Caché, volé, racheté : l’histoire folle d’un manuscrit de Sade, (les derniers développements)

Amis Bibliophiles bonjour,

Je vous invite aujourd’hui à découvrir le très intéressant article de Nathaniel Herzberg (http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/10/01/cache-vole-rachete-l-histoire-folle-du-manuscrit-de-sade_1767353_3260.html) sur la belle histoire d’un manuscrit de Sade.


« Donatien de Sade ne rejetait ni la violence ni la perversité. Nul doute qu’il aurait apprécié la sourde bataille qui fait aujourd’hui rage autour du manuscrit des Cent Vingt Journées de Sodome. Une histoire de vol, de passion, d’argent bien sûr. Une lutte qui, n’en déplaise au Divin Marquis, pourrait trouver une issue heureuse. Deux familles de collectionneurs et la Bibliothèque nationale de France (BNF) tentent de trouver un terrain d’entente afin de mettre fin à vingt-cinq ans de conflit, en France et en Suisse, et de faire entrer le document dans les collections nationales. Une négociation à gros budget – plusieurs millions d’euros – et à haut risque – d’autres prédateurs rôdent – que l’institution parisienne estime pourtant « bien engagée ».
L’histoire du manuscrit est à la hauteur de ce texte, le premier mais aussi le plus extrême rédigé par Sade. Incarcéré en 1777 à Vincennes puis à la Bastille pour les traitements infligés à plusieurs jeunes filles, le marquis croupit en cellule depuis huit ans quand il se décide à faire œuvre littéraire. Seul et privé de ses fantasmes, ou plutôt de leur satisfaction, il se rattrape à travers ses héros : quatre hommes de 45 à 60 ans, « dont la fortune immense est le produit du meurtre et de la concussion ».
Enfermés en plein hiver dans un château de la Forêt-Noire, avec quarante-deux filles et garçons livrés à leur pouvoir absolu, ils font subir pendant quatre mois, aux jeunes oies blanches, une succession de six cents perversions. Insoutenable pour la plupart (même Georges Bataille jugeait sa lecture pénible), génial pour quelques-uns, le texte a de quoi choquer. Meurtres, tortures, humiliations : le texte n’épargne ni Dieu, ni les hommes, ni même les bêtes. Pour ne citer qu’un extrait, choisi par l’écrivain Chantal Thomas en exergue du chapitre consacré aux Cent Vingt Journées dans son livre Sade (Le Seuil, 1994) : « Il encule un cygne en lui mettant une hostie dans le cul, et il étrangle lui-même l’animal en déchargeant. » Une douceur, faut-il préciser, par rapport à d’autres « perversions » décrites dans le texte. De quoi susciter, aujourd’hui encore, de vives réprobations. Il y a quelques jours, la Corée du Sud a ainsi ordonné son interdiction en raison de son « extrême obscénité » et ordonné la mise au pilon de tous les exemplaires du livre nouvellement traduit.
En 1785, le détenu Sade ne risque qu’une chose : la confiscation. Les feuilles de brouillon prennent trop de place. Du 22 octobre au 28 novembre, à raison de trois heures par jour, il couvre donc, d’une écriture minuscule, les deux côtés de petits feuillets de 12 centimètres de largeur. Il assemble ensuite les folios en un rouleau de 12,10 mètres de long, qu’il dissimule entre les pierres de sa cellule. Le document y restera plus de trois ans. Jusqu’aux fameuses journées de juillet 1789.
L’épisode est resté célèbre : dès le 2 du mois, Sade est à la fenêtre. De derrière les barreaux, il harangue la foule, lui intime de brûler la prison. L’administration royale le déplace à l’asile de Charenton. La légende le décrit nu au cours du transfert. Il laisse en tout cas derrière lui ses effets, dont le précieux manuscrit. Lorsque la Bastille est détruite, le rouleau et ses brouillons partent en fumée. Du moins, c’est ce dont le marquis est convaincu. Jusqu’à sa mort, en 1814, il regrettera la perte de son chef-d’oeuvre, affirmant avoir versé « des larmes de sang ».
Il ignore que, lors de l’assaut, le frêle objet a été récupéré par le citoyen Arnoux de Saint-Maximin, qui l’a vendu au marquis de Villeneuve-Trans. Resté dans cette famille pendant trois générations, le manuscrit est cédé en 1900 à Iwan Bloch. Dermatologue et psychiatre, inventeur de la sexologie, le médecin allemand fait éditer le texte en 1904, sous le pseudonyme d’Eugen Dühren. Mais la publication est truffée de milliers d’erreurs.
En 1929, le vicomte Charles de Noailles mandate Maurice Heine afin qu’il rachète le rouleau. A l’éditeur et écrivain incombe la charge de négocier, analyser, puis publier le document. L’ancien journaliste s’en acquitte avec un soin exemplaire, qui fait de cette publication, conduite entre 1931 et 1935 et réservée aux « bibliophiles souscripteurs » pour éviter la censure, la version de référence.
Les Noailles, de leur côté, financent l’opération et entrent en possession du trésor. Mécènes, Charles et Marie-Laure n’ont peur ni du risque ni du scandale. En 1930, n’ont-ils pas produit L’Age d’or, de Luis Buñuel et Salvador Dali, déclenchant l’une des plus formidables polémiques de l’histoire du cinéma ? Qui plus est, Marie-Laure, née Bischoffsheim, se trouve apparentée au Divin Marquis. A défaut de nouvelle famille, le précieux manuscrit a trouvé un nouveau refuge.
A la mort des époux, c’est leur seconde fille, Nathalie, qui en hérite. En 1982, elle confie le texte à un ami, l’éditeur Jean Grouet, qui souhaite l’étudier, de même que la partition originale des Noces de Stravinsky. Quelques mois plus tard, et à sa demande, il lui restitue le coffret. La légende – encore une – évoque un écrin de forme phallique. Il n’en est rien. L’étui en cuir présente la forme banale d’un parallélépipède. Surtout, il est vide. Jean Grouet a vendu le rouleau le 17 décembre, pour 300 000 francs, au Suisse Gérard Nordmann.
Encore un personnage hors norme. Héritier d’une grande chaîne de supermarchés, en Suisse mais aussi en France (il possède alors le Printemps), Gérard Nordmann est un collectionneur multicarte. Avec, par-dessus tout, une passion : les curiosa, autrement dit les objets, représentations ou manuscrits érotiques. Dans cette catégorie, il est inégalé.
En 2004, après sa mort, l’exposition de sa collection à la Fondation Bodmer constituera un événement mondial.
A la suite de la découverte du vol, le fils de Nathalie de Noailles, Carlo Perrone, contacte le passionné suisse. « Je lui ai proposé de le dédommager intégralement, raconte-t-il. Il m’a répondu que c’était la plus belle pièce de sa collection, qu’il l’avait acquise légalement et qu’il n’était pas question qu’il s’en sépare. »
Légalement… Pendant quinze ans, de part et d’autre des Alpes, les tribunaux vont examiner le sujet. Pour la France, la Cour de cassation tranche en juin 1990 : l’œuvre a bel et bien été volée, écrit-elle, et doit être restituée à ses propriétaires légitimes, la famille de Noailles. En Suisse, le tribunal fédéral, qui clôt la procédure en mai 1998, est d’un tout autre avis : pour la haute juridiction helvétique, Gérard Nordmann a acquis le document auprès d’un proche de Mme de Noailles, contacté par l’intermédiaire d’un libraire parisien irréprochable, au prix du marché et en payant par chèque. Sa « bonne foi » est donc constituée.
Depuis lors, la situation était gelée. En Suisse, le rouleau pouvait circuler librement, d’où sa présentation à Coligny, sur les bords du Léman, lors de l’exposition de 2004. Mais qu’il passât la frontière et la pièce aurait été saisie et restituée à Carlo Perrone.
Situation insupportable pour le fils de Nathalie de Noailles, patron de presse en Italie, mais aussi pour les héritiers de Gérard Nordmann, qui, ne partageant pas la passion paternelle, souhaitaient vendre. Ils disposaient même d’un acheteur. Gérard Lhéritier, collectionneur et créateur du Musée des lettres et manuscrits, à Paris, avait offert 4 millions d’euros pour le joyau. Avant de conclure la vente, au début de l’année, son avocat a toutefois contacté Carlo Perrone, pour connaître ses intentions. « Il m’a dit qu’il le ferait saisir, j’ai donc renoncé », regrette le collectionneur, qui ne « désespère pas » de l’exposer un jour dans son musée.
C’est pourtant une autre solution qui se dessine. Et une autre destination : la BNF. Début juillet, son président, Bruno Racine, a fait adopter, par la Commission des trésors nationaux, le « vœu » d’un « retour en France du manuscrit en vue de son entrée future dans le patrimoine national ». Manière d’annoncer que le document pourrait être classé trésor national et bénéficier des avantages fiscaux offerts aux mécènes qui soutiendraient son acquisition.
Car c’est une négociation financière qui s’ouvre à présent. Combien la BNF est-elle prête à donner ? Comment se répartiraient les bénéfices entre les héritiers Nordmann et Carlo Perrone ? Contactés par Le Monde, les premiers ont jugé « prématurée toute déclaration ».
Carlo Perrone ne souhaite pas davantage se prononcer sur la « clé de répartition » d’une somme globale qu’il évalue « entre 4 et 5 millions d’euros ». Il se dit prêt à « faire des concessions, si c’est pour la BNF. Ma famille a toujours entretenu de bons rapports avec les musées nationaux français. Le manuscrit des Noces, après sa restitution, est allé à la Bibliothèque nationale. » Mais il refuse de voir les Nordmann tirer seuls les profits de ce « vol ». Pour « bien engagée » qu’elle soit, la négociation promet d’être ardue.
Nathaniel Herzberg »

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Exposition de Reliures IV

Exposition de Reliures IV

Amis Bibliophiles Bonsoir,
Comme promis, voici une première exposition de reliures. Une fois n’est pas coutume, elles sont plus modernes que celles que vous avez l’habitude de voir sur le blog. Plutôt que de faire une exposition d’une centaine de reliures, j’ai prévu d’en faire plusieurs pour éviter de ralentir trop le temps de chargement. Merci à tous ceux qui m’ont envoyé des images, que je conserve précieusement et vous proposerai très bientôt. Pour cette première exposition, un immense merci à Michel pour ces superbes photos et des notices que j’ai envie de qualifier de… parfaites et très précises! Merci Michel!
Goncourt – Histoire de Marie-Antoinette. Edition ornée d’encadrements à chaque page par Giacomelli et de douze planches hors-texte, reproduction d’originaux du XVIII° siècle
Charpentier, Paris. 1878. In-4 Carré.
un des 15 exemplaires sur chine (n° 5), vi, 512 pp., 14 planches hors-texte dont la très rare planche du « Bol-Sein  » (le titre annonce 12 planches et la table 13) dont 4 rehaussées de couleurs et 2 sur doubles pages, toutes tirées sur chine fort, sauf la lettre sur vergé ; reliure signée G. Mercier successeur de son père en plein maroquin bleu roi, dos à 5 nerfs richement orné, plats ornés de filets et roulettes variées dorés avec fleurons d’angles, doubles filets dorés sur les coupes et coiffes, tranches dorées sur témoins, doublures de maroquin blanc cassé richement ornées de filets, roulettes et décors variés, couvertures et dos conservés, sous chemise et étui, ex-libris de Laurent Meus et Raoul Simonson

FLAUBERT
Salammbô, 2 vol.
Ferroud, Paris. 1900. In-8 Grand-Jésus.
un des 200 exemplaires sur japon ou grand vélin d’Arches (n° 37 sur japon), xxiv, 186 pp. + table, 232 pp. + table, 52 compositions de Georges Rochegrosse gravées à l’eau-forte par Champollion : 2 vignettes de couvertures répétées sur les titres, 20 hors-texte dont 2 frontispices, 15 grands bandeaux, 15 culs-de-lampe ; enrichi d’une suite à l’eau-forte pure en noir avec remarques sur japon, et une suite à l’état définitif avant la lettre en noir avec remarques sur japon ; préface de Léon Hennique ; reliure signée Maylander en plein maroquin bleu marine, dos à 4 nerfs sautés orné de riches décors mosaïqués d’inspiration égyptienne, décors mosaïqués à l’identique sur les plats, doubles filets dorés sur les coupes et coiffes, tranches dorées sur témoins, doublures de maroquin vieux rose foncé orné de larges cadres arabisants en cuir colorés ou mosaïqués, couvertures et dos conservés, sous chemises et étuis

GARNIER
Histoire de la céramique, poteries, faiences et porcelaines chez tous les peuples depuis les temps anciens jusqu’à nos jours
Mame, Tours. 1882. In-8 Raisin.
2° édition, xv, 568 pp., 9 planches hors-texte sous serpentes légendées, dont 4 en chromolithographies, 179 figures in-texte, superbe reliure en plein maroquin brun, dos à 5 nerfs, caissons avec fleuron central encadré de double filets dorés, plats richement mosaïqués avec un listel vert d’encadrement bordé de roulettes et filets dorés, intérieur en maroquin prune avec triple entrelats de maroquin noir et bleu, motif central formé de 3 cercles de maroquin crème, le tout orné de motifs floraux, double filet doré sur les coiffes, roulette doré sur les coupes, doublure en maroquin vert avec guirlande de double motifs dorés encadrée de filets et roulettes dorées, toutes tranches dorées, reliure non signée mais pourrait être attribué au successeur de Cape

GATINEAU
Vie de Monseigneur Saint Martin de Tours
Mame, Tours. 1860. In-8 Cavalier.
édition limitée à 180 exemplaires, un des 60 sur vergé chamois, xvi, 184 pp., reliure signée A. Mame en plein maroquin vert lierre, dos à 5 nerfs orné de caissons dorés aux petits fers, plats ornés d’un décor d’entrelats de filets dorés avec fleurons dorés aux angles dans un triple encadrement de filets et roulettes dorés, doublure bord à bord de même maroquin à large dentelle dorée, garde de moire marron glacé, toutes tranches dorées, double filets dorés sur les coupes et coiffes

Anatole FRANCE
Thaïs – Librairie des Amateurs, Paris. 1909. In-8 Raisin
un des 85 exemplaires sur japon impérial (n° 118) avec deux états des eaux-fortes, dont l’avant lettre avec remarque, 229 pp. + table, 15 compositions dont un frontispice en couleurs par Georges Rochegrosse gravées à l’eau-forte par E. Decisy, reliure signée Bernasconi en plein maroquin bordeaux.

BRIVOIS
Essai de bibliographie des oeuvres de M. Alphonse Daudet avec fragments inédits
Conquet, Paris. 1895. In-8 Ecu
édition originale, un des 10 exemplaires sur papier de Chine (n° 15), vii, 143 pages, reliure signée Lortic en plein maroquin grenat, dos à 5 nerfs, caissons ornés de filets s’entrecroisant, filet doré sur les plats encadrant deux réseaux de triples filets, le premier s’entrecroisant pour former des carrés aux angles, double filet sur les coupes et les coiffes, contreplats avec triple filets dorés s’entrecroisant et gardes en tissu grenat

COLLECTIF
Voyage de Chapelle et de bachaumont. Madrigaux de Monsieur de la Sablière. Conjuration du Comte de Fiesque par le Cardinal de Retz. Oeuvres choisies de Sarrazin.
Delangle, Paris. 1825/26. In-18 Carré
Collection de petits classiques françois imprimée à 500 exemplaires, LXXXIII, CLXXVI, CXXXI, CLV, lettrines et bandeaux noirs, reliures signées Bernard David en plein Maroquin vert, dos à 5 nerfs finement ornés de caissons, filets et roulettesdorées, filets dorés sur les coupes et coiffes, gardes décorées de dentelles, toutes tranches dorées, coiffes avec légers frottis, les quatre volumes dans un emboitage, ceux-ci représentent la moitié de cette très élégante collection imprimée en caractères Didot et publiée par Charles Nodier et Nicolas Delangle, également connue sous le nom de  » Collection de la Duchesse de Berry « 

Théodore de BANVILLE
Gringoire, comédie en un acte, en prose
Louis Conard, Paris. 1904. In-8 Carré.
tirage à 171 exemplaires numérotés et paraphés par l’éditeur, un des 150 sur papier vélin de Blanchet & Kléber (n° 76), ix, 116pp., 32 compositions d’Edmond Malassis gravées sur cuivre en couleurs par Louis Mortier, reliure signée Durvand en plein maroquin bleu, dos à 4 nerfs sautés orné de caissons, date en queue, double filet d’encadrement sur les plats, encadrement doré avec décor de feuilles mosaïquées, infime travail de vers en marge du 2° plat, doublure de maroquin mosaïqué, garde de soie, double filet doré sur les coiffes et coupes, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservées, ex-libris Lucien Cerceau

BANVILLE
Théodore de Gringoire, comédie en un acte, en prose
Conquet, Paris. 1899. In-8 Jésus
tirage à 250 exemplaires, un des 150 sur vélin du Marais (n° 205), portrait de l’auteur en frontispice, iv, 98 pp., 14 compositions de J. Wagrez gravées à l’eau-forte par L. Boisson, reliure signée Vermorel en plein maroquin brun, dos à 5 nerfs avec décors à froid encadré d’un filet doré dans les caissons, mosaïques de fleurs de lys sur maroquin rouge aux centres des caissons, large décor à froid estampés sur les plats avec double encadrement de filets dorés et mosaïques de fleurs de lys sur maroquin rouge aux quatres coins, doubles filets dorés sur les coupes et coiffes, tête dorée, large décor doré sur bordure de maroquin brun sur les gardes, avec motif central en tissue de soie, couvertures et dos conservés, exemplaire enrichi du prospectus de souscription, du programme de représentation de retraite de Monsieur Georges Berr de la Comédie française du 30 avril 1926, de la liste dactylographiée des bus mis en services spécialement pour cette représentation, reliés in-fine, deux coupures de presse de l’époque sont également jointe, sous étui bordé de même maroquin.

BALZAC Honoré de Eugénie Grandet
Les Amis du Livre, Paris. 1883. In-8 Raisin.
tirage à 120 exemplaires, exemplaire n° 115 offert à M. Le Rat, 345 pp., suivi de la table des matières et de la liste des membres des Amis du Livre, ouvrage orné de huit sujets dessinés par M. Dagnan-Bouveret et gravés à l’eau-forte par M. Le Rat en deux états, reliure signée Chambolle-Duru en plein maroquin prune, dos à 5 nerfs orné d’entrelats de doubles filets dorés dans les caissons, plats décorés d’entrelats de filets dorés, doubles filets dorés sur les coupes et coiffes, doublure de maroquin lavalière mosaïqués avec décors de guirlandes dorées dans un double filets dorés d’encadrement, toutes tranches dorées, couvertures et dos conservées, sous chemise en demi maroquin prune, dos légèrement insolé, et étui bordé

BRILLAT-SAVARIN Physiologie du Gout
Furne et Cie, Paris. 1864. In-8 Raisin
précédée d’une notice par Alph. Karr, dessins de Bertall, 459 pages, nombreuses vignettes gravées sur bois et 7 planches hors-texte gravées sur acier dont une en frontispice, demi basane maroquinée rouge, dos lisse mosaïqué joliment orné, tête dorée, couvertures et dos conservées

ANONYME Chronologie des Seigneurs et Propriétaires du Domaine de Rouillac
s.d.. In-4 Raisin.
2 ff n ch., 1 ff.n.ch.(faux-titre), 1 ff n ch (titre), 43pp n ch. ornées de lettrines, de blasons et de culs-de-lampe peints à la main, le texte gothique est manuscrit, toutes les pages sur papier fort montées sur onglets, livre manuscript gothique enluminé par F. Fauconnet, effectué pour le Baron Haussmann, propriétaire du Domaine de Rouillac (Gironde) qu’il avait acheté en 1864. Ouvrage reprenant la généalogie des familles et leurs blasons et la chronologie des Seigneurs et propriétaires du Domaine de Rouillac. reliure en plein maroquin rouge cerise,dos à 5 nerfs orné d’encadrements de filets dorés, 1° plat aux armes du Baron Haussmann avec inscription Rouillac, double filets dorés sur les coupes et coiffes, large dentelle intérieure, garde en moire rouge, sous étui bordé
ANONYME
Madame la Duchesse d’Orléans. Lettres originales de Madame la Duchesse d’Orléans.
Michel Lévy Frères ; Magnin, Blanchard , Paris. 1859. In-8 Cavalier
édition spéciale tirée à 100 exemplaires sur vélin supérieur collé (n° 41), 239 pages, reliure signée Andrieux en maroquin bleu marine, dos à 5 nerfs orné de filets et couronnes, double filet d’encadrment sur les plats, chiffres couronnés aux angles, double filets sur les coupes et coiffes, dentelles intérieures, toutes tranches dorées (Andrieux était le relieur de la Maison d’Orléans,il exerça de 1837 à 1870 environ)
ARENE Paul Jean-des-Figues
Librairie Internationnale, Paris. 1870. In-12 Carré.
édition originale, 333 pp. + table, avec une eau-forte d’Emile Bénassit en frontispice, reliure signée Semet & Plumelle en plein maroquin corail, dos à 5 nerfs orné d’un fleuron répété mosaïqué de maroquin blanc dans les caissons entourés d’un listel de maroquin vert encadrés de filets dorés, plats ornés d’un encadrement de quatre filets dorés avec fleurons d’angle, le tout encadré d’un listel de maroquin vert encadrés de filets dorés, gardes doublées bord à bord de box vert, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés, chemise en demi maroquin corail à bandes sous étui bordé de même maroquin

Magnifiques, non?
Hugues

21 Commentaires

  1. Je suis surpris par ce débat. Que Sade ne soit pas un grand écrivain, soit, mais cela ne signifie pas pour autant qu'il ne doive pas être publié? Qui êtes-vous, qui sommes-nous pour en juger?

    S'il ne fallait retenir que les grands textes, les bibliothèques des bibliophiles seraient vides.

    Au risque de blasphémer… Uzanne par exemple, dont une grande partie des écrits est tout simplement illisible, quand il ne s'agît pas comme vient semble-t-il de le découvrir Bertrand, d'un texte antisémite (dans cas, je préfère encore les fautes de goût de Justine….)… franchement, la moitié de ses écrits sont sans talent et sans intérêt. Choux à la crème indigestes, précieux, etc.

    En revanche, certains de ses textes sont très bons. Il est publié, on se rengorge. Sade est publié, tant mieux. Ca permet de le lire et de former son goût, dans le pire des cas.

    Messieurs les censeurs, bonjour.

    Hugues

  2. @ Olivier : une " cote " pas une "côte" de boeuf ou maritime.
    2 points de moins
    et un bon point au bibliophile rhemus qui ose aller à rebours de la pensée unique sur les ouvrages de ce sinistre personnage.
    patrick C.

  3. Bah par déranger je ne voulais pas dire que ça me dérange.
    Ça interpelle, ça bouscule un peu les représentations du 18ème siècle, non? Cette volonté d'être lu quand ce qu'on a à dire ne peut pas être entendu, moi ça me questionne.

    Mais si ça vous rassure de penser que la côte, et je ne parle pas de sa côte financière(exponentielle),de Sade n'est due qu'à une épidémie de priapisme…

  4. Tant qu'on ne dit pas de mal d'Anatole France et de Jules Renard… 😉
    Ceci dit, j'ai (essayé de) lire quelques ouvrages de Sade, et certains se lisent effectivement bien, et sont agréables à lire, mais les 120 journées, franchement je n'ai pas pu.

  5. Réponse intéressante, Olivier, mais en quoi est-ce "dérangeant" (qui est dérangé ?) ?
    En tout cas, ce n'est pas inhabituels: les fous littéraires veulent tous être publiés, c'est une de leurs particularités. Le thème de Sade lui a assuré plus de succès que des délires mystiques ou des théories scientifiques révolutionnaires, mais vaut-il vraiment mieux sur le fond ? Au risque de commencer à devenir de mauvaise foi, je persiste à penser que c'est la pornographie et la violence qui lui ont assuré son succès actuel.
    Parmi les auteurs de l'époque poursuivis par les bibliophiles, Rétif, au moins, est plus avenant.

    Quoi qu'il en soit, j'ai écorché le titre de l'ouvrage de Dantzig: lire Dictionnaire "égoïste" (ce qui revient un peu au même). Entre autres éreintements revigorants (quoique, ou parce qu'injustes): Aragon, Claudel et Yourcenar (mais là, je suis moins d'accord).
    Guillaumus

  6. On est bien d'accord Guillaumus, ce n'est pas un honnête littérateur.
    C'est effectivement répétitif (mathématique, quantophrénique), absurde souvent (essayez de représenter sur le papier les scènes de sexe qu'il décrit).
    Par ailleurs, mais qu'alliez-vous l'y chercher il n'a rien à faire dans un dictionnaire amoureux (même de la littérature).
    La seule chose (vraiment) dérangeante chez Sade c'est qu'il est absolument voulu être publié. Ça c'est dérangeant.

    Olivier

  7. Je pense au contraire que Jean-Paul, lui, a lu Sade. Charles DANTZIG lui consacre une notice très juste dans son Dictionnaire amoureux. C'est répétitif (sur le fond et sur la fore), et l'on périrait d'ennui sans quelques remontées de dégoût… 
    Il y a tellement mieux à la fin du xviiie, dont le talent est éclipsé par cette fausse gloire (Chênier, Sénac de Meilhan, Florian, à redécouvrir – dans d'autres genres bien sûr). Sade a un intérêt pathologique et historique, mais certainement pas littéraire. Ce qui explique la différence de cote avec d'honnêtes littérateurs.
    Guillaumus

  8. Bravo olivier, Sade est comparable par certains points à Rabelais, il a poussé à l'excès ses textes, mais ce pour mieux atteindre son but et démontrer sa philosophie.Ne le repoussons pas dans le boudoir des curiosités littéraires.

    Daniel B.

  9. C'est ça… Mettons aussi Bataille, l'Arétin et Apollinaire au pilon! Ah non, pour Apollinaire, on garde l'intéressant (donnez-moi les critères de choix siouplait!) et on jette l'obscène, pour Musset on verra… Le reste, je suggère un grand autodafé, de nuit de préférence, avec musique militaire et défilé!

  10. Que voilà un jugement mesuré et étayé Jean-Paul.
    Sade était malade c'est certain (mais il n'y avait aucun secours pour lui à l'époque), le condamner au rebut de l'histoire littéraire…
    Comment le bibliographe que vous êtes explique la survie de ses textes? Assurément pas par leur caractère pornographique, ce qu'ils ne sont pas. Ou alors vous ne les avez pas lu.

    Olivier

  11. Petit calcul amusant suivant les données de l'insee 1 franc 1982 = 0,31727 euros de 2011 Le manuscrit a donc été vendu en 1982 94581 euros de 2011. Il est aujourd'hui estimé 4 a 5 millions d'euros soit 40 a 50 fois + , à moins que ce ne soit des francs Suisses mais l'article ne le dit pas, ce serait encore un différentiel d'au moins 10 x …on comprend mieux pourquoi il y a bataille. Cherchez l'erreur.;-)

    Daniel B.

  12. Vraiment étrange cette histoire de vol, quand l'on voit ce qui se passe lors des successions de bibliothèques bien plus petites, où cela se déchire, où des livres sont vendus séparément par différents membre de la famille…Enfin on ne va pas commenter une décision de justice, quoi qu'ici les verdicts soit différents suivant les pays qui aimeraient bien tous deux conserver le manuscrit… je comprend la difficulté des juges, car de prime abord et sans connaître le dossier, cela sent étrangement la vente par courtage regrettée par la suite, car peut être sous évalué ?.

    Daniel B.

  13. Seul un génie (affligé de pas mal de pathologies j'en conviens) a pu se tirer de telles contrariétés éditoriales.
    Je remercie ma professeure de philosophie de terminale de nous avoir tous fait plancher sur la "philosophie dans le boudoir" en vue de préparer l'oral pour les plus malchanceux d'entre-nous (je parle bien du baccalauréat ici…).

    Français encore un effort si vous voulez être républicains [que diable!] 😉
    Olivier

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