Amis Bibliophiles bonjour,
La bibliothèque du château de Chantilly répond avec élégance à l’exposition “Gaston Fébus prince Soleil » du Musée de Cluny.
À travers sa présentation “Gaston Fébus à Chantilly”, elle offre, pour peu de temps, dans le cabinet des livres un panorama “du livre de chasse dans les collections du duc d’Aumale”. Un vingtaine d’ouvrages précieux de ce bibliophile grand amateur de vénerie sont exposés.
Gaston Fébus, « Le livre de la chasse », manuscrit XVeTout d’abord l’exemplaire du “livre de la chasse” de Gaston Fébus, manuscrit enluminé riche de 85 miniatures sur parchemin aux armes de Bourbon-Condé.
« Le Livre du roi Modus et de la reine Ratio »
ex libris du duc Jean de BerryAuparavant, bien sûr, nous nous attarderons sur les ouvrages des précurseurs Henri de Ferrières “le livre du roi Modus et de la reine Ratio” manuscrit du XIVe siècle de Robert de Lorris acquis par Aumale à la vente Pichon, et Gace de la Buigne “les déduits de la chasse” en particulier dans un modeste mais précieux exemplaire sur papier peut-être de la main de l’auteur et pourvu de l’ex-libris manuscrit du duc Jean de Berry, l’inoubliable bibliophile des “Très Riches Heures”.
Guillaume Tardif, »Art de la fauconnerie et déduyt des chiens de chasse », Jean II Trepperel, circa 1530. Quelques manuscrits plus loin, mais comment passer sous silence ce “Livre de Fauconnerie” de Jean de Franchières enluminé, acquis à la vente Yéméniz, voici les éditions incunables et gothiques de Jacques du Fouilloux, Gaston Fébus ou Guillaume Tardif. L’occasion de découvrir une ravissante édition Trepperel, si rare dont Chantilly est si riche. L’exposition se ferme sur les traités XVIIIe de vénerie et la fanfare (air pour trompe de chasse), “la Chantilly”.
Lauverjat
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Des Livres à l’honneur : Les « Livre à la Mode » de Caraccioli


Deux ans plus tard, en 1759, devant le succès de ce premier opuscule, Caraccioli récidive avec un deuxième « Livre à la Mode », imprimé intégralement en rouge vermillon/rose; puis avec un troisième « Livre à la Mode », imprimé entièrement en jaune. 

En 1760, il bouclera la boucle avec l’incroyable « Livre de Quatre Couleurs », « Aux Quatre Eléments, de l’imprimerie des Quatre Saisons, en 4444 ». Cette fois-ci l’ouvrage est imprimé en 4 couleurs : une préface en jaune orangé, une partie en bleu turquoise, une partie en marron, une partie en rouge écarlate, et une dernière partie en jaune orangé. 
L’ouvrage est un petit bijou, qu’il faut vraiment avoir tenu dans ses mains pour réaliser combien il est unique par rapport à toute la production typographique du 18ème.
De plus, le texte est lui aussi très agréable, et Caraccioli se moque d’ailleurs de lui-même et des modes dès le début, quand il souligne que vraisemblablement la couleur seule de ses ouvrages suffira à leur succès, dans une époque où l’on s’entiche de tout et de rien, sous les prétextes souvent les plus futiles. Il écrit également qu’il propose à ses lecteurs des livres qui leur ressemblent, colorés « … je vous offre (…) le plus beau des vermillons, tel enfin qu’il brille sur vos visages magnifiquement et furieusement enluminés »… Les ouvrages traitent en particulier de ces futilités qui caractérisent la vie d’une cour : on s’enflamme pour les éventails, on compare l’Etiquette, on démarre la partie imprimée en marron par une digression sur l’invention des toilettes, que l’on doit à deux singes du Serrail du Grand Seigneur, et tout ceci se termine par le testament du baron de Muscoloris, grand-petit maître de la Frivolité.
J’ai la chance de posséder trois des quatre ouvrages (vert, rouge et quatre couleurs), reliés dans un même volume. C’est un petit bijou que je ne me lasse jamais de lire et de contempler, et assurément l’une des prouesses typographiques et, osons le dire, marketing, du 18ème siècle.
Souvent, j’essaie d’imaginer comment il fût accueilli dans ses salons par la Cour de Louis XV… probablement avec ferveur et délicatesse!







Magnifique !
Gaston Fébus, le bibliophile qui écrivait lui-même ses livres.
La crème de la crème… (pas pu m'empêcher).
Blague à part, c'est dans mon almanach des voyages bibliophiliques à faire (dès que j'aurais un peu de temps…).
Merci Lauverjat,
Olivier
Superbe bibliothèque évidemment!
Un des rares lieux où l'on peut se promener à 2 cm des livres juste protégées par des portes vitrées.
Quand on lit les titres et quand on voit les reliures remarquables(Boyet, Derome, Padeloup…), ça donne un peu le vertige!
Wolfi
Superbe. J'avais un magnifique exemplaire du Franchières, ouvrage de Fauconnerie bien connu. Je l'ai vendu. Il me manque 🙂
Hugues