Un livre à l’honneur : Le Conte du Tonneau, un mock-book, par Swift.

La réponse à l’énigme était la gravure de la Bataille entre les livres anciens et modernes dans la bibliothèque de St-James », extraire de l’ouvrage « Le Conte du Tonneau », de Jonathan Swift.
J’aime beaucoup cette gravure, comme toutes celles qui ornent les ouvrages de Swift d’ailleurs, et sauf erreur de ma part, les gravures 18ème dont le sujet est une bibliothèque sont assez rares.

Jonathan Swift (1667 – 1745) est un écrivain irlandais d’origine anglaise connu pour ses satires et ses pamphlets humoristiques. Après des études au Trinity College, celui-ci rejoint l’Angleterre et devient le secrétaire du diplomate Sir William Temple, un homme d’État en vue, parent très éloigné de sa mère.
Swift, qui ne s’entendait pas avec son employeur, regagna l’Irlande en 1694 et entra dans les ordres. Pourtant, en 1696, il se réconcilia avec Temple et revint chez lui pour faire l’éducation d’Esther Johnson, fille d’un de ses proches. Swift resta là jusqu’à la mort de son protecteur en 1699, jouissant d’une grande liberté qui lui permettait de s’adonner à la lecture et à l’écriture. Il écrit alors la Bataille des livres pour défendre Temple dans la querelle des Anciens et des Modernes et Le Conte du tonneau, texte impitoyable à l’égard de la stupidité de ses contemporains et qui déplaira à la reine Anne, ce qui empêchera finalement Swift d’accéder à l’évêché.
Le Conte du Tonneau, paru en 1704, est l’un de ses ouvrages les plus connus, avec les Voyages de Gulliver. La lecture n’en est pas toujours aisée, mais le texte est remarquable, et Swift y attaque tour à tour Luther, Calvin et le pape, dénonçant le fanatisme religieux de manière générale. Il y fustige avec fougue toute forme de prétention dans le clergé. L’oeuvre participera d’ailleurs à la tendance des mock-books. Le mock-book peut être défini comme une parodie de la forme du livre ou du livresque, qui sert habituellement à satiriser un large éventail de sottises intellectuelles ou artistiques. D’autres mock-books suivront au 18ème.
C’est le deuxième volume qui renferme le Récit de la fameuse bataille entre les livres anciens. L’ensemble se compose de 3 volumes in-12, qui connurent plusieurs publications au 18ème, notamment chez Scheurleer (1741 et 1757)
Bravo à Bertrand, qui a trouvé la bonne réponse le premier.

En guise de conclusion, 3 citations de Swift que j’aime beaucoup:

« L’ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses ; c’est ainsi que l’on grimpe dans la même posture que l’on rampe. »

« Je demandais à un homme pauvre comment il vivait; il me répondit : «comme un savon, toujours en diminuant». »

« Quand un génie véritable apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. »

H

P.S. : connaissiez-vous les mock-books?
Images : des images du Conte du Tonneau.

La lettre du bibliophile

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Pour en finir avec les voyages de Cook, courte bibliographie additionnelle

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Amis Bibliophiles Bonsoir,

En dehors de cette relation officielle, on distinguera deux types d’oeuvres : les relations proposées par des compagnons de voyage de Cook, qui s’embarquèrent sous ses ordres sur les différents navires d’une part, et les « abrégés » proposés dans les collections de voyages d’autre part.
Au niveau des relations non officielles, les plus connues sont :

– L’ouvrage qui vient en général compléter la série des trois voyages, à savoir la Vie de Cook, par Kippis, et traduite par Castera : Vie du Capitaine Cook, un volume in-4, à Paris, Hotel de Thou, 1789. (également parue en format in-8).
– John Rickman : Troisième Voyage de COOK, ou Journal d’une expédition faite dans la Mer Pacifique du Sud & du Nord, an 1776, 1777, 1778, 1779 & 1780. Traduit de l’anglois.
Chez Belin et Volant Paris, 1782. Un volume in-8. John Rickman était lieutenant à bord de « la Découverte ». Cette relation du 3ème voyage, non officielle, est parue avant la relation officielle. Elle est ornée d’un frontispice gravé replié représentant la mort du capitaine Cook et d’une carte repliée de l’itinéraire suivi par Cook.

– Heinrich Zimmermann : Dernier Voyage du Capitaine Cook, où se trouvent les circonstances de sa mort, publié en allemand par un témoin oculaire, & traduit avec un abrégé de la vie de ce navigateur célebre, & des notes.. Un volume in-8, Berne, chez la Nouvelle Société Typographique, Paris et Berlin, 1783. Une autre relation non officielle du troisième voyage, fondée sur les notes d’un autre compagnon de voyage de Cook.

– John Marra : Journal du second voyage du capitaine Cook, sur les Vaisseaux la Résolution et l’Aventure ; Entrepris par ordre de S.M. Britannique, dans les années 1774 et 1775.
Amsterdam, et se trouve à Paris chez Pissot, Nyon 1777. Un volume de format in-8, illustré d’une carte gravée dépliante. Relation apocryphe du deuxième voyage de Cook, parue anonymement 18 mois avant l’édition officielle des voyages de Cook. Il contient des observations et le récit d’incidents non compris dans cette dernière. John Marra, était canonnier à bord du navire la Résolution.

– André Sparrman : Voyage au Cap de Bonne-Espérance, et autour du Monde avec le Capitaine Cook, et principalement dans les pays des Hottentots et des Caffres. Traduit par M. Le Tourneur.
Buisson Paris 1787. 2 volumes de format in-4, contenant un frontispice, une grande carte repliée et 15 planches hors texte. On trouve à la fin de l’ouvrage un vocabulaire des langues Caffre et Hottentote. Sparrman rencontra Cook pendant son escale au cap de Bonne-Espérance. Cook lui proposa de l’accompagner en tant que botaniste de son expédition autour du Monde.

– Sydney Parkinson : Voyage autour du monde, sur le vaisseau de sa majesté Britannique L’Endeavour. Précédé d’un discours en forme d’introduction sur les principaux navigateurs Anglais et Français qui ont précédé L’Endeavour: suivi d’un abrégé des deux derniers voyages du capitaine Cook. Ouvrage traduit de l’Anglais par le C. Henri. 2 volumes in-4, parus chez Guillaume, Paris, an 5, 6 planches dépliantes.

Un ensemble de « Cookiana », un Atlas en EO, colorié, les 13 volumes in-4 en EO, avec la vie de Cook, et 9 volumes in-4 en EO, aux Armes, les deuxième et troisième voyages. Au milieu, le coffre mystérieux…Au niveau des collections de voyages et des abrégés, on retiendra en particulier :

– Dumont d’Urville : Voyage pittoresque autour du Monde. Résumé général des voyages de découvertes de Magelan, Tasman, Dampier, Anson, Byron, Wallis, Carteret, Bougainville, Cook, Lapérouse, G. Bligh, Vancouver, d’Entrecasteaux,… Paris, Tenré, 1834-35. Deux volumes in-4, abondamment illustrés, qui reprennent en partie les voyages de Cook.Et surtout le La Harpe : Abrégé de l’histoire générale des voyages, contenant ce qu’il y a de plus remarquable, de plus utile & de mieux avéré dans les Pays où les Voyageurs ont pénétré; les moeurs des Habitans, la Religion, les Usages, Arts & Sciences, Commerce, Manufactures; enrichie de Cartes géographiques & de figures. Les 21 premiers volumes, l’édition de 1780, de chez Thou, aux armes.Paris, Hôtel de Thou, 1780 (puis Laporte en 1786, puis Moutardier en 1803). Les 21 premiers tomes sont parus en 1780 à l’Hotel de Thou, puis ils ont été complété en 1786 (avec notamment le 3ème voyage de Cook) chez Laporte et complétés une nouvelle fois chez Moutardier en 1803. Volumes de format in-8 abondamment illustrés et ornés de cartes dépliantes. Les Voyages de Cook sont contenus dans les volumes 19 à 23, et on y retrouve par exemple les très belles gravures des portraits.





Les différentes pages de titre, au fil des années. Ce dernier, tome 12ème vient en fait terminer la 3ème série, qui démarre curieusement par le tome 32. Soit 44 volumes au total.La notion de « complétude » est très aléatoire sur cet ouvrage : certains libraires l’annoncent complet en 21 volumes, d’autres en 32… J’ai réussi à en trouver 44, en reliure uniforme, je crois que le compte y est. Si vous voulez les voyages de Cook, vous pouvez vous arrêter au 23ème inclus.

Une parenthèse : le coffre donc… Chiné dans une brocante. Poids : environ 30 kg. Entièrement en fer forgé. Epoque : 18ème. Contenu? indéterminé mais sonore… puisque je n’ai pas la clef et qu’il est donc fermé! les serruriers de quartier s’y cassent les dents. Si vous avez une idée, je suis preneur!
H

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