Le Filigrane Franciscain

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Troisième message ce soir :

Rémi, élève en école de reliure soumet sa découverte à votre sagacité.

Il a trouvé dans la bibliothèque d’un couvent de l’ordre des frères mineurs capucins (réforme franciscaine) plusieurs Bullarum de l’Ordre, édités à Rome au XVIIIe siècle. Ils présentent une particularité intéressante à noter. Le papier porte un filigrane reprenant l’insigne franciscain. Il présente le bras de Jésus crucifié (nu) et celui de Saint François (fondateur de l’ordre franciscain). Ceci accompagné dune croix, posée sur des nuages et surmontée d’une couronne. Détail à signaler : la lettre P en majuscule tout en bas de l’ensemble.

On peut supposer que l’ordre franciscain possédait ses propres moulins à papier, ou qu’il passait par des moulins qui ne lui appartenaient pas, tout en se servant d’une forme particulière avec le filigrane de l’ordre. La lettre P étant certainement la marque d’un moulin parmi d’autres.
Photographie d’une page d’un de ces volumes montrant le filigrane par transparence.
Vue en négatif de la photographie précédente.

Qu’en pensez-vous?

H

Références supposées de l’ouvrage :
Auteur : Michael a Tugio , Le P. (O M cap) (éditeur scientifique).
Titre : Bullarium ordinis F. F. minorum S. P. Francisci capucinorum, seu Collectio bullarum, brevium, decretorum… quae a sede apostolica pro ordine capucino emanarunt…
Langue : latin
Type de l’ouvrage : monographie (textes relatifs à l’organisation de l’ordre franciscain)
Lieu : Romae , Typis Joannis Zempel Austriaci, 1740-1752
Description : 7 vol. in-fol.
Visualiser la notice dans le catalogue BnF : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb309404314

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À lire ensuite

Marginalia diverses….

Marginalia diverses….

Amis Bibliophiles bonsoir,
Chaque bibliophile se trouve un jour confronté aux marginalia: parfois rédhibitoires, parfois fort intéressantes, parfois elles ajoutent même de la valeur à un livre ancien lorsqu’elles sont le fruit des réflexions de l’auteur (rare, mais cela arrive) ou plus fréquemment d’un lecteur célèbre. Nous avons tous en tête les marginalia de Montaigne dans un Lycosthènes déniché sur le puces de Toulouse.
C’est d’ailleurs un autre toulousain, Olivier, qui vous présente trois exemples intéressants de marginalia.
Le premier ouvrage est une copie manuscrite d’un ouvrage de 1675. Le livre est entièrement manuscrit et contient les visions, prédictions etc. d’une religieuse, mais Olivier ne connaît pas l’ouvrage d’origine. Le « copiste » a également utilisé la page de faux-titre et l’a rempli d’une écriture minuscule et serrée. Etait-ce à but décoratif? Le texte est curieux, et semble dédier l’exemplaire (mais à qui?). Si je déchiffre correctement le début : « chère ame pour gage de mon amour je vous laisse le souvenir amoureux & fréquent (?) de ma sainte passion ainsi que la dévotion & la confiance au mistere (?) de mon auguste sacrement. […] Dans ce mistere de mon incomparable amour quoi que fils de Dieu je me suis fait fils de l’homme […] De pasteur que je vous suis je me veux tous les jours l’agneau sur les autels pour vous engresser de ma substance divine et humaine ». Etonnant, non?
Le deuxième ouvrage est plus connu. Il s’agît de l’édition originale de la Folle Journée de Beaumarchais et dans ce cas, on se trouve face au cas typique du bibliophile encombrant, tellement content d’avoir l’édition originale qu’il la couvre de notes… avant de s’arrêter, fort heureusement juste avant la page de titre.
Le troisième ouvrage est daté de 1875 et il rassemble 49 vignettes à l’eau-forte pour illustrer le théâtre choisi de Molière chez Mame (1875-1879), elles sont de Foulquier et sont montées sur onglets et reliées en un in-folio. La reliure est simple mais parfaitement exécutée et rien ne fait particulièrement penser à un maître relieur. En fin une note au crayon précise qu’il a été relié par Chambolle-Duru. Il n’y a pas d’étiquette de relieur simplement une petite marque dont je ne sais si elle est un indice. C’est un exemple assez fréquent que je retrouve dans certains de mes ouvrages… en l’absence de signature ou d’étiquette du relieur, je considère en général que la reliure n’est donc pas signée. En effet, comment savoir si l’inscription manuscrite est celle de l’amateur qui a fait relier le livre, celle d’un libraire qui voulait en accroître la valeur, ou celle d’un autre amateur… Mais peut-on réellement parler de marginalia dans ce cas?
Le quatrième livre est de 1902. Il s’agît de l’édition originale du Temple enseveli, de Maeterlick, relié en demi-maroquin par Lavaux. Dans ce cas, nous avons affaire à un bibliophile sentencieux, qui a parsemé le volume de notes où il manifeste ses accords ou désaccords avec Maeterlinck.
Il semble être l’auteur d’une nouvelle intitulée Le Meurtre qu’il ne cesse de citer et de comparer au livre qu’il est en train d’annoter. Quelqu’un sait-il de qui il s’agit? Dans ce cas, il faut avouer que les marginalia, si elles sont cocasses, sont un peu ennuyeuses. Mais cela reste mon exemple préféré et vu le personnage, il doit être amusant de les lire.
Olivier & H

4 Commentaires

  1. les plus beaux filigranes que j’ai découvert (beau car inattendu) quand je travaillais en librairie ancienne provenaient d’un ensemble de croquis de fortifications de ports fait par un colonel (ou général du génie) de l’armée napoléonienne en poste dans le royaume de Hollande (Pays-Bas actuels): on pouvait voir par transparence le lion des Provinces-Unies et, ce qui je pense est remarquable, les armoiries de la République Batave avec la Liberté (ou la République) assise avec le bonnet phrygien, accompagnée du lion neerlandais.

  2. Je suis aussi à la recherche d'un filigrane trouvé sur des gravures de 1650: fleur de lys pleine et lettre AP.
    Les gravures ont été faites à Rome mais le papier?
    Quelqu'un peut-il m'éclairer?
    Merci
    Riccardo

  3. J’ai pu consulter le Briquet, le Heawood-Monumenta chartae papyracea et le Gaudriault-Filigranes et autres papiers fabriqués en France au XVII et XVIIIe siècles sans succès…
    xavier

  4. Je n’y connais pas grand chose mais j’ai déjà consulté le classique sur le sujet ; un livre de Charles Moïse Briquet :
    Les filigranes, dictionnaire historique des marques de papier dès leur apparition vers 1282 jusqu’en 1600, Genève, 1907
    réédité dans une meilleure édition en 23 ; il existe aussi un fac similé
    On y trouve beaucoup de P ; souvent associés à des papeteries du Nord de la France
    attention, c’est 4 tomes copieux !
    Cordialement
    Nicolas

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