Le bibliophile et écrivain Jérôme Doucet (1865 – 1957) et ses pseudonymes.

Amis Bibliophiles bonsoir,  Jérôme Doucet est un acteur important du monde de l’édition au début du XXe siècle; grâce à ses relations privilégiées avec de nombreux artistes, occupant des postes importants auprès de plusieurs éditeurs, il intervient dans des revues littéraires et artistiques de luxe. A ce titre, il est amené à publier souvent, et son nom revient au sommaire de nombreuses publications, comme secrétaire de rédaction, directeur de la publication, préfacier, auteur.  Il joue ainsi un rôle important dans les publications d’art de ce temps: la Revue Illustrée, de la famille Baschet, le Gil Blas Illustré, la société «Le Livre et l’Estampe», puis «l’Art et les Artistes».  Dans ces différentes fonctions il est amené à publier, à publier beaucoup. Ses contributions régulières dans les périodiques en question regroupent des articles journalistiques (critiques d’art, revues de presse, comptes-rendus d’évènements plus ou moins mondains) et des publications plus littéraires, généralement illustrées, qui sont ensuite regroupées et éditées luxueusement, par la Revue ou par le biais d’un éditeur traditionnel, Ferroud notamment.  Les annonces de la Revue Illustrée pour l’année 1899 sont assez parlantes : – les Princesses de Jean Lorrain, contes illustrés par Manuel Orazi, – les contes de Doucet, illustrés par Alfred Garth-Jones, – notre ami Pierrot, de Doucet, pantomimes illustrées par Louis Morin, – le Rire de la Grande Armée, illustré par Carrey, – la Chanson des Mois, de Doucet, illustré par Leloir. Même si ce programme ne sera finalement pas respecté, il illustre bien la place prépondérante de Doucet: «notre ami Pierrot» et «la Chanson des Mois» comprennent chacun 12 contes, Garth Jones a illustré 13 histoires de Doucet.  Dans l’ «Almanach du Bibliophile pour 1901» de Pelletan, Clément-Janin chronique (assez férocement pour certains d’entre eux) 21 livres de luxe parus en 1900 et 1901. Parmi eux, trois livres de Doucet: les «Contes de la Fileuse», les «Contes de Haute-Lisse», tous deux illustrés par Alfred Garth-Jones, et «Trois Légendes, d’Or, d’Argent et de cuivre», illustré par Rochegrosse. Ces trois livres ont fait l’objet de prépublications dans la Revue Illustrée, sur 21 livraisons, de 1895 à 1905 (pour le dernier conte, l’«âme du Samovar», illustré par Rochegrosse).  Parallèlement à ces occupations «sérieuses», Jérôme Doucet s’adonne à une passion: l’écriture pour les enfants. Très tôt il donne de petites histoires, qui tiennent sur quelques pages. Elles sont illustrées, bien sûr, et éditées par les maisons spécialisées, Juven en particulier.  Ces différentes activités sont menées en parallèle, et un petit recensement, sans doute non exhaustif, donne une idée de son rythme de travail: – de 1900 à 1909, 30 ouvrages portent la signature de Doucet, soit comme auteur, soit comme préfacier (4 fois).  Cette production importante ne regroupe pourtant pas la totalité de ses contributions.  En effet, très tôt Doucet a utilisé un pseudonyme, qu’il n’a pas eu beaucoup de mal à imaginer.  Jérôme Doucet est le fils de Théophile Doucet, «professeur de l’enseignement supérieur», qui s’adonnait aux plaisirs de la poésie, et publiait ses productions (souvent des sonnets, très à la mode à cette époque) dans les revues littéraires lyonnaises, où il avait commencé sa carrière, soit sous son nom, soit en utilisant le nom de sa ferme de Beaumont-le-Roger, où il était né: Montfrileux.  La première signature «Jérôme Doucet» dans un livre figure dans le recueil publié en hommage à Joséphin Soulary, imprimé en 1891 par Storck, à Lyon. Il s’agit d’un sonnet pastiche du plus célèbre sonnet de Joséphin Soulary, qui est dédié «A P. POUR SES ETRENNES », P. ici désignant son père, et moquant gentiment sa passion du sonnet.  Et ce n’est sans doute pas un hasard si la première «vraie» publication de Jérôme Doucet, en 1892, toujours chez Storck, deux années après la mort de son père, porte comme auteur «Jérôme DOUCET / de Montfrileux». Il ne faut sans doute pas y voir une fausse particule, mais plutôt un rappel discret de ce père admiré, un rappel de ses origines. La dédicace porte d’ailleurs «à la mémoire de mon père».   Jérôme Doucet, «Cure d’Amour», petit in-8, 42pages, imp. Storck, 1892.   Toujours est-il que Doucet se souviendra de ce pseudonyme, quand il augmentera son rythme de publication.  Doucet l’utilise pour la première fois en 1896, pour signer «Guerriers et Soldats», illustré par Caran d’Ache, publié par la «Société d’édition et de publications» (Juven).   Montfrilleux, «Guerriers et Soldats», illustré par Caran d’Ache, in4, 18 pages, librairie Félix Juven, sans date (1896).  Il le réutilisera alors régulièrement, notamment dans la Revue Illustrée, dont il est devenu le «Secrétaire de la Rédaction», ce qui lui permet de donner plusieurs contributions dans le même numéro…  Ce pseudonyme de Montfrileux connaîtra plusieurs variantes: Montfrileux seul, Jérôme de Montfrileux, F. de Montfrileux, ou encore J. de Montfrilleux.  Voici une petite recension de son utilisation :  – 1896: «Guerriers et Soldats», signé «Montfrilleux» (avec deux L), illustré par Caran d’Ache, Société d’édition et de Publications. – 1903: «Monsieur Minns. Horace Sparkins», signé «F de Montfrileux» d’après Dickens, illustré par Harry Eliott, publié par «Le Livre et l’Estampe». – 1903: «Le Livre des Masques», signé «Montfrileux», illustré par Jules Fontanez, publié par «Le Livre et l’Estampe». – 1909: «Gentlemen» d’après Dickens, signé «J. de Montfrileux», illustré par Harry Eliott, chez Blaizot. – 1913: «Mossieu Clown», signé «Montfrileux», illustré par Poussin, chez Delagrave. – 1916: «Les deux Cartouche», signé «Montfrileux», illustré par Robida, chez Delagrave. 
– 1923: «les parodies des grands chefs-d’œuvre», signé «J. de Montfrileux», illustré par Bébin, imprimerie Kapp.  – Date inconnue (vers 1905): «le Monologue de l’ours», signé «Montfrileux», illustré par Léonce Burret, publié par Boivin.    On ne discerne pas vraiment de logique évidente dans cette liste: des livres bon marché pour enfants y côtoient des publications de bibliophilie, à tirage limité. Du reste Doucet ne faisait pas mystère de ce pseudonyme, assez transparent.    Légende: Louis Morin, «la Revue des Quatre Saisons», 1900-1901, p. 158.  Mais il se trouve que Jérôme Doucet a utilisé un autre pseudonyme… Il nous donne lui-même des indices à ce sujet. En effet, parmi ses dernières publications, Jérôme Doucet glisse des allusions personnelles.  En 1936, il publie «Mademoiselle Graindsel», à la Bibliothèque Rose. Les personnages principaux, autour de la fillette, sont ses parents, Jacques de Pierrelée, capitaine de cavalerie, Josette de Montfrileux son épouse, et sa grand-mère, Delphine de Pierrelée. Il faut ici se souvenir que la grand-mère de Jérôme Doucet s’appelait Delphine Baudesson de Richebourg, ainsi qu’il nous le rappelle lui-même dans la dédicace de son premier livre important, la «Chanson des Choses», et que Théophile Doucet était lui-même capitaine de cavalerie, avant de quitter l’armée et de devenir professeur.    Dédicace de «la Chanson des Choses», Henry-May, 1900.   Ce nom de Pierrelée n’est pas tout à fait inconnu, si on consulte notamment les sommaires de la Revue Illustrée, aux époques où Jérôme Doucet y travaille. On trouve, sous la signature de Simon de Pierrelée, de nombreux articles, en tout point semblables à ceux que Doucet signe Montfrileux. On trouve également des contes, illustrés par Harry Eliott, de la même veine que ceux produits par Doucet. Certaines de ces contributions seront reprises en volume. Voici une liste sans doute non exhaustive des publications signées Pierrelée :  – 1903: introduction à «Gaspard de la Nuit», illustré par Jules Fontanez, signé «Simon de Pierrelée», publié par «Le Livre et l’Estampe». – 1904: «Contes d’un loup de mer», illustré par Lubin de Beauvais, signé « Pierrelée », chez Juven. – Non daté: «Le plus malin», illustré par Vimar, signé « Pierrelée », chez Boivin. – Non daté: «L’automobile de Sidi Poussah», illustré par Le Bocain, signé « Pierrelée », chez Boivin. – Non daté: «Chasses extraordinaires», illustré par Harry Eliott, chez Boivin (Société d’édition et de publications).    Pierrelée, «le plus malin», illustré par Vimar, in12, 12 pages, société d’édition et de Publications, 1909. On retrouve dans cette liste des points communs avec Montfrileux… encore plus frappants si on la rapproche d’un (petit) extrait des publications signées Doucet dans ces années-là :  – 1903: «Princesses de Jade et de Jadis», illustré par Lorant-Heilbronn, publié par « Le Livre et l’Estampe » – 1907: «Six belles histoires de chasse», illustré par Harry Eliott, publié par Blaizot – 1908: «Six grosses bouffées de pipe», illustré par Harry Eliott, publié par Blaizot  Nb: Ces histoires illustrées par Harry Eliott, avaient été publiées auparavant par la Revue Illustrée, sous la signature de Simon de Pierrelée…   Page de titre de «Princesses de Jade et de Jadis», signé Doucet, illustré par Lorant-Heilbronn, grand in-4, «Le Livre et l’Estampe», 1903. 25 ex. sur japon ancien avec une aquarelle et une suite avant la lettre, 25 ex. sur japon impérial avec une suite avant la lettre, 300 ex. sur vélin d’Arches.   Doucet a publié la même année, quatre ouvrages, signés de trois noms différents, dans sa propre maison d’édition, «Le Livre et L’estampe». Sa collaboration avec Harry Eliott, sur les années 1903-1908, a produit sept livres, également signés des trois noms…  Pierrelée, comme Montfrileux, est un lieu-dit proche de Beaumont-le-Roger. Une branche de la famille Doucet y avait-elle ses origines ?  Comme pour Montfrileux, Jérôme Doucet n’a pas eu à chercher bien loin ce nouveau pseudonyme. En effet, son père avait utilisé ce nom, dans un conte, qui a été publié par « la Revue du Siècle », en 1896. Ce conte, signé Théophile Doucet, a pour héros un certain Simon de Pierrelée, fierté des éditions Lemerre. Jérôme Doucet republiera ce conte en 1903, dans «Gil Blas Illustré». Cette fois-ci le héros s’appelle Charles Créol, et le conte est signé Simon de Pierrelée…  Reste un dernier cas, qui ne rentre qu’à peine dans ce cadre.  Jérôme Doucet a une activité reconnue, dans trois domaines: la critique d’art, les livres de luxe, et les livres pour enfants. Dans ces trois domaines ses publications sont de bonne tenue. Pas de gauloiserie chez lui… Mais il y a tout de même une petite exception.  Pour une publication publicitaire, Doucet donnera en 1913 «Quelques estampes gracieuses et précieuses du XVIIIe siècle», qui reste de bon ton. Mais la même année il publie «peintres et graveurs libertins du XVIIIe siècle», qui a un propos moins académique, chez Méricant. Cette fois-ci le livre est signé «Gérôme Doucet»… Erreur de l’éditeur, assez peu probable, Doucet ayant déjà publié deux ouvrages dans cette maison les années précédentes, ou volonté de se cacher un peu?  Gérôme Doucet (sic), « Peintres et Graveurs libertins du XVIIIe siècle », grand in-4, Méricant, 1913, 30 ex. sur vélin de Hollande, plus un « tirage limité » (re-sic) et numéroté. Calamar

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Petit voyage au cœur de la bibliothèque de H.-F. Robert de Lamennais.

Petit voyage au cœur de la bibliothèque de H.-F. Robert de Lamennais.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Bertrand étant j’en ai peur complètement insensible au talent de Van Nistelroy, il me rend un fier service ce soir en vous proposant un voyage au cœur de la bibliothèque de H.-F. Robert de Lamennais.

La Mennais à son bureau de travail en habit.

Il dut y avoir foule au 17 de la rue Vivienne à Paris ce lundi 2 janvier 1837 à 6 heures du soir.

Ce jour-là, c’était la bibliothèque d’un grand homme (1) qui allait partir à l’encan.

Pas moins de 2.208 ouvrages pour le catalogue principal et 143 pour le supplément.

Serait-ce à la bibliothèque d’un bibliophile, d’un homme de lettres, d’un homme politique, d’un religieux, ou plus encore à celle d’un polémiste, que le public aurait à faire ?

C’est ce que nous allons essayer de voir ensemble en flânant au gré des pages de ce catalogue qui vient de nous tomber entre les mains (2).

Mais commençons plutôt ce voyage initiatique …

Tout d’abord empruntons quelques lignes à l’avis du libraire placé en tête de ce catalogue :

« (…) à la lecture tant soit peu réfléchie de ce catalogue, on reconnaîtra tout d’abord la bibliothèque de l’illustre auteur de l’Essai sur l’indifférence en matière de religion, et la nombreuse réunion d’ouvrages de polémique religieuse qui s’y trouve, ne laisse aucun doute à cet égard. (…)
La théologie qui en fait la principale spécialité est complète dans toutes ses parties, et ferait honneur à une bibliothèque publique. Il s’y trouve une très-belle réunion de Bibles en langues, Hébraïque, Grecque, Latine et Française, et la plus riche collection qui existe peut-être des SS. Pères grecs et latins, la plupart éditions des Bénédictins. Sur la même ligne et comme seconde spécialité on remarque les auteurs classiques anciens, tel que : Hérodote, Thucydide, Xénophon, etc. pour l’histoire, et Aristophane, Euripide, Sophocle, etc. pour la littérature. Les exemplaires de ces divers auteurs sont des meilleures éditions et de la plus belle conservation. (…) Tous les ouvrages portent la signature autographe de M. de La Mennais, et quelques-uns, spécialement ceux de polémique religieuse, sont revêtus de notes manuscrites plus ou moins nombreuses. (…) »
Fragment de lettre autographe de La Mennais.

On aura compris qu’il s’agit ici avant tout d’une bibliothèque de travail, dont chaque ouvrage a été vraisemblablement lu et relu, avec comme objectif principal, l’accumulation de sources pour les nombreux écrits de l’auteur.

C’est ainsi que la très grande majorité des livres sont simplement reliés en veau ou en parchemin.

Par ailleurs très ouvert à d’autres courants de pensées que le sien, on note quelques ouvrages improbables dans la bibliothèque d’un philosophe catholique. En voici quelques-uns :

– Le Chou-King, un des livres sacrés des Chinois, recueilli par Confucius, 1770. 1 vol. in-4 dem. Bas.
– Zend-Avesta, ouvrage de Zoroastre, 1771, 2 vol. dem. Bas.
– La vie de Mahomet par Boulainvilliers, 1731, veau marbré.
– Apologie pour tous les grands hommes qui ont été accusés de magie, par Naudé, 1669, in-12, veau marbré.
– Recueil précieux de Maçonnerie Adonhiramite, 1786. 1 vol. petit in-12 en veau.
– Discours sur la liberté de penser par Collins, 1717, in-12, veau marbré.
– Examen et discussion critique de l’histoire des diables de Loudun et de la condamnation d’Urbain Grandier, 1747, in-12, veau racine.
– Système de la nature par Mirabeau (Holbach), 1770, 2 vol. in-8, basane.
On sait maintenant que La Mennais ne rechignait pas à lire le matérialisme exposé par ses fondateurs. Est-ce cette influence qui l’amena à publier en 1848 une feuille « socialiste » (le Peuple Constituant) ? On pouvait d’ailleurs lire dans la Revue Suisse de l’époque : « Béranger, Lamennais, Sand et Sue : les quatre puissances socialistes et philanthropiques de notre âge ».

Passons sur les sections « législation et jurisprudence », au contenu classique. On arrive aux « sciences et arts », section bien fournie, avec Pluche et son Histoire du ciel et son spectacle de la nature, une encyclopédie Diderot et d’Alembert incomplète (sans les planches et les tables) ; outre les philosophes anciens bien représentés (Cicéron, Plutarque, Platon, Epictète, etc.), on trouve les modernes (Bacon, La Bruyère, Descartes, Helvétius, La Mettrie, Newton, Leibniz, Montaigne, Vauvenargues, Charron, etc.)

Un Buffon (petite édition in-18) pour l’histoire naturelle, une Histoire générale des mathématiques par Charles Bossut (1810), etc.

L’étude des langues anciennes et étrangères est largement représentée, la philologie y tient une place de choix.

Rabelais est bien là, dans son édition de 1725 en 5 vol. in-12, relié en veau. Même Madame de Sévigné a eu les honneurs du polémiste (Lettres, 1786, 9 vol. basane époque).
Quelques livres de voyages, dont la Découverte des Indes occidentales par les espagnols, par Las Casas, 1697, relié en veau.

L’histoire ancienne et moderne est bien fournie. Les classiques y sont tous ou preque.

Pour toute bibliographie La Mennais possédait quelques titres seulement dont le Dictionnaire des ouvrages anonymes par Barbier dans son EO de 1806.

L’examen approfondi de ce catalogue ne nous a pas permis de trouver de livres luxueusement reliés en maroquin ou sortis d’ateliers de reliure de l’époque (Simier, Thouvenin, Bozerian, etc.). Visiblement M. de La Mennais n’était pas amateur de reliures d’art. Il semble avoir toujours privilégié le contenu au contenant.

« On peut généralement, à l’examen des livres d’une bibliothèque, prononcer sur les goûts et surtout sur la direction des études et des travaux de son fondateur » (extrait de l’avis du libraire). C’est bien le cas ici. On sent l’homme derrière ses livres. Tout transpire de manière assez limpide.

M. de La Mennais, né à St-Malo en 1782, a 55 ans lorsqu’il décide de vendre, de son vivant, la bibliothèque qui est dans son château de La Chesnaie en Bretagne. C’est sans aucun doute un besoin pressant d’argent qui l’y oblige. Il meurt à Paris en 1854 à 72 ans. On imagine que pendant les presque vingt dernières années de sa vie il réussit à reconstituer le fond de sa bibliothèque.
Le Château de La Chesnaie (commune de St-Pierre-de-Plesguen, I.-et. V.) ancien manoir des Lamennais. Les livres vendus étaient ici.

Je terminerai ce petit exposé par une belle page de Charles Nodier, prince des bibliophiles de son époque et qui s’exprimait ainsi dans le Bulletin du Bibliophile de 1836-1837 :

« M. de La Mennais vend ses livres, et il ne les vend probablement que parce qu’il a besoin de les vendre. Cette particularité restera dans la mémoire des hommes comme un des traits caractéristiques du siècle d’or que la révolution libérale et humanitaire nous a fait. (…) Je recommande la bibliothèque de M. de La Mennais aux amateurs de livres ; je la recommande aux hommes de cœur. Quiconque a une âme et un écu doit placer parmi ses livres un des livres qui ont appartenu à M. de La Mennais. » (Charles Nodier, Bulletin du Bibliophile, 1836).

Exemplaire en reliure pleine de l’époque de l’Essai sur l’indifférence en matière de religion, 4 volume in-8, 1817-1823.

Je ne sais rien des résultats d’adjudication pour cette vente de janvier 1837. Mon catalogue est vierge de toute annotation. Certaines pages étaient même encore non coupées lors de ma première lecture …

Je ne sais pas plus s’il y eut une nouvelle vente des livres de La Mennais après sont décès ?? Sans doute.

En espérant vous avoir fait découvrir un sentier méconnu,

Amitiés bibliophiliques, Bertrand Merci Bertrand,H

Notes :
(1) Hugues-Félicité Robert de Lamennais, né à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) en 1782 et décédé à Paris en 1854, était un écrivain et philosophe français. Son nom de famille est Robert et c’est en s’inspirant du lieu-dit « la Mennais » où son grand’père possédait une métairie qu’il se nomma ainsi. Issu d’une famille pieuse de petite noblesse récente, il fut ordonné prêtre en 1816. Philosophe chrétien, connu pour être un personnage ultramontain, Lamennais peut être considéré comme le précurseur du catholicisme libéral, du catholicisme social, ainsi que de la démocratie chrétienne. (source Wiki).

(1) Catalogue de la bibliothèque de M. F. de Lamennais. (faux-titre). Catalogue de livres rares et précieux provenant de la bibliothèque de M. F. de Lamennais, dont la vente se fera le lundi, 2 janvier 1837, et jours suivants, à 6 heures du soir. Rue Vivienne, n°17. Par le ministère de MM. Bonnefond de La Vialle et Barbier, commissaires-priseurs. L’exposition aura lieu tous les jours, de midi à 4 heures, à partir du 15 décembre. Paris, Paul Daubrée et Cailleux, éditeur des œuvres complètes de M. F. de La Mennais. Rue Vivienne, n°17, 1836. 1 volume in-8 (21,5 x 13,5 cm) de (2)-iij-(3)-160-(4) pages, broché, non rogné, imprimé sur beau papier vergé fin. Localisation : Fonds ancien de la BM de Rennes. Cote 349014. BNF, Paris, cote FRBNF36558851. Peut-être en existe-t-il d’autres dans d’autre fonds mais ce sont les deux seuls exemplaires que nous avons répertorié. Ce catalogue semble fort rare. Sans doute n’a-t-il été tiré qu’à un très petit nombre d’exemplaires.

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