulent sur mon bureau sans ordre apparent… L’expérience aidant, cette absence d’ordre me semble demeurer le meilleur ordre : je ne perds rien (au contraire de mon philosophe de père qui cherhce des années durant des choses qu’il a si bien classées…), je « retrouve » des livres qui avaient disparu de mon angle de vision (il en va également ainsi de mes vêtements, au désespoir de ma philosophe de compagne), j’ai construit toute ma colonne vertébrale intellectuelle ainsi dans un joyeux bazar (où rien ne se perd et se confond confusément et, finalement, construit un ordre). Les formats, les époques, les éditeurs, les thèmes, la lumière…? Oui et non. Je viens d’acheter une grande bibliothèque : spontanément j’ai regroupé par format les ouvrages qui me sont chers. Deux semaines après… au fil des lectures seul le classement par format demeure (et encore…).Dans un monde idéal, j’aurais une pièce par thème (j’accumule aussi les gravures et objets du 17ème, 18ème…). Dans un monde où je paie mon loyer, j’en reste à mon « système » : à l’abri de la lumière, sur des étagères qui les préservent, dans un ordre qui est le mien (et je le partage). Si je reviens sur terre : – la question du nombre d’ouvrages est primordiale (ceux qui possèdent des milliers d’ouvrages doivent se poser d’autres questions que les miennes) ; la taille de l’habitation est, évidemment, liée à celle-ci. 100 ouvrages dans 900 mètres carrés ou 900 dans 100 mètres carrés. L’équation n’est pas la même. – la bilbiopégimanie (j’ai bon?) joue évidemment elle aussi. Les cerises devant, les peaux humaines aussi (lorsque les enfants sont sortis). Sans l’être, mes exemplaires les plus miteux sont, eux aussi, relégués aux arrière-scènes… – le bibliophile enfin (et surtout) qui saura expliquer l’économie de son rangement aux oreilles attendries de ses confrères et à celles inquiétes de ses amis…
Ce problème est un vrai « serpent de mer »… Toutes les générations de bibliophiles et de bibliothécaires sont confrontées les unes après les autres à cette question. Il n’y a pas de solution unique pour tous. Chacun tente d’approcher l’idéal, dans l’environnement disponible. Quand on a la chance d’avoir de la place, le moins mauvais système est le rangement par thème, et par formats dans chaque thème, sur des rayonnages en sapin rabotté faits sur mesure, avec une bibliothèque vitrée fermée pour les exemplaires les plus fragiles ou les plus précieux pour une raison ou une autre. Ce n’est malheureusement pas la solution la moins onéreuse, sans compter qu’on peut remplacer le sapin par de l’acajou…
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Bonjour,
J'espère qu'après tout ce temps vous êtes arrivés à ranger efficacement vos livres.
Sincèrement, dans votre cas, le rangement n'est pas aussi évident qu'on peux le croire, vu les différentes contraintes que vous éprouvez, pourtant, je peux vous proposer de les ranger par ordre alphabétique, en fonction du titre ou même du nom de l'auteur.
Bon courage.
Pour cela il faudrait que Hugues me tire le portrait et pour que j’accepte, il faudrait au préalable que Hugues fasse son autoportrait, ce qui ne semble pas gagné 😉
Pudique, Hugues, qui l’eût cru !
Eric
Bonsoir
« En ce qui me concerne, je classe mes livres par catégories :
trois catégories « spécialisées » : Mathématiques, Alchimie, Chimie «
Ce serait très sympa que vous nous présentiez quelques ouvrages sur l’Alchimie; je pense que Hugues ne s’y opposerait pas ?
Cordialement
J
Ce commentaire a été supprimé par l’auteur.
Je retranscrit ci-dessous le texte de Gabriel Peignot « Manuel du Bibliophile » sur ce même sujet.
Au passage, son avis concernant le bois à utiliser pour sa bibliothèque :
« Si l’on a une bibliothèque composée de livres précieux, il est à propos de prendre du bois de cèdre, ou au moins du chêne très sec et très sain, pour en faire le meuble et les tablettes destinées à recevoir les ouvrages. Le cèdre, par son odeur, le chêne, par sa dureté, sont plus propres à écarter les vers et autres insectes, qui se creusent si facilement un asile dans le sapin et autres
bois tendres. »
Et concernant le classement :
« Il existe un grand nombre de systèmes sur la manière de classer les livres »… »mais on revient toujours à celui de G. Martin » … » Il divise les connoissances humaines en cinq grandes branches : 1° religion, 2° jurisprudence, 3° sciences et arts, 4° Belles—lettres, 5° histoire, et ensuite il établit des sous-divisions , dont voici les principales: » ….
« En général , pour qu’une bibliothèque flatte l’oeil et que l’on puisse y trouver sur-le-champ ce dont on a besoin, il faut avoir l’attention de réunir d’abord tous les formats de même espèce, c’est-à-dire, mettre tous les in_folio ensemble, tous les in—4°, tous les in-8°, etc.; ensuite il faut classer les ouvrages, dans la série de chaque format, selon les cinq grandes divisions que nous venons d’exposer, et enfin, ranger par ordre chronologique, dans chaque division ou sous-division, les auteurs qui ont travaillé sur la même matière. C’est le moyen le plus sûr de savoir où chaque ouvrage et chaque volume est placé , et d’être toujours au courant de ce que l’on possède, et de ce que l’on désire encore acquérir pour se compléter dans chaque partie, selon ses besoins ou selon ses goûts.
Cet ordre, que la différence des formats nécessite dans l’arrangement d’une bibliothèque, ne conviendroit pas dans le catalogue que l’on en voudroit faire, quoiqu’il ait été suivi jadis par plusieurs libraires il isole trop des parties qui appartiennent à une même division. Pour faire un catalogue régulier, il faut commencer par faire copier les titres de tous les livres sur des cartes, ensuite classer toutes ces cartes dans l’ordre des divisions et sous-divisions que nous avons rapportées plus haut, puis les transcrire dans ce nouvel ordre sur un registre. On aura soin de mettre en tête du catalogue la table des divisions, et, à la fin, la table alphabétique des auteurs, suivie de celle des ouvrages anonymes. Un catalogue ainsi rédigé, a l’avantage de présenter toutes les richesses d’une bibliothèque dans l’ordre le plus méthodique, et de faciliter les recherches. »
Vive l’informatique !
En ce qui me concerne, je classe mes livres par catégories :
trois catégories « spécialisées » : Mathématiques, Alchimie, Chimie
Dans ces catégories, j’adopte un classement « au mieux » en fonction du format et des sous-catégories.
Ensuite, le tout venant (je plaisante) :
Incunable (ici pas de manque de place pour ce rayon qui reste désespérément vide)
Livres du XIX° (hors Mathématiques, alchimie, chimie)
Livres anciens (hors catégories ci dessus)
Et enfin les bibliographies et livres sur les livres.
Eric
Jean-Paul,
Merci beaucoup de ces informations, je vais en faire mon miel.
Bien à vous,
Raphael
Raphaël, réponse du conservateur de la BM de Reims : « Les boites sur mesure recouvertes de toile sont faites par l’atelier de reliure. Les boites de conservation prédécoupées utilisant des matériaux neutres sont faites par Stouls (http://www.stouls.com/). D4autres sociétés fournissent des boites de conservation de qualité : Atlantis (http://www.atlantis-france.com/) ou Canson. »
Jean-Paul
Puisque l’on évoque les boites, quelqu’un connait-il le nom des boites en carton noir, résistant au feu, imperméable et non acide qu’utilisent les dépots d’archives? Je sais que ces boites ont un nom, mais je ne parviens pas à le retrouver…
Mes livres anciens fragiles sont tous de petites tailles, alors je me contente d’enveloppe craft.
Raphaël bonjour,
Je demanderai rapidement au conservateur de la BM de Reims quel est son fournisseur pour des boites que je connais, qui sont a priori au top car probablement conformes aux données de la BnF sur le sujet.
Jean-Paul
Une question plus particulièrement à Intaglio mais adressée également à la communauté des collectionneurs :
Quel est votre avis et vers quel choix de fournisseurs
orienteriez-vous pour des boites ou étuis en carton de qualité « conservation », afin d’assurer la protection de livres fragiles, sans aller jusqu’aux prestations des relieurs, certes plus esthétiques, mais aussi plus onéreuses. J’ai repéré par exemple:
http://www.klug-conservation.com/site/index.php?prod=nomi&lang=fr&nava=1&typ=Haupt-Kategorie
Merci de vos avis.
Raphael
La question du matériau à employer pour les bibliothèques tracasse aussi les bibliothèques (nationales, municipales, etc.). Le bois fut longtemps privilégié malgré les risques d’incendie (cf. incendie de la Herzogin Anna Amalia Bibliothek du 2/9/2004, url : http://de.wikipedia.org/wiki/Herzogin_Anna_Amalia_Bibliothek) et les risques d’infestation. Le fer est désormais employé par les grands établissements pour leurs magasins même si l’on a constaté que sous l’effet de la chaleur il pliait et que le bois pouvait résister longtemps. Cf. « steel shelving is the best choice to avoid possible damage to the collection materials from direct contact with the finish. » in : http://www.librisdesign.org/docs/CollectionPreservation.pdf. Cf. aussi : http://www.culture.gouv.fr/culture/conservation/fr/preventi/guide_dll.htm#Sommaire
J’ai juste oublié une mention importante dans mon message précédent:
MAUDITS SOIENT LES FORMATS A L’ITALIENNE!!!
Bonjour Gonzalo,
A la lecture de ta question, je m’apperçois que j’ai mis deux « t » au lieu d’un à « raboté » !
Sinon, le choix entre sapin et chêne n’est effectivement qu’une question de prix pour la même qualité de résultat. Et surtout, ne jamais cirer ni l’un ni l’autre, pas à cause du bois, mais à cause des livres !
Jean-Paul
Pour la partie livres anciens de ma bibliothèque, aucun classement: je n’en ai qu’une poignée, et un simple regard suffit à les embrasser tous (je manie la métaphore avec approximation, veuillez m’en excuser). Sous vitrine!
Pour le reste de ma bibliothèque (qui mélange les tirages de tête aux éditions de poche), deux grandes sections: classement alphabétique d’auteurs pour tous ce qui est littérature et philosophie (que je mélange volontairement, certains romans sont de véritables traités philosophiques, alors que certains traités philosophiques m’apparaissent plus comme de la poésie). Classement par thème pour la section documentaire. A côté de cela, une bibliothèque de travail comprenant tous mes livres d’histoire et de sciences humaines, et d’histoire du livre (à part). Je suis en train de faire une tentative de classement thématique (une « dewey » personnelle!) pour le rayon « books about books », je vous tiendrai au courant si la chose vous intéresse.
Ha oui, j’oubliai: pragmatisme oblige, séparation entre les livres de format moyen (8° et plus petits) et grands formats, auxquels un meuble est consacré.
Petite question pour Jean-Paul: pourquoi « sapin rabotté »? quelle est l’importance de l’essence du bois pour la conservation des livres? Le chêne ne convient-il pas? Le sapin n’est il important que pour son prix (excellente raison), ou pour des raisons plus directement bibliophiliques?
Quelqu’un a-t-il des connaissances sur ce qui est de la fabrication des meubles?
La question ne se pose même pas chez moi… Chambre de 12m² où je suis obligé de caser environ 1100 mangas et BD, 250 poches, 200 livres d’histoire et d’art, et 150 livres anciens… Il faut trouver un ordre, et le plus simple possible est le mieux… Quatre étagères pour les in-12 et moins, une pour les in-8 et plus. Les plus moches au fond, là où il fait le plus noir, les plus beau, devant, là où la lumière (pas la lumière solaire, et pas de lumière directe) les atteints. Pour les autres livres, ils sont mis là où ils peuvent rentrer. C’est tout simple. Pas vraiment de classement par thème. Juste un demi rayon Histoire des Deux Indes et autres livres d’Histoire. On fait comme on peut.
Et on attendra également pour les étagères en acajou! Pour le moment, c’est de l’agglo de base, résistant et pas cher.
Bonsoir à tous,
Bien entendu pas de recette miracle pour moi non plus, juste une observation. Mon philosophe de père est un maniaque du rangement et de l’ordre pour tout ce qui est papiers, livres, etc. Ironie, il est aussi celui qui réalise mes étagères. Pour ma part, et ce depuis toujours, je suis un vrai « bordèlique » (dixit ma chère mère, philosophe elle aussi). Au désespoir de mon collègue de bureau les livres, les papiers, s’accumulent sur mon bureau sans ordre apparent… L’expérience aidant, cette absence d’ordre me semble demeurer le meilleur ordre : je ne perds rien (au contraire de mon philosophe de père qui cherhce des années durant des choses qu’il a si bien classées…), je « retrouve » des livres qui avaient disparu de mon angle de vision (il en va également ainsi de mes vêtements, au désespoir de ma philosophe de compagne), j’ai construit toute ma colonne vertébrale intellectuelle ainsi dans un joyeux bazar (où rien ne se perd et se confond confusément et, finalement, construit un ordre). Les formats, les époques, les éditeurs, les thèmes, la lumière…? Oui et non. Je viens d’acheter une grande bibliothèque : spontanément j’ai regroupé par format les ouvrages qui me sont chers. Deux semaines après… au fil des lectures seul le classement par format demeure (et encore…).Dans un monde idéal, j’aurais une pièce par thème (j’accumule aussi les gravures et objets du 17ème, 18ème…). Dans un monde où je paie mon loyer, j’en reste à mon « système » : à l’abri de la lumière, sur des étagères qui les préservent, dans un ordre qui est le mien (et je le partage).
Si je reviens sur terre :
– la question du nombre d’ouvrages est primordiale (ceux qui possèdent des milliers d’ouvrages doivent se poser d’autres questions que les miennes) ; la taille de l’habitation est, évidemment, liée à celle-ci. 100 ouvrages dans 900 mètres carrés ou 900 dans 100 mètres carrés. L’équation n’est pas la même.
– la bilbiopégimanie (j’ai bon?) joue évidemment elle aussi. Les cerises devant, les peaux humaines aussi (lorsque les enfants sont sortis). Sans l’être, mes exemplaires les plus miteux sont, eux aussi, relégués aux arrière-scènes…
– le bibliophile enfin (et surtout) qui saura expliquer l’économie de son rangement aux oreilles attendries de ses confrères et à celles inquiétes de ses amis…
Bien à vous tous,
Olivier
Ce problème est un vrai « serpent de mer »…
Toutes les générations de bibliophiles et de bibliothécaires sont confrontées les unes après les autres à cette question.
Il n’y a pas de solution unique pour tous. Chacun tente d’approcher l’idéal, dans l’environnement disponible.
Quand on a la chance d’avoir de la place, le moins mauvais système est le rangement par thème, et par formats dans chaque thème, sur des rayonnages en sapin rabotté faits sur mesure, avec une bibliothèque vitrée fermée pour les exemplaires les plus fragiles ou les plus précieux pour une raison ou une autre. Ce n’est malheureusement pas la solution la moins onéreuse, sans compter qu’on peut remplacer le sapin par de l’acajou…
Jean-Paul