Et pendant ce temps là, au chateau de Chantilly, L’art héraldique dans les collections du Duc d’Aumale

Amis Bibliophiles bonsoir,
Notre ami Lauverjat, qui a eu l’infortune (ou est-ce l’inverse) de faire d’importants achats bibliophiles juste avant le Grand Palais vous invite à visiter l’exposition qui se tient du 24 février au 12 mai au cabinet des livres au château de Chantilly sur le thème “L’art héraldique dans les collections du Duc d’Aumale”.Reliure de donateurUn peu plus de 70 livres sont ainsi exposés à la convoitise de nos yeux. Ce vaste sujet permet d’aborder le livre sous des angles variés, les reliures aux armes évidemment, des possesseurs et des agonothètes, les ex-libris armoriés, les armes des possesseurs peintes ou dessinées à la plume, les armes imprimées des imprimeurs, des dédicataires, des auteurs. Reliure aux armes de BossuetJ’ai en particulier remarqué le bel ensemble de reliures aux armes et chiffres du duc d’Aumale (23 types différents sont actuellement répertoriés quand l’OHR en cite 15). A voir aussi une fanfare très pure aux armes peintes de Gontaut baron de Biron (ou des Bouteiller de Senlis?), une reliure funèbre aux armes de Bossuet aux larmes dorées sur l’Oraison de la princesse palatine du même, une doublure en satin doré au semé d’abeilles et aux grandes armes de Napoléon Ier, les marques des libraires ou imprimeurs du XVe et XVIe siècles, Vostre, Vérard, Marnef…
Lauverjat
MerciH

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Conte de Noël pour bibliophile: deux bois de Gustave Doré pour le Don Quichotte et le La Fontaine sauvés du feu.

Conte de Noël pour bibliophile: deux bois de Gustave Doré pour le Don Quichotte et le La Fontaine sauvés du feu.

Amis Bibliophiles bonjour,
L’édition de Don Quichotte publiée par Hachette en 1863 (L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche. Avec 370 gravures de Gustave Doré, A Paris, Hachette, 1863, deux volumes in-folio) est l’un des grands livres de la bibliophilie, elle réunit en effet deux immenses noms (4 si on compte Viardot et Hachette), l’auteur Cervantès et l’un des plus grands illustrateurs français, Gustave Doré.
C’est à la demande du public et des éditeurs que Doré s’orienta vers les grands formats. Le Don Quichotte faisait partie de ses projets dès 1855 et c’est suite à sa rencontre avec Louis Viardot, auteur d’une nouvelle traduction, qu’il se lança dans l’aventure.
L’ouvrage fût édité par Hachette et connût immédiatement un grand succès: Doré connaît l’Espagne et son Don Quichotte « est un personnage noble, exalté et tragique, un rêveur idéaliste condamné à souffrir dans un monde insensible au message qu’il veut porter. Doré accentue ainsi les effets dramatiques. La dimension comique du personnage est alors reléguée. En réalité, Doré nous montre un personnage baignant complètement dans le Romantisme de l’époque… Ses gravures en pleine page, aux décors fouillés, amples, profonds et spectaculaires, composent probablement l’ensemble le plus emblématique de l’iconographie du Quichotte, en France, en Espagne et au-delà, tous siècles confondus. ».
Si l’ouvrage reste dans la mémoire des bibliophiles, chez nos amis de Hachette, un livre chasse l’autre et les bois qui ont servi à graver ces merveilleux ouvrages devinrent vite fort encombrants… Aussi au fil du temps les employés de l’auguste maison prirent l’habitude de démarrer le feu du poêle avec le bois trouvé dans les locaux. 
C’était encore le cas dans les années 1960, soit un siècle après la parution du Don Quichotte de Doré, et c’est à ce moment précis qu’un ami d’une des lectrices du blog sauva du poêle deux bois, dont l’un du Don Quichotte (l’autre provenant sans doute d’une fable de La Fontaine)… Deux de sauvés pour combien de sacrifiés? Nous ne le saurons jamais, mais comme les bureaux d’Hachette n’ont jamais hébergé de forêt, on peut frémir…
Les bois sont aujourd’hui dans les mains d’orfèvre de Claire et c’est très rassurant. 
Le premier issu du Don Quichotte, mesure 123 x 82 x 20 mm., il porte au verso l’inscription « Ch XXIII – 1er volume ». Il n’a plus son cartonnage, mais porte bien la signature de Doré. En vérifiant dans mon exemplaire, il s’avère que ce sont très exactement les dimensions de la gravure qui termine le chapitre 23.



Le second bois est issu d’une boîte qui contenait à l’origine deux bois gravés et qui porte l’inscription « Le Rat et l’Eléphant ». Il est également signé Doré et ses dimensions sont 168 x 78 x 23. Il est fort probable qu’il vienne du La Fontaine illustré par Doré, mais ne le possédant pas, je suis incapable de situer cette gravure, et la scène ne montre ni rate, ni éléphant. 🙂



Deux bois donc qui furent sauvés des flammes, un joli conte de Noël si on oublie les stères qui furent sacrifiés au confort des employés de Hachette jusqu’à la fin des années 60… Vive le chauffage central.
H

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