Quelques gentlemens extraordinaires….

Amis Bibliophiles bonsoir,
La bibliophilie est souvent un exercice solitaire, et dans ce cas rien de tel que d’ouvrir un ouvrage et d’engager un dialogue muet avec l’un de nos augustes prédécesseurs. C’est simple il n’y a qu’à ouvrir vos livres et tenter votre chance, ceux-ci ont souvent eu la délicatesse d’y laisser une marque.Ex-libris manuscrit de RacineEx-libris Ambroise Firmin DidotEx-libris Robert HoeEx-libris Comte de la BédoyèreEx-libris R.B. AdamEx-libris Charles CousinExemplaire imprimé pour le Prince de MetternichAnnotation du Baron PichonExemplaire offert à M. Adolphe BordesDouce musique.

H

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Un monument de la Bibliophilie: les Pillone

Un monument de la Bibliophilie: les Pillone

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Après les reliure de Jean Grolier, je vous propose de retrouver un message posté sur le blog il y a plus de 3 ans….

Titien, Vecellio, Pillone et Bérès, quatre grands noms pour les amateurs d’art et les bibliophiles, quatre grands noms pour un ensemble unique dans l’histoire de la Bibliophilie : la bibliothèque Pillone.

La bibliothèque ou collection Pillone est l’expression consacrée pour qualifier les quelques cent soixante volumes appartenant à la famille Pillone dont les reliures fûrent peintes par Vecellio.
Dans l’Italie du 16ème siècle, les livres étaient rangés dans le sens inverse de celui que nous utilisons aujourd’hui: ils présentaient leurs tranches de gouttière, et non leurs dos au lecteur faisant face à la bibliothèque (c’est en fait la phase de transition entre les ouvrages rangés à plat et le rangement actuel). La particularité des Pillone, est que Odorico, Giorgio et Antonio Pillone poussèrent l’extravagance vénitienne de l’époque jusqu’à faire peindre, de façon quasi systématique, la tranche de gouttière de leurs ouvrages. En réalité, on parle bien là d’un projet bibliophilo-artistique unique.

Cette tâche extraordinaire fût confiée à Cesare Vecellio (1521 – 1601), neveu ou cousin de Titien (qui s’appelle en fait Tiziano Vecellio), dont les Pillone étaient les protecteurs et mécènes. Cesare Vecellio qui fît ses classes chez Titien peignît également les églises de Belluno, la ville où résidaient les Pillone (Vénétie, à 80 km au nord de Venise). Titien lui-même était d’ailleurs un habitué de la maison des Pillone.

Si l’idée de peindre les tranches n’est pas unique (voir par exemple les nombreux « fore-edge » anglais du 19ème siècle, ou quelques ouvrages français de la fin du 18ème représentant des scènes bucoliques), l’ensemble constitué par les Pillone était lui sans égal.
Une oeuvre de Vecellio à BellunoD’une part, les Pillone furent semble-t-il les seuls de leur époque à faire exécuter ces travaux et d’autre part, les 168 (ou au moins 170 disent d’autres sources) livres ainsi peints étaient regroupés dans un cabinet spécifique. On devine qu’il devait produire un effet particulièrement impressionnant sur ses visiteurs. Quel effet chromatique, et quelle majesté…
En 1875, le bibliophile Tessier, qui eût l’occasion de contempler la bibliothèque Pillone dans la villa même de Belluno en parlait en ces mots «…ceci vous rend extatique, vous pensez vous trouver devant un ensemble d’objets d’art, et vous vous retrouvez non seulement devant une merveilleuse bibliothèque, mais également devant une sublime et abondante collection de tableaux ». Plus loin, il affirme que ce moment aura « dépassé ses attentes ».

Les décors peints par Vecellio représentaient soit des animaux, soit des personnages, souvent les auteurs des ouvrages eux-mêmes d’ailleurs, comme celui ci-dessous. C’est Odorico qui le premier commanda ces œuvres à Vecellio. On a retrouvé quelques une de ses notes destinées au peintre, le plus souvent sur le contreplat. Il y donnait des détails précis sur ses souhaits.

Ce qui est assez unique également, est que cette collection, formée au 16ème siècle par les Pillone nous est parvenue sans trop de dommages au fil des siècles… Enfin, jusqu’à ce qu’elle croise la route de Pierre Bérès, dans la seconde partie du 20ème siècle. Geographie de Strabon, 26 août 1480, orné d’un portrait de Strabon, Vente Bérès décembre 2006

En 1837, on trouve ainsi dans le contrat de mariage d’un descendant des Pillone que le marié apporte « une précieuse collection de livres anciens de grande valeur et d’une grande rareté, et dont l’état de conservation remarquable se double de l’honneur d’être enrichis de miniatures de Vecellio ».
Les volumes seront ensuite vendus en janvier 1875 pour permettre aux descendants de faire face à divers revers de fortune et achetés en bloc par le bibliophile anglais Sir Thomas Brooke qui les déplaça à Londres. Il dressa d’ailleurs la liste de cette « bibliothèque de Venise ». Il fît également fabriquer une bibliothèque d’ébène sur le fronton de laquelle fût gravé en lettres d’or « Libros hic summa repositos cum Diligentia collegit Odoricus Pillonius Venetus, ornavit eximia art Vecellius César. »

Le neveu et héritier de Brooke confia la vente des ouvrages à Alan Keen et c’est en 1957 que Pibi, Pierre Bérès, acheta l’intégralité de la collection, même si trois ouvrages disparurent mystérieusement entre Londres et Paris.

Bérès inventoria la collection, écrivît un ouvrage, proposa des expositions, mais l’acquisition des Pillone par le grand libraire parisien signa également et malheureusement leur dispersion au fil des ventes. Certains d’entre eux furent d’ailleurs vendus lors des grandes ventes Bérès de 2007 et 2008.

Monument de la Bibliophilie, les Pillone ne sont désormais plus « un », puisque l’unité de la collection a été rompue, mais ils restent d’immenses ouvrages, rares, avec des textes prestigieux et, chose peu commune, porteurs pour chacun d’entre eux d’une œuvre unique, une création de Vecellio. Leurs prix se comptent aujourd’hui en dizaines, voire en centaines de milliers d’euros.

On trouve dans les Pillone un petit nombre de livres allemands issus de l’héritage d’un ancêtre des Pillone, qui s’était engagé sous les ordres de Charles Quint, et qui mourût au siège de Metz en 1553. Les chercheurs divisent généralement les Pillone en quatre grandes parties, dont tous les volumes furent peints :
Seneque, Epistolae ad Lucillium, Rome, 1er février 1475. Vente Bérès 2007

– Les volumes du 15ème siècle : ils furent tous publiés en Italie, sauf de lo Speculum Aureum praeceptorum de Enricus Herf imprimé à Nuremberg en 1481: quarante-quatre à Venise, cinq à Trévise, quatre à Brescia quatre, trois à Vérone, trois à Vicenza, trois à Rome, trois à Bologne, deux à Parme, etc.
– La deuxième partie est composée de seize volumes publiés de 1503 à 1520. Dix furent imprimés à Venise, un à Paris, un à Milan, deux à Bâle, un à Naples et un à Lyon.
– La troisième partie est composée de livres entre 1522 a 1547, soit 59 volumes, publiés principalement en Suisse, en Allemagne et en France.
– La quatrième partie contient 30 volumes imprimés entre le milieu du XVIe siècle et 1591.

Naturellement, il ne s’agît que d’une partie de la bibliothèque des Pillone, qui étaient des notables de Belluno, notamment des juristes, et qui possédaient également d’autres nombreux livres, mais dont les tranches ne furent pas peintes, et qui ne furent pas inventoriés.
On pense aujourd’hui que les Pillone firent peindre les volumes qui n’avaient pas trait à leur travail ou à leurs études, mais qu’ils avaient rassemblés pour leur rareté, leur beauté et par passion. L’ensemble des reliures peintes en effet assez hétérogène, regroupant des ouvrages classiques en grec et en latin, des ouvrages scientifiques, des chroniques, des ouvrages de tacttique militaire ou même de voyages.

Je vous ai demandé si l’un de vous avait un exemplaire Rahir… je ne vous demande pas si vous avez un Pillone ! Sourire.

Hugues

Pour en savoir plus, vous pouvez notamment consulter :
Pierre Bérès : Cesare Vecellio et la bibliothèque Pillone. Paris, P. Berès, 1957. 1 volume in-8
Pierre Bérès : catalogue n°67, un groupe de livres Pillone
Anthony Hobson : the book collector, 1958
Cesare Vecellio fit des études approfondies sur l’habillement de l’époque avec des descriptions et dessins :
Corona delle nobili e virtuose dame (1591/1598) trilogia di Cesare Vecellio
Degli habiti antichi et moderni di diverse parti del mondo (1589).

100 Commentaires

  1. Il y a des ex-libris d'une grande humilité qui renseignent peu sur la provenance mais qui renseignent sur le lecteur. Cet exemple (traduit du provençal en français) sur joli papier teinté :

    Le temps passe
    Autant qu'il passe bien
    J.Y.L

    Invitation à la méditation. Pierre

  2. je suis seulement mal rasé…
    A la vente de Baecque, il y avait de nombreux livres avec des ex-libris sur cuir. C'est le top du tuning de Ferrari, non ?
    Par ailleurs, la provenance c'est très bien, mais je ne suis pas certain que trouver un ex-libris aide toujours. Souvent on se trouve devant un monogramme, éventuellement illisible…
    D'autre part, il me semble bien que certaines grandes provenances se passent d'ex-libris. Comme par exemple les livres du Colonel Sicklès (le dernier, pas celui qui est mort en 1914).

    Calamar (qui n'arrive plus à publier avec son pseudo…)

  3. On sent bien que depuis hier notre ami Hugues est habité par un mix de San Antonio et de Michel Audiard.

    Ce n'est pas pour me déplaire.

    Plus que de bibliophilie, lorsqu'on découvre un ex libris, qu'il ait appartenu à un bibliophile connu ou inconnu, on parle à mon avis d'histoire d'un livre, son parcours, et là, en fonction de qui on apprécie, cela peut devenir vite passionnant.

    B.

  4. j'arrive un peu tard, tout est dit… donc si je comprends bien, les barbus c'est chelou.
    Un parallèle qui n'a pas été fait : ex-libris, ou encore plus super-libris, avec les armes sur les plats (surtout si elles sont postérieures) ?
    les armes, même de parfaits inconnues, apportent tout de même une plus-value au livre. De même que les ex-libris des personnes célèbres (par exemple ceux mis en illustration de l'article).
    Mais c'est vrai qu'on connaît de magnifiques ex-libris de parfaits inconnus, dont le nom ne survit que grâce aux nombreux ouvrages ornés de ces Ferrari rutilantes. Bertrand avait fait un article sur un de ces bibliophiles, je ne me souviens plus de son nom ?

  5. Justement Viator, j'essaie de réfléchir le moins possible, j'ai déjà essayé une fois et j'ai trouvé ça super fatiguant. Alors apprendre vous imaginez. Heureusement, vous êtes là pour reprendre le flambeau.

    Sur Granvelle, un cardinal qui a des enfants naturels ne peut pas être totalement mauvais, aussi l'homme est éminemment respectable, c'est le bibliophile que je trouve quelconque.

    Depuis hier soir, j'ai reconsidéré, finalement je trouve que Mahieu c'était un peu m'as-tu-vu. Finalement le supra libris au 16ème, c'est un peu comme une Panamera en 2011, ça pose un homme, et ça en remontre aux voisins. C'est un baltringue Mahieu, je préfère la Maserati quattroporte.

    Et je maintiens, vous confondez ex-libris (sujet de ce post) et provenance, sans parler de l'intérêt du livre. Je trouve que Olivier (qui réfléchit, je le connais un peu) a assez bien résumé la situation: vaut quand même mieux un bon livre sans ex-libris ou provenance que l'inverse.

    Jean-Paul: c'était une sorte de parallèle, si tu veux, l'idée de base était que peut-être tous les propriétaires d'ex-libris ne sont pas forcément bibliophiles, sans parler d'être un mec sympa.

    Benoît: bien vu pour l'ex-libris 🙂

    Hugues
    Bibliophilia super marrantum est

  6. si si un ex-libris indique bien une provenance Hugues… Pour moi surtout quand ce n'est pas indiqué sur un descriptif, découvrir un ex-libris est toujours un petit plus, surtout quand l'ex-libris est beau. Et c'est très intéressant au niveau de l'histoire du livre.

  7. DOCTUS CUM WIKI!
    Heureusement Internet ne peut pas tout Hugues. Parfois il faut aussi lire, voir, se déplacer, toucher, réfléchir, en un mot apprendre. Granvelle est un personnage complexe, certes, mais en rien comparable à Hilter. Ses reliures parlantes sont d'un raffinement extreme, le choix de ses textes ne doit jamais rien au hasard non plus. Cette provenance est en tout point remarquable!

    PS. Supra Libris, ex libris (manuscrits, timbres humides ou secs, ou imprimés) nos renseignent TOUJOURS sur une provenance mon cher Hugues.
    Benoit, le Voyageur n'est pas préssé, il chemine à son pas, le temps est avec lui.

  8. Ouh là…
    Bon Didot (en général, sans parler d'ex-libris), j'ai une passion coupable. J'avoue.
    Pour le reste, c'est moins agaçant un beau livre superbement relié sans ex-libris que le même où le relieur n'a pas laissé de trace quand d'autres en laissent et on s'en passerait bien.
    Mais après tout qu'un relieur laisse sa trace, quoi de plus normal même s'il n'a pas de quoi être fier, après tout l'exemplaire est "de lui" partiellement (et cela permet de remonter la trace des méfaits, aussi).
    Un bibliophile n'est que locataire.

    Olivier

  9. Non je précise un peu ma pensée, c'est votre paralèlle qui n'était pas sérieux! Hugues, encore désolé mais pas d'ex libris perso sur mes quelques ouvrages, seul apparait au crayon l'empreinte des libraires…

  10. Un barbu, un moustachu, ça se tient.
    La bibliophilie n'est pas un truc sérieux Viator, ça se saurait.
    La chasse, la philatélie, le golf, ok, mais la bibliophilie… You can't be serious.
    Vous savez Viator, on peut être un grand bibliophile, faire vivre des artistes et même des libraires, sans avoir d'ex-libris!

    Je crois que vous vous êtes égaré en route.

    Bon allez, vous nous montrez le votre? 🙂

    Hugues

  11. Granvelle vs Hitler, prallèle peu commun…
    Soyons sérieux, je parlais de bibliophilie!
    Souvent, sans grands collectionneurs, pas d'artistes. Que serait Michel Ange sans Jules II…Trautz sans James de Rothschild. Et puis sans collectionneurs, pas de libraires!

  12. Lecourt: triste sire.
    Granvelle: vous l'avez connu? Il était pas jojo. Perso, j'aime pas trop les barbus, je ne les trouve pas francs du collier, un truc à cacher, forcément.

    J'ai croisé récemment l'ex-libris d'Hitler dans un ouvrage. Touchant témoignage d'histoire, l'ouvrage se devait d'être recherché (et hop point Godwin).

    Viator: j'espère que vous êtes membre de l'AFCEL, en ce qui me concerne je rassemble des ouvrages, pas des provenances, c'est pour cela que c'est annexe à mes yeux: je ne les enlève pas, mais bon je n'achète/ne recherche pas un livre pour ça.

    Un ex-libris, une provenance seule, ne veut rien dire. Des beaux ex-libris sur les livres sans intérêt, bof. C'est pour ça que je n'ai pas acheté celui du petit Adolf, l'ouvrage n'était pas à la hauteur de l'ex-libris.

    Et puis les moustachus, c'est chelou, vous trouvez pas?

    Hugues

  13. Les collections de tous ces grands bibliophiles ( les Lecourt, Fugger, Colomb…)ns procurent de de precieux témoignages sur l'histoire au sens large et sur l'histoire du livre en particulier. A ce titre, ces précieux exemplaires se doivent d'être recherchés.

    PS. Hugues, Concernant le cardinal de Granvelle je crois qu'il faut réviser encore un peu…

  14. J'aime bien quand tu te lâches Hugues ! On sent que ça te fait du bien (rire)

    Je suis, si tu m'as lu sur le sujet, à peu près de ton avis, mais bon… même Lucien Descaves avait un ex libris alors…

    Cela doit fait appel à certains instincts indéfectibles de l'homo sapiens.

    B.

  15. Beurre de cacahuète tout ça

    Grolier: ok je lui mets un bon point parce qu'il les prêtait à ses potes.

    Mahieu: ouais bof.

    Granvelle: je me gausse. Soyons sérieux.

    🙂
    Hugues
    P.S.: si on peut plus rigoler….

  16. Disons que je ne mettrais pas une pièce sur l'humilité de tous, voire leur sympathie (mais c'est encore un autre débat).

    Heureusement les années ont passé et qui peut dire aujourd'hui si Firmin Didot, Hoe ou Pichon n'étaient pas d'infâmes prétentieux confits dans leur orgueil, qui collaient leurs ex-libris en se gargarisant, etc.
    Et oui, je blasphème mais bon.

    Il y aurait beaucoup à dire sur l'intention "je vais me faire faire un ex-libris et le coller partout". Et il y a forcément de tout: respectables passionnés animés du plaisir de construire une bibliothèque et la cimentant ainsi, prétentiards de bas étage qui …. plus haut que leur …, trous du c.. qui décollent ceux des autres ou les recouvrent des leurs, hurluberlus animés du complexe d'Erostrate, etc.

    Sourire.
    Hugues

    P.S: ça devrait être réglementé, j'envoie tout de suite un dossier à l'Europe. Comment "il est interdit d'interdire?", on se réveille les gars!

  17. C'est parce que tu n'es pas bibliophile, c'est bien connu (sourire).

    A part Racine, tu constateras que ces ex-libris sont surtout ceux de bibliophiles, c'est pour cela que je ne me pâme pas devant eux; enfin pas devant leurs ex-libris et le fait qu'un livre vienne de chez Hoe ou Didot (même si je suis admiratif devant les bibliothèques de ces bibliophiles). Dans le cas d'envoi ou d'un ex-libris d'auteur la chose peut-être différente, si je suis sensible à l'auteur.

    Un ex-libris de… au hasard Boylesve ou Henri Bordeaux par exemple, me laisse également assez froid.

    Après, je le redis, l'avantage du predigree et surtout de savoir que le livre a plus de chances d'être "sain".

    Pour ce qui est de la valeur marchande, je n'avais même pas entré cette inconnue dans l'équation…

    Hugues

  18. "je ne suis pas vraiment sensible aux provenances" ah ?

    Pourtant une provenance peut au contrait émouvoir, c'est en tous les cas comme cela que je ressens les choses.

    Pas pareil un exemplaire qui est passé entre les mains de Proust, d'Hugo ou de Voltaire que le même anonyme. L'émotion en plus.

    Et si cela se traduit le plus souvent par un prix largement décuplé lorsque la provenance est célèbre (par ex. Racine), alors c'est le signe, à mon avis, que le bibliophile est d'abord un être sensible, qui pense d'abord a ses émotions, avant son porte-monnaie (rires)

    B.

  19. Pareil Michel, en réalité ça me laisse assez froid, je ne suis pas vraiment sensible aux provenances, je dois l'avouer.
    Le seul intérêt que je leur trouve, c'est que c'est souvent un gage de qualité pour un ouvrage, il est souvent complet, bien relié, etc.
    Hugues

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