Portrait d’une jeune relieure: Maud Morel, de l’histoire médiévale, ses reliures à l’amour du livre

Amis Bibliophiles bonsoir,
Certaines Cassandre trouvent qu’il n’y a plus de livres, d’autres qu’il n’y a plus de bibliophiles, certaines qu’il n’y a plus de doreurs, de relieurs, qu’ebay détruit tout, que le Grand Palais c’est nul, que Brassens c’est nul, que les librairies c’est nul, que les ventes aux enchères c’est snob, etc. Ah on en a des pessimistes en matière de bibliophilie, des « c’était mieux avant »! Et pourtant, et pourtant, je suis un de ces incorrigibles optimistes qui pensent que le petit monde du livre ancien est un petit monde fort dynamique, avec une génération d’acteurs qui montent, de bibliophiles qui mûrissent, de livres encore à découvrir (si je m’écoutais, je me lancerais dans un blog, tiens! :)…).
Parmi ces acteurs, après vous avoir présenté Daniel la semaine passée, j’aimerais vous présenter ce soir une jeune relieure, Maud, qui s’est installée il y a à peine un mois.
Reliure à mors ouvertsBonjour Maud, pourriez-vous nous parler de vous et de votre atelier?

Bonjour à vous. C’est un grand plaisir pour moi que d’être citée ici. Cet article récompense le travail accompli pour créer mon atelier. En effet, Reliure Morel existe officiellement depuis le 1er décembre 2011. C’est à Valence, dans la superbe région de la Drôme que je me suis installée après avoir grandi et vécu en Bourgogne.
Quelle est votre formation?
Après le lycée, je suis entrée à l’université où j’ai obtenu une maîtrise d’histoire médiévale. Pendant cette année de recherche mon contact avec les livres et documents anciens était quasi quotidien. J’avais la chance de travailler sur un sujet peu étudié (les chantres au XVème siècle); les documents que je traitais étaient donc si rarement consultés qu’ils n’avaient jamais été microfilmés et encore moins numérisés !
Malgré tout le plaisir éprouvé à étudier l’histoire, il me manquait cependant le travail de la main. Et la reliure pouvait réunir les deux. Mon père est menuisier, il m’a très tôt transmis un intérêt fort pour la création manuelle. J’ai donc terminé mon année de maîtrise et suis entrée, en 2009, à l’école-atelier « Les Ateliers d’Or », à Semur-en-Auxois, en Bourgogne. C’est Mme Laetitia Campedelli, relieur-plasticien à l’Isle-sur-la-Sorgue qui nous dispensait les cours de reliure et de dorure. Mme Martine Locicéro (doreur à Paris) et feu Mr Rafael Tarifa (relieur-doreur de la Banque de France) sont venus régulièrement nous faire part de leur connaissances.
Lors cette année de formation j’ai été admise en stage dans l’atelier de reliure de la Banque de France, sous l’égide de Mr Rafael Tarifa. Il avait pour spécialités la reliure des livres de grand format et des techniques de dorure particulières (la dorure au blanc d’œuf par exemple). Ce séjour à la Banque de France fut pour moi d’une richesse inouïe, tant sur le plan technique, que sur le plan humain. Pendant cette période, j’ai rencontré des personnes formidables, un réseau d’amis/confrères sur qui je peux compter. En effet, depuis 2009, je poursuis ma formation en autodidacte, en soumettant mes travaux et en exposant ma progression à leur jugement.
Reliure à mors ouverts, mosaïquée de papier, parchemin et box.Depuis quand êtes vous passionnée par la reliure?
La passion pour la lecture m’est venue très tôt, celle pour le livre est venue progressivement. C’est surtout au sein des Archives, lors de mes recherches universitaires que j’ai réellement perçu la beauté du livre relié et les infinies possibilités plastiques qu’offre la reliure. Cet intérêt grandissant s’est naturellement accru lorsque j’ai commencé à apprendre la reliure et à rencontrer des relieurs.
La reliure est-elle un art ?
Oui, parce la fonctionnalité d’une reliure traditionnelle ou de création (solidité, maniabilité…) s’accompagne toujours d’une recherche esthétique. En effet, si l’on met de côté les boîtes de conservation et autres compactus, une reliure est en général destinée à être exposée dans une bibliothèque. Elle a, je pense, un rôle un peu aguicheur, au service du livre. Elle attire le regard du bibliophile, le séduit pour qu’il l’ouvre et découvre le livre qu’elle contient. La reliure est aussi un hommage a ce livre qu’elle protège. On ne prendra pas de la jute pour fabriquer l’écrin d’un bijou, mais un satin capable de le mettre en valeur.
Reliure à plats rapportésOutre son savoir-faire, le relieur met donc également sa créativité au service de cette discipline. La couleur, la texture des matériaux, le galbe d’un plat, la tranchefile…Tout est matière à l’expression de sa sensibilité. Je crois que la reliure est l’art des artistes timides. De ceux qui n’osent pas exposer le fruit de leur inspiration sur une toile format raisin mais plus volontiers dans une tranchefile, dans un cuir mosaïqué, dans un nerf bien travaillé…
Que ressentez-vous quand vous vous occupez d’un livre ? Comment travaillez-vous ?
Quand je commence à travailler sur un livre, je ressens une pointe d’excitation, une sorte d’empathie pour cet objet. Je suis contente pour lui, parce qu’ils va être soigné et embelli. Mais comme je sais aussi que quelqu’un tient à lui, et que c’est un objet fragile, la concentration prend donc vite le dessus. S’installe alors dans l’atelier un silence studieux parfois ponctué de musique quand une étape demande de l’énergie ou par l’écoute d’un livre audio quand la couture est longue…
Le respect du livre est l’enjeu essentiel du relieur. Respecter le livre c’est évidemment ne pas l’abîmer mais c’est surtout respecter l’esprit du livre. C’est pourquoi je travaille toujours en me remémorant l’identité du livre : son sujet, son auteur, son propriétaire, son histoire… La conception d’une reliure doit prendre en compte tous ces aspects et ils doivent guider les gestes du relieur. C’est pourquoi je place le contact avec le propriétaire du livre au centre de mon travail.
Faites vous uniquement de la reliure, ou également de la dorure et de la restauration? Avez-vous une période de prédilection? Restaurez vous les livres anciens?
Pour le moment je fais uniquement de la reliure. Pour la dorure et la restauration, je m’en remets aux professionnels que je connais et en qui j’ai une totale confiance. Cependant, j’envisage de me former à la restauration des reliures et papiers anciens, après de Monsieur Olivier Maupin. C’est prévu pour cette année !
Reliure d’un cahier uniqueUne période de prédilection ? Les reliures médiévales, parce ce sont de belles demoiselles un peu rustres, et cela les rend attachantes.Mais j’entends bien qu’une fois formée aux techniques de restauration, j’emploierais ce savoir-faire au service de toutes les reliures, car toutes le méritent.
Que préférez-vous dans la reliure?
La plaçure : toutes les étapes de réparation des pages, de couture des cahiers. Le contact avec le livre est total, pages après pages, on l’ausculte, on le soigne…La couvrure : c’est l’étape la plus grisante. C’est très stressant mais, enfin, on arrive au résultat tant attendu !
Reliure islamiqueQuelle serait la reliure de vos rêves ?
Maintenant que je pratique la reliure, et que je connais l’étendue des techniques et des décors possibles, il m’est difficile de répondre à cette question. La reliure de mes rêves serait sans doute la reliure du livre de mes rêves, mais j’ai tout autant de mal à le définir.
Parlons plutôt des reliures qui me font rêver : les reliures carolingiennes pour la diversité des matériaux utilisés (ivoire, pierres, métal), les reliures à entrelacs d’Henri II (raffinement de la mosaïque de cuir), et des reliures plus contemporaines comme celles de Philippe Fié (modernité des décors et des matériaux utilisés) ou de Brigitte Benoist (décors mobiles).
Avez-vous des matériaux favoris ?
J’aime beaucoup travailler le cuir côté chair, pour l’aspect molletonné, le toucher doux… J’aime également le parchemin pour sa couleur ou plutôt son absence de couleur (ni blanc, ni beige). Je n’ai pas encore eu l’occasion de travailler les cuirs exotiques, mais cela me tente beaucoup. (perche du nil, patte d’autruche…) Pardon par avance si je choque les défenseurs des animaux mais ces peaux ont une texture et des motifs absolument somptueux.

Etes vous également bibliophile? Si oui, quels sont les livres qui vous intéressent et où achetez vous vos livres? Internet, salons, libraires?
Je suis une bibliophile débutante. J’achète encore par coup de cœur (libraires et internet) : principalement sur la Bourgogne, ma région natale et sur les voyages (j’aime beaucoup lire les descriptions de pays et de coutumes selon les époques, on lit des choses parfois surprenantes). Mon compagnon, s’intéresse surtout aux sciences et à leur vulgarisation (Louis Figuier notamment). Mais notre passion commune c’est la montagne, nous sommes donc de plus en plus tentés par l’achat de livres sur ce thème. La dernière exposition de la bibliothèque d’étude de Grenoble nous a encouragé dans ce choix. Nous prendrons garde cependant à ne pas être trop jaloux de la bibliothèque de Mr Barféty!
Vous savez que les lecteurs du blog aiment les histoires, auriez-vous une anecdote à nous raconter concernant la reliure, ou autre chose qui touche à la bibliophilie?
Mon premier achat bibliophilique : Numquid et tu ? La personne qui me l’a vendu n’avait cure de ce petit livre. Elle me vendait un lot de livres sur la Bourgogne et avait glissé celui-ci pour s’en débarrasser. Je l’ai pris sans avoir moi-même d’intérêt particulier pour l’œuvre de Gide. De retour chez moi j’ai eu une bonne surprise et ma première fierté de bibliophile : l’exemplaire était numéroté, hors commerce et signé de la main de l’auteur. Je ne suis pas devenue adepte d’André Gide mais j’ai compris ce que ressentaient les chasseurs de livres.
Evoquons pour finir les aspects pratiques… au cas où l’un des lecteurs du blog souhaitait vous confier un livre… Comment faire?
Me contacter par téléphone (0 648  250 668), par mail (contact@reliure-morel.com) ou par courrier (8 rue de Belfort, 26000 Valence). Nous parlerons du livre à relier et de ce que vous voulez pour lui. Naturellement Il faudra ensuite que je l’examine pour définir la reliure qui lui convient et les réparations que son état nécessite. Chacun est donc le bienvenu dans mon atelier. Il est possible également de visiter le site internet de l’atelier ( www.reliure-morel.com ) pour en savoir plus sur mon travail et vous donner des idées quant à la structure ou au décor dont vous avez envie. .
Des projets ?
Oui, plusieurs! Me former à la restauration, comme je vous l’indiquais plus haut.Participer au concours de la Foire Internationale aux Livres d’Exception de la Médiathèque d’Albi (prix Rochegude et Prix Jalby)Participer (peut-être) à l’un des concours organisés par l’ARA : « Paris relié »Faire l’ascension du Kilimandjaro, donc relier comme il se doit mon journal de voyage !
Merci Maud, bon voyage!H

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Découvrir la bibliothèque d’un bibliophile, partie I: les classiques reliés en maroquin

Découvrir la bibliothèque d'un bibliophile, partie I: les classiques reliés en maroquin

Amis Bibliophiles bonjour,

Je vous propose de continuer aujourd’hui la visite de la bibliothèque de l’un des fidèles lecteurs du blog, grand amateur d’ouvrages anciens en maroquin d’époque. Commençons par la littérature… Durant ces vingt dernières années, j’ai recherché des exemplaires d’oeuvres poétiques des maîtres classiques : Ronsard, Du Bellay, Villon, Desportes… Le malheur pour un bibliophile au budget raisonnable, c’est que justement durant ces vingt dernières années, ces livres ont atteint des prix astronomiques, du moins pour les exemplaires un peu exceptionnels.
J’ai bien trouvé quelques titres (dont un Du Bellay et un Desportes en maroquin 18e qui étaient fort jolis), mais j’ai vite compris que je n’arriverai jamais à quelque chose de satisfaisant. Je me suis donc rabattu sur une anthologie :
Annales Poétiques 1778-1788, 30 volumes en maroquin rouge d’époque (sur la photo, je n’ai pas mis tous les volumes). Avec un portrait à chaque tome.

Cette édition comporte normalement 42 volumes, mais elle ne se rencontre jamais complète et les 2 derniers volumes n’ont pas été mis en vente. Les 10 premiers volumes constituent une véritable anthologie de la poésie française du Moyen Age jusqu’à la Renaissance. On y trouve au tome 1, 25 poésies de Charles d’Orléans dont 16 paraissent pour la première fois ici.
Si je trouve un jour un exemplaire de « Recueil des plus belles pièces des poètes francois » 1692 en 5 vol in-8, en complément… J’ai un par ailleurs petit faible pour les éditions illustrées par Picard. L’édition de Boileau « Oeuvres » 1718, 2 vol in folio en maroquin rouge est particulièrement réussie. Le frontispice notamment est très beau.


Elément étonnant, et rappelant que le relieur était avant tout un artisanat, cette reliure présente une légère différence pour les deux tomes : bien que ce soit exactement les mêmes fers utilisés, et que les deux tomes soient exactement de la même dimension, la répartition des entre-nerfs diffère.
J’avais déjà présenté mon exemplaire de l’édition de Khel de Voltaire. Mais que serait, dans une bibliothèque 18e, Voltaire sans Rousseau? Mon choix s’est porté pour une édition maniable : Rousseau « Oeuvres » 1783-1789 en 34 vol in -12 en maroquin rouge, dans le style Bradel Derôme (la photo ne présente pas la totalité des volumes). L’exemplaire n’a jamais été ouvert…
Je n’ai pas eu l’occasion de trouver un exemplaire abordable de la belle édition in-4 illustrée par Moreau le Jeune, mais je ne désespère pas…
Autre petit chef d’oeuvre de délicatesse, Alcoforado « Lettres portugaises » 1796 2 vol grands in-12 en maroquin bleu, à très grandes marges. L’édition originale est fort prisée de cet ouvrage et ne se rencontre jamais en maroquin d’époque. A défaut, cette édition illustrée d’un frontispice, est vraiment charmante.
Continuons par le théâtre avec Racine « Oeuvres » 1682 en 2 vol in-12 en maroquin bleu marine fin 18e. L’exemplaire provient de chez Bérès (catalogue n°59 avec reproduction). Chose remarquable : toutes les pièces sont datées de 1678 (première édition elzévirienne). Seul le frontispice a été renouvelé à la date de 1682. Cet exemplaire m’a beaucoup intrigué car les pages de gardes (2 au début et 2 à la fin) sont en peau de vélin. Cela m’a mis la puce à l’oreille : est ce que l’exemplaire ne viendrait pas de la bibliothèque Renouard? Mes recherches sont restées vaines…Renouard a dû faire d’autres ventes que son catalogue de 1854 en 4 volumes, mais je n’ai pas trouvé trace. Quelqu’un aurait il une piste?
Restons dans le classicisme, avec les auteurs grecs et latins : Homère « L’Illiade et L »Odyssée » 1780-85, en 6 vol in-8 en maroquin vert d’époque. L’exemplaire contient une double suite : celle de de Marillier et celle de Biosse. Il provient de la collection personnelle du libraire Gougy (n464 de son catalogue de vente). C’est la même provenance que mon Lucrèce que je vous avais présenté la dernière fois. Lucien Gougy s’était hissé au niveau des librairie Rahir et Belin au niveau de la qualité des exemplaires proposés.
Horace « Poésies » 1778, en 2 vol in-4 en maroquin rouge. Tous ces classiques ne sont guère recherchés de nos jours, mais ils constituent tout de même les bases d’une bibliothèque…
Virgile « Oeuvres » 1796,  4 vol in-8 en maroquin rouge. J’ai préféré cette édition à celle de 1743 que l’on trouve parfois en beau maroquin ancien, mais dont l’illustration est un peu décevante. Dans cet exemplaire, les illustrations sont d’un tirage bien contrasté.
Je recherche toujours un exemplaire en grand papier in-4 ou in-folio relié par Bozérian aux mille points. Ca devrait être trouvable…
Pour finir les classiques anciens: Xenophon « La Cyropédie » 1777, 2 vol in-12, en maroquin rouge aux armes du Duc d’Orléans. L’exemplaire provient de la bibliothèque Rahir (n°1203) et Jules Lemaitre.
Rendez-vous demain pour la suite… Bonne lecture à tous!
Wolfi

22 Commentaires

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  2. Je lis un peu tardivement ce beau portrait. Au passage, je suis flatté de voir que ma bibliothèque puisse rendre jaloux. C'est une question de temps (je n'ai pas l'âge de Maud) et de patience. Et, de plus, il me manque encore tellement de livres sur le Dauphiné , les Alpes et la montagne…
    Félicitations pour ces reliures. Il faudra que j'aille faire un tour pour vous voir, un jour où je passe voir ma sœur à Valence.

    Jean-Marc

  3. Bravo à Maud pour cette belle présentation, et pour ton travail absolument merveilleux. Il faudra suivre cette artiste et surtout venir à elle pour nos travaux…Bravo et bonne continuation.

  4. Amis bibliophiles, je vous recommande Maud, une élève douée, sérieuse, et qui m'a donné beaucoup de joies à lui enseigner les rudiments de la reliure, et qui saura avec humilité demander conseil. Le monde du livre est si vaste!

  5. Olivier, comme vous le soulignez très justement, la reliure offre mille et une possibilités ! C'est ce qui en fait un métier vivant où, contrairement à ce beaucoup croient, on peut faire preuve d'innovation et rester cependant fidèle à ce qu'on inventé nos prédécesseurs.

    Merci à tous pour vos encouragements.

  6. Pour le Moreri dans les trois livres à suivre, soit il y a une erreur dans l'annonce et ses photos, soit j'ai bien l'impression que c'est le tome 1 du Moreri et les tomes 2 3 4 du Bayle, ce qui ne va pas ensemble.

    Daniel B.

  7. Je vous l'accorde pour le départ à l'ordre, mais malheureusement, rares sont les salles qui ne font pas ainsi…
    Je connais assez bien cette salle, où j'ai participé depuis plus de 4 ans à toutes les ventes de livres ou presque. Il y avait effectivement quelques personnes en fond de salle dont une bien connue du milieu du livre qui ont fait monter fort, une sur le curiosa et divers livres, une autre sur le régionalisme mais ce n'était pas fictif. J'ai parfois fait de très bonnes affaires dans cette salle avec exactement les mêmes acteurs à la table, mais il y avait 20 personnes dans la salle et seulement 4 achetaient et il y avait 400 livres corrects. Le problème surtout c'est qu'il y avait une poignée de bons livres! et trop d'acheteurs en salle, d'ordres et de téléphones, c'est tout. Quand il y a dix fois plus de bons livres et le même nombre d'acheteurs la répartition est moins violente.
    Donc, une mauvaise vente comme une autre où il fallait être très patient pour amortir son déplacement et sa journée; mais pour moi c'est chose faite, bien qu'elle ne restera pas dans les annales c'est certain, d'autant qu'endormi par la fièvre j'ai laissé partir les figures de la bible de Paradin vers 300 euros même incomplet des feuillets préliminaires, c'était une bonne affaire! Je suis parti dans les derniers, il n'y avait pas grand chose de ravalé, donc les enchères étaient bien réelles.

    Daniel B.

  8. Je laisserai Michel répondre s'il le souhaite, mais personnellement, je dirais que c'est typiquement la vente où j'espérerais ne pas avoir remporté de lot si j'avais laissé un ordre. 🙁
    Pour ma part, j'ai eu l'impression d'une vente un peu brouillonne dans la gestion des téléphones et des ordres: certains furent semble-t-il oubliés. Régulièrement les acheteurs n'étaient pas appelés avant leur lot, mais alors que les enchères étaient déjà débutées, et les ordres ont permis à certains lots de démarrer fort haut.

    Pas une vente à garder dans les annales à mes yeux, loin de là, à oublier même. Et certains lots sont je dirais partis très hauts, aussi loin que le regard du commissaire priseur portait au fond de la salle en prenant les enchères, loin, très loin.
    Comprenne qui pourra. En même temps j'étais au premier rang, je ne sais pas qui enchérissait si loin dans le fond. C'est dommage, cette personne avait les moyens de "ses" ambitions.
    Hugues

  9. Michel me laisse sur ma faim en discourant sur la Vente de Villefranche qu'il dit comico-tragique sans donner des détails. J'avais confié quelques ouvrages à Edgar et je tremble d'autant qu'actuellement je suis à Madrid, loin de mes bases habituelles. J'ai repéré sur la Place San Martin une alléchante enseigne de librairie "per los bibliophilos". Fermé jusqu'à mardi. Hugues connait ?
    J'irais fureter.Bonne soirée.

  10. Beau portrait, ça fait du bien, surtout après le 1er paragraphe d'Hugues, tellement vrai quand on écoute certaines personnes!
    En passant, c'était un plaisir de faire votre connaissance de visu à la vente de Villefranche, de pouvoir mettre un visage sur des mots.

    Vente de Villefranche: ou la vente la plus comique (au sens de tragique) qu'il m'est été de voir depuis longtemps: livres poussés par le CP, ordres oubliés, ordres poussés à leur maximum dès le début, enchères "fictives", on a eu droit à la totale.

    Se lancer dans des analyses des prix atteints dans de telles conditions devient hasardeux. Quelques uns des enchérisseurs auraient pu avoir leur livre pour bien moins cher dans des conditions normales.

    Michel

  11. Merci pour ce portrait qui prouve que les livres et ceux qui les aiment ne sentent pas la naphtaline…
    J'aime bien cette reliure à mors ouverts qui m'ouvrent (c'est le cas de le dire) les yeux sur les potentialités de livres en feuilles sous emboîtage dont, jusqu'à présent, je ne voyais pas les potentialités reliées.

    Bonne soirée,
    Olivier

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