Manon Lescaut, l’édition de 1733, en maroquin rouge de Lortic

Amis Bibliophiles bonsoir,
Je suis en voyage, aussi plutôt que de vous ennuyer avec mes tribulations, je pong le ping de Bertrand, ou plutôt ping son futur pong, enfin comprenne qui peut. 🙂

Sortons donc de la réserve une édition du Manon Lescaut de 1733, non pas reliée par Bedford, mais par Lortic. On remarquera au passage pourquoi un relieur français vaudra toujours au moins deux relieurs anglais :).

Enfin, il est amusant de constater que deux bibliophiles firent relier un livre identique de façon très semblable. Et cela en valait la peine, puisqu’il s’agît ici de la rare première édition séparée de Manon Lescaut, et de la première édition sous cette date. L’exemplaire contient bien la faute page 220 (facétie de prote?) ou le chevalier nous confie qu’il souffre beaucoup « dans » Manon (au lieu de « sans », bien sûr). L’exemplaire présente aussi le titre de départ et le titre de la page 269 sur trois lignes (Harisse 22-3, n°7), Tchemerzine IX – 221.

Une jolie petite rareté donc, que Lortic habilla d’un sublime maroquin rouge glacé à la Du Seuil, avec une large dentelle intérieure et surtout ses fabuleux petits fers au dos.


Joli quoi.
HBertrand, je programme ce message pour le 15, étant en déplacement, peut-être auras-tu posté d’ici là, et ce sera alors un pong… ou un ping amusant entre les blogs.

La lettre du bibliophile

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Martyrologie: le Flos Sanctorum d’Alfonso de Villegas

Martyrologie: le Flos Sanctorum d'Alfonso de Villegas

Amis Bibliophiles Bonsoir, La « martyrologie » est un domaine à part dans la bibliophilie, elle donne en général lieu à des ouvrages très (trop) bien illustrés. Un exemple ce soir, avec cet article de Bertrand. Il ne l’a pas fait et donc je m’en charge : éloignez les âmes sensibles de l’écran ou les enfants qui viennent sur vos genoux se former à la bibliophilie sur le blog de l’ami Hugues.

« Ce message n’est ni vraiment une énigme, ni vraiment un article de fond, c’est un peu les deux , et surtout ni l’un ni l’autre. C’est avant tout un voyage iconographique au pays des supplices.
Vous allez découvrir plus bas une série de gravures sur bois issues d’un ouvrage imprimé en italien. Cet ouvrage, connu sous le nom de Flos Sanctorum est l’œuvre de Alfonso de Villegas, théologien espagnol du XVIè siècle. Nous avons ici une version italienne donnée par Timoteo da Bagno.
L’ouvrage est intéressant à plus d’un titre et est d’ailleurs noté comme très estimé par les bibliographes (encore eux, je sais…), mais son plus grand atout est de proposer au lecteur une série de plus d’une centaine de bois gravés (certains répétés plusieurs fois), presque tous de la même taille (vignettes d’environ 5 x 4 cm), représentant presque à chaque fois le supplice et martyr du saint en question.

Nous avons ainsi sous les yeux, gravés d’une manière à la fois forte mais naïve, le plus complet des tableaux des suppliciés de la religion chrétienne.

Je vous laisse les découvrir en images.
La traditionnelle et classique décollation pratiquée à l’épée, méthode rapide et efficace…
Saint-Vincent martyr. Suspendu à une corde pieds et poings liés, les bras tendus vers le ciel…
La crucifixion de Saint-Simon.
Original et propre. L’ensevelissement vivant ! Pieds et poings liés évidemment. Plus drôle.
Supplice de la Marmite bouillante etc.
Encore une originalité dont seuls les païens avaient le secret (enfin presque…) : Allongé et lié sur un cadre de fer et placé au dessus d’un brasier et savamment maintenu au col par une longue pic !
Traîné au sol !
Dépecé vivant au vil couteau ! Douloureux à n’en pas douter.
Classique : le lion…
Le brasier.
Un classique encore usité : la lapidation.
Il y a évidemment bien d’autres supplices, divers et variés, mais je n’ai pas voulu trop alourdir la lecture de cet article en en ajoutant plus. Comme vous le voyez, l’homme ne manque pas d’imagination lorsqu’il s’agit de martyriser son prochain. Pas très catholique tout ça ! Enfin, ici l’honneur est sauf, ce sont les payens les bourreaux. Il faudra attendre quelques siècles pour que les rôles s’inversent. Venons-en maintenant à la question liée à ce petit diaporama sanglant : D’après vous, et selon ce que vous pouvez voir (les bois gravés), pourriez-vous dire avec assez de précision la date d’impression de l’exemplaire dont je me suis servi pour illustrer cet article? Evidemment, je donnerai des précisions et des compléments d’information dans un ou plusieurs commentaires liés à cet article. »HP.S. : j’avas initialement de comparer l’ouvrage de Bertrand avec mon Van Luyken, Théatre des martyrs, mais je me suis dit que c’était peut-être trop pour ce soir.

16 Commentaires

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  3. Magnifique oui ! Et cela ne vaut pas rien ! Mais tout de même… les bibliographes exagèrent… pfff… (sourire)

    Sinon, concernant cet exemplaire, je suis curieux de savoir s'il a été lavé ou non ? et la hauteur des marges ? …

    J'attends…

    B.

  4. O ! Il est trop fort ! Il sait programmer la publication des billets !!! Pas moi :-(( … va falloir que je cherche comment faire… cela m'évitera de poser tôt la nuit parce que je suis à la bourre… (sourire)

    Joli ping donc ! J'avais prévu à peu près le mmême billet à propos de cette édition de 1733… je vais voir si un billet s'avère encore utile ou non.

    Il est intéressant de poser la question suivante : "Que penser des éditions telles que la Manon Lescaut de 1733, longtemps considérée comme la véritable EO, donc choyée par les plus grands bibliophiles pendant un bon moment (en gros 1850 à 1870), jusqu'à ce qu'un bibliographe (Harrisse) ne démonte les hypothèses et réduise cette édition à presque rien ?

    Un livre qui valait peut-il tout à coup ne plus valoir ?

    Intéressant en tous cas. Les cas tels que celui-ci sont assez rares malgré tout.

    A voir.

    B.

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