Les différents types de reliure: la reliure japonisante

Amis Bibliophiles bonjour,
8 mars 1854, le Japon et les Etats-Unis signent le traité de traité de Kanagawa qui permet aux navires de commerce américains d’entrer dans les ports nippons. Au mois doctobre, les Anglais signeront à leur tour un traité qui concerne uniquement les ports de Nagasaki et d’Hakodate. Ce sont les premiers signes d’ouverture du Japon qui va bientôt en finir avec la féodalité.

Cet événement d’importance mondiale va permettre à l’Occident de découvrir une culture totalement nouvelle: estampes et objets d’art envahissent la France et provoquent l’enthousiasme des français. Cet enthousiasme est partagé par les bibliophiles qui découvrent à la fois un nouveau type d’ouvrages, et voient dans ce style japonais ou japonisant une nouvelle façon d’orné leur livres.

Il semble que c’est en 1885, à l’issue d’une exposition sur l’estampe et le dessin japonais que le bibliophile Edmond de Goncourt, séduit par « l’originalité du dessin filant » d’Hokusaï, décide de faire recouvrir ses ouvrages de décors japonisants (fleurs, insectes, feuillages, ou scènes quotidiennes de la vie sur l’île du soleil levant, etc.). Ils seront rapidement imités par d’autres bibliophiles.

Certaines de ces reliures particulières nous sont parvenues. Peu sont signées, mais on découvre parfois la marque de relieurs de l’époque, comme Pierson, Guellier ou Carayon.
H

La lettre du bibliophile

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Reconnaître les différents styles de dorure II

Reconnaître les différents styles de dorure II

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Voici la suite du message de Xavier sur les différents styles de dorure. Pour des considérations plus générales sur chaque type de reliure, utilisant telle ou telle forme de dorure, vous pouvez retrouver bon nombre des styles présentés dans mes divers articles sur les différents type de reliures.

Le style Régence, le XVIIIe.

On y recherche la légèreté, l’équilibre et la délicatesse ; on y trouve des visages féminins, des animaux (colombes, dauphins,..) ; des jardins fleuris, des thèmes de chasse et de pêche….de la rocaille. Reconnaître les différents styles de dorure IIEn fait, la dominante caractéristique est l’intégration des thèmes floraux. C’est la période de Le Monnier, Pasdeloup, de Derôme et de son fer à l’oiseau. Mais la seule innovation est l’apparition des décors mosaïqués, les relieurs précédemment cités s’y sont essayés. Reconnaître les différents styles de dorure II (2)(quelques fers à l’oiseau)

Le XVIIIe est quelque peu en panne d’inspiration et nous voyons apparaitre le style Anglais qui se prolonge sous le Directoire et la Restauration. Reconnaître les différents styles de dorure II (3)La révolution : Elle rompt avec le passé et est promesse d’avenir, mais destructrice des œuvres anciennes telles les armoiries, dorures et même des livres ; d’où les armes grattées sur des ouvrages que l’on peut trouver aujourd’hui. Plus de reliures de luxe, il ne reste que les travaux courants dont les décors sont très simples dans leur conception : l’art officiel domine. Reconnaître les différents styles de dorure II (4)L’empire : le Consulat et l’Empire ne renient pas les grandes et glorieuses civilisations disparues ; palettes grecques et lauriers sont de rigueur, couronnes de roses nouées d’un mince ruban flottant d’allure sévère. Reconnaître les différents styles de dorure II (5)C’est la période des frères Bozérian, peu enthousiastes de l’art officiel ; Ils y créent les dos sans nerfs, les petits fers noyés dans des fonds pointillés : ils amorcent le style romantique.

Le style Romantique : moment fort du XIXe.
Quelques fers restauration (1815-1830) Reconnaître les différents styles de dorure II (6)Décors de type « cathédrale » : La dorure à la plaque facilite grandement la tâche (la célèbre maison Gruel en a gravé d’une incroyable finesse) Reconnaître les différents styles de dorure II (7)Quelques roulettes romantiques. Reconnaître les différents styles de dorure II (8)Les pastiches, seconde moitié du XIXe ;
Pour tous les arts les créations sont totalement axées sur le passé. La dorure s’inspire alors de tous les styles français, mais aussi Chinois et japonais.

Les dorures croissent en nombre ; notons aussi que la plupart des fleurons anciens qui peuvent encore exister de nos jours furent gravés à cette époque très active. Les plaques antérieures au XIXe siècle sont supérieures en épaisseur au 6.5mm/7mm imposés par l’industrialisation de la dorure.

Les fers, quand à eux, possèdent sur la tige un renflement ; c’est donc un moyen de vérifier « l’authenticité » des plaques et fleurons réellement anciens.

Le retour à la créativité, avec l’atelier de Marius-Michel (le père était le doreur de Capé) qui s’illustra par la qualité, mais aussi par ses conceptions valorisant la flore et le feuillage ; les mosaïques souvent serties de filets annoncent le XXe siècle. Reconnaître les différents styles de dorure II (9)Le XXe siècle, l’art déco, 1925 Reconnaître les différents styles de dorure II (10)Merci Xavier, H
Pour en savoir plus , et les ouvrages consultés pour cet article :
-Julien Fléty-La gravure des fers à dorer, Technorama. 1984
-Pascal Alivon-Styles et modèles. Guide des styles de dorure et de décorations des reliures. Arnoville, 1990, isbn : 2950453902
-Henri Béraldi-La reliure du XIXe siècle
-E.Quentin-Bauchart-Les relieurs 1500-1900, aussi en PDF ici :
-Louis-Marie Michon-Les reliures mosaïqués du XVIIIe
-Léon Gruel-Conférences sur la reliure et la dorure des livres, 1896

Foire aux questions sur la dorure des reliures anciennes

Qu’est-ce que la dorure en reliure ?

La dorure consiste à imprimer un motif décoratif sur le cuir d’une reliure à l’aide de fers chauds (lisses, ornés ou roulettes) et de feuilles d’or. Le doreur est souvent un artisan distinct du relieur. Les grands ateliers ont leurs propres fers, créant des décors reconnaissables.

Comment identifier le style de dorure d’une reliure ancienne ?

L’identification se fait sur trois critères : les motifs des fers (fleurons, palmettes, dentelles), leur disposition (semis, encadrement, médaillon central), et l’époque (la mode des décors évolue par siècle). La comparaison avec des planches de référence (Lohr, Devauchelle) est précieuse.

Quelle différence entre une dorure et un gaufrage ?

La dorure applique de l’or sur le cuir avec un fer chauffé. Le gaufrage (ou estampage à froid) marque le cuir en relief sans or, créant un motif en creux. Les deux techniques peuvent coexister sur la même reliure.

Les dorures peuvent-elles s’effacer avec le temps ?

Oui : l’or est posé en feuilles très fines et peut s’écailler ou disparaître par usure (frottements répétés, manipulation), surtout sur le dos. Une bonne dorure de l’époque, posée sur un cuir bien préparé, dure cependant des siècles. Les dorures modernes « à la presse » (XXe siècle) sont moins durables.

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