Amis Bibliophiles bonjour,
Je vous avais déjà parlé du Code Voynich (http://bibliophilie.blogspot.com/2009/12/le-manuscrit-de-voynich-un-mystere-de.html), l’un de ces étranges ouvrages, à la frontière de la bibliophilie et qui n’a pas encore décrypté. Mais connaissez vous un autre de ces ouvrages étranges, dont le secret vient lui d’être percé… le code du Copiale.
Le code du Copiale est un manuscrit chiffré formé de 75 000 caractères répartis sur 105 feuillets reliés en un volume. Il est généralement daté de 1760/17801, bien qu’il soit resté inconnu du grand public jusqu’en 2011 lorsqu’une équipe internationale a annoncé qu’elle l’avait décodé. Il avait été découvert dans les archives de l’Académie de Berlin à la fin de la Guerre Froide et est aujourd’hui en mains privées.
Le manuscrit du Copiale tire son nom d’une des deux seules inscriptions non codées que l’on croise au fil des 105 feuillets: «Copiales». Il contient également un ex-libris manuscrit «Philipp 1866» sur la page de garde.
Le manuscrit contient des symboles abstraits ainsi que des lettres grecques et la plupart des lettres de l’alphabet latin. S’il est connu des chercheurs personne ne parvient à comprendre ce dont il s’agît…. jusqu’au mois d’avril dernier, lorsqu’il est décodé informatiquement grâce à une collaboration entre les Universités de Californie du Sud et d’Uppsala en Suède.
Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont réécrit une version du texte pouvant être lue par un ordinateur. Ils ont ensuite essayé de le décrypter grâce à 80 langues, avant de découvrir que le Code du Copiale était en fait un code de chiffrement par substitution complexe: les caractères romains étaient en fait des leurres, destinés à tromper les non initiés, et les messages étaient en fait dans les symboles abstraits.
Les chercheurs ont ensuite essayé d’associer des consonnes et des voyelles allemandes aux différents symboles ou groupes de symboles. Et cela a fonctionné puisqu’en déchiffrant la première phrase du document l’expression « Cérémonies d’initiation » est apparue. Elle était suivie de « Section secrète ».
Les 16 premières pages du document décrivent en fait la cérémonie initiatique d’une société secrète non encore identifiée, mais qui était fascinée par par les yeux et l’ophtalmologie. Pendant le rite d’initiation, il est demandé au candidat de lire un morceau de papier blanc puis, une fois qu’il confesse qu’il ne peut pas le faire, il lui est donné des lunettes et demandé de réessayer ; on lui redemande ensuite après lui avoir essuyé les yeux avec un chiffon, puis après une « opération » pendant laquelle un poil de sourcil lui est arraché…
Relié en papier brocard or et vert, a probablement été rédigé entre 1760 et 1780. Son décryptage est une étape importante pour envisager celui d’autres documents, notamment le Code Voynich.
H
P.S.: merci à Olivier et pour aller plus loin, je vous conseille deux lectures:Le Code du Copiale en anglais: http://stp.lingfil.uu.se/~bea/copiale/copiale-translation.txtEt l’excellent ouvrage de Simon Singh sur les codes secrets, une merveille: « Histoire des codes secrets »
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D’Artagnan, Courtilz de Sandras et Alexandre Dumas…

Le vrai d’Artagnan, de son vrai nom Charles de Batz-Castelmore vécût au 17ème (1615 – 1673). Il est né dans le Gers et débuta sa carrière militaire dans la compagnie des gardes de M. des Essarts. Il participa ensuite à diverses opérations militaires, effectua comme ses « confrères » un voyage à Londres, puis entra dans les fameux mousquetaires, sous la protection de Mazarin. Pendant la Fronde Mazarin lui confiera d’ailleurs plusieurs missions. Par la suite, il montera plutôt rapidement en grade, occupant diverses fonctions et cotoyant les puissants. C’est d’ailleurs lui qui arrêta Fouquet à Nantes avant de le conduire à Pignerol. Enfin, il devient gouverneur de Lille en 1673, mais tombe à Maastricht en juin 1673 alors qu’il est sous les ordres de Vauban et du Roi. Colbert écrivît de lui qu’il était l' »une des créatures de Mazarin ».
Dès 1700, Courtilz de Sandras (1644 – 1712) publiera les Mémoires de Monsieur D’Artagnan, capitaine lieutenant de la Première Compagnie des Mousquetaires du Roi. Contenant quantité de choses particulières & secrettes qui se sont passées sous le règne de Louis le Grand (chez Pierre Marteau). Courtilz de Sandras fût lui aussi mousquetaire et il fort probable qu’il entendît parler du vrai d’Artagnan à la fois au cours de ces années militaires, mais aussi parce qu’il fût embastillé avec un ami proche de Charles de Batz-Castelmore. Après 18 ans chez les mousquetaires, il devînt polygraphe et on lui doit plusieurs ouvrages. Le récit de Sandras mêle le vrai au faux, certains passages sont purement inventés (arrivée à Paris), mais d’autres sont crédibles et de nombreux personnages ont réellement existé, dont Tréville Jussac ou Milady de Winter (Mme de Miramion). Le livre est très intéressant, parce qu’écrit par un contemporain de d’Artagnan, qui était assez au fait de la vie « quotidienne » d’un Mousquetaire du roi. Il n’est pas rare, mais reste recherché.
C’est Dumas qui fît de d’Artagnan l’un des plus grands héros de notre temps. Son histoire est naturellement plus romancée, et le d’Artagnan de Dumas arrive à Paris bien avant le vrai, ce qui lui permet d’être mêlé à l’affaire des ferrets de la Reine ou au siège de la Rochelle. En réalité, Dumas en fait un acteur des grands moments de l’époque et lui fait « croiser le fer » avec Richelieu, quand le véritable sera plus proche de Mazarin. Il décédera malgré tout dans les mêmes circonstances que son inspirateur.





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