La Bibliographie

Le terme Bibliographie regroupe tout ce qui concerne la recherche sur les livres… plus communément, il est utilisé pour désigner les ouvrages de référence sur les livres.

En général, les bibliographies sont spécialisées, mais on en trouve également de plus générales. Pour ma part, j’utilise le Brunet (Manuel du libraire et de l’amateur de livres) pour les recherches d’ordre général et quatre bibliographies pour mes deux domaines de prédilection :
D’une part, le Chadenat (Bibliothèque de feu M. Ch. Chadenat, ancien libraire, qui présente près de 7200 notices) et le Polak (Bibliographie Maritime française depuis les temps les plus reculés jusqu’à 1914) pour les ouvrages concernant les voyages.
D’autre part, le Dorbon (Bibliotheca Esoterica) et le Caillet (Manuel bibliographique des sciences psychiques ou occultes, sciences des mages, hermétique, astrologie, kabbale, franc-maçonnerie, médecine ancienne, mesmérisme, sorcellerie, singularités, aberrations de tout ordre, curiosités) pour les ouvrages plus ésotériques.
Avec le temps, internet a quelque peu remplacé ces sources, et je m’appuie souvent sur addall pour vérifier la collation d’un ouvrage, voire sur des catalogues de libraires réputés tels que Lebail-Weissert pour les ouvrages de voyage.
Vous le savez, j’évite totalement les incomplets, et ces sources sont très importantes pour vérifier soit la qualité d’une édition, l’illustration ou la pagination.
En réalité, je rêve de versions informatisées de toutes ces bibliographies, quelques une existent d’ailleurs sur CD-Rom ou DVD, mais à quand un support proposant les principales bibliographies?
Sujet proche… l’héraldique… pour lequel je confesse une nullité crasse. Il m’arrive parfois d’utiliser l’Armorial du Bibliophile (que vous pouvez retrouver facilement sur http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k77491b ou http://gallica.bnf.fr/ en utilisant le moteur de recherche), mais seules les grandes familles sont présentées, et j’ai ainsi un assez grand nombre de reliures aux armes non identifiées… Je me demande si je ne vais pas les vendre en une seule fois sur ebay à force!
Essayez-vous vous aussi d’identifier les armes qui figurent sur vos livres? Comment faites-vous?

HOuvrage présenté : les Voyages de Gulliver, 1762, 2 volumes in-12, 4 gravures dont deux en frontispice.

La lettre du bibliophile

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A l’usage des vendeurs professionnels et amateurs: comment décrire un livre?

Comment décrire un livre? Conseils aux néophytes

Amis Bibliophiles bonsoir,
Voici la page du blog qui a été la plus lue ce mois-ci. J’avoue que je l’avais complètement oubliée.
« Bibliophiles comme amis libraires (même les meilleurs amis), nous nous trouvons tous un jour dans la situation de vendre un livre et donc de le décrire. Pour vous aider face cette situation délicate, qui est loin d’être évidente, je vous propose de suivre les conseils suivants. Ils sont inspirés de ma longue pratique en tant que lecteur de notices proposées par de nombreux vendeurs, « professionnels emphatiques » ou amateurs, et de la lecture de « A Course in Correct Cataloguing, or Notes to the Neophyte; and A Second Course in Correct Cataloguing, Compiled and arranged by David Magee (1905-77) », que m’a indiqué l’ami Martin, et que j’ai augmenté et adapté.
A prendre bien sûr avec humour et ironie, même si c’est très souvent justifié et vérifiable!
Attribuable à : si votre maroquin n’est pas signé, pas de panique cela ne peut qu’être lié à l’oubli d’un apprenti dans un atelier renommé. A ne pas oublier, si la reliure est ancienne, ne pas hésiter à l’attribuer à Boyet ou à Le Gascon, si elle est 19ème, elle est forcément de Capé, Duru ou Trautz.
Bibliographies : utiles et toujours impressionnantes dans une description, elles sont souvent très profitables. Si elles ne vous profitent pas, ne pas hésiter à dénigrer les bibliographes, qui se trompent souvent ! Si votre édition est inconnue des bibliographies, c’est le jackpot.
Absent des bibliographies : « pas dans Dorbon, Brunet ou Caillet » est une affirmation qui rend votre livre rare et qui sous-entend qui vous avez de vastes références bibliographiques. Ou google à la maison.
Cachets de Bibliothèque: toujours discrets, surtout si vous avez essayé de les effacer.
Coloriés à la main : les illustrations coloriées à la main sont toujours « exquises » et « délicates ».
Craquant : adjectif charmant qui s’utilise en général pour les feuilles de laitue.
Défauts : ils sont toujours « minimes » ou « d‘usage » voire « habituels ». Ils sont bien sûr liés aux outrages du temps, mais jamais aux rats, souris, enfants indélicats ou abrutis patentés.
Dorure : elle est toujours « exquise » et très « fine ».
Dos : pour un livre 18ème il est toujours « richement orné ».
Dubuisson : cf « attribuable à », toute reliure à plaque du 18ème est de Dubuisson… ou presque.
Dürer : toutes les gravures non signées du 16ème siècle peuvent lui être attribuées. Il peut être pertinent de vérifier que votre ouvrage est paru à peu près pendant sa vie.
Premier tirage : si votre copie possède un élément qui tend à montrer qu’elle est de premier tirage, soulignez-le avec force. Et n’oubliez pas de doubler le prix.

Edition Originale : à utiliser sans modération, ne jamais oublier qu’une édition revue, augmentée et/ou corrigée peut aisément être qualifiée d’originale. Ou presque. Et n’oubliez pas de doubler le prix.

Edition (troisième et suivante) : plus difficiles à vendre. Mais vous pouvez sans doute découvrir une préface inédite de trois lignes ou quelques corrections qui vous permettront un efficace « troisième (et meilleure) édition ».

Epave : on préférera « exemplaire de travail ».

Exemplaire/Seul exemplaire connu : n’oubliez pas d’ajouter « excessivement rare », les gens sont tellement stupides.

Exemplaire de travail : tout livre qui est déchiré, sans reliure, roussi, brûlé, dévoré par les vers ou les rats, etc.

Faux-titres : très important si votre exemplaire en possède.

Frotté : doit toujours être accompagné de « légèrement ». Vous pouvez même ajouter « signes de l’amour que lui porta son ancien propriétaire ».

Illustrations : toujours « superbes », « célèbres » ou au moins « curieuses ».

Jamais ouvert/à l’état de neuf : indique en général un livre que personne n’a jamais eu envie d’ouvrir. N’oubliez pas de doubler le prix.

Noms manuscrits sur les faux-titres ou la page de titre : ce petit défaut peut être aisément changé en qualité en consultant google ou un dictionnaire biographique. Ainsi un « Bougremont » maladroitement calligraphié vous conduira à : de Bougremont, Jean (1649 – 1720) : écuyer du Connétable de Bourgogne et seigneur de Bougremont, célèbre pour sa collection de hiboux empaillés. A vous de rédiger votre notice : « charmant ouvrage ayant sans doute appartenu à Jean de Bougremont, célèbre aristocrate du 17ème siècle, ornithologue et grand cavalier. Rare provenance ».

Octavo : un format pratique quand vous n’êtes pas très sûr de vous.

Provenance : un élément clef. Il est toujours plaisant (et souvent profitable) de cataloguer un exemplaire La Bédoyère – Hoe – Adams, mais si votre ouvrage contient l’ex-libris d’un illustre inconnu comme le marquis de Bougremont, alors vous devez simplement écrire « exemplaire Bougremont ». Certaines personnes trouveront cela étrange mais vous serez surpris de voir combien cela fonctionne.

Rare : s’applique pour tout livre que vous croisez de temps en temps. Et n’oubliez pas de doubler le prix.

Recherché : s’applique pour tout livre rare. Et n’oubliez pas de tripler le prix.

Restauration : toujours « habile » et « ancienne »

Rousseurs : toujours « légères », voire « minimes ».

Tranches peintes : elles sont toujours « superbes » et « exquises », même si c’est votre arrière grande tante Simone qui les a peintes un dimanche pluvieux.

Trou de ver : toujours « minuscules ». Toujours dans les marges. Il est communément admis que les vers n’aiment ni la lecture, ni l’encre.

Unique : un mot dangereux, mais qui sonne bien.

A vous de jouer! »

H

10 Commentaires

  1. Bonjour,

    Vaste sujet que l’héraldique. Les ressources pour identifier des armoiries sont trop importantes pour pouvoir être citées dans un commentaire. Je signale ces fiches comme base de départ :
    http://grebib.bnf.fr/html/cabinet_titres.html
    http://grebib.bnf.fr/html/guide_genealogie.html
    Le hic, il est plus facile de trouver l’armoirie d’une famille que d’identifier un possesseur à partir de son blason…
    Sinon je confirme que la référence est : Olivier, Eugène, Hermal, Georges, Roton, R. de. Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris : C. Bosse, 1924-1938. Disponible à la Bibliothèque Sainte-Geneviève.
    Le rêve des principales bibliographies en ligne a été réalisé ici : http://rarebooks.info/ mais c’est payant.

  2. J’arrive peut-être après la bataille, mais si la réponse intéresse encore quelqu’un, voici les références (notice du catalogue de la BnF) de la bibliographie communément désignée sous l’abréviation INED :

    Levy, Claude

    Économie et population : les doctrines françaises avant 1800. II. Bibliographie générale commentée / Par Jacqueline Hecht et Claude Lévy ; Préface de Julien Cain, présentation par Alfred Sauvy. – (Paris) : Presses universitaires de France, 1956. – XXIV-689 p. ; 24 cm. – (Institut national d’études démographiques. Travaux et documents ; 28).

    Cordialement !

  3. Et bien…. Je sens que je ne vais pas m’améliorer en Héraldique, ça me semble laborieux et nécessitant une grande source documentaire…
    Je vais plutôt faire appel à vous sur le blog!
    Sourire.
    INED : je vais voir ce que je peux faire.

  4. Bonjour

    Brunet, et Ferguson ( Chimie, Alchimie pour ce dernier) sont disponibles en format Pdf (Image) sur Gallica.
    Les livres à Clef de Fernand Drujon, La bibliographie méthodique de Papus , L’aide mémoire du libraire le sont également et bien d’autres.
    Mais pas le Caillet ni le Dorbon ce qui m’éviterait de manipuler ces deux livres sans arrêt.

    Cordialement

  5. Mea culpa !
    Pensant pouvoir mettre une appréciation louangeuse sur ce blog, j’ai cliqué sur un lien en haut à gauche et à ma grande surprise j’ai lu que je venais de signaler le site comme dangereux ou quelque chose d’approchant !
    J’espère qu’un minimum de rigueur amènera une demande de confirmation et que je pourrai dire tout le bien que je pense du Blog du Bibliophile.
    Georges de Lucenay

  6. Pour identifier les armoiries sur les reliures la référence est l’ouvrage de Olivier Hermal et Roton, 1926-1938 en 30 fascicules représentant plus de 2600 blasons des familles nobiliaires aux familles princières (France uniquement). Un petit investissement tout de même puisque, complet, il faut compter de 1.500 à 4.000 euros pour cette documentation.

    Une question pour ma part : INED est la bibliographie citée par de nombreux libraires concernant les ouvrages liés à l’économie. Quelqu’un peut-il donner sur ce blog la référence exacte de ce qu’est cette bibliographie si souvent citée INED ??? Merci d’avance.

  7. Pour l’héraldique, il y a toujours les armoriaux de France. Ou bien les guides nobiliaires (on en trouve pas mal en bibliothèque). Autrement, on ne peut que conseiller certains sites sur le net, trouvables via google, bien sûr.
    Ensuite, le problème, c’est de retrouver un nom de famille à partir d’un blason. Si vous avez la description, rien de plus facile!
    Et pour trouver celle-ci, il y a des guides d’héraldique disponibles. Les plus simples que je possède sont ceux de chez Ouest-France et un aux éditions atlas ou Larousse, je ne me rappelle plus.

    Mais il me semble que les blasons présents sur les plats des livres sont un peu différents des blasons de l’héraldique traditionnelle. Les guides qui existent sont souvent limités aux livres des grandes familles, comme celui que vous citez, aux Rois, etc.
    Donc, à part tenter la recherche sur le web…

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