Cela fait une petite semaine que j’ai entrepris un rangement de ma bibliothèque, pour éviter que les livres anciens ne traînent un peu partout comme c’était trop souvent le cas.
Un vrai casse-tête… Quand ce ne sont pas les rayonnages trop courts de 4 centimètres pour pouvoir le dernier volume du Buffon au même étage que ces frères, ce sont les divers genres qui se marient mal (la militaria à côté des curiosa, etc.).
Comment faites-vous de votre côté? En ce qui me concerne, j’ai finalement opté pour l’approche suivante : je classe les livres par domaines (les voyages avec les voyages, l’occulte avec l’occulte, la littérature avec la littérature), me permettant quelques écarts pour bien caler les rayonnages… Je n’ai guère de problèmes d’époque, puisque 99% de mes livres sont « anciens », et j’ai donc choisi cette méthode pour pouvoir retrouver un livre plus facilement.
Parallèlement, j’ai regroupé les reliures intéressantes dans un coin particulier, qui me permet de les retrouver elles aussi plus facilement, d’autant plus que les sujets des ouvrages qu’elles recouvrent peuvent varier. (A ce sujet, je ne considère pas les reliures aux armes comme des reliures particulières, et elles vont donc rejoindre le thème qui les concerne).
Enfin, je fais des arbitrages ultimes : Robinson Crusoé doit-il se trouver avec les voyages ou avec les utopies, ou il rejoindrait Gulliver? Duguay-Trouin? Marine et voyages ou bien histoire?
Je me suis déjà livré à cet exercice plusieurs fois. Le plus amusant, c’est qu’on a beau être content de soi quand c’est terminé…. dès qu’un nouveau livre arrive, c’est la panique! La Guerre des Livres dans la bibliothèque, si vous voyez à quelle gravure je fais allusion.
Finalement, et c’est peut-être le plus réjouissant dans cet exercice nécessaire, on constate qu’une bibliothèque a vraiment une vie qui lui est propre, elle bouge et se transforme en permanence.
Vous, comment faites-vous?
Hugues
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Charles Motteley et les Elzevirs

— Continuer la balade —
Le bibliophile Charles Motteley possédait, dans la première moitié du XIXe siècle, l’une des collections les plus importantes d’ouvrages hollandais de petit format, dont bon nombre sont sortis des presses des Elzevier. Motteley avait vendu une partie de sa collection en 1824, mais l’essentiel sera dispersé lors d’une seconde vente en 1848. Sa collection et ses compétences avaient fait de Motteley le plus fin connaisseurs des Elzevier et de leurs imitateurs.
Dans cet Aperçu sur les erreurs de la bibliographie spéciale des Elzevirs Motteley corrige les bibliographes qui l’ont précédé – notamment Brunet et Bérard. Il écrit ainsi dans l’avertissement : « Aidé de notre faible instinct, d’une certaine expérience, mais surtout d’une bibliothèque elzévirienne que l’on chercherait peut-être vainement ailleurs, nous avons cru pouvoir asseoir notre jugement sur de nombreux objets de comparaison ». L’ouvrage est ainsi construit : le titre de chaque édition est donné, suivi éventuellement de l’avis de Brunet ou de ses confrères bibliographes, puis de l’opinion de Motteley, qui rectifie les attributions en se basant sur le matériel et le « style » typographique, donnant au passage un certain nombre d’indications historiques sur les différents imprimeurs cités.
L’ouvrage est modeste : il ne comporte qu’une quarantaine de pages et n’a aucun caractère d’exhaustivité. Motteley y démontre son érudition, ses compétences et son œil typographique, mais, par sa faible ampleur, l’ouvrage peut paraître décevant. Cela s’explique aisément : en réalité, plutôt qu’une œuvre achevée et complétée, le texte de Motteley est un véritable programme bibliographique. Dans l’avertissement, après avoir cité les érudits qui se sont intéressés aux Elzevier (« MM. Adry, Peignot, Beuchot, Nodier, Bérard, Jacob (de la Haye), Pieters, Dodt van Flensburg, Rammelman-Elsevier, de Reume… »), Motteley en appelle à une étude physique des ouvrages, qui complètera les seules analyses littéraires ou esthétiques. S’il n’utilise pas l’expression de « bibliographie matérielle », il en a déjà l’idée et emploie un terme curieusement proche : « malheureusement tous ces savants […] ne nous ont pas fait connaître avec la même exactitude la typographie matérielle des Elzevirs. C’est cependant là le point essentiel sous le rapport de la bibliographie ». Motteley appelle ainsi ses confrères à « passer en revue toutes les jolies éditions hollandaises et belges du XVIIe siècle, pour arriver à une bibliographie spéciale des Elzevirs et de leurs annexes, aussi parfaite que possible ». Motteley mourra en 1856 sans avoir vu son vœu exaucé. Son point de vue sera pourtant entendu, puisque trente plus tard, paraîtra la véritable somme d’Alphonse Willems, qui demeure incontournable : Les Elzevier : histoire et annales typographiques (1880).
L’Apercu de Motteley paraît relativement rare. Le catalogue joint à la fin du volume, mentionne la justification : un exemplaire unique sur peau de vélin (aujourd’hui conservé à la réserve de la Bibliothèque nationale sous la cote RES-Q-695) , 15 exemplaires numérotés sur papier bleu, 30 exemplaires numérotés sur papier superfin de Hollande, et 200 exemplaires sur papier ordinaire, soit 246 exemplaires mis en vente par l’éditeur. Mon exemplaire a cependant une particularité intéressante : il est imprimé sur papier de chine, et porte un titre à l’encre rouge. Au verso du dernier feuillet se trouve imprimée la phrase suivante : « il n’a été tiré que 2 exempl. sur papier de chine », suivie du chiffre 2, numéroté à la presse (les exemplaires courants sont numérotés à la main). Les deux exemplaires sur papier de chine, qui ne sont pas mentionnés dans la justification, constituent donc très probablement un tirage hors commerce, peut-être destiné à l’auteur lui-même ou à son éditeur. »
Je fais et je refais, voila ma méthode!!!!
Ca ne plait jamais comment je range, alors, je change souvent de rangement! Tantôt par ordre alphabétique, tantôt par sujet, tantôt par reliure… (tout ce qui me passe par la tête!