Enigme bibliophilique: saurez-vous reconnaître cet ouvrage uniquement via ses souscripteurs?

Amis Bibliophiles bonjour,
Je vous propose aujourd’hui une petite énigme. Saurez-vous identifier l’ouvrage suivant?
Quelques indices? Il est en deux volumes, paru au 18ème et pour vous aider, je vous propose de découvrir la liste des souscripteurs, qui ne manquera pas de vous aider et contient un indice important.
C’est un ouvrage fort connu des bibliophiles, dont je vous proposerai d’autres images vendredi. 
Ce qui est curieux, c’est que la liste des souscripteurs est différente d’un volume à l’autre, alors que l’ensemble est indivisible. 




Vous remarquerez en tout cas que l’on retrouve des noms connus des bibliophiles: Boze, les libraires Pissot, Rollin ou de Hondt, etc.
Une idée?
H

La lettre du bibliophile

Si cette chronique vous a plu : recevez trois nouvelles par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d'archives, quelques milliers de lecteurs.

Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.

À lire ensuite

La découverte de la typographie en Europe occidentale

La découverte de la typographie en Europe occidentale

Amis Bibliophiles bonjour,
Une fois n’est pas coutume, je cède la plume à Jean-Paul…. qui vient utilement compléter nos connaissances en matière de typographie.
Pour faire écho à l’article de Textor sur le blog de Bertrand, rappelons qu’il fut naturel que des esprits ingénieux aient eu l’idée de graver dans le bois ou bien dans une autre matière non plus des textes entiers, dits « xylographiques », mais des lettres séparées permettant de constituer tous les mots et phrases qu’on voudrait. De nombreux chercheurs se mirent à la besogne et, l’invention une fois réalisée, plusieurs villes se sont disputé l’honneur d’en avoir été le berceau ; seules méritent encore l’attention aujourd’hui : Haarlem, Mayence, Strasbourg et Avignon.
Des essais de typographie furent tentés effectivement à Avignon dès 1444. C’est ce que révèlent 23 actes notariés, rédigés en latin entre le 4 juillet 1444 et le 4 août 1446, passés devant maître Antoine Agulhacii, puis maître Jacques de Brieude (A.D. Vaucluse). Depuis l’incendie de Strasbourg en 1870, au cours duquel furent détruites les pièces du procès Gutenberg de 1439, ces actes sont les plus anciens documents qui existent concernant l’histoire de l’imprimerie occidentale.
Un orfèvre originaire de Prague, Procope Waldfoghel, dit « de Bragansis », installé à Avignon en 1444, possédait le matériel permettant d’enseigner à plusieurs associés successifs l’art d’écrire artificiellement (« ars scribendi artificialiter »). Il leur demandait de ne pas révéler le procédé et leur emprunta, ainsi qu’à d’autres créanciers, des sommes apparemment insuffisantes pour mener à bien ses recherches et obtenir des résultats pratiques commercialisables.
A la date du 4 juillet 1444, Waldfoghel possédait deux alphabets en acier, deux formes en fer, un instrument en acier appelé vis et 48 formes en étain : il possédait donc des poinçons, des matrices, une presse et des caractères.
Le 10 mars 1446, Waldfoghel s’engagea à fabriquer 27 lettres hébraïques toutes tracées, bien et justement taillées en fer, selon la science et la pratique de l’écriture mécanique qu’il a enseignées.Il s’engagea également à livrer les lettres avec les engins nécessaires de bois, d’étain et de fer.
Le 5 avril 1446, Waldfoghel possédait certains instruments ou appareils pour écrire artificiellement, tant en fer qu’en acier, en cuivre, en laiton, en plomb, en étain et en bois. A la fin de l’acte, un ancien associé jura sur les saints Evangiles que l’art d’écrire artificiellement est vrai et très vrai, facile, possible et utile à celui qui veut s’y appliquer.
A la date du 26 avril 1446, Waldfoghel possédait 408 lettres gravées en fer (« quadraginta octo litteris gravatis in ferro ») : des matrices ou des poinçons dont le nombre lui permettait de fondre toutes les lettres d’étain nécessaires pour imprimer des livres.
Pourtant, aucune allusion au papier, à l’encre, au livre, à sa commercialisation. On a l’impression qu’il s’agit d’un système mécanique léger. 
Waldfoghel disparut d’Avignon au début de l’été 1446 et ne reparut nulle part. Bien qu’on ne connaisse pas de production typographique attribuable à Waldfoghel, Avigon serait donc la première ville de France qui reçut « l’art nouveau ».
J.-P. Fontaine
Merci Jean-Paul.Hugues

Sur eBay en ce moment

Les livres anciens actuellement en vente, du XVIe au XIXe siècle.

Voir les annonces →

9 Commentaires

  1. Autre indice: « Ma bibliothèque fut commencée en 1778 avec le premier écu que me donna mon père et dont je fis usage pour acheter un XXX ; j'avais alors treize ans. »

    Ou bien: "Rien n'égale ma joie … je viens de trouver à acheter pour cinquante écus un XXX imprimé à Amsterdam en 1788 … cette édition est excessivement précieuse, à chaque page elle est emblée de fautes! (Un bouquiniste dans l'ivresse)"

    Dans l'édition en question, il y a une faute corrigée dans le second tirage, p. 108 du deuxième volume. Bien sûr qu'on préfère les exemplaires avec la faute.

  2. Il faut toujours lire les premières lignes et ne pas se précipiter sur les photos…
    On est donc au 18ème (même si le 18ème siècle se termine avec le règne de Napoléon).
    Bah…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.