Quelques gentlemens extraordinaires….

Amis Bibliophiles bonsoir,
La bibliophilie est souvent un exercice solitaire, et dans ce cas rien de tel que d’ouvrir un ouvrage et d’engager un dialogue muet avec l’un de nos augustes prédécesseurs. C’est simple il n’y a qu’à ouvrir vos livres et tenter votre chance, ceux-ci ont souvent eu la délicatesse d’y laisser une marque.Ex-libris manuscrit de RacineEx-libris Ambroise Firmin DidotEx-libris Robert HoeEx-libris Comte de la BédoyèreEx-libris R.B. AdamEx-libris Charles CousinExemplaire imprimé pour le Prince de MetternichAnnotation du Baron PichonExemplaire offert à M. Adolphe BordesDouce musique.

H

La lettre du bibliophile

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Les sociétés de bibliophiles I – La doyenne des sociétés de bibliophiles, la « Société des Bibliophiles François », avec une présentation des Commentaires de la Guerre Gallique.

Les sociétés de bibliophiles I – La doyenne des sociétés de bibliophiles, la « Société des Bibliophiles François », avec une présentation des Commentaires de la Guerre Gallique.

Amis Bibliophiles bonjour,
Si certaines existent encore, formelles ou informelles, au grand jour ou pas, les sociétés de bibliophiles furent la grande affaire des XIXe et XXe siècles. Je vous propose de redécouvrir ces principales sociétés de bibliophiles à travers un cycle d’articles qui leur seront consacrés.
Les sociétés de bibliophiles I – La doyenne des sociétés de bibliophiles, la « Société des Bibliophiles François », avec une présentation des Commentaires de la Guerre Gallique.
La Société des Bibliophiles François, fondée en 1820, est la doyenne de ces sociétés (on ne connaît qu’une seule société qui soit sa doyenne, le Roxburghe Club de Londres, mais nous aurons l’occasion d’y revenir). 
En 1819, en effet, MM. de Chateaugiron, de Pixerécourt, Walckenaër, de Malartic, Durand de Lançon, Bérard, Edouard de Chabrol et de More-Vindé, tous grands amateurs et possesseurs de bibliothèques, conçurent le projet de former une société dans le but de faire imprimer des ouvrages inédits, ou de réimprimer des ouvrages très rares, ce qui restera sa caractéristique principales et sa différence majeur avec les autres sociétés qui furent créées par la suite (et dont l’objectif fut souvent de publier des livres d’art, bien illustrés, tirés à petit nombre).
Cette société, fondée le 1er janvier 1820, prît le nom  de Société des Bibliophiles François.  Aux 8 membres fondateurs, cités ci-dessus, s’ajoutèrent bientôt 16 autres membres et 5 membres associés étrangers, portant l’effectif à 29 (la société atteindra un chiffre maximal de 35 membres).
C’est l’objectif recherché par la Société lui-même qui de facto, définira le recrutement des membres. En effet, la Société des Bibliophiles François n’intègre pas de bibliophiles amateurs de belles estampes, et désirant illustrer somptueusement, idéalement de façon annuelle, un chef-d’oeuvre de la littérature française, en accordant un soin particulier au choix du papier, des caractères, de l’illustrateur, de la composition et du tirage. 
La Société des Bibliophiles François est plutôt une réunion de savants, de gens du monde possesseurs de bibliothèques, d’archives de famille, susceptibles d’apporter à la Compagnie un manuscrit précieux encore inédit, de faire une trouvaille historique ou littéraire, telle des lettres de Louis XIII au Cardinal de Richelieu…, ou de proposer par exemple la réimpression de Roti-Cochon, ouvrage de 1689 destiné à enseigner la lecture aux enfants… ou encore les Commentaires de la Guerre gallique.
La Société des Bibliophiles François publia ainsi moins d’une cinquantaine d’ouvrages, qui sont tous aujourd’hui devenus rares et très recherchés des amateurs. On le voît, cette Société peut presque être considérée comme une académie privée des inscriptions et belles lettres, un salon. Les réunions se tenaient d’ailleurs dans le salon d’un des membres de la Société, ou chacun, comme dans une académie, retrouvait son « fauteuil », portant son numéro d’ordre d’admission.
Les jetons de présence et le papier à lettres de la Société des Bibliophiles François s’ornent de l’effigie de Jacques Auguste de Thou, « patron de la compagnie », qui incarne parfaitement l’objectif historique que s’était donné la Société. 
Les sociétés de bibliophiles I – La doyenne des sociétés de bibliophiles, la « Société des Bibliophiles François », avec une présentation des Commentaires de la Guerre Gallique. (2)
On y retrouvera bien sûr la noblesse (le Comte de la Bédoyère, le baron Pichon, le duc d’Aumale, le prince de Metternich), l’armée et des bourgeois (Ambroise Firmin-Didot, Jules Janin, etc.) et même, c’est à souligner… quelques femmes ainsi la marquise de l’Aigle, la comtesse de Galard, la duchesse de Broglie, la duchesse de Clermont-Tonnerre, la duchesse de Bisaccia.
Ces membres se réunissaient tous les 15 jours de décembre ou janvier à mai ou juin. Un banquet annuel réunissait les membres de la Société. Le plus célèbre d’entre eux, fut celui organisé par Prosper Mérimée au cours duquel furent servis successivement un potage, un turbot, de la selle de mouton, un poulet à la marengo, une timbale à la portugaise et sorbets… pour terminer le premier service, avant de reprendre avec des poulardes truffées, une terrine de Nontron, des asperges en branches, des écrevisses, puis enfin les entremets et les gâteaux; laissant Mérimée sur sa faim puisqu’il se plaignît de ne pas avoir pu se procurer des « huîtres de Marennes ou d’Ostende ».
S’il était naturellement accepté que les membres vendent des ouvrages (soit de façon organisée via des ventes aux enchères, soit de façon occasionnelle), aucune personne faisant commerce de livres ne pouvait y être admise. 
Les sociétés de bibliophiles I – La doyenne des sociétés de bibliophiles, la « Société des Bibliophiles François », avec une présentation des Commentaires de la Guerre Gallique. (3)Le baron Jérôme PichonCette Société se caractérise également par son absence de président à l’origine, les membres fondateurs dirigeant à tour de rôle les débats et occupant le fauteuil « présidentiel ». C’est un président, néanmoins, qui lui donnera un essor notable et permettra de multiplier les publications: le baron Pichon, qui la présida de 1844 à 1894 (réélu chaque année), et accueillit les réunions chez lui, dans son appartement de la Rue Blanche, puis dans son hôtel de Lauzun, quai d’Anjou.
A partir de cette seconde moitié du XIXe, le bureau de la Société des Bibliophiles François se composait du président, d’un secrétaire et d’un trésorier. La Société imposait à ses membres des cotisations annuelles de 200 francs, doublées d’un droit d’entrée de 800 francs. Ce sont ces cotisations qui permettaient de financer les frais d’impressions des ouvrages, qui furent soit imprimés uniquement pour les membres, soit tirés à un nombre d’exemplaires plus importants, et proposés aux amateurs qui non membres par le libraire de la Société, M. Francisque Lefrançois (cette vente annexe permettant d’équilibrer le financement d’un ouvrage).
La Société, si elle ne se focalisa qu’à quelques occasions sur l’illustration, apporte un grand soin à ses ouvrages, allant même jusqu’à acquérir des caractères anciens (par exemple ceux gravés en 1730 par Fleischmann pour les Westein, utilisés à la composition de l’Heptaméron de Marguerite de Navarre en 1853-1854).
La Société des Bibliophiles François occupe donc une place bien à elle dans les sociétés de bibliophiles françaises: académie privée à la dimension historique plus que littéraire, nombre de sièges extrêmement réduit, présence significative de femmes, publications curieuses, livres rares et d’érudition, plutôt que fuite en avant dans la recherche du « beau livre ». 
Focus: Les Commentaires de la Guerre Gallique (1894), orné de 24 portraits, 61 miniatures et 3 cartes, tiré à 31 exemplaires, 29 pour les membres de la Société, un pour la Bibliothèque Nationale et un pour le British Museum.
Les sociétés de bibliophiles I – La doyenne des sociétés de bibliophiles, la « Société des Bibliophiles François », avec une présentation des Commentaires de la Guerre Gallique. (4)
Les Commentaires de la Guerre Gallique est l’un des ouvrages les plus remarquables publiés par la Société des Bibliophiles François. Il illustre parfaitement la mission que s’était donnée la Société. J’ai le plaisir de vous présenter cet ouvrage, dont je possède un exemplaire (exemplaire Prince de Metternich, reliure de Carayon).
Les sociétés de bibliophiles I – La doyenne des sociétés de bibliophiles, la « Société des Bibliophiles François », avec une présentation des Commentaires de la Guerre Gallique. (5)
Au lendemain de Marignan, le Roi François 1er se souvint que quinze siècles auparavant un grand capitaine avait vaincu les Suisses et raconté sa campagne dans un livre immortel. Le Roi voulut le lire et commanda qu’on lui mît en bon français le récit de ce prédécesseur.
La Société des Bibliophiles François, sous l’inspiration d’un Prince issu du même sang glorieux que le Roi François 1er, le duc d’Aumale, décida de reproduire ces trois volumes, et ils furent réimprimés pour ses vingt-neuf membres.
Le destin de cet ouvrage fût cahotique… On suppose ainsi qu’il fut sorti du trésor royal au temps de la Ligue, soit par le pillage du cabinet du roi Henri III dont les dépouilles furent vendues à l’encan devant l’Hôtel de ville, soit par les vols commis dans la bibliothèque du Roi, transportée de Fontainebleau à Paris sous le règne de Charles IX.
Jean Gosselin qui était à cette époque garde de la bibliothèque, dans une note écrite au verso de la reliure d’un manuscrit intitulé La Marguerite des vertus et des vices, accuse le président de Nully « de s’être saisi de la bibliothèque Roi environ la fin du mois de septembre, ayant fait rompre la muraille pour entrer en ladite librairie, laquelle il a possédée jusqu’environ la fin du mois de mars de l’an 1594… Durant le temps susdit ont été emportés de la dicte librairie plusieurs livres dont le commissaire Chenault fit enquête après que le dict Président eut rendu cette librairie ». A la suite et dans une seconde note, Jean Gosselin signale les tentaives faites par le célèbre ligueur Rose, évêque de Senlis, familier ami du Président susdit, et d’autres ligueurs de moindre importance « pour posséder la dicte librairie. Mais feu de bonne mémoire le président Brisson, à ma requête et sollicitation, a empêché leur intention».
Ce certificat délivré au président Barnabé Brisson est en contradiction avec un passage des lettres de Scaliger qui l’accuse d’avoir transporté à son hôtel beaucoup de livres et de manuscrits de la librairie du Roi qu’après sa mort sa veuve avare vendit pour un morceau de pain (vidua avara frustro panis, si ita loqui fas est, dividendi).
Dispersés par les événements, les trois volumes des Commentaires de Guerre Gallique sont restés séparés. Et ils le sont toujours.
Le tome premier reparaît peu de temps après dans la bibliothèque de Christophe Justel, conseille et secrétaire du Roi, ainsi que l’apprend une note écrite au recto du premier feuillet (bibliothecae Christofori Justelli)… Quelque temps avant la révocation de l’édit de Nantes, Justel passa en Angleterre avec sa bibliothèque. Il devint bibliothécaire du Roi d’Angleterre et mourut en 1698. Après lui ce premier tome passa dans la bibliothèque de lord Harley et entra avec la collection Harléienne au British Museum.
Le deuxième volume est arrivé aux mains de M. Van Praet d’une source inconnue. Il a été acheté par lui pour le compte des frères de Bure, les grands libraires, qui l’ont légué à la Bibliothèque Nationale où il est entré en 1852.
Le troisième était la propriété d’un Tourangeau, qui après l’avoir gardé quarante ans dans son armoire, le donna au colonel Lacombe sans dire d’où il était venu (…). Il fut acheté par le libraire Téchener, qui l’a revendu en 1854 à Mgr le duc d’Aumale. Il est maintenant un des joyaux de la bibliothèque de Chantilly.
Grâce à la Société des Bibliophiles François, les trois livres furent rassemblés le temps de réimprimer l’ouvrage. 
L’œuvre consiste en un dialogue entre François 1er et César. La première apparition du romain au roi de France est supposée avoir eu lieu « le dernier jour d’Avril, ung moys après la nativité de son second fils en son parc de Saint-Germain-en-Laye ». S’ensuivent plusieurs apparitions dans des forêts ou des parcs.
Les sociétés de bibliophiles I – La doyenne des sociétés de bibliophiles, la « Société des Bibliophiles François », avec une présentation des Commentaires de la Guerre Gallique. (6)
Les sociétés de bibliophiles I – La doyenne des sociétés de bibliophiles, la « Société des Bibliophiles François », avec une présentation des Commentaires de la Guerre Gallique. (7)
Les sociétés de bibliophiles I – La doyenne des sociétés de bibliophiles, la « Société des Bibliophiles François », avec une présentation des Commentaires de la Guerre Gallique. (8)
Au-delà des qualités de l’impression, c’est la beauté de l’illustration qui frappe le lecteur : les miniatures sont magnifiques, admirablement réhaussées par les miniaturistes Benard et Guerrier, et le style de Godefroy est superbe, qui mélange les costumes romains, comme on les comprenait à la Renaissance, et les costumes italiens des premières années du XVie siècle.
Laissons la parole à Janin dans l’Almanach du bibliophile pour l’année 1898, pages 131-132.« Terminons enfin cet exposé critique des livres de l’année, sur le dernier volume des Commentaires de la Guerre Gallique, réédités aux frais de la Société des Bibliophiles François. Les Commentaires de la Guerre Gallique ne sont point un livre, mais un manuscrit, en trois tomes, que les Bibliophiles françois ont reproduit en fac-simile, pendant le cours des années 1895, 1896 et 1897.
Mais c’est, à coup sûr, une curiosité de bibliothèque, et plus encore une œuvre de grand art, par le soin minutieux qui a été apporté à la reconstitution exacte de l’original. Les nombreuses et superbes miniatures que fit Godefroy le Hollandais pour illustrer la traduction libre de Albert Pighe, de Campen, en Hollande, mathématicien ami d’Erasme, à qui François 1er avait confié le texte, — première traduction française de l’ouvrage de Jules César, — ont été rendues avec la fidélité scrupuleuse que permettent aujourd’hui les procédés photographiques mis en œuvre avec habileté, et corrigés par un artiste. Le texte, manuscrit dans l’original, est imprimé, dans la reproduction, avec un corps antique de noble aspect. L’ouvrage ainsi transposé a un caractère de réelle grandeur, et mérite les éloges les plus absolus.
Les sociétés de bibliophiles I – La doyenne des sociétés de bibliophiles, la « Société des Bibliophiles François », avec une présentation des Commentaires de la Guerre Gallique. (9)
Les manuscrits sont, l’un au British muséum, l’autre à la Bibliothèque Nationale, le troisième à Chantilly ; la réédition n’a été faite qu’à 31 exemplaires, dont deux seulement ont été déposés dans les collections publiques, du British, à Londres, et de la Nationale, à Paris. C’est certainement l’ouvrage le plus rare de cette année 1897, qui, en fin de compte, n’aura pas été l’année de la Comète du livre. »
Cet ouvrage est typique de l’oeuvre de la doyenne des sociétés de bibliophiles françaises, la Société des Bibliophiles François. 
H

Dictionnaire Encyclopédique du Livre
Histoire des Sociétés de Bibliophiles, Raymond Hesse

100 Commentaires

  1. Il y a des ex-libris d'une grande humilité qui renseignent peu sur la provenance mais qui renseignent sur le lecteur. Cet exemple (traduit du provençal en français) sur joli papier teinté :

    Le temps passe
    Autant qu'il passe bien
    J.Y.L

    Invitation à la méditation. Pierre

  2. je suis seulement mal rasé…
    A la vente de Baecque, il y avait de nombreux livres avec des ex-libris sur cuir. C'est le top du tuning de Ferrari, non ?
    Par ailleurs, la provenance c'est très bien, mais je ne suis pas certain que trouver un ex-libris aide toujours. Souvent on se trouve devant un monogramme, éventuellement illisible…
    D'autre part, il me semble bien que certaines grandes provenances se passent d'ex-libris. Comme par exemple les livres du Colonel Sicklès (le dernier, pas celui qui est mort en 1914).

    Calamar (qui n'arrive plus à publier avec son pseudo…)

  3. On sent bien que depuis hier notre ami Hugues est habité par un mix de San Antonio et de Michel Audiard.

    Ce n'est pas pour me déplaire.

    Plus que de bibliophilie, lorsqu'on découvre un ex libris, qu'il ait appartenu à un bibliophile connu ou inconnu, on parle à mon avis d'histoire d'un livre, son parcours, et là, en fonction de qui on apprécie, cela peut devenir vite passionnant.

    B.

  4. j'arrive un peu tard, tout est dit… donc si je comprends bien, les barbus c'est chelou.
    Un parallèle qui n'a pas été fait : ex-libris, ou encore plus super-libris, avec les armes sur les plats (surtout si elles sont postérieures) ?
    les armes, même de parfaits inconnues, apportent tout de même une plus-value au livre. De même que les ex-libris des personnes célèbres (par exemple ceux mis en illustration de l'article).
    Mais c'est vrai qu'on connaît de magnifiques ex-libris de parfaits inconnus, dont le nom ne survit que grâce aux nombreux ouvrages ornés de ces Ferrari rutilantes. Bertrand avait fait un article sur un de ces bibliophiles, je ne me souviens plus de son nom ?

  5. Justement Viator, j'essaie de réfléchir le moins possible, j'ai déjà essayé une fois et j'ai trouvé ça super fatiguant. Alors apprendre vous imaginez. Heureusement, vous êtes là pour reprendre le flambeau.

    Sur Granvelle, un cardinal qui a des enfants naturels ne peut pas être totalement mauvais, aussi l'homme est éminemment respectable, c'est le bibliophile que je trouve quelconque.

    Depuis hier soir, j'ai reconsidéré, finalement je trouve que Mahieu c'était un peu m'as-tu-vu. Finalement le supra libris au 16ème, c'est un peu comme une Panamera en 2011, ça pose un homme, et ça en remontre aux voisins. C'est un baltringue Mahieu, je préfère la Maserati quattroporte.

    Et je maintiens, vous confondez ex-libris (sujet de ce post) et provenance, sans parler de l'intérêt du livre. Je trouve que Olivier (qui réfléchit, je le connais un peu) a assez bien résumé la situation: vaut quand même mieux un bon livre sans ex-libris ou provenance que l'inverse.

    Jean-Paul: c'était une sorte de parallèle, si tu veux, l'idée de base était que peut-être tous les propriétaires d'ex-libris ne sont pas forcément bibliophiles, sans parler d'être un mec sympa.

    Benoît: bien vu pour l'ex-libris 🙂

    Hugues
    Bibliophilia super marrantum est

  6. si si un ex-libris indique bien une provenance Hugues… Pour moi surtout quand ce n'est pas indiqué sur un descriptif, découvrir un ex-libris est toujours un petit plus, surtout quand l'ex-libris est beau. Et c'est très intéressant au niveau de l'histoire du livre.

  7. DOCTUS CUM WIKI!
    Heureusement Internet ne peut pas tout Hugues. Parfois il faut aussi lire, voir, se déplacer, toucher, réfléchir, en un mot apprendre. Granvelle est un personnage complexe, certes, mais en rien comparable à Hilter. Ses reliures parlantes sont d'un raffinement extreme, le choix de ses textes ne doit jamais rien au hasard non plus. Cette provenance est en tout point remarquable!

    PS. Supra Libris, ex libris (manuscrits, timbres humides ou secs, ou imprimés) nos renseignent TOUJOURS sur une provenance mon cher Hugues.
    Benoit, le Voyageur n'est pas préssé, il chemine à son pas, le temps est avec lui.

  8. Ouh là…
    Bon Didot (en général, sans parler d'ex-libris), j'ai une passion coupable. J'avoue.
    Pour le reste, c'est moins agaçant un beau livre superbement relié sans ex-libris que le même où le relieur n'a pas laissé de trace quand d'autres en laissent et on s'en passerait bien.
    Mais après tout qu'un relieur laisse sa trace, quoi de plus normal même s'il n'a pas de quoi être fier, après tout l'exemplaire est "de lui" partiellement (et cela permet de remonter la trace des méfaits, aussi).
    Un bibliophile n'est que locataire.

    Olivier

  9. Non je précise un peu ma pensée, c'est votre paralèlle qui n'était pas sérieux! Hugues, encore désolé mais pas d'ex libris perso sur mes quelques ouvrages, seul apparait au crayon l'empreinte des libraires…

  10. Un barbu, un moustachu, ça se tient.
    La bibliophilie n'est pas un truc sérieux Viator, ça se saurait.
    La chasse, la philatélie, le golf, ok, mais la bibliophilie… You can't be serious.
    Vous savez Viator, on peut être un grand bibliophile, faire vivre des artistes et même des libraires, sans avoir d'ex-libris!

    Je crois que vous vous êtes égaré en route.

    Bon allez, vous nous montrez le votre? 🙂

    Hugues

  11. Granvelle vs Hitler, prallèle peu commun…
    Soyons sérieux, je parlais de bibliophilie!
    Souvent, sans grands collectionneurs, pas d'artistes. Que serait Michel Ange sans Jules II…Trautz sans James de Rothschild. Et puis sans collectionneurs, pas de libraires!

  12. Lecourt: triste sire.
    Granvelle: vous l'avez connu? Il était pas jojo. Perso, j'aime pas trop les barbus, je ne les trouve pas francs du collier, un truc à cacher, forcément.

    J'ai croisé récemment l'ex-libris d'Hitler dans un ouvrage. Touchant témoignage d'histoire, l'ouvrage se devait d'être recherché (et hop point Godwin).

    Viator: j'espère que vous êtes membre de l'AFCEL, en ce qui me concerne je rassemble des ouvrages, pas des provenances, c'est pour cela que c'est annexe à mes yeux: je ne les enlève pas, mais bon je n'achète/ne recherche pas un livre pour ça.

    Un ex-libris, une provenance seule, ne veut rien dire. Des beaux ex-libris sur les livres sans intérêt, bof. C'est pour ça que je n'ai pas acheté celui du petit Adolf, l'ouvrage n'était pas à la hauteur de l'ex-libris.

    Et puis les moustachus, c'est chelou, vous trouvez pas?

    Hugues

  13. Les collections de tous ces grands bibliophiles ( les Lecourt, Fugger, Colomb…)ns procurent de de precieux témoignages sur l'histoire au sens large et sur l'histoire du livre en particulier. A ce titre, ces précieux exemplaires se doivent d'être recherchés.

    PS. Hugues, Concernant le cardinal de Granvelle je crois qu'il faut réviser encore un peu…

  14. J'aime bien quand tu te lâches Hugues ! On sent que ça te fait du bien (rire)

    Je suis, si tu m'as lu sur le sujet, à peu près de ton avis, mais bon… même Lucien Descaves avait un ex libris alors…

    Cela doit fait appel à certains instincts indéfectibles de l'homo sapiens.

    B.

  15. Beurre de cacahuète tout ça

    Grolier: ok je lui mets un bon point parce qu'il les prêtait à ses potes.

    Mahieu: ouais bof.

    Granvelle: je me gausse. Soyons sérieux.

    🙂
    Hugues
    P.S.: si on peut plus rigoler….

  16. Disons que je ne mettrais pas une pièce sur l'humilité de tous, voire leur sympathie (mais c'est encore un autre débat).

    Heureusement les années ont passé et qui peut dire aujourd'hui si Firmin Didot, Hoe ou Pichon n'étaient pas d'infâmes prétentieux confits dans leur orgueil, qui collaient leurs ex-libris en se gargarisant, etc.
    Et oui, je blasphème mais bon.

    Il y aurait beaucoup à dire sur l'intention "je vais me faire faire un ex-libris et le coller partout". Et il y a forcément de tout: respectables passionnés animés du plaisir de construire une bibliothèque et la cimentant ainsi, prétentiards de bas étage qui …. plus haut que leur …, trous du c.. qui décollent ceux des autres ou les recouvrent des leurs, hurluberlus animés du complexe d'Erostrate, etc.

    Sourire.
    Hugues

    P.S: ça devrait être réglementé, j'envoie tout de suite un dossier à l'Europe. Comment "il est interdit d'interdire?", on se réveille les gars!

  17. C'est parce que tu n'es pas bibliophile, c'est bien connu (sourire).

    A part Racine, tu constateras que ces ex-libris sont surtout ceux de bibliophiles, c'est pour cela que je ne me pâme pas devant eux; enfin pas devant leurs ex-libris et le fait qu'un livre vienne de chez Hoe ou Didot (même si je suis admiratif devant les bibliothèques de ces bibliophiles). Dans le cas d'envoi ou d'un ex-libris d'auteur la chose peut-être différente, si je suis sensible à l'auteur.

    Un ex-libris de… au hasard Boylesve ou Henri Bordeaux par exemple, me laisse également assez froid.

    Après, je le redis, l'avantage du predigree et surtout de savoir que le livre a plus de chances d'être "sain".

    Pour ce qui est de la valeur marchande, je n'avais même pas entré cette inconnue dans l'équation…

    Hugues

  18. "je ne suis pas vraiment sensible aux provenances" ah ?

    Pourtant une provenance peut au contrait émouvoir, c'est en tous les cas comme cela que je ressens les choses.

    Pas pareil un exemplaire qui est passé entre les mains de Proust, d'Hugo ou de Voltaire que le même anonyme. L'émotion en plus.

    Et si cela se traduit le plus souvent par un prix largement décuplé lorsque la provenance est célèbre (par ex. Racine), alors c'est le signe, à mon avis, que le bibliophile est d'abord un être sensible, qui pense d'abord a ses émotions, avant son porte-monnaie (rires)

    B.

  19. Pareil Michel, en réalité ça me laisse assez froid, je ne suis pas vraiment sensible aux provenances, je dois l'avouer.
    Le seul intérêt que je leur trouve, c'est que c'est souvent un gage de qualité pour un ouvrage, il est souvent complet, bien relié, etc.
    Hugues

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