Le Salon du Livre Ancien du Grand Palais, vision III: Bernard, une approche scientifico-photographique

Amis Bibliophiles bonsoir,

Depuis quelques années les amoureux des livres se retrouvent dans un lieu grandiose, le Grand Palais. Je me souviens qu’il y a quelques années le salon s’est tenu à la Conciergerie, lieu prestigieux encore plus en accord avec le livre ancien, mais trop exigu. Puis il y a eu Wagram, la Mutualité … qu’il vaut mieux oublier … 


C’est l’occasion pour moi de reprendre contact avec certains libraires que je ne rencontre qu’à cette occasion ou d’en rencontrer de nouveaux comme Eric que je remercie encore de sa gentillesse.


L’ambiance y est toujours détendue. La tentation est permanente mais raison et finance veillent. Les livres scientifiques ne sont pas majoritaires, loin de là, mais vous pouvez vous faire un petit plaisir avec un ouvrage du XVIII ème pour quelques centaines d’euros ou avec un rarissime ouvrage de Viète pour 300 000 euros. 


Mais c’est aussi l’occasion de retrouver certains amis bibliophiles autour d’une table dans une ambiance décontractée. J’ai raté Bertrand et Pierre; je les salue. On aimerait avoir le temps de discuter plus longuement avec tous. Qu’on se le dise: les bibliophiles ne sont pas tous de tristes rats de bibliothèques !!!
Merci encore à Hugues l’initiateur de ces retrouvailles annuelles.
Bernard

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

L’exposition Geoffroy Tory au Musée national de la Renaissance.

L’exposition Geoffroy Tory au Musée national de la Renaissance.

Amis Bibliophiles bonjour, 

Le Musée national de la Renaissance est installé à Ecouen dans le château que fit construire le connétable Anne de Montmorency, Grand Maître de François Ier. Il était donc tout désigné pour accueillir l’exposition, toute bibliophile, organisée conjointement avec la BnF sur Geoffroy (sic) Tory. 

Disons tout de suite que cette exposition dans trois salles du rez-de-chaussée du château est une brillante réussite. On ne se moque pas du visiteur. La mise en scène, passée l’acclimatation au faible niveau de lux, est séduisante. Les cartels lisibles, les explications limpides, les pièces présentées extraordinaires. 

Pour connaître un peu le sujet, j’affirme que les commissaires de l’exposition ont bien travaillé et bien fouillé les réserves des bibliothèques publiques et privées. Presque 150 livres s’offrent à vous, et pour plus de clarté les commissaires n’ont pas hésité à exposer plusieurs exemplaires du Champ fleury pour les ouvrir à différentes pages ou présenter leurs reliures. 
Colophon du champ fleury

Sept exemplaires de ce livre de 1529 se trouvent ainsi réunis en un même lieu, ce qui n’a pas dû se produire depuis fort longtemps. L’exposition est bien conduite depuis les origines de Tory, en passant par son influence sur l’illustration (en particulier des livres d’heures), l’aventure du Champ fleury, l’imprimeur du roi pour se terminer par la reliure. Toujours, les exemples d’inspiration ou des contre exemples contemporains sont présentés simultanément. 
Parmi d’autres, voici quelques pièces remarquables: le manuscrit des verrines de Cicéron, doté des ex-libris de Robert Gaguin, Geoffroy Tory et Jean Grolier, les heures de Tory imprimées par Simon de Colines en 1525 et offertes en mariage à Robert Estienne et Perrette Bade, enrichies d’un frontispice enluminé inspiré de la marque de Josse Bade, le père, représentant des imprimeurs au travail, les heures de Tory de 1531 ornées d’une planche dépliante à double page du “triomphe de la Vierge Marie” inspiré des triomphes du songe de Poliphile, les reliures “au pot cassé”. Pour un passionné deux bonnes heures de visite sont nécessaires.
Le Sacre & Coronement de la Royne… Tory, 1531, (collection privée)Marque au pot cassé (collection privée)Enfin deux remarques infimes en forme de post-scriptum, vous aurez noté que l’exposition a fait le choix moderne d’écrire Geoffroy avec deux f, ce que ne fît jamais Tory, ensuite l’avis d’une visiteuse d’Ecouen qui avait vu les affiches dans le métro mais n’y avait pas prêté attention, Tory lui étant inconnu, elle venait seulement pour le Musée et regrettait que l’exposition n’ait pas opté pour un titre plus évocateur ou simplement pour son sous-titre.
Reliure au pot casséLe catalogue: 
À l’occasion de cette exposition la rmn-Grandpalais édite un catalogue collectif, « GEOFFROY TORY, Imprimeur de François Ier, graphiste avant la lettre.” 

Cet In-4 sous jaquette rempliée illustrée des caractères du Champ fleury, compte 158 pp. Les articles sont signés Stéphanie Deprouw, Olivier Halévy, Magali Vène et Fabienne Le Bars. Les chapitres traitent “de Bourges à Paris en passant par l’Italie”, “des livres d’heures d’un genre nouveau”, “à travers Champ fleury norme typographique et imagination visuelle”, de l“imprimeur du roy” et de “Geoffroy Tory et la reliure”. L’illustration en couleurs est abondante et le papier d’un fort grammage non glacé agréable. Comme il se doit dans un catalogue d’exposition toutes les oeuvres exposées sont décrites. Une bibliographie générale clos l’ouvrage, où on note avec un pincement au coeur une référence à la Nouvelle Revue des livres anciens.
Un ouvrage à acquérir en tous cas!
Lauverjat

6 Commentaires

  1. Grâce à Bernard, j'ai pu feuilleter, comme si je les connaissais déjà, deux belles éditions du traité du neutonisme de Voltaire ainsi que les Leçons de physique expérimentale de Nollet. Mais ce qui m'a le plus intrigué (je ne l'ai pas eu entre les mains) fut la planche d'un ouvrage montrant un navire porté, dans le ciel, par une montgolfière ! Cette solution n'a jamais été mise en pratique, je crois ;-)) Pierre

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