Cabinet des Élégances Parallèles, à la manière de Lucas Corso – La Malle de Tolède

À Tolède, sous la Casa de Mesa, des ouvriers ont percé un mur de cave et découvert une niche maçonnée. Dedans, une malle de bois cerclée de fer, serrure oxydée, dont l’odeur remplissait la pièce. Elle avait appartenu à Don Mateo Villacampa, libraire disparu sans trace en 1941.

par un adepte, et à la manière de Lucas Corso, arpenteur des marges bibliophiliques.

Amis bibliophiles, bonjour.

On me paie rarement pour examiner des malles. J’ai vu des bibliothèques entières vendues par appartement, des bibliophiles ruinés qui préféraient mourir que céder un seul in-octavo, et même des éditions uniques dissimulées dans des doublures de reliures. Mais une malle ? C’est la promesse de l’inattendu : soit la déception d’une valise de cuir contenant trois romans populaires rongés par les mites, soit la découverte d’un secret que personne n’avait osé révéler jusqu’à aujourd’hui. Celle qui me fut présentée à Tolède relevait de la seconde catégorie.

Un entrepreneur local m’avait contacté après des travaux dans une vieille cave attenante à la Casa de Mesa, un bâtiment Renaissance reconverti en bureaux administratifs. Les ouvriers, en perçant un mur, avaient découvert une niche maçonnée, soigneusement dissimulée. À l’intérieur, une grande malle de bois cerclée de fer, scellée par une serrure oxydée, et dont l’odeur suffocante remplissait toute la pièce. On m’appela, dit-on, parce qu’un fonctionnaire passionné de livres anciens m’avait soufflé mon nom. Les bibliothèques clandestines, les faux catalogues, les ex-libris improbables : voilà mon domaine. Le mot « malle » sonnait comme un sésame, et j’acceptai le billet de train.

La malle était posée dans un bureau municipal improvisé en salle de conservation. Les Espagnols ont un respect presque religieux pour leurs vieilleries, surtout quand elles sentent la poudre et la poussière. Un archéologue de province, une archiviste à lunettes épaisses et un policier à l’air ennuyé m’attendaient autour du coffre.
— Señor Corso, me dit le fonctionnaire, nous aimerions savoir si cela a de la valeur.

La serrure avait déjà été forcée par la police. En soulevant le couvercle, je crus d’abord avoir affaire à un simple lot de volumes enchaînés par le temps : reliures en parchemin, maroquins craquelés, coutures rompues. Mais très vite, une odeur plus lourde s’imposa. L’odeur de cave ne justifiait pas cette senteur acide, presque animale. Les volumes étaient collés entre eux par une matière sombre. En tirant l’un d’eux, un in-folio sur la liturgie mozarabe, je vis apparaître, sous la pile, ce qui ressemblait à une main. Une main racornie, brunie par le temps, la peau collée au cuir du livre. Le silence se fit dans la salle : nous avions devant nous un corps momifié, accroupi dans la malle, les genoux repliés contre la poitrine, entouré de ses propres livres.

La police crut d’abord à un moine martyr ou à une victime de la guerre civile. Moi, je vis un bibliophile.

L’indice était clair : l’homme avait encore un ex-libris coincé entre ses doigts crispés. Une simple vignette imprimée au noir, portant un nom : Don Mateo Villacampa. Je reconnus immédiatement le patronyme. Villacampa figurait dans un vieux catalogue de vente madrilène des années 1930. Libraire érudit, spécialiste de textes inquisitoriaux, il avait disparu sans laisser de trace en 1941. On supposa qu’il avait fui le pays. En réalité, il était mort enfermé dans sa propre malle, momifié parmi ses trésors.

Les volumes autour de lui n’étaient pas choisis au hasard. On y trouvait : un exemplaire du Directorium Inquisitorum de Nicolás Eymerich (édition de Rome, 1578, chez Georgius Ferrarius, avec les commentaires de Francisco Peña), une Summa de Confessore sur parchemin, plusieurs missels à reliures frappées de symboles cabalistiques, et un in-octavo anonyme, sans page de titre, dont les marges portaient des notes manuscrites à l’encre brune. C’est ce dernier volume qui retint mon attention.

Le texte imprimé, banal, n’était qu’un traité de morale scolastique, du genre qu’on trouve par centaines dans les bibliothèques conventuelles. Mais les marges, couvertes d’une écriture nerveuse, racontaient une autre histoire. On y lisait :
« Ceux qui veulent posséder les livres doivent accepter de disparaître avec eux. »
Ou encore :
« La reliure est une tombe ; les bibliothèques sont des cimetières où l’on choisit son sépulcre. »

Ces phrases n’étaient pas des boutades. Elles formaient un système. Villacampa semblait justifier une pratique rituelle : se faire enterrer avec sa collection, fusionner avec ses volumes. Il ne s’agissait pas d’un suicide brutal, mais d’un effacement progressif, pensé, presque doctrinal. Était-ce un choix volontaire ? Ou bien avait-il été puni par d’autres bibliophiles plus radicaux ?

Le Directorium Inquisitorum apportait une clé essentielle. Eymerich, inquisiteur catalan du XIVᵉ siècle, avait conçu son ouvrage comme un manuel de contrôle absolu : classifier les hérésies, codifier les interrogatoires, rationaliser la persécution. Les commentaires de Francisco Peña, ajoutés à la fin du XVIᵉ siècle, avaient encore durci le dispositif, transformant le texte en une machine juridique et morale redoutable. Ce n’était pas un livre rare par caprice : c’était un livre de pouvoir. Le posséder, l’annoter, c’était dialoguer avec l’histoire la plus sombre de l’autorité ecclésiastique.

Villacampa avait abondamment annoté cet exemplaire. Il ne corrigeait pas Eymerich ; il le retournait. En marge des passages consacrés à l’obéissance, il notait des remarques sèches, parfois rageuses. Sous un paragraphe sur la soumission au pouvoir, il avait écrit : « Franco es un inquisidor moderno. » Cela suffisait, à l’époque, pour disparaître.

Je me mis en quête d’archives. À la bibliothèque municipale de Tolède, je trouvai la mention d’une société discrète de bibliophiles républicains actifs jusque dans les années 1930. Ils échangeaient des textes interdits, annotaient les traités anciens pour les détourner en pamphlets politiques. Villacampa en était l’un des membres les plus actifs. Tout s’éclairait : la malle n’était pas un cercueil improvisé, mais une cache volontaire. On y avait enfermé un homme et ses livres, pour que ni l’un ni les autres ne ressortent jamais.

C’est à ce moment-là que Gabriel Varennes me rejoignit. La Guilde me l’avait envoyé sans prévenir, comme on place un témoin discret dans une pièce trop chargée de secrets. Varennes savait déjà lire les silences. Il ne posa pas de questions inutiles. Il regarda la malle, le corps, les livres, et comprit que ce qu’il avait devant lui n’était pas une découverte, mais une leçon.

— Ils vont tout mettre en bibliothèque, dit-il simplement.
Je hochai la tête.
— Et le corps ?
— Il disparaîtra dans un registre administratif. Les livres survivront. C’est toujours comme ça.

Varennes fronça les sourcils. Il connaissait ma manière de travailler, et il savait que je n’étais jamais totalement indifférent.
— Et nous ? demanda-t-il.
— Nous sommes de passage.

Il ne répondit pas. Je sentais chez lui une résistance morale que je n’avais plus. Il avait appris de moi la stratégie, la distance, mais pas encore le renoncement. Il observa longuement les annotations de Villacampa.
— Il a choisi, dit-il enfin.
— Non, répondis-je. Il a cru choisir.

Je contactai alors un vieux libraire madrilène, don Emilio, qui connaissait la rumeur. Selon lui, Villacampa avait été dénoncé par un confrère rival, jaloux de ses exemplaires inquisitoriaux. Une nuit, on l’aurait fait disparaître. La malle scellée servait autant de tombe que de coffre : enfermer l’homme, c’était aussi neutraliser ses livres, les priver de circulation. Je notai la perversité du procédé : tuer un bibliophile, c’est une chose ; mais ensevelir avec lui ses volumes, c’est assassiner deux fois — l’homme et son savoir.

Varennes écoutait sans intervenir. Je voyais dans son regard une colère contenue.
— C’est Pereira, dit-il à voix basse.
Je ne répondis pas. Pereira était partout, même quand il n’était pas là. Il incarnait cette bibliophilie de conquête, celle qui survit à tout, même aux morts qu’elle provoque indirectement.

La police classa l’affaire comme « découverte archéologique sans poursuite ». Les Espagnols n’aiment pas rouvrir les plaies de leur passé. Les livres furent confiés à la bibliothèque de Tolède. Le corps, lui, disparut rapidement vers les archives judiciaires, dans une caisse anonyme. Mais je réussis à conserver quelques feuillets. Les notes marginales de Villacampa méritaient mieux que l’oubli. Elles disaient, entre autres :
« Chaque collection est un sarcophage. Le vrai bibliophile ne lègue pas, il s’ensevelit. »

Je vis Varennes hésiter lorsque je glissai les feuillets dans mon dossier.
— Avions-nous le droit ? demanda-t-il.
— Le droit n’entre jamais dans ces affaires, répondis-je. Seulement l’usage.

Sur le chemin du retour, la malle me hanta. Elle n’était pas un simple objet, mais une anti-bibliothèque : un lieu où les livres cessent de circuler, où le savoir se fige volontairement. J’avais vu des armaria murés, des bibliothèques scellées par la peur ou la censure. Ici, la logique allait plus loin : l’homme s’était fait reliure, s’était cousu à ses volumes, avait accepté de devenir leur dernier feuillet.

Aujourd’hui, chaque fois que je vois une malle ancienne dans une vente, je me demande ce qu’elle recèle vraiment. Les bibliophiles adorent enfermer leurs secrets, et certains vont jusqu’à s’y enfermer eux-mêmes. Villacampa n’est pas mort de maladie ni de guerre, mais d’une passion trop serrée. Il a été relié à ses livres, cousu dans leur cuir, collé à leurs marges.

Varennes, lui, est resté silencieux tout le long du voyage. Avant de nous séparer, il me dit :
— Je resterai dehors.
Je le regardai s’éloigner. Il n’avait pas encore compris que rester dehors est un effort constant, une position inconfortable, presque héroïque.

Moi, je préfère rester dehors pour raconter l’histoire. C’est ma manière de ne pas finir dans une malle.


Cote de bibliothèque
Cote Guilde : GBO-TOL-MALL-009
Référencement : Cabinet des Élégances Parallèles – Série Lucas Corso – La Malle de Tolède

Note légale
Les Élégances Parallèles – À la manière de Lucas Corso relèvent d’un exercice de fiction littéraire et bibliophilique. Toute ressemblance avec des personnes, événements ou ouvrages existants ne saurait être que fortuite. Le personnage de Lucas Corso, ainsi que les clins d’œil à d’autres figures littéraires, sont utilisés dans le cadre du pastiche et de l’hommage, conformément aux exceptions prévues par le Code de la propriété intellectuelle.

La lettre du bibliophile

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Un oeil dans les librairies I: une sélection de beaux livres chez des libraires du monde entier

Un oeil dans les librairies I: une sélection de beaux livres chez des libraires du monde entier

Amis Bibliophiles bonsoir, Avant le salon du Grand Palais, j’ai le plaisir de vous présenter une nouvelle rubrique du Blog, qui vous invite à découvrir une sélection d’ouvrages à vendre chez nos amis libraires.
La bibliophilie consistant pour partie à acheter des livres, quoi de mieux qu’un blog pour y diffuser des livres offert à la vente, ici ou là, chez nos amis libraires?  Ceux là même que l’on maltraite parfois un peu -tout le monde sort finalement gagnant du jeu de la critique- mais qui sont une cheville du marché des livres anciens et de son dynamisme.  On se plait à compulser leurs catalogues, à pousser leur porte, à leur acheter des livres (et revendre parfois); nous y avons tous fait des trouvailles livresques, et beaucoup de découvertes érudites.

Cette rubrique -qui se veut pérenne et régulière- présentera donc des ouvrages en vente sur les moteurs de recherches de livres anciens (ou directement sur le site de librairies), des livres venant de tous les pays.  Certaines des prochaines parutions seront plus thématiques selon l’humeur (focus sur les libraires français, livres du XIXe, etc). Il y aura parfois des surprises amusantes, avec pour septembre un spécial « Livres introuvables », vous savez, ces livres mal référencés, sur lesquels on tombent par le plus grand des hasards en faisant une faute de frappe, ou ceux dont le prix n’a pas été mis à jour depuis 1995, ou encore d’autres pour lesquels le libraire n’a pas remarqué un détail de première importance, comme la signature de Racine sur la page de titre…  La liste ne sera pas longue mais tous seront d’un grand intérêt. Ils prennent la poussière depuis Dieu sait quand dans des librairies parfois totalement improbables…. Ou parfois extrêmement connues…

En souhaitant que tout cela vous plaise, et que vous puissiez trouver dans cette sélection arbitraire un petit quelque chose qui vous plaise.
Si vous décidez d’acquérir l’un de ces ouvrages, n’oubliez pas, pour les libraires français, de préciser que vous avez découvert cet ouvrage sur le Blog du Bibliophile.

L’Oeil Anonyme.

27 livres divers et variés à prix marqués chez des libraires d’ici ou d’ailleurs (Prix marqué ne veut pas dire prix définitif, je ne vous apprend rien :))

-Satyre de Juvenal 1523. Une édition que j’aime beaucoup, en gothique et illustrée de jolis bois et lettrines. L’exemplaire n’est pas parfait et la reliure est moderne, mais face à la rareté de cette édition faire le difficile est un luxe que tout le monde ne peut pas s’offrir…

http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=1312616007

-Pinolet ou l’aveugle parvenu, 1755. Un petit ouvrage agréable proposé par Eric Casteran, dans un joli maroquin d’époque pour un prix tout à fait acceptable.

http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=9592593493

-Roland Furieux 1615. Pour les amateurs de Ludivico Ariosto (c’est mon cas), une édition en flamand (je suis sûr qu’il y a des flamands qui lisent ce blog). Elle est d’une insigne rareté et réputée comme jamais mise dans le commerce à l’époque. Pour ma part je n’en ai jamais vu qu’un seul autre exemplaire. Très belle illustration composée de 23 bois et d’une page de titre dans un bel encadrement, la reliure de Lortic en maroquin rouge ne gâte pas l’ensemble.

http://www.abebooks.fr/servlet/SearchResults?kn=Il+divino+Ariosto+oft+Orlando+Furioso&sts=t&x=0&y=0


-La Diane de Montemaior 1592. Un texte littéraire important et plaisant (mais peu connu il me semble, si c’est le cas c’est à tort), dont les éditions du XVIe ne se trouvent plus sous le sabot d’un cheval. Cet exemplaire me plait bien malgré la légère oxydation de la page de titre, la calligraphie du titre au dos lui donne une particularité intéressante.

http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=1123854370&searchurl=x%3D0%26y%3D0%26sortby%3D1%26kn%3Dla+diane+Montemayor



-Heptameron, Marguerite de Navarre 1560. Rarissime édition de l’Heptameron, sans lieu d’impression. Elle est inconnue de nombreux bibliographes, Brunet la cite sans jamais l’avoir vu. Petite restauration papier à envisager sur les derniers feuillets peut-être. Exemplaire intéressant d’un grand texte, dans sa première reliure.

http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=15418781245&searchurl=x%3D0%26y%3D0%26sortby%3D1%26kn%3Dheptameron

 
-Les Histoires Tragiques de Nostre Temps de Rosset 1615. Un bouquin tout bonnement génial, ici en seconde édition. Elle est très rare, la plupart des bibliographes ont donnés l’édition de 1619 comme étant la première. Exemplaire  sympa: Au nom du Saint Père achetez moi ça!

http://www.hmfletcher.co.uk/books/les-histoires-tragiques-de-nostre-temps%3a-ou-sont-continues-les-morts-funestes-%26-lamentables-de-plusieurs-personnes-arrivees-par-leurs-ambitions-amours-dereglees-sortileges-vols-rapines-%26-par-autres-accidents-divers-%26-memorables-seconde-edition-reveue-corrigee-%26-augmentee-par-l%C3%A2%C2%80%C2%99autheur/87188

-Histoire Critique des Opinions des Anciens et Des Systemes des Philosophes sur le Bonheur, par Guillaume de Rochefort, 1779. Pas de photos, à vous de vous débrouiller, mais l’exemplaire est notifié en maroquin, une condition bien rare pour ce texte.

http://www.biblio.com/book/histoire-critique-opinions-anciens-systemes-philosophes/d/714892640?aid=vialibri&t=1

-Dictionnaire Raisonné Universel d’Histoire Naturelle, Valmont de Bomare 1791. Un exemplaire mignon en reliure d’époque qui se démarque par des fers animaliers. Allez hop emballé c’est pesé.

http://www.livre-rare-book.com/book/5472367/1056
 
-De la Sagesse par Pierre Charron, vers 1660, en maroquin par Bozérian. Classique certes, mais exemplaire bien relié à un prix accessible. De plus Michèle Masson est une libraire des plus sympathique.

http://www.livre-rare-book.com/book/5472543/856


 -Le Cabinet de Minerve, Beroalde de Verville, 1597. Un super bouquin, vraiment, rare et trop peu connu. Un vélin doré (miam miam) est annoncé en guise de reliure (avec des restaurations, hum hum faut voir donc). Proposé par J.M. Dechaud donc la sélection de livres est précise et de qualité. A vous de voir avec lui pour la suite.

http://www.livre-rare-book.com/book/5472731/16635

-Le Printemps D’Yver; Jacques Yver, 1600. Chez le sympathique libraire Win de Goeij. L’unique production de Jacques Yver, un pentameron, texte littéraire important qui fut renommé à juste titre (selon ma pomme). On ne trouve plus guère d’éditions de ce texte, et si l’exemplaire ne semble pas parfait, à 800 euros franchement, se priver serait dommage…

http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=11935285764&clickid=0gZ2dlUE3SXfQXpWlM28fW3bUkVTPDWc1zwN1g0&cm_mmc=aff-_-ir-_-59419-_-77797&afn_sr=impact

-La Philosophie dans le Boudoir, Sade, 1795 (1865). Exemplaire amusant de cette réédition librement illustrées qu’on ne croise guère. Le papier est propre, la reliure un peu frotté mais le fer macabre est plaisant. Ca peut se restaurer un peu, à vous de voir. Vincent Rometti vous fera un petit prix, c’est moi qui vous le dit.

http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=15365673928
 
-La Belle Imperia, Balzac, 1903. La librairie Blaizot propose de nombreux très beaux ouvrages. Souvent je trouve leurs prix un peu hauts, mais souvent ne veut pas dire toujours. Là, pour le tirage de tête sur Japon en plein maroquin de cette jolie édition que j’aime bien c’est tout à fait correct! (en théorie, encore vous faut-il demander quelques photos quand même).
http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=11520650913

-Le Meursius François 1782. Un bel exemplaire en maroquin, aïe il manque une gravure c’est toujours pénible, mais le prix n’est pas exorbitant et puis ça ce trouve une gravure.

http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=14771501837
 
-L’Arétin français (vers 1800). Une jolie petite édition avec de belles et piquantes illustrations, peu commune.

http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=14771501843
-Le Lict d’Honneur de Chariclee, Jean d’Intras de Bazas, 1609. Ouvrage littérairement important, une édition rare…

http://www.biblio.com/book/lict-dhonneur-chariclee-introduites-infortunees-tragiques/d/441165775?aid=vialibri&t=1
-Un petit maroquin de Derome en passant. Pour l’étiquette, à enlever et recoller sur un texte rare en maroquin « dans le genre de Derome » qui deviendra comme par magie vraiment relié par Derome. (Non hein hé ho, ne faites pas ça je déconne).

http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=15465331543

-De jolis petits bois gravés dans une édition de 1543. Mineur mais plaisant.http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=13103496763

-Le Rime d’Anton Corso 1550. Livre totalement immanquable pour ceux qui aiment de poésie italienne de la renaissance (un bibliophile sérieux se doit de maîtrise un minimum l’italien et le latin…). Edition extrêmement rare, dans une très jolie reliure en maroquin du XVIIIe signée Derome le Jeune. Il manque quelques feuillets à la fin (ils n’étaient pas présent au moment ou Derome a relié le texte) mais l’édition est si rare qu’on peut passer sur ce point (mais ne pas manquer de la signaler au libraire pour obtenir une ristourne, histoire de ne pas priver vos enfants de vacances).http://www.maremagnum.com/libri-antichi/le-rime-di-m-anton-giacomo-corso-a-san-luca-al-segno-della/133050907

-Histoires tragiques et galantes, 1731. Un ouvrage agréable qu’on rencontre peu, 3 volumes reliés en maroquin vert par Chambolle-Duru. Prix plus que correct si l’ensemble est en bonne condition. Pas de photos, à vous de bosser un peu.

http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=15465397962

Deux ouvrages intéressants à la librairie Matthys de Jongh:
-Les Soupirs de la France Esclave… 1690 
http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=1211129232
-Le Glaive Vengeur de la République française, 1794.

http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=10941890365

-La Ville de Paris en vers Burlesques, 1655. Chouette édition, peu courante. Le vélin est à restaurer (ou à tenter de restaurer, avec le vélin ça passe ou ça casse). Mais on peut aussi le conserver en l’état, avec la petite histoire d’un vélin aux armes qu’un quidam à l’âme révolutionnaire aura tenté de faire disparaître. Ca reste un très bon achat, selon moi.

http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=14170927193

-Traité de Porphyre, 1747. Livre d’occultisme assez rare en maroquin. Exemplaire à restaurer (rien d’insurmontable), pas bien cher…

http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=7988123278 
-Les mémoires de Philippe de Commines, 1648. 250 euros en maroquin rouge du XVIIIe, ce serait bien de ne pas faire la fine bouche et de faire rapidement un chèque à l’Oeil de Mercure.

http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=8722284970

-Fables de La Fontaine 1755. La célèbre édition in folio des fables d’oudry, ici en maroquin à la dentelle dans le goût de Padeloup, Douceur, Derome, Du Buisson… 9500 euros pour un exemplaire compliqué car endommagé. Mais on fait de véritables, exceptionnels et insoupçonnables miracles en restauration de livres…
A voir…

http://www.libreriagovi.com/settecento/la-fontaine-jean-de-1621-1695 
Deux livres manuscrits (incomplets) pour terminer, on sait tous que cela se négocie bien les incomplets, très bien même. Qui sait, si il y a des amateurs dans la salle…

http://www.antikvariat.net/LYN50923.cgi

et

http://www.en.zvab.com/displayBookDetails.do?itemId=234036293&ref=vialibri&utm_medium=am&utm_source=int&utm_campaign=vialibri


Prochain rendez-vous en Juillet, moment creux ou salles des ventes et librairies ferment leurs portes.

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