Plaisir de Bibliophile: les ouvrages de documentation.

Amis Bibliophiles bonjour,
Tiens… le Blog du Bibliophile a 4 ans, et ce depuis 3 semaines, j’avais complètement oublié. Bon, passons. 
Dans les commentaires de l’un des derniers messages sur le blog Gonzalo s’interrogeait sur l’importance que peuvent prendre les ouvrages de documentation dans la vie du bibliophile. Une photo vaut mieux qu’un long discours, voici mes deux derniers achats: les catalogues de la vente de la bibliothèque de Beraldi et un ouvrage d’Uzanne, The French Bookbinders of the Eighteenth Century. 
 
Deux ouvrages de documentation donc qui viennent rejoindre une bibliothèque déjà bien fournie et qui a connu une vraie accélération depuis quelques années. 

Tout a probablement démarré avec le blog: besoin de documentation pour trouver des idées de messages, besoin aussi et surtout d’information pour ne pas écrire trop de bêtises. C’est parti de là, et j’ai découvert que j’aime énormément lire ce type d’ouvrages.
Pour autant, cette bibliothèque de documentation (je dirais une cinquantaine d’ouvrages, peut-être plus) est avant tout, et c’est là le paradoxe, destinée à être lue, plus que consultée. Je n’ai pas de besoin documentaire énorme et je privilégie en fait les ouvrages de documentation que je peux lire… presque comme des romans. Le Manuel de Bibliophilie de Christian Galantaris en étant le meilleur exemple.
J’aime particulièrement les ouvrages qui traite de la bibliophilie et de l’histoire du livre, plus que les ouvrages strictement bibliographique. Probablement parce que je me projette alors dans ces lectures, découvrant de nouveaux bibliophiles, de nouvelles bibliophilies. C’est ce qui m’avait d’ailleurs séduit dans l’article sur Guaïta proposé par Frédérik pour le quatrième numéro de la NRLA: on peut le lire de deux façons, à la fois comme l’histoire de la bibliothèque de ce grand bibliophile et son évolution, mais aussi comme une invitation à découvrir le mode de pensée d’un grand bibliophile, et c’est ce que j’ai aimé avant tout.
Mes ouvrages documentaires couvrent des sujets assez variés, au gré des rencontres en fait: catalogues des grandes ventes, sommes bibliographiques ou essais sur le livre de la fin du 19ème, ouvrages généralistes, recherches sur la reliure ou sur un relieur en particulier (comme l’ouvrage de Culot sur Bozérian, acquis récemment).
Dans les tous derniers ouvrages reçus, The French Bookbinders of the Eighteenth Century (1904), magnifique ouvrage écrit par Uzanne pour le Caxton Club et tiré 252 à exemplaires: grand papier,  grandes marges et 20 très belles planches protégées par des serpentes. 


L’auteur y présente une histoire des grands relieurs et doreurs français du 18ème siècles. Si vous lisez l’anglais, c’est une merveille, mais j’aurai l’occasion de vous le présenter à nouveau très bientôt.
En conclusion, oui, je suis friand de books on books, mais presque plus d’ouvrages sur la bibliophilie que d’ouvrages sur les livres. Et vous?

Je me dis d’ailleurs, qu’il faudrait essayer de proposer une liste idéale, en tête de laquelle je mets le Galantaris. Mais ensuite? L’histoire de l’édition française? Le dictionnaire encyclopédique du livre?  Qu’en pensez-vous?
Et pour finir, l’un de vous me vendrait-il son Fléty?
H

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Charles Nodier et Thouvenin, des reliures d’exception, les reliures aux écussons

Charles Nodier et Thouvenin, des reliures d'exception, les reliures aux écussons

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Lors de la dernière vente Berès, un lot a particulièrement retenu mon attention, le numéro 59, qui proposait un ouvrage de 1605 dans une « fausse reliure aux écussons de Nodier et Thouvenin ».

J’ai voulu en savoir plus. Voici le fruit de ses quelques recherches :

J’ai déjà évoqué Charles Nodier (1780 – 1844) sur le blog. Académicien et écrivain français à qui l’on attribue une grande importance dans la naissance du mouvement romantique, il fût également conservateur de la Bibliothèque de l’Arsenal. Son relieur favori était Joseph Thouvenin (ancien élève de Bozérian), avec lequel Nodier remis au goût du jour le style « fanfare », inventant le nom même de ce style « fanfare » au passage.

Charles Nodier admirait le travail de Thouvenin et pour lui marquer sa reconnaissance, il fît pour son relieur ce que Béraldi appelle « un honneur sans pareil et unique dans l’histoire du livre » en lui demandant d’associer leurs deux noms sur ses reliures. Ainsi, sur chaque plat des relires confiées par Nodier à Thouvenin, on pouvait retrouver deux supra-libris différents : sur le premier plat, celui de Charles Nodier « Ex Musaeo Caroli Nodier », sur le second plat, celui de Thouvenin, « ex Opificina Jos. Thouvenin ». Chacune des deux mentions était entourée d’un écusson ovale et c’est pour cela qu’on appelle cette série de reliures, exécutées dans les années 1830-1834, les « reliures aux écussons ». Il semblerait également que certaines reliures exécutées dans les années 1820 aient été frappées des écussons a posteriori.

On connaît aujourd’hui environ 70 reliures aux écussons et elles sont donc très recherchées, quelques unes d’entre elles ont été vendues pendant les ventes Berès (mais je n’ai pas les prix finaux, je devais dormir lundi dernier au moment fatidique).
Le catalogue est malheureusement assez imprécis en ce qui concerne ce lot (« fausse reliure aux écussons de Nodier et Thouvenin »), alors, est-ce une reliure à l’imitation, ou bien est-ce l’un des reliures modifiées a posteriori? Vraie question.

Cet hommage de Nodier à Thouvenin en tout cas est une vraie particularité bibliophilique que je tenais à vous faire partager.

H

23 Commentaires

  1. J'ai déjà vu passer plusieurs Fléty sur Ebay, ils font entre 200 et 400 euros, je crois même en avoir vu un finir près des 500 euros si je ne me trompe pas.

    Ce n'est pas bien ce que je vais dire… mais avec une bonne photocopieuse hein… (sourire).

    500 euros pour un livre de documentation dénué de tout luxe n'est vraiment pas mérité.

    B.

  2. @Eric, je ne sais pas jusqu'à quand Sotheby's a publié le nom des acquéreurs mais je peux vous dire que dans les années 30, Quaritch rafflait déjà un bon nombre de lots !
    T

  3. Il y a bien sûr de la place pour tous, c'est le sel de la vie.

    Ma réponse à la question de Bertrand:
    1. J'ai eu un bel exemplaire en reliure ancienne de l'édition ancienne. Je l'ai revendu.
    2. Plutôt m'ouvrir les veines avec un tranchefile que d'acheter le reprint Slatkine.
    3. J'ai un exemplaire sur Cd-Rom, très pratique.
    4. Sur le net? Oui, à condition que cela soit gratuit (Ce n'est "que" le Brunet).
    🙂
    H

  4. Pierre, je lis votre blog et vos commentaires, ainsi que d'autres blogs et d'autes commentaires et je trouve que, ce que vous dites, est trés juste, à tout point de vue.

  5. Je lis le blog du bibliophile depuis 4 ans, donc ! Alors, bon anniversaire et bonne continuation.

    Je crois que les blogs bibliophiles qui sont présents sur la "toile" se complètent. Chacun a ses particularités et l'expérience prouve que les lecteurs des uns deviennent rapidement des lecteurs des autres. Petite communauté, quand même ;-))

    Quant aux personnes qui osent mettre des commentaires, là, je dis chapeau bas ! En effet, il est des fois où les idées (dans les débats, par exemple) ne sont pas partagées et pourraient provoquer des blessures graves si nous n'étions pas entre gens sensés et bien élevés.

    Remarque : La qualité des livres présentés (et leur prix) monte dangereusement avec les années et je m'inquiète d'un élitisme qui pourrait apparaitre en raison de barrières financières. Pierre

  6. Jacques L je ne sais pas ce que je vous ai fais mais je constate que vous ne m'aimez guère. Aucune importance. Hugues sait bien que je ne le pille en rien, sinon je ne pense pas qu'il m'aurait serré la main mercredi et dit à bientôt.

    L'art de diviser pour régner à vécu M. Jacques L, vous êtes d'une autre époque, d'un autre combat. Je vous laisse la responsabilité de vos propos.

    B.

  7. Tout le monde semble passer a cote de la vraie info: 4 ans! Il paraît que l'amour dure 3 ans, la preuve que c'est faux.
    Merci a vous Hugues d'avoir lance le mouvement des blogs de bibliophilie. Vous avez été le premier, vous êtes copie, on vient chercher votre audience en multipliant les liens, mais votre blog conserve sa fraîcheur et surtout son indépendance.
    Pour ca, merci.
    Jacques L.

    PS: pour éviter les erreurs, je ne consulte pas Brunet.

  8. Plus d'une vingtaine d'articles consacrés à Octave Uzanne et à sa bibliomanie ou bibliophilie et à ses écrits divers ici : http://le-bibliomane.blogspot.com/2009/10/on-est-si-bien-en-compagnie-de-loctave.html

    Tapez Octave Uzanne dans le moteur de recherche générale du blog en haut à gauche.

    Vous trouverez ici un article sur la collection Dutuit : http://le-bibliomane.blogspot.com/2010/02/lincroyable-collection-des-freres.html

    Bonne lecture !

    B.

  9. Je ne connaissais pas ce Uzanne qui me semble bien intéressant!
    Dans le même style il y a le "French Signed Bindings in the Mortimer L. Schiff Collection".
    Deux ouvrages bien intéressants à scanner!
    A bon entendeur…

    Autrement dans le genre bibliothèque d'exception, j'ai un petit faible pour la vente Rahir : on y trouve à peu près tout, et la qualité moyenne des exemplaires est extraordinaire!

    Autre livre de Rahir : le catalogue Dutuit (il me semble qu'il y a eu un article dans le blog).
    C'est un livre de bibliophilie à part entière!

    Cordialement,

    Wolfi

  10. Je feuillette volontiers la série des catalogues Sotheby's (serie complète 1929-1954 avec la page volante des résultats où figure le nom des acquéreurs) mais faute d'un lien hypertexte la recherche reste assez aléatoire bien que souvent fructeuse. Question de temps; Le temps ne compte pas en bibliophilie.
    Textor

  11. J'ai les mêmes préoccupations que toi tu le sais Hugues.

    Je me pose une question. Si pour une documentation donnée, prenons par exemple la plus classique, le Brunet (manuel de l'amateur de livres… dans sa meilleure et plus complète édition 1860-1878, avec les deux volumes de suppléments), vous possédez trois exemplaires, à savoir :

    – 1 bel exemplaire en reliure ancienne de l'édition ancienne.

    – 1 bel exemplaire du reprint Slatkine relié en toile (années 1990)

    – 1 exemplaire en ligne accessible gratuitement pour tous les volumes avec recherche hypertexte dans le texte.

    Lequel devrez-vous conserver impérativement ?

    Lequel devrez-vous abandonner ?

    Je vous laisse adjoindre cette question au billet de Hugues.

    PS : Bravo pour ton ex. de The French Bookbinders of the Eighteenth Century (1904) … pas courant.

    B.

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