Escapade d’un bibliophile à Paris

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Décidemment, le bibliophile est moins casanier qu’on ne pense, après Jean-Marc qui concilie randonnée et vérification bibliographique, je vous propose aujourd’hui de mettre vos pas dans ceux de Pierre. Tarasconnais, celui-ci échappe aux clichés et ce n’est pas pour venir assister aux très dignes débats du Salon de l’Agriculture qu’il est « monté » à Paris… Non, non, non, c’est sur un chemin bibliophile qu’il nous invite à le suivre…

« Le mois de février, à Paris, est un mois où le petit jour ne se lève vraiment jamais. Et quand il se lève, il n’est pas très bien réveillé non plus, comme cette vieille dame fripée avec sa perruque de travers ou ce livreur trainant son parfum de gauloise (Daumier)… Je pose mes bagages et me dirige vers un pont sous lequel coule la Seine…

Ma première étape est une librairie du quartier St Michel. Le propriétaire a dressé un rempart de livres contre les acheteurs impécunieux… Peine perdue, j’y trouverai un Daudet bien illustré, quelques brochés numérotés et un exemplaire des fleurs du mal en EO complet de ses poèmes (mon côté espiègle), le tout pour une somme très raisonnable.
L’après-midi est réservé à visiter un vieux libraire d’anciens près du lycée Charlemagne. Notre connivence est confraternelle. Nous parlerons Drouot, avenir de la profession, auteurs (Hugo, Baudelaire et Rimbaud sont les valeurs sûres aux yeux des touristes de passage) et peinture… car c’est un artiste maudit, érudit à rendre l’âme mais heureusement plein d’approximations qui sera, à cette heure, notre unique client. Le libraire a ouvert un coteau du Layon 18eme siècle et le génie incompris, déjà gris, nous a amené quelques pâtisseries grasses, mémoires de notre puissance coloniale, auxquelles je résisterai par respect pour les ouvrages feuilletés… Je ne mens pas ! Tout ceci est vrai, jusqu’à ce tableau de 2m 50 de côté acquis à Drouot pour une misère de milliers d’euros qui trône devant les rayonnages cachant le Brunet convoité… Je sortirai avec les deux discours de réception à l’académie de Gresset et Paulmy et la réponse de Boze pour une somme dérisoire (hommage d’un ancien à un futur). J’ai pourtant mis en garde ce sympathique octogénaire, qui à dilapider ainsi son fond risquait la ruine dans les dix ans à venir ! Des calissons de Provence viendront, à n’en point douter, remercier ce protecteur de la bibliophilie.

Lendemain : Direction la BNF et sa bibliothèque de l’enfer. Une personne à qui je demandais mon chemin à la sortie du métro m’accompagne gentiment à la salle de l’exposition. « 7€ pour ça ? Enfin, si cela vous dit… Merci d’être venu ». Il faut reconnaître que l’évocation des parties génitales ou de la sodomie dès 10h du matin peut décourager le plus lubrique des visiteurs ithyphalliques… Il n’empêche ! Les illustrations 18 et 19eme sont magnifiques et j’ai retrouvé avec plaisir notre fameux exemplaire des fleurs du mal de « Poulet-Malassy » avec, ici, les annotations de Baudelaire. Combien pour un tel ouvrage aujourd’hui ?

Quelques heures et quelques livres achetés plus tard me voici sur les quais de Seine pour dénicher le chopin de mes rêves. C’était sans compter sur l’extrême flair des patrons de boite. Le bon Huysmans est rare, le Dumas cher, heureusement le Bourget est abordable ! Mes articulations inter-phalangiennes commençaient à souffrir le martyr et j’appréhendais mon retour à l’hôtel. Il faut dire que l’on trouve à Paris, et pour rien, ces lourds catalogues (Berger, etc) dont vous nous parlez sur ce forum mais qui sont inconnus en province.

Jour d’après : Muni de ma carte de la bibliothèque Mazarine, je fis l’ouverture de la salle des oracles. Quelques formules de politesse plus tard, une accorte hôtesse de ce siècle se charge pour moi de la recherche des cotes des ouvrages demandés et me les amène de sa démarche chaloupée… (du pur fin 17eme en très belle reliure). Lorsque 3 heures plus tard, je remis à sa gracieuse remplaçante les ouvrages empruntés en précisant qu’un des volumes faisant doublon, je me proposais pour une somme dérisoire d’en faire l’acquisition, un sourire figé répondit à ma plaisanterie : Il y a des résistances au charme qui sont admirables…

L’après-midi, fut consacrée à la flânerie. Je n’ai pas osé entrer chez Clavreuil/Teissedre (ou l’inverse). Comme certains d’entre-nous, je suis intimidé par l’opulence et une question banale de ces professionnels pourrait mettre en lumière mon incompétence. Et qu’on ne me dise pas que je pèche par modestie ! J’ai déjà été mouché pour une erreur de 10ans dans l’emplacement de la période romantique ! (bien élevé mais susceptible). Dans mon cabas, une histoire de la littérature côtoie un ouvrage sur les gravures sur bois du 19eme, un Mirbeau, un Allais, un très beau Malraux en EO et plein d’autres petites choses bien coupantes aux doigts… J’ai terminé par un demi bien frais. Normal, non ?

Der des der : Métro porte de Vanves. Ma dernière journée est consacrée à Brassens.
Quel Superbe rendez-vous que ce lieu dédié aux curieux. L’ancien est cher (comme toujours mais est-ce vraiment anormal ?). Le broché et le livre curieux sont nombreux et variés. J’ai discrètement étudié les profils ethnologiques curieux et variés des acheteurs et des vendeurs. Vous comprendrez qu’ayant la chance d’être à la fois transparent et d’un modèle fort courant pour l’époque, je ne me suis pas appesanti sur mon propre cas… Le résultat est rassurant. Le bibliophile est plutôt un homme bien élevé, solvable et gentil avec la serveuse du restaurant à qui il a commandé un plat de nouille recouvert d’un ragoût appétissant. Il boit son demi avec le sourire satisfait de celui qui a fait de bonnes affaires. Certains lisent leurs découvertes en mangeant ce qui les distingue des odieux spéculateurs que nous envions. En somme, cette absence de vulgarité m’a conforté dans l’idée que ma marotte était bien pardonnable…

Lorsque j’ai repris le chemin de la gare pour ma chère Provence, j’ai laissé tomber des petits cailloux blancs pour retrouver le chemin. De toute façon, j’étais déjà assez chargé avec tous ces bouquins ! »

Merci Pierre pour cette promenade!

H

La lettre du bibliophile

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Portrait de relieure contemporaine: l’atelier Véronique Sala-Vidal

Portrait de relieure contemporaine: l'atelier Véronique Sala-Vidal

Amis Bibliophiles bonjour,
Je vous propose aujourd’hui de reprendre la série de portraits sur les professionnels du livre, après de nombreux libraires, voici le portrait de Véronique Sala-Vidal, relieure. C’est la première fois que le blog s’aventure ainsi sur les chemins de la reliure contemporaine mais j’ai trouvé cette conception et cette démarche artistiques très intéressantes et c’est déjà une raison suffisante pour vous faire découvrir cet univers en général méconnu des amateurs de livres anciens.Bonjour Véronique, pourriez-vous nous parler de vous et de votre atelier?
Mon atelier a été crée le 1er avril (répertoire des métiers). D’abord situé à Meudon et Sèvres, il est désormais situé près du parc de la Vallée aux loups à Châtenay-Malabry (Voltaire y est né, Chateaubriand y a résidé…). Une ville à découvrir. En plus de mes activités de relieure, je propose également des formations à mon atelier depuis 1996.
Quelle est votre formation? 
Mes 1er pas en reliure datent de 1980 pendant mes études artistiques (Villa Arson de Nice). Elles avaient débutées en cours du soir aux « Arts A. » (Arts Appliqués) de Paris pendant mon cursus secondaire, j’avais choisi ma voie « artistique ». J’ai décidé de suivre mes études à l’Ecole d’art de Nice. C‘est André Malraux qui en reprenant le concept de formation du Bauhaus a souhaité ce projet de formation artistique à un niveau national et régional.
L’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Nice fait partie des sept Ecoles nationales installées en région qui dépendent directement du Ministère de la Culture. Elle propose un cursus de cinq ans. Les étudiants y reçoivent une formation artistique, technique et théorique de haut niveau dont les orientations sont élaborées par les artistes et les intellectuels qui y enseignent.
Cette formation généraliste et à large vue répondait à mes attentes du moment, c’est à dire les nouvelles technologies et le multimédia naissant. Pendant cette période, je suivais l’atelier de reliure de l’école , sans avoir l’intention de pratiquer le métier de relieur dont j’ignorais, à ce moment, le potentiel artistique.
Depuis quand êtes vous passionnée par la reliure?
Cela c’est fait un peu à mon insu en suivant le fil, d’où entre autres, le motif de mon logo « la spirale ». C’est à l’atelier de Daniel Mercher et Henri Beggia (rue Visconti) que j’ai découvert la reliure dite à juste titre «d’art» et de haut niveau, qui ne s’apprend pas en école.Par la suite, sur son conseil, j’ai suivi le module de formation technique de l’école Estienne en reliure et dorure. C’est ainsi que j’ai connu l’un des derniers spécialistes de la dorure, Alain Coutret.
Dans le même temps, étant très curieuse sur cette pratique artistique que je découvrais, j’ai pris connaissance « de tout ou presque » sur la reliure, sur le travail de quelques relieurs qui m’ont incités à poursuivre. Puis, j’ai souhaité travailler chez J. de Gonet, ce que j’ai fait, et j’ai suivi une année de cours avec S. Évrard.
La rencontre avec Carole Laporte doreur main, de ma génération, a été importante. Sa compréhension du projet du relieur et la qualité de son travail étant indispensable.
La reliure est-elle un art ?
La reliure dite « d’art », « de création », « à décor » couvre trop de choses disparates et inégales. Pour ma part je défends que la reliure l’est, pourtant le dire est suivi de peu d’effet. Le marché du livre est en partie entre les mains des libraires, mais quelle place accordent-ils aux acteurs principaux de la reliure contemporaine, c’est à dire ceux qui la font?Des commandes de reliure de création par des bibliothèques publiques en région et en Ile-de-France, des collectionneurs, des artistes, m’incitent à le croire, voici un aperçu des commandes auxquelle j’ai pu répondre:
Les bibliothèques publiques :- Lille, capitale européenne de la culture en 2004 pour un recueil de poème de Pierre Dhainaut avec des burins Nathalie Grall.- Paris, la bibliothèque des Arts Décoratifs, à 7 relieurs en 2002.- Versailles, pour un travail sur un ensemble de documents et d’autographes d’André Gide et Claude Aveline.- Le Havre, pour des créations sur des manuscrits et tapuscrits de Raymond Queneau (Les ziaux et Bucolique).- Dijon, pour une édition de la Treille muscate.- Le concours national « Métier d’art en bibliothèque ». Ce projet menée sur six mois (initiative du Ministère de la Culture en partenariat avec la Fondation des banques CIC pour le livre), consistait en une équipe entre un conservateur, un relieur ou un restaurateur et a former un stagiaire. J’avais constitué l’équipe (la Bibliothèque du Havre, Cécile Huguet, stagiaire, actuellement en charge de l’atelier de restauration de la bibliothèque des Arts Décoratifs). Une valeureuse expérience de prise en compte du métier au niveau national, menée sur 6 mois et restée sans aucun équivalent à ce jour.
Des commandes de collectionneurs :- Pour des dessins originaux de Mœbius, des bandes dessinées de collection. – Des éditions à tirages limités ; de Alfred Jarry avec gravure de Reinhoud, de Charles Juliet avec Dorny, par exemples.- Des autographes de J-Louis Curtis, Jean-Paul Sartre (Carnet de 1924) etc.- Des éditions originales ; de « Ubu roi », de « l’Album primo avrilesque » de Alphonse Allais, etc.
Des artistes qui me confient leurs tirages de têtes, leurs hors commerce :Jacques Clauzel, Michel Sicard pour des livres pensés et faits en binôme avec Andrée Chedid, Michel Butor, Salah Stétié, Fernando Arrabal, Eugène Guillevic, Anne Salager, Irina Liebmann, Pierre Toreille, Pierre Alechinsky, entre autres.
Des collections publiques ou privées qui trouvent pertinent de confronter le livre d’artiste avec la reliure de création, si les éditeurs ne prennent pas en charge le coût de la reliure de création, eux le font par des acquisitions :- Riom, reliure monumentale pour un livre d’artiste unique sur papier de Chine en rouleau de 7 mètres, calligraphié par Pierre Lafoucrière, etc.
Que ressentez-vous quand vous vous occupez d’un livre ? Comment travaillez-vous ?
Une responsabilité et un enjeu. Comment faire corps avec l’œuvre préexistante et autonome? Mais aussi faire plaisir tout simplement au client.
Dans mon travail de relieur je dois être en phase avec le contenu, quel que soit sa nature (littéraire, poétique, historique, scientifique, musical, visuel, graphique, etc.) d’où son importance. Que dit-il et comment, c’est le sens qui prime, pas de message ici, la personnalité de l’auteur est aussi importante, son approche de son époque, mais aussi la personnalité et les critères du collectionneur sont également intéressants. J’utilise l’ordinateur comme un outil indispensable à mon métier. Ma démarche est l’épure, voir le minimalisme, non le jansénisme trop spécifique à une époque. La technique apporte sa part de la réponse, elle est là pour se faire oublier, non une fin en soi. D’où ma différentiation d’avec des styles « déjà vu », ce qui a été fait est-il encore à faire ?
La reliure et son contenu est une affaire de vases communicants. Je conçois la reliure comme une mise en scène du contenu qui doit mériter sa reliure. Chacun de mes décors est différent.
Au départ d’un projet de décor il y des idées écrites autant que dessinées. J’ai constitué un journal de bord sur papier et tout support faits d’écrits, d’anecdotes, de dessins, de collages, par nécessité et pour garder mes propres repères.
Faites vous uniquement de la reliure, ou également de la dorure et de la restauration? Avez-vous une période de prédilection? Restaurez vous les livres anciens?
Le relieur est restaurateur. Je remets en état, si nécessaire, les documents endommagés, avant de faire un décor. S’il le faut, j’ai recours à un sous-traitant pour les traitements de surfaces qui respectent des critères de pérennité et l’intégrité du document. Faire du décor représente un temps incompressible et nécessite un espace.
En revanche, je ne restaure pas les reliures.
Que vous préférez dans la reliure?
Trouver parmi mes idées « la bonne », la mettre en forme par le dessin ou l’ordinateur. Lire l’ouvrage sur lequel je travaille. L’usage de la couleur, essentielle et récurrente dans mon travail. La réaction des matériaux façonnés et ce que l’on peut en faire. Lorsque le décor est engagé définitivement et commence à prendre tournure.
Quelle serait la reliure de vos rêves, et vos matériaux favoris?
Je suis compréhensive avec ce qui est fait dans le talent, sans restriction de genre, et je ne sais ce que serait cette reliure. Quelques exemples néanmoins :
Des écrits autographes de personnalités qui ont en commun d’avoir dérangés et fait faire des avancées dans leur(s) spécialité(s), je ne peux en citer un plus qu’un autre – une édition contemporaine en tirage limité de « Through the looking glass» de L. Carroll, vu chez un libraire de Saint-Germain – des écrits ou éditions d’artistes des avant-gardes du XXe siècle – des originaux dessins ou textes de Henri Michaux – des autographes de Marguerite Duras, Jean-Marie Le Clézio de scientifiques (des astronomes en particuliers, comme Jean-Pierre Luminet parce qu’il aime le livre) – des coffrages pour des documents rarissimes comme des écrits tibetains de la religion Bon (d’avant le bouddhisme), plus proches de nous des manuscrits anciens – des incunables (.)
Avez-vous des matériaux favoris ?
La peau certes, celles qui ont des couleurs, les matériaux moins nobles, ordinaires détournés et retravaillés et tous ceux que je n’ai pas encore travaillés. Tout dépend en fait du contenu, du collectionneur qui fera confiance au relieur pour valoriser le bien en fonction de critères de sa collection.Il y a au moins deux points de vue divergents sur le bien fondé d’associer le contemporain à l’ancien. La pertinence est justement dans la rencontre entre les époques comme c’est le cas en architecture.
Etes vous également bibliophile? Si oui, quels sont les livres qui vous intéressent et où achetez vous vos livres? Internet, salons, libraires?
J’ai toujours acheté des livres selon mes rencontres avec eux sans considération pour leur valeur marchande. C’est en pratiquant la reliure et en contact de libraires que j’ai pris en compte cet aspect du livre dit ancien. J’achète maintenant plutôt des livres d’artistes, lorsque je le peux. J’aimerais faire une collection sur le thème de la couleur.
Vous savez que les lecteurs du blog aiment les histoires, auriez-vous une anecdote à nous raconter concernant la reliure, ou autre chose qui touche à la bibliophilie?
Alors que j’étais étudiante, j’ai trouvé chez un revendeur de St Michel mon premier livre de bibliophilie, sans le savoir, «Peintures, gravures et dessins d’Alfred Jarry » une édition originale du Collège de pataphysique.
Evoquons pour finir les aspects pratiques… au cas où l’un des lecteurs du blog souhaitait vous confier un livre…C’est assez simple, on peut venir me rendre visite à mon atelier sur rendez-vous et je me déplace en Ile-de-France dans un rayon de 10 à 15 klm autour de Paris. Il est indispensable que je vois le document, de préférence de visu ou par envoi de photographies (avec toutes mentions utiles, les mesures, le nombre, etc.). Pour chaque demande je fais un devis et j’indique un délai.
Vous êtes à Paris, ce qui n’est pas le cas de tous les lecteurs du blog, comment procédez-vous avec un client en général?
Le 1er contact se fait par téléphone ou par email, si la personne me connaît elle me fait remettre son bien (transporteur, colis postal, autre). Les personnes viennent me voir lorsqu’elles passent sur Paris
…Projets ?
Ils sont indispensables, ma priorité est mon travail de relieur. J’ai plusieurs projets dont la création d’un site. On trouve sur le web quelques liens sur mon travail et des évènements antérieurs.
Merci Véronique,
H
Atelier Sala-VidalCréateur – Relieur01 82 00 69 08

2 Commentaires

  1. Vraiment très joli! Ca donne envie aux parisiens de redécouvrir leur ville… Et maintenant, les bons élèves vont pouvoir aller au lit et dormir du sommeil empli de rêves livresques, avant de se lever pour retourner travailler dans le havre des livres, à la BnF (non, ce n’est pas pour se rincer l’oeil que les étudiants y vont!)

  2. Quelle belle promenade..et belle écriture ! Merci pour cette ballade de rêve,avant d’aller plus pragmatiquement chercher ma fille à la gare nouvelle du TGV, en rase campagne, près de Reims, vers 22h…il doit faire froid dehors…

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