Dans la bibliothèque des bibliophiles du Blog: le dernier achat de PEL, « Miscellanées bibliographiques » publiées par Édouard Rouveyre et Octave Uzanne

Amis Bibliophiles bonjour,
Répondant à l’invitation de Hugues, je vous présente mon dernier achat:
« Miscellanées bibliographiques » publiées par Édouard Rouveyre et Octave Uzanneà Paris, librairie ancienne et moderne Edouard Rouveyre
3 parties (1878, 1879 et 1880) en 1 volume in-8°. Ex-libris Maurice Jametel
Il s’agit d’un bel ouvrage dont la reliure est de bonne facture : demi-maroquin brun à nerfs, filet à froid sur les plats et au niveau des nerfs, plat recouvert d’un papier marbré, tête dorée, tranche-file main, présence de 2 signets. Couvertures et dos conservés, beau papier vergé, quelques rares rousseurs.
  
Le relieur a fait preuve d’une certaine originalité : d’abord le papier marbré des gardes a été répété sur les deux premiers feuillets de chaque cahier de garde, ensuite les couvertures des 3 ouvrages ont été conservées et reliées de la manière suivante : couverture du volume I, puis l’ensemble des 3 volumes, puis 4ème de couverture et dos du 1ervolume. Sont reliés ensuite de manière continue, les 1ère et 4èmede couverture des volumes II et III avec leur dos à chaque fois.

Il y a par contre quelques maladresses dans la dorure : MISCELLANÉES est de travers, et il y a un gros pâté au niveau de la date avec le 1 et le 8 qui ont été ré-appliqués sur un premier essai de dorure
L’ouvrage se présente comme une succession d’articles courts sur telle ou telle particularité bibliographique dont chacune pourrait faire l’objet d’un post du blog ! Les collaborateurs sont prestigieux : Gustave Brunet, Octave Uzanne, Jules Le Petit, L Derôme, Augustin Corroënne, le bibliophile Job… Le tome I est publié conjointement par E. Rouveyre et O. Uzanne, les 2 derniers uniquement par E. Rouveyre, même si Uzanne reste cité dans les collaborateurs.

La devise latine « VIRES ACQUIRIT EUNDO » figure sur le bandeau de la préface et la conclut. Elle peut se traduire par « elle acquiert des forces dans la course », c’est à dire qu’il faut partir d’un détail ou d’une anecdote et la développer, l’enrichir pour « l’élever jusqu’aux cieux » (Pierre Leroux). Elle se retrouve à partir de 1598, dans le titre gravé de certaines éditions des Essais (par exemple : à Paris, Claude Rigaud 1617 ; à Rouen, Manassez de Preaulx 1617 ; à Paris, Etienne Saucié 1625 ; à Paris, Pierre Lamy 1636…).

J’ai acheté cet ouvrage (29 € sur ebay), car tout ce qui concerne la bibliographie, et en particulier l’impressionnante production de la seconde moitié du XIXème siècle, m’intéresse.
PEL

La lettre du bibliophile

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Hypnerotomachia Poliphili ou la relative supériorité d’éditions postérieures sur l’édition de Alde Manucce. La « preuve par l’image »?

Hypnerotomachia Poliphili ou la relative supériorité d'éditions postérieures sur l'édition de Alde Manucce. La « preuve par l'image »?

Amis Bibliophiles bonsoir,
Edition originale ou édition postérieure? Le débat ne semble que rarement se poser pour les bibliophiles, et pourtant les éditions postérieures peuvent parfois présenter bien plus d’intérêt que l’édition originale, pour peu que l’on se penche un peu plus sur le contenu, et qu’on dépasse le seul réflexe du collectionneur. 
Un exemple? Hypnerotomachia Poliphili (1499, Manucce), ou Hypnerotomachie, ou Discours du songe de Poliphile… (Kerver, 1546). L’édition originale, sortie des presses du Vénitien Alde Manucce en 1499 est évidemment un chef d’oeuvre, nul doute là dessus, mais on s’accorde souvent à dire que ce sont la deuxième édition en 1545 puis la première traduction en français proposée par Kerver en 1546 qui ont permis à cet ouvrage de passer à la postérité et de devenir l’un des livres les plus recherchés par les bibliophiles.
L’une des raisons, et non la moindre, est qu’en fait la traduction française permît de rendre plus intelligible la version originale en la simplifiant sans la dénaturer. On parle souvent d’une interprétation plus que d’une traduction d’ailleurs, ce qui n’empêcha pas Kerver de confier la responsabilité de traduction à Jean Martin, plus à même de rendre précisément les nombreux passages sur l’architecture.
Dans le même ordre d’idées, Kerver ne négligea pas pour autant l’illustration, et les planches souvent attribuées à Jean Goujon dans l’édition française viennent élégamment remplacer les gravures italiennes attribuées à Mantegna ou même Boticelli dans l’édition originale. Plus même, je trouve personnellement que les gravures de l’édition Kerver sont parfois plus intéressantes, plus riches, plus profondes que celles de l’édition originale: souvent les perspectives sont plus profondes et parfois, l’illustration française permet même de se représenter plus précisément ce qui n’était que suggérer dans la gravure italienne. Le cas de la gravure « Le supplice du feu et de l’eau glacée » en donne un bon exemple:Edition Alde Manucce, 1499Edition Kerver, 1546Personnellement, je trouve la gravure de Kerver, qui sera reprise dans l’édition de Guillemot (1600), beaucoup plus parlante et intéressante. 
Si on continue de considérer les gravures, l’édition de 1499 ne contient (naturellement) pas de frontispice, alors que ceux des éditions de Kerver et de Guillemot sont somptueux.


Enfin, pour la petite histoire, ou pour mémoire, souvenons que ce texte est attribué à Francesco Colonna grâce à l’accrostiche formé par les 38 initiales des 38 chapitres qui composent le livre et qui donne à lire: « POLIAM FRATER FRANCISCUS COLUMNA PERAMAVIT »; le frère Francesco Colonna aima passionnément Polia (Héroïne de l’ouvrage, NDLR).
Dans la version française, on retrouve l’accrostiche qui devient FRANCOIS COLONNE SERVITEUR FIDELE DE POLIA ».
Alors laquelle choisie me direz vous? Je vais vous faire une réponse de bibliophile: et bien les trois, Manucce, Kerver et Guillemot. L’idéal restant bien sûr de pouvoir comparer. 
H

5 Commentaires

  1. bel ouvrage, bravo !
    et je vois qu'il n'avait pas trouvé preneur à 48 euros… si je l'avais vu, ça ne se serait peut-être pas passé comme ça 😉
    mais on ne peut pas tout voir, ni tout acheter. En tout cas ça prouve qu'il me manque encore des mots-clef dans mes recherches enregistrées !

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