Exposition de Reliures IV

Amis Bibliophiles Bonsoir,
Comme promis, voici une première exposition de reliures. Une fois n’est pas coutume, elles sont plus modernes que celles que vous avez l’habitude de voir sur le blog. Plutôt que de faire une exposition d’une centaine de reliures, j’ai prévu d’en faire plusieurs pour éviter de ralentir trop le temps de chargement. Merci à tous ceux qui m’ont envoyé des images, que je conserve précieusement et vous proposerai très bientôt. Pour cette première exposition, un immense merci à Michel pour ces superbes photos et des notices que j’ai envie de qualifier de… parfaites et très précises! Merci Michel!
Goncourt – Histoire de Marie-Antoinette. Edition ornée d’encadrements à chaque page par Giacomelli et de douze planches hors-texte, reproduction d’originaux du XVIII° siècle
Charpentier, Paris. 1878. In-4 Carré.
un des 15 exemplaires sur chine (n° 5), vi, 512 pp., 14 planches hors-texte dont la très rare planche du « Bol-Sein  » (le titre annonce 12 planches et la table 13) dont 4 rehaussées de couleurs et 2 sur doubles pages, toutes tirées sur chine fort, sauf la lettre sur vergé ; reliure signée G. Mercier successeur de son père en plein maroquin bleu roi, dos à 5 nerfs richement orné, plats ornés de filets et roulettes variées dorés avec fleurons d’angles, doubles filets dorés sur les coupes et coiffes, tranches dorées sur témoins, doublures de maroquin blanc cassé richement ornées de filets, roulettes et décors variés, couvertures et dos conservés, sous chemise et étui, ex-libris de Laurent Meus et Raoul Simonson

FLAUBERT
Salammbô, 2 vol.
Ferroud, Paris. 1900. In-8 Grand-Jésus.
un des 200 exemplaires sur japon ou grand vélin d’Arches (n° 37 sur japon), xxiv, 186 pp. + table, 232 pp. + table, 52 compositions de Georges Rochegrosse gravées à l’eau-forte par Champollion : 2 vignettes de couvertures répétées sur les titres, 20 hors-texte dont 2 frontispices, 15 grands bandeaux, 15 culs-de-lampe ; enrichi d’une suite à l’eau-forte pure en noir avec remarques sur japon, et une suite à l’état définitif avant la lettre en noir avec remarques sur japon ; préface de Léon Hennique ; reliure signée Maylander en plein maroquin bleu marine, dos à 4 nerfs sautés orné de riches décors mosaïqués d’inspiration égyptienne, décors mosaïqués à l’identique sur les plats, doubles filets dorés sur les coupes et coiffes, tranches dorées sur témoins, doublures de maroquin vieux rose foncé orné de larges cadres arabisants en cuir colorés ou mosaïqués, couvertures et dos conservés, sous chemises et étuis

GARNIER
Histoire de la céramique, poteries, faiences et porcelaines chez tous les peuples depuis les temps anciens jusqu’à nos jours
Mame, Tours. 1882. In-8 Raisin.
2° édition, xv, 568 pp., 9 planches hors-texte sous serpentes légendées, dont 4 en chromolithographies, 179 figures in-texte, superbe reliure en plein maroquin brun, dos à 5 nerfs, caissons avec fleuron central encadré de double filets dorés, plats richement mosaïqués avec un listel vert d’encadrement bordé de roulettes et filets dorés, intérieur en maroquin prune avec triple entrelats de maroquin noir et bleu, motif central formé de 3 cercles de maroquin crème, le tout orné de motifs floraux, double filet doré sur les coiffes, roulette doré sur les coupes, doublure en maroquin vert avec guirlande de double motifs dorés encadrée de filets et roulettes dorées, toutes tranches dorées, reliure non signée mais pourrait être attribué au successeur de Cape

GATINEAU
Vie de Monseigneur Saint Martin de Tours
Mame, Tours. 1860. In-8 Cavalier.
édition limitée à 180 exemplaires, un des 60 sur vergé chamois, xvi, 184 pp., reliure signée A. Mame en plein maroquin vert lierre, dos à 5 nerfs orné de caissons dorés aux petits fers, plats ornés d’un décor d’entrelats de filets dorés avec fleurons dorés aux angles dans un triple encadrement de filets et roulettes dorés, doublure bord à bord de même maroquin à large dentelle dorée, garde de moire marron glacé, toutes tranches dorées, double filets dorés sur les coupes et coiffes

Anatole FRANCE
Thaïs – Librairie des Amateurs, Paris. 1909. In-8 Raisin
un des 85 exemplaires sur japon impérial (n° 118) avec deux états des eaux-fortes, dont l’avant lettre avec remarque, 229 pp. + table, 15 compositions dont un frontispice en couleurs par Georges Rochegrosse gravées à l’eau-forte par E. Decisy, reliure signée Bernasconi en plein maroquin bordeaux.

BRIVOIS
Essai de bibliographie des oeuvres de M. Alphonse Daudet avec fragments inédits
Conquet, Paris. 1895. In-8 Ecu
édition originale, un des 10 exemplaires sur papier de Chine (n° 15), vii, 143 pages, reliure signée Lortic en plein maroquin grenat, dos à 5 nerfs, caissons ornés de filets s’entrecroisant, filet doré sur les plats encadrant deux réseaux de triples filets, le premier s’entrecroisant pour former des carrés aux angles, double filet sur les coupes et les coiffes, contreplats avec triple filets dorés s’entrecroisant et gardes en tissu grenat

COLLECTIF
Voyage de Chapelle et de bachaumont. Madrigaux de Monsieur de la Sablière. Conjuration du Comte de Fiesque par le Cardinal de Retz. Oeuvres choisies de Sarrazin.
Delangle, Paris. 1825/26. In-18 Carré
Collection de petits classiques françois imprimée à 500 exemplaires, LXXXIII, CLXXVI, CXXXI, CLV, lettrines et bandeaux noirs, reliures signées Bernard David en plein Maroquin vert, dos à 5 nerfs finement ornés de caissons, filets et roulettesdorées, filets dorés sur les coupes et coiffes, gardes décorées de dentelles, toutes tranches dorées, coiffes avec légers frottis, les quatre volumes dans un emboitage, ceux-ci représentent la moitié de cette très élégante collection imprimée en caractères Didot et publiée par Charles Nodier et Nicolas Delangle, également connue sous le nom de  » Collection de la Duchesse de Berry « 

Théodore de BANVILLE
Gringoire, comédie en un acte, en prose
Louis Conard, Paris. 1904. In-8 Carré.
tirage à 171 exemplaires numérotés et paraphés par l’éditeur, un des 150 sur papier vélin de Blanchet & Kléber (n° 76), ix, 116pp., 32 compositions d’Edmond Malassis gravées sur cuivre en couleurs par Louis Mortier, reliure signée Durvand en plein maroquin bleu, dos à 4 nerfs sautés orné de caissons, date en queue, double filet d’encadrement sur les plats, encadrement doré avec décor de feuilles mosaïquées, infime travail de vers en marge du 2° plat, doublure de maroquin mosaïqué, garde de soie, double filet doré sur les coiffes et coupes, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservées, ex-libris Lucien Cerceau

BANVILLE
Théodore de Gringoire, comédie en un acte, en prose
Conquet, Paris. 1899. In-8 Jésus
tirage à 250 exemplaires, un des 150 sur vélin du Marais (n° 205), portrait de l’auteur en frontispice, iv, 98 pp., 14 compositions de J. Wagrez gravées à l’eau-forte par L. Boisson, reliure signée Vermorel en plein maroquin brun, dos à 5 nerfs avec décors à froid encadré d’un filet doré dans les caissons, mosaïques de fleurs de lys sur maroquin rouge aux centres des caissons, large décor à froid estampés sur les plats avec double encadrement de filets dorés et mosaïques de fleurs de lys sur maroquin rouge aux quatres coins, doubles filets dorés sur les coupes et coiffes, tête dorée, large décor doré sur bordure de maroquin brun sur les gardes, avec motif central en tissue de soie, couvertures et dos conservés, exemplaire enrichi du prospectus de souscription, du programme de représentation de retraite de Monsieur Georges Berr de la Comédie française du 30 avril 1926, de la liste dactylographiée des bus mis en services spécialement pour cette représentation, reliés in-fine, deux coupures de presse de l’époque sont également jointe, sous étui bordé de même maroquin.

BALZAC Honoré de Eugénie Grandet
Les Amis du Livre, Paris. 1883. In-8 Raisin.
tirage à 120 exemplaires, exemplaire n° 115 offert à M. Le Rat, 345 pp., suivi de la table des matières et de la liste des membres des Amis du Livre, ouvrage orné de huit sujets dessinés par M. Dagnan-Bouveret et gravés à l’eau-forte par M. Le Rat en deux états, reliure signée Chambolle-Duru en plein maroquin prune, dos à 5 nerfs orné d’entrelats de doubles filets dorés dans les caissons, plats décorés d’entrelats de filets dorés, doubles filets dorés sur les coupes et coiffes, doublure de maroquin lavalière mosaïqués avec décors de guirlandes dorées dans un double filets dorés d’encadrement, toutes tranches dorées, couvertures et dos conservées, sous chemise en demi maroquin prune, dos légèrement insolé, et étui bordé

BRILLAT-SAVARIN Physiologie du Gout
Furne et Cie, Paris. 1864. In-8 Raisin
précédée d’une notice par Alph. Karr, dessins de Bertall, 459 pages, nombreuses vignettes gravées sur bois et 7 planches hors-texte gravées sur acier dont une en frontispice, demi basane maroquinée rouge, dos lisse mosaïqué joliment orné, tête dorée, couvertures et dos conservées

ANONYME Chronologie des Seigneurs et Propriétaires du Domaine de Rouillac
s.d.. In-4 Raisin.
2 ff n ch., 1 ff.n.ch.(faux-titre), 1 ff n ch (titre), 43pp n ch. ornées de lettrines, de blasons et de culs-de-lampe peints à la main, le texte gothique est manuscrit, toutes les pages sur papier fort montées sur onglets, livre manuscript gothique enluminé par F. Fauconnet, effectué pour le Baron Haussmann, propriétaire du Domaine de Rouillac (Gironde) qu’il avait acheté en 1864. Ouvrage reprenant la généalogie des familles et leurs blasons et la chronologie des Seigneurs et propriétaires du Domaine de Rouillac. reliure en plein maroquin rouge cerise,dos à 5 nerfs orné d’encadrements de filets dorés, 1° plat aux armes du Baron Haussmann avec inscription Rouillac, double filets dorés sur les coupes et coiffes, large dentelle intérieure, garde en moire rouge, sous étui bordé
ANONYME
Madame la Duchesse d’Orléans. Lettres originales de Madame la Duchesse d’Orléans.
Michel Lévy Frères ; Magnin, Blanchard , Paris. 1859. In-8 Cavalier
édition spéciale tirée à 100 exemplaires sur vélin supérieur collé (n° 41), 239 pages, reliure signée Andrieux en maroquin bleu marine, dos à 5 nerfs orné de filets et couronnes, double filet d’encadrment sur les plats, chiffres couronnés aux angles, double filets sur les coupes et coiffes, dentelles intérieures, toutes tranches dorées (Andrieux était le relieur de la Maison d’Orléans,il exerça de 1837 à 1870 environ)
ARENE Paul Jean-des-Figues
Librairie Internationnale, Paris. 1870. In-12 Carré.
édition originale, 333 pp. + table, avec une eau-forte d’Emile Bénassit en frontispice, reliure signée Semet & Plumelle en plein maroquin corail, dos à 5 nerfs orné d’un fleuron répété mosaïqué de maroquin blanc dans les caissons entourés d’un listel de maroquin vert encadrés de filets dorés, plats ornés d’un encadrement de quatre filets dorés avec fleurons d’angle, le tout encadré d’un listel de maroquin vert encadrés de filets dorés, gardes doublées bord à bord de box vert, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés, chemise en demi maroquin corail à bandes sous étui bordé de même maroquin

Magnifiques, non?
Hugues

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Portrait d’un bibliophile : Gilles, alias Lauverjat

Portrait d'un bibliophile : Gilles, alias Lauverjat

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Découvrir un nouveau bibliophile, c’est découvrir une bibliophilie mais aussi une bibliothèque… Ce soir, je vous invite au voyage et vous propose de découvrir ce soir le portrait de Gilles, alias Lauverjat, fidèle lecteur du blog, et qui intervient régulièrement.
Crise du logement.
Pourriez-vous nous parler un peu de vous et de votre bibliothèque?

Je suis presque né dans une imprimerie. Mon père était artisan, imprimeur, typographe et linotypiste tout à la fois. L’atelier était devant la maison. Enfant, je surveillais, perché sur un tabouret, une nébiolo, presse feuille à cylindre, qui avait la fâcheuse manie de prendre deux feuilles à la fois. J’appelais mon père du fond de l’atelier quand ça se produisait… ou je jouais avec l’apprenti. J’ai appris la casse, fait fonctionner les machines et aimé le livre. Etudiant (en médecine) je passais inévitablement par l’atelier pour voir ce qui tombait aux recettes des presses, examiner l’encrage et le foulage.

Lettre autographe de Maurice Genevoix du 28 mars 1926 à Pierre Dominique. Il relate le plagiat de son mémoire sur Maupassant, par Louis Barthou bibliophile et académicien, et la duplicité des frères Fischer directeurs littéraires chez flammarion. En 1980, Genevoix, relate enfin cet épisode dans Trente mille jours (E.O. 65 exemplaires)
Simier R. du Roi, Chambolle-Duru, Capé, Messier, Doll
Depuis quand la passion de la bibliophilie s’est-elle emparée de vous?

C’est à dix-neuf ans que j’ai acheté, en brocante, mon premier livre ancien, un manifeste de Dumouriez. Au même moment mes parents m’ont offert les oeuvres d’Horace reliées en plein veau glacé par Simier. Ils auraient pu plus mal tomber et je remercie monsieur Touzot qui les avait conseillés pour cet achat. Mais la bibliophilie est souvent un plaisir solitaire, et peu de camarades de fac pouvaient concevoir qu’on puisse préférer un vieux bouquin à un week-end à la plage …
Émouvante relique hélas passée dans les mains d’un relieur-rogneur, LABBE DE MONTVERON Gabriel, “Coustumes générales des Pays et duché de Berry avec les annotations de Gabriel Labbe sieur de Montveron conseiller et advocat du Roi au baillage et siège présidial de Berry à Bourges”, seconde édition, à Paris chez Nicolas Buon, 1607 in-4 6 ff., 699 pp. 23 ff., les ex-libris résument l’histoire du livre et du droit à Bourges: “j(ean) chenu ex dono authoris 1607″, avec une note sur l’auteur “décédé le xii février 1615 au retour du palais d’une apoplexie” Chenu, avocat, commentateur du droit et compilateur des privilèges de Bourges meurt le 16.12.1627. On trouve ensuite “Mercier” (famille de professeurs en droit de Bourges, ici Jacques ou Jean (1589-1648) puis “thaumasius de la thaumassiere..” (sans la mention d’achat habituelle qui a du être coupée par le relieur). La Thaumassière (1631-1702) est l’historien et le commentateur de la coutume du Berry le plus célèbre, “De Biet 1726″ (famille de lieutenants généraux et maires de Bourges), Jacques “Triboudet lieutenant particulier à Bourges 1749″ maire de Bourges de 1755 à 1759 écuyer sieur de Mainbray décédé après 1767, enfin un autre ex libris non déchiffré. Sous la ligne “revue et augmentée” une main ajoute: “avec les nottes de Messrs Chenu, Mercier et De la thaumassière”. Le corps du livre est couvert de marginalia des mains de Chenu et de La Thaumassière.Où achetez vous vos livres.? Internet, salons, libraires?

J’ai ensuite fréquenté, entre les cours, les salles de vente de Drouot. J’y ai beaucoup appris et assez peu acheté pour cause de bourse plate. Pendant longtemps j’ai arpenté les quais et j’y ai rencontré quelques libraires aujourd’hui installés. Depuis je suis resté fidèle aux salles de vente quand j’ai le temps. Je pousse les portes des librairies partout où elles s’ouvrent y compris en vacances en tenue de randonneur! Je fréquente inévitablement les salons depuis toujours, celui du Slam en ses lieux changeants, celui des Cordeliers puis du Carrousel, celui de l’ORTF puis de Saint-Germain, celui du Gippe à Saint-Sulpice, celui de la Charité-sur-Loire, d’autres aussi. Je n’ai plus le temps d’aller à Brassens qui me semblait moins intéressant avec le temps il y à déjà quelques années… Je boude les brocantes et les villages du livre où j’ai trop souvent l’impression qu’une masse de bouquins occulte quelques livres anciens. J’ai de bonnes relations avec les libraires, du moins j’espère, il faut bien que tout le monde vive. J’ai le privilège d’y avoir trouvé de rares amis. J’épluche assidûment et avidement les catalogues des libraires que je redistribue autour de moi. Certains professionnels font un travail extraordinaire, Jean-Marc Dechaud par exemple. Depuis peu j’achète un petit peu sur e-bay, de petits ouvrages et de la documentation. Je m’y méfie des descriptions, des ouvrages non collationnés et des attributions de provenances hâtives. Certains livres de ma bibliothèque proviennent de la collection d’un ami, mon aîné en bibliophilie et dans mon métier et mon tuteur dans notre société d’histoire locale. Il tenait lui-même ses livres d’un illustre prédécesseur local aux mêmes occupations. Eusèbe Pamphile évêque de Césaréé traduction Claude de SEYSSEL, Histoire ecclésiastique translatée de Latin en Fra(n)çois… imprimé à Paris Maistre Geofroy Tory de Bourges, Marchant Libraire et Imprimeur du Roy , 21 octobre 1532, in 4 E.O. de la traduction de Seyssel. Que le récent imprimeur du roi publie une traduction en français n’était pas innocent, et répondait à la politique de francisation ménée par François Ier. Notez le toret perçant le pot cassé, urne funéraire, qui symboliserait le cœur percé de l’imprimeur à la mort de sa fille dont l’âme s’envole.
A ceci s’ajoute ma fréquentation des collections publiques où évidement je n’achète rien mais où j’apprends et je découvre beaucoup, mais les bibliophiles s’y font rares!
Jean Chaumeau, Histoire de Berry… Lyon, Antoine Gryphius 1566, petit in-folio, vue dépliante de la ville de Bourges.Quels sont vos domaines de prédilection, ou votre approche est-elle éclectique et vous fonctionnez au coup de coeur?

Aujourd’hui ma collection concerne surtout le Berry historique et la petite ville où j’ai élu domicile. J’ai autrefois beaucoup recherché les E.O. sur grands papiers de Maurice Genevoix que j’ai parfois enrichies de lettres autographes. C’était une collection abordable pour un étudiant. Avec Genevoix j’ai rencontré le plaisir d’une langue maîtrisée et des thèmes chers, la Sologne d’une part, la Meuse et 1914 d’autre part qui me rappelaient mon grand-père. J’ai aussi une passion pour l’histoire, et les chroniques du seizième siècle si bien imprimées et parfois illustrées de bois gravés. Je cherche aussi les occasionnels des guerres de religion qui concernent le Berry. Mais ce genre d’imprimé se fait de plus en plus coûteux depuis quelques temps. Enfin je suis bibliopégimane. Par dessus tout, j’adore les relieurs du XIXe et je confesse des achats seulement motivés par la reliure. Mais une belle page de titre bien composée me séduira toujours. J’essaie de concilier tout cela et de rester cohérent et je n’aime pas les livres en mauvais état ou “à problème” comme dit Hugues. En un mot, je deviens difficile et ça m’inquiète. J’essaie de me concentrer sur les éditions du XVIe, les impressions régionales, les auteurs rares et les témoignages manuscrits.
Antoine Leconte, Tractatus de diversis morae generibus…. Bourges, Guillaume Lauverjat 1587.
L’auteur né à Noyon en 1517 environ, vient à Bourges en 1557. il y exerce le droit canon en 1558, puis le droit civil. Professeur de de Thou, recteur en 1576, il meurt en 1586. Son portrait gravé est signé des initiales G. L. pour Germain Lauverjat, libraire maillon d’une dynastie sur Bourges. L’imprimeur qui ne signe pas est Nicolas Levez dont on reconnaît le matériel typographique.
Quant à ma bibliothèque elle est installée dans une petite pièce transformée en cabinet, protégée du soleil (et de la lune!). Les livres n’y ont pas assez de place et ils subissent un déclassement régulier pour rejoindre la bibliothèque générale familiale, en libre accès!
Reliure estampée à froid sur une impression de Guillaume LeRouge de 1512Quel est le ou les livres qui vous font rêver? Et les livres que vous possédez déjà et qui vous sont particulièrement chers?

Une quête impossible ? Mon Graal ? En voici trois improbables : une édition originale du XVIe dans une reliure mosaïquée à la cire ou de Pietro Duodo, le bréviaire perdu de Saint-Satur, qui serait alors le premier livre imprimé à Bourges en 1523, relié par Bozérian si possible, le Champfleury de Geofroy Tory, dans une reliure de son atelier au pot cassé à un prix raisonnable. (J’en ai vu un une fois, je n’ai pas pu m’aligner!). Mais il y a une autre réponse à cette question. Beaucoup d’expositions de livres m’ont fait rêver ces dernières années. Chantilly d’abord et encore Chantilly (merci au duc d’Aumale et à Emmanuelle Toulet conservateur) et la Bnf, mais aussi les bibliothèques de Valenciennes, d’Arras, de Saint-Omer, l’exposition des manuscrits de Saint-Benoît à Orléans, les manuscrits du Mont-Saint-Michel à Avranches, et aussi le Salon International du Livre Ancien.
Quelques uns de mes livres illustrent cet article.
Bois gravé sur: Gilles Nicole, « les très elegantes et copieuses annales …des belliqueuses Gaulles », Paris 1541.Vous savez que les lecteurs du blog aiment les histoires, auriez-vous une anecdote à nous raconter, sur une trouvaille, un livre, autre chose qui touche à la bibliophilie?

Voici quelques années je repère sur le catalogue d’une célèbre librairie parisienne un livre du XVIe où je savais trouver le récit du siège d’une petite ville en Berry, Aubigny-sur-Nère autrefois tenue par les Stuart. Le libraire au téléphone me déclare embarrassé que ce livre, “celui-ci justement” est vendu. J’insiste pour en savoir plus sur son hésitation et je finis par apprendre que la Britsh Library l’a réservé (les Stuart je pense) … dommage. Deux ou trois mois plus tard en plein mois d’août, un message sur mon répondeur me proposait de passer prendre le livre après carence de l’acheteur précédent. J’avais bénéficié de la lenteur des institutions et d’un libraire à l’organisation et la mémoire structurée!
Alain Chartier, (ou Le Bouvier Gilles dit “Héraut Berry” ), L’Histoire mémorable des troubles de ce royaume sous le roi Charles VII…Nevers, Pierre Roussin, 1594, (2)- 206 ff. (mal chiffrés 204), Seconde édition produite par le prototypographe de Nevers, l’E.O. était parue en 1528 chez François Regnault à Paris. Sur la page de titre figurent les armes du duc de Nevers, Louis de Gonzagues. Gilles le Bouvier (1386-1454) originaire du Berry fut choisi en 1420 par le Dauphin pour être son héraut, il est l’un des premiers à faire état du rôle de Jeanne d’ArcEnfin, vous êtes un visteur fidèle du blog… qu’en attendez-vous?

De pouvoir y cultiver ma passion, et de m’immerger dans le livre. Apprendre des autres, bibliophiles, libraires et bibliothécaires, donner et échanger quelques fois des informations. Vivre une passion un peu moins solitaire… Longue vie au Blog!
Jean Mercier (professeur de droit à Bourges, la génération qui précède le possesseur du Labbe),édité par la veuve et les héritiers de Jean Lauverjat libraire à Bourges.
Gilles/Lauverjat

P.S. Et le nouveau “fléty” du XVIe au XIXe, ouvrage collectif du Blog des Bibliophiles, on le fait? Merci Gilles!Pour faire plaisir à Hugues, une reliure XXe de Georges Cretté.

H

10 Commentaires

  1. Bonsoir Jean-Marc,
    Les photos ont été prises pour certaines avec un flash : celles des livres de couleur sombre notamment. Les autres ont été prises sans flash, et en particulier les doublures des reliures. Les photos ont été prises vers 14 heures l’autre jour dans une pièce peu lumineuse…
    Bonne soirée, Michel

  2. Une question technique : comment avez-vous pris ces photographies ? Visiblement, vous n’utilisez pas de flash. Pour ma part, j’avoue ne pas avoir complètement résolu le problème de la photographie de reliure.L’usage du flash provoque des sur-brillances. La lumière naturelle est capricieuse. Merci pour un éclairage technique.

    Jean-Marc

  3. Bonsoir,
    C’est vraiment superbe.
    Je vais chipoter sur une coquille (probable) comment peut-on être l’exemplaire n°15 d’un tirage qui n’en comporte que 10 (pour le Daudet)???

    Cordialement,
    Olivier

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