J’aime les champs, les prés ; j’aime les fleurs, les arbres ; Tout ce qui de la vie exprime un mouvement ; Et j’aime les vieux murs, les pierres et les marbres, Tout ce qui du passé nous laisse un monument.
Mais pour aller chercher les blés et la bruyère Il faut un pas léger, une aile de zéphyr, Et, comme un papillon se joue à la lumière, Des rayons du soleil aimer à s’éblouir.
Ou bien il faut braver la poussière des routes Pour aller admirer Delphes, le Parthénon… Et revenir, souvent, sans apaiser ses doutes, Car le temps sur la pierre efface plus d’un nom.
Voilà pourquoi je veux, à l’ombre de ma chambre, Toujours à ma portée et sans aller si loin, De petits monuments que je parfume d’ambre, Que de soie et velours je recouvre avec soin.
Avec eux je possède et l’espace et les âges ; Sans fatigue et sans bruit je voyage en tous lieux ; Hôtes de mon foyer, savants, poètes, sages, Idoles de l’esprit, après Dieu sont mes dieux.
Comment ne pas aimer un livre ?…C’est une âme ; A l’oreille du cœur il nous parle tout bas, Il est le seul ami qu’on permet à la femme Et le seul que le temps ne nous enlève pas.
Comtesse de L’Ecuyer. Janvier 1859.
Merci Jean-Paul,
H
La lettre du bibliophile
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Pierre souhaitait compléter mon message sur Sylvestre Bonnard… Je lui cède la parole:
« Hugues nous conseillait dernièrement la recouverte d’Anatole France et en particulier de l’exercice de style qui lui a permis, à dessein, de conquérir le coeur des académiciens au moment de décerner leur prix annuel après un vote impartial. Il savait ces messieurs de l’Institut, bibliophiles, et ce Sylvestre Bonnard aurait pu être l’un deux… Hugues nous indique qu’il est certain qu’Anatole France a donné à certains illustrateurs et éditeurs l’occasion de montrer toutes les facettes de leur talent. Je vous propose à travers quelques photographies de constater qu’une belle reliure, une belle typographie et de belles gravures peuvent rajouter du talent à un beau texte, « Thaïs » pour le cas qui nous intéresse, et en faire un ouvrage exceptionnel. Les photographies ont été prises à toute vitesse et j’ai été gêné par l’extrême luminosité qui accompagne cette agréable saison en Provence. 🙂
Je sais que apprécierez néanmoins la qualité de l’ouvrage. »
Merci Pierre, ce qui est assez étonnant est que cet ouvrage semble avoir inspiré les éditeurs et les relieurs, j’en ai effet déjà eu entre les mains plusieurs très belles éditions.
Comme promis, je reviens vers vous concernant le déjà traditionnel déjeuner des Bibliophiles du Blog qui se tient pendant le salon du Grand Palais. Celui-ci se tiendra à Paris, le samedi 20 juin. Comme l’an passé, nous nous retrouverons devant les marches du Grand Palais vers 12h00 avant d’aller rejoindre un restaurant voisin. Le principe reste le même que les dernières fois: bonne humeur, simplicité et bibliophilie. Le prix du repas sera au maximum de 25 euros par personne (difficile de faire mieux dans le quartier).
Trois choses changeront cependant cette année: 1. Jean-Paul regrette terriblement mais il ne sera pas parmi nous, puisqu’il marie l’une de ses filles. 2. Comme nous irons au Salon avant ou après le déjeuner, il est préférable de ne pas amener de livres à montrer aux autres convives. 3. Je remettrai aux souscripteurs leur exemplaire de la Nouvelle Revue des Livres Anciens.
Je vais adresser une invitation en bonne et due forme à la quinzaine de convives habituels mais si vous voulez nous joindre à nous pour la première fois (franchissez le pas, vous ne le regretterez pas), vous pouvez me contacter à blog.bibliophile@gmail.com.
Amis Bibliophiles bonjour,J’espère que vous allez bien, je suis de retour d’un lointain voyage, ce qui explique les rares messages de cette semaine.Eric, tu as raison, cette formule ne convient pas, il faut que je […]
Amis Bibliophiles Bonsoir, Ca y est! Il est passé de l’autre côté de la barrière, de commentateur expert, Jean-Paul est enfin devenu rédacteur d’un message sur le blog. Ca fait plaisir. Comme souvent avec Jean-Paul, […]
Amis Bibliophiles bonjour,De la Pompadour nous connaissons le goût pour les livres, les armes, les armes imitées par des doreurs peu scrupuleux, mais savez-vous qu’elle est allée plus loin que ce « simple » goût des livres […]
4 Commentaires
Ah, si on est nostalgique de la chlorose, de la névrose en crinoline et de la frigidité emballée dans le velours, c’est autre chose.
Bonsoir, Avez vous lu Montag « Il est le seul ami qu’on permet à la femme »? Comme Pierre j’ai perçu bien des soupirs et des solitudes… Les romantiques étaient malheureux! Cordialement Lauverjat
Bonsoir, En effet, le style peut paraître désuet (moi, j’aime assez) mais le thème du voyageur immobile est néanmoins actuel… A cette époque, l’individu était acteur et lecteur à la fois. Aujourd’hui, il est spectateur et contemplatif avec le risque évoqué par André Suares dans « L’art du livre » de 1928, je cite : « Il est possible que le livre soit le dernier refuge de l’homme libre. Si l’homme tourne décidément à l’automate, s’il lui arrive de ne plus penser que selon les images toutes faites d’un écran, ce termite finira par ne plus lire. Toutes sortes de machines y suppléeront : Il se laissera manier l’esprit …. / … » J’ai censuré la suite par empathie envers les libraires qui lisent le blog ! De plus cette Contesse, je l’imagine charmante et esseulée, un peu à la façon d’une Madame de Rénal, vous ne trouvez pas ? Cordialement. Pierre
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Ah, si on est nostalgique de la chlorose, de la névrose en crinoline et de la frigidité emballée dans le velours, c’est autre chose.
Merci à Jean-Paul pour ce bon moment.
Bonne journée
Montag
Bonsoir,
Avez vous lu Montag « Il est le seul ami qu’on permet à la femme »?
Comme Pierre j’ai perçu bien des soupirs et des solitudes…
Les romantiques étaient malheureux!
Cordialement
Lauverjat
Bonsoir,
En effet, le style peut paraître désuet (moi, j’aime assez) mais le thème du voyageur immobile est néanmoins actuel… A cette époque, l’individu était acteur et lecteur à la fois. Aujourd’hui, il est spectateur et contemplatif avec le risque évoqué par André Suares dans « L’art du livre » de 1928, je cite :
« Il est possible que le livre soit le dernier refuge de l’homme libre. Si l’homme tourne décidément à l’automate, s’il lui arrive de ne plus penser que selon les images toutes faites d’un écran, ce termite finira par ne plus lire. Toutes sortes de machines y suppléeront : Il se laissera manier l’esprit …. / … » J’ai censuré la suite par empathie envers les libraires qui lisent le blog !
De plus cette Contesse, je l’imagine charmante et esseulée, un peu à la façon d’une Madame de Rénal, vous ne trouvez pas ? Cordialement. Pierre
Ouais…
Elle aime les champs, les prés ; les fleurs, les arbres, les vieux murs, les pierres, les marbres et ses vieux bouquins..
Et les gens alors, elle aime pas trop la Comtesse ?
Cette rimailleuse second Empire, je ne la mets dans mon panthéon bibliophile, désolé !
Montag