Amis Bibliophiles bonjour, – L’achat récent d’une bibliothèque (vide, je rassure immédiatement les cardiaques) et son installation chez moi m’amène une nouvelle fois à me poser LA question: vaut-il mieux posséder 100 (allez disons 200) livres fantastiques, les connaître et les chérir comme autant d’enfants ou au contraire ouvrir son coeur à tous et accumuler les ouvrages, entre volonté bibliophile et réalité bibliomane? Cette nouvelle bibliothèque est de taille réduite, environ 1m70 sur 1m, en poirier noirci, et j’ai réalisé en commençant à la remplir qu’elle ne pourrait tout au plus que contenir 200 ouvrages. Bibliomanie et place oblige, j’ai franchi un cap en l’installant à mon chevet dans la « chambre nuptiale ». Jusqu’ici ne s’empilaient dans cette chambre que les ouvrages en cours de lecture et des ouvrages de documentation indispensables. J’en ai tiré une conclusion, rien de plus doux que d’avoir ses ouvrages préférés à côté de soi en s’endormant. Je vous le conseille, cela fonctionne mieux que n’importe quel traitement chimique et s’endormir du sommeil de Beraldi ou tomber dans les bras de Nodier n’a pas de prix. Mais à contempler cette centaine d’ouvrages, ceux que j’emporterai avec moi sur une île déserte (ou dans ma tombe, pour qu’aucun de vous n’en profite… Sourire), le doute s’est aussi installé: 200 bons ouvrages choisis (allez disons 300), ou 2000 ouvrages (allez disons 3000). Je ne sais plus. Comme le dit un ami « tu ne pourras de toutes façons jamais tout avoir »… (ok, mais je peux quand même essayer), donc cette course est vaine et en même temps, comme résister à une occasion. Je sens confusément que les plus spéculateurs d’entre nous, et nous le sommes tous un peu, il faut bien l’avouer, (mon Dante de chez Alde à couper), les plus spéculateurs d’entre nous donc, pencheraient pour la première option, les plus réalistes comprenant vite que se restreindre est tout aussi vain. Que faire alors? Laisser faire? Comment voyez-vous les choses? – Soyons plus pragmatiques et livrons-nous si vous le voulez bien à quelques identifications pour les lecteurs du blog: Olivier a deux questions: il aimerait savoir si l’un d’entre nous saurait identifier le chiffre apposé dans la doublure en maroquin d’une reliure signée Gruel (Bossuet, Discours sur l’histoire universelle, 1885, Jouaust, 1 des 15 sur Chine, exemplaire truffé de gravures de Foulquier tirées d’une édition de Mame). Et ce que nous pensons de cette reliure signée Pouillet. Olivier s’interroge sur sa matière. Le libraire a soutenu qu’il s’agissait de veau. Néanmoins l’usure de la coiffe (qui s’est déformée, « tassée »), ainsi que l’irrégularité du dos font que le doute subsiste, qu’en pensez-vous? – A y bien penser plutôt que d’emporter mes livres avec moi dans la tombe, et si je les annotais comme celui que je viens d’acquérir? En l’ouvrant, je suis en effet tombé sur une petite inscription au crayon à papier à côté du nom de l’auteur qui précisait « cuistre ignorant ». Cela m’a fait beaucoup rire. – Autre identification, soumise par Frédérick, qui cherche à identifier cet ex-libris. – Enfin, une dernière question d’un lecteur du blog concernant les délais d’impression d’un livre au XVIIème siècle: Thomas n’a trouvé aucune information à ce sujet à aimerait savoir si vous pourriez l’aider. H
La lettre du bibliophile
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Le bibliophile aime les voyages comme le voyageur aime des contrées lointaines et exotiques. Le besoin de rêver sans doute, certainement une envie farouche d’un Ailleurs.
Cet Ailleurs, certains l’ont trouvé. Cook y a laissé sa vie, Colomb a marqué l’histoire à jamais, Marco Polo ouvre la voie du pays du soleil levant pour les occidentaux, les chinois auraient même découvert les Amériques dès 1299 (Colombie Britannique)…
Cet Ailleurs certains ne l’ont pas trouvé, ils l’ont alors imaginé. C’est l’objet de l’article que je vous propose de découvrir ensemble aujourd’hui.
Plus particulièrement, nous allons nous intéresser au mythe de la Terre creuse.
Depuis la nuit des temps, dans la plupart des civilisations anciennes, les croyances populaires aidées des croyances religieuses, attestent de l’existence de « royaumes souterrains », de peuplades nichées au fin fond de la Terre, de passages souterrains mystérieux permettant d’atteindre les entrailles de notre planète. Peut-on y croire ? Aujourd’hui, l’évolution des connaissances scientifiques au cours des derniers siècles nous l’interdit. Et pourtant ! Certains y croient encore, ou veulent y croire ! Les auteurs de science-fiction bien évidemment, quelques théoriciens légèrement illuminés, quelques explorateurs fous.
C’est à MM. Guy Costes et Joseph Altairac que l’on doit la bibliographie la plus récente et la plus complète sur le sujet : LES TERRES CREUSES, bibliographie commentée des mondes souterrains imaginaires. (parue aux édition Encrage, 2006. 1 volume grand in-8 de 799 pages, cartonnage rigide imprimé de l’éditeur, cet ouvrage est encore disponible dans les meilleures librairies). C’est en discutant un jour de ce sujet avec M. Guy Costes que m’est venue l’idée de m’intéresser à ces théories farfelues. Autant d’utopies scientifiques ou pseudo-scientifiques qui nous étonnent aujourd’hui par leurs concepts le plus souvent hasardés.
Depuis Aristote et Sénèque qui considéraient la Terre comme un être vivant ayant ses propres vaisseaux sanguins ou lymphatiques, idée qui ressurgira au cours des XVIè, XVIIè et XVIIIè siècle ; en passant par la révolution copernicienne, les découvertes de Kepler, Galilée, qui changent la manière de regarder et de comprendre le globe terrestre : celui-ci devient une écorce de terre, de pierres, de métaux, d’eau, …, sous lesquels se cache un grand aimant. Léonard de Vinci parle dans ses carnets de « profondes et larges cavernes dissimulées aux entrailles de la Terre ». Et puis il y a l’énigme des pôles, restée longtemps mystérieuse, inexplorés car inexplorables : certains pensent que la Terre est creuse aux pôles et qu’il y a forcément moyen d’y pénétrer. Il y a aussi la théorie des sphères concentriques d’Edmond Halley (celui de la comète – la Terre serait formée d’un noyau entouré d’une coque qui ne lui est pas solidaire, les deux sphères concentriques tournant à une vitesse légèrement différente, provoquant ainsi les variations du champ magnétique). Séduisant non ? La Terre que l’on connait serait creuse parce qu’elle contient une autre Terre au centre ! D’autres, un peu plus téméraires que les autres imaginent la Terre creuse et éclairée en son centre par un soleil, voire par deux soleils, c’est la théorie attribuée à l’écossais John Leslie (1766-1832). Avec le XIXè puis le XXè siècle, les connaissances scientifiques s’affinant, on arrive à des théories extravagantes pseudo-scientifiques qui feront la joie des scénaristes de films de SF de la fin du XXè siècle.
De là à y imaginer la vie humaine dans ces mondes, il n’y a qu’un pas pour les plus imaginatifs.
Les auteurs de cette somme bibliographique nous décrivent et commentent avec précision et un esprit critique remarquable, plus de 2.200 ouvrages sur le sujet, un véritable défi ! Le moindre roman de SF français, anglais, américain, allemand, etc. a été soigneusement étudié et nous permet de voyager parmi toutes les théories les plus étonnantes.
C’est la découverte et la lecture d’un de ces ouvrages référencé qui m’a amené à approfondir le sujet : Voyage au centre de la Terre ou Aventures de quelques naufragés, dans des pays inconnus ; traduit de l’anglais par M. J. Saint-Albin (pseudo de Collin de Plancy). Tel est le titre de cet ouvrage. Composé de 3 tomes in-12 d’un peu plus de 200 pages chaque, ce volume est édité à Paris chez Collin de Plancy et Cie (à l’époque imprimeur), rue Montmartre et chez Rapilly, libraire, boulevard Montmartre. Il porte la date de 1823. Chaque volume sort de l’imprimerie de David, rue du Pot de fer à Paris. L’ouvrage est orné de 6 gravures à l’eau-forte non signées. Notre exemplaire porte le tampon de la bibliothèque de Marcel Bekus. Collin de Plancy ? Cela ne vous dit-il rien ? Oui, bien sûr, c’est lui ! L’auteur bien connu du Dictionnaire infernal (1818-1863). Farouche anticlérical dans la première partie de sa vie, il publie des ouvrages audacieux voire hérétiques aux yeux du catholique convaincu qu’il devient ensuite et qu’il restera jusqu’à la fin de ses jours. Né en 1794, anticlérical jusqu’en 1837, il mène une vie dévote jusqu’à sa mort en 1881. On pourrait presque penser que Collin de Plancy a vécu trop longtemps pour être cohérent avec lui-même (c’est un simple avis personnel totalement subjectif). La curiosité m’a poussé à faire quelques recherches sur cet ouvrage « fort peu lu » comme l’annonce Costes et Altairac dans la notice qui lui est consacrée. Ce serait trop long de vous résumer ce livre alors je vais me contenter de vous en citer quelques passages significatifs :
Le personnage principal, dénommé Clairancy s’exprime ainsi à ses compagnons d’aventure lors de leur arrivée dans cette terre intérieure : « Un savant physicien a prétendu, au commencement du dix-huitième siècle, que la Terre qui vient de nous perdre ne pouvait être compacte, puisqu’ayant trois mille lieues de diamètre, il y en aurait au moins deux mille neuf cent d’inutiles. En conséquence, il supposait dans l’intérieur du globe terrestre, un noyau métallique qui en réglait les mouvements. Ce système, que l’on rejeta alors comme un paradoxe, notre aventure en prouve la réalité. Voilà donc ce que je présume : la Terre, dont les hommes habitent la surface, qui a neuf mille lieues de circonférence n’a que cinquante ou cent lieues d’épaisseur dans1 toutes ses parties. Son intérieur est vide, et lui donne au centre la forme d’un globe ; au milieu de ce globe est un noyau ou une autre planète plus petite, et ce noyau est d’aimant ; nous en sommes convaincus par la nécessité où nous venons d’être réduits d’abandonner tout le fer que nous portions avec nous (…) ce qui nous embarrasse le plus, c’est de voir le ciel, quand nous avons de toutes parts la terre au dessus de nos têtes. Mais il se peut que le globe terrestre, opaque et sombre dans sa superficie, soit lumineux dans ses parties inférieures, ou plutôt l’air qui nous environne nous cache la véritable nuance de ce demi-globe qui est au dessus de nous. Quant à la lumière que nous recevons ici, je pense qu’elle nous est communiquée par ces mêmes vapeurs magnétiques, qui, traversant les deux pôles, s’élèvent à une hauteur infinie, réfléchissent les rayons du soleil, font les aurores boréales, et sont peut-être aussi l’axe de la Terre (…) c’est encore à ces vapeurs magnétiques qu’on doit attribuer la direction constante vers les pôles, de l’aiguille aimanté (…) »
C’est Collin de Plancy qui en est l’auteur. Notre exemplaire porte la date de 1823 mais cet ouvrage date de 1821, de simples titres de relais ont été substitués aux premiers pour une remise en vente en 1823. Sans doute l’ouvrage n’a pas bien été vendu lors de la première diffusion.
Voici la description succincte de ce monde souterrain extraordinaire : Monde souterrain et ses 46 états dont Albur et ses 415 villes avec bien sûr une ouverture vers le Pôle nord. Les habitants sont végétariens, la faune, sauf exception, ne dépasse pas la taille de quinze centimètres. Deux de ses peuplades ont, une la peau jaune, l’autre la peau verdâtre…
Michel Meurger, dans sa notice pour la bibliographie de MM. Costes et Altairac, conclut : « Ce roman vaut plus par sa date de parution que par sa thématique, assez pâle. On est assez loin de l’imaginaire vernien. !»
Cet ouvrage porte le n° 56 de la bibliographie des Mondes souterrains imaginaires citée plus haut.
C’est sous le n°95 de la même bibliographie que l’on trouvera le Voyage au centre de la Terre (1864) de Jules Verne. Que penser ? L’étude de Daniel-Henri Pagneaux « Voyages aux sources du Voyage au centre de la Terre » ne fait état d’aucun modèle romanesque antérieur susceptible d’avoir influencé Jules Verne. Jules Verne se documentait pourtant beaucoup. A-t-il ignoré cet ouvrage ? L’a-t-il seulement lu ? S’en est-il inspiré ? Laissons là donc une comparaison qui semble s’arrêter au titre de l’ouvrage. C’est intéressant à noter tout de même qu’un ouvrage porte un titre identique près de 40 ans auparavant, sur un sujet semblable, même s’il est traité différemment. Une petite anecdote pour finir. Le saviez-vous ?
Certains chercheurs excentriques écumeraient régulièrement tous les documents en possession de la BNF concernant Jules Verne, l’Islande, le Sneffels et la vulcanologie. Ils seraient en effet persuadés que, derrière le roman de Jules Verne, se cacherait une histoire vraie, et chercheraient toujours et encore l’entrée de la Terre creuse…
Bibliophiliquement parlant, on sait l’engouement pour les Voyages extraordinaires de Jules Verne, et le Voyage au Centre de la Terre ne fait pas exception à la règle. L’ouvrage de Collin de Plancy, quant à lui, est beaucoup plus rare, mais évidemment beaucoup moins recherché des amateurs… il faut dire que cet ouvrage n’est guère connu que des spécialistes du genre…
Les utopies sont très recherchées en bibliophilie. C’est un pan entier de l’histoire des idées, de l’histoire des sciences qui est à explorer. Bonne lecture à tous !
Amitiés bibliophiliques, Bertrand
Amis Bibliophiles bonjour,« Cet exemplaire disponible chez un ami libraire n’est il pas plus désirable que le mien? Et si j’améliorais? ». « Que vaut-il mieux, un vélin d’époque ou un veau d’époque? », « Janséniste ou décoré, quel maroquin […]
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31 Commentaires
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It is appropriate time to make some plans for the long run and it’s time to be happy. I’ve read this submit and if I may I desire to counsel you some attention-grabbing things or advice. Maybe you can write subsequent articles regarding this article. I want to read more things about it!|
Point de vélin donc (en me tapant vigoureusement le front) mais point de veau non plus. Avoir à moitié raison c'est, de toute façon, avoir tout à fait tort. Je vais donc entrer : de parchemin teint sur une reliure carte à dos dans ma petite base de données interne (je n'informatise pas [encore]). Merci Jean-Paul, merci Thérèse, Olivier
Oui, Bibliophile Rhemus, c'était une erreur de parler de vélin dans mon premier message. Ce sont les parchemins qui étaient teintés. Pensez-vous possible que la reliure de Pouillet soit en parchemin ? Thérèse
Il ne faudrait pas confondre parchemin (peau de mouton ou de chèvre préparée et polie) et vélin (peau de veau mort-né ou de lait, préparée comme le parchemin, mais plus fine et plus blanche), sinon on ne comprendra plus rien, surtout dans leur utilisation en reliure teintée où il s'agit bien de parchemin.
même provenance, peut-être ? une vente de bibliothèque, une succession… qui aura séparé ces ouvrages restés voisins 300 ans. C'est bien triste tout ça !
@ Olivier : Jusqu’à la fin du XVIIIe, les relieurs collaient le cuir directement sur le dos du livre cousu, après avoir généralement renforcé le dos par des claies, bandes de papier ou de parchemin, collées entre les nerfs. A partir du début du XIXe, ils ont pris l’habitude de coller le cuir du dos sur une bande de carton fin de la largeur du dos, la « carte à dos ». Cela avait l’avantage de permettre une meilleure ouverture du livre et d’éviter que le cuir ne se brise au milieu du dos puisqu’il n’en était plus solidaire.
Les reliures en parchemin teinté, généralement vert, existaient à la fin du XVIIIe, plutôt pour des registres et des livres de comptes. Dudin (1772) parle, dans son chapitres « Des reliures qui font moins d’usage », de « reliures en parchemin simple […] qui est ordinairement teint en verd ». Et le Manuel Roret (1830): «Terminons ce paragraphe par un mot sur la fabrication du parchemin de couleur dans ces temps modernes. L’ Art du parcheminier, par M. de Lalande, offre p. 37, quelques détails su cet objet. « Il seroit fort aisé, dit-il, de donner au parchemin toutes les couleurs imaginables. Mais dans l’usage actuel des arts, nous ne voyons guère que le parchemin vert dont il se fasse une certaine consommation. On en teint aussi en jaune ; mais cela est beaucoup plus rare, si ce n’est en Hollande. » L’auteur donne ensuite différentes recettes pour le teindre en vert… »
J’ai trouvé trace de quelques reliures en parchemin teinté du XVe et du XVIe dans des catalogues de bibliothèques (notamment une reliure verte aux armes d’Urbain VIII Baberini au Vatican, une reliure « du XVIe en parchemin rouge à recouvrements et tranches teintées de bleu » à Lyon, et une reliure en parchemin rouge du XVe à l’Arsenal… mais je ne les ai pas vues… 🙂 Si quelqu’un a des lumières là-dessus….
En ce qui concerne le travail de Pouillet, j’avoue ma totale incompétence pour savoir s'il a pu utiliser de genre de matériau… Thérèse
Olivier, vous n'êtes pas seul ! j'avais aussi pensé au vélin, sans le dire vu mon peu d'autorité sur ces matières. Une carte à dos, est-ce un truc rigide qu'on met sous le machin (le vélin, peut-être, ici) pour le soutenir, lui donner sa forme et le rigidifier, donc, quand la reliure n'est qu'un emboîtage ?
Le livre rouge d’Olivier ressemble fort à du vélin teinté, sur une reliure à carte à dos. Ce qui expliquerait l’aplatissement du dos en tête, les déformations sur le reste du dos et le resserrement au niveau de la pièce de titre qui a empêché le vélin de se dilater. Thérèse
Pas de livre dans la chambre nuptial, sinon 3 ou 4 au chevet. Et de moins en moins d'achats au fil des années (mais de plus en plus de dépenses !) Ceci étant, comme il faut bien être optimiste et anticiper sur le long terme, j'ai aménagé cet été une nouvelle pièce spécialement pour les livres ( chanvre et chaux pour l'isolation, petites fenêtres pour la lumière)avec 22 mètres de linéaires, je devrais tenir quelques années …
Moi j'avais pensé à du vélin teint (pour le côté très lisse et brillant). En tout cas je ne crois pas au veau.
Amitiés, Olivier
PS : m'agacent ces bibliophiles avec leurs chiffres tarabiscotés. A chaque fois que j'ai essayé de déchiffrer celui-ci je suis arrivé à un résultat différent…
C'est assez difficile de se prononcer sur la matiére de ce livre rouge… ça a l'air très rigide pour être du veau, et la couleur…pour du parchemin? Il vous faut lire ce livre: LIVRE, POUVOIRS ET SOCIETE A PARIS AU XVIIEME SIECLE Par Henri-Jean Martin,Roger Chartier Il vous expliquera avec des graphiques, l'evolution des différentes productions. Quant à accumuler… avec dicernement, propre à chacun. P.de T.
L'accumulation d'ouvrages est source d'insatisfaction. Ouvrages hors champ du reste de la collection, livres en moins bonne condition que les précédents ou pire tarés, livres trop peu désirés, achats compulsifs regrettés. Ceci dit j'ai vu d'indiscutables très belles collections de livres en tous points remarquables bien insipides. Je veux dire qu'il y a des bibliothèques qui ressemblent à des catalogues de (très bons) libraires, mais sans âme. Une belle bibliothèque doit refléter les goûts et les préoccupations du bibliophiles, au mieux beaucoup de superbes livres et rares mais qui se répondent, mais avec une petite foule d'autres ouvrages parfois sans prix marchand mais qui complètent les premiers, qui les documentent, les éclairent, permettent d'ouvrir d'autres voies. Une limite au nombre d'acquisitions? Si on écarte le facteur financier, et la place, ne plus avoir le temps d'étudier, de référencer, d'ouvrir les nouveaux arrivants!
ce n'est pas certain… apparemment ces armes sont communes à 4 branches de la famille. Anne-Jacques a eu 2 frêres qui vivaient à cette date, et des cousins qui avaient le même blason : familles Montlouet, Bonnelles, Esclimont, Monchesne. CF la généalogie sur ce lien : http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/BULLION.PDF A noter que Auguste-Louis (son frère) était Chevalier de Malte et lui-même Chevalier du Saint-Esprit.
Bonjour. Merci Calamar de tes recherches. L'ex libris se trouve sur l'édition de 1727 de la Philosophie Occulte d'Agrippa. Je suis inculte en généalogie… penses-tu que cet ex libris puisse donc être celui de Anne-Jacques du Bullion (1679-1745), marquis de Fervacques ?
Bonjour à tous, Comme le souligne Gonzalo, il faut quelques détails pour compléter la question sur la durée d'impression d'un ouvrage au XVIIe siècle, les voici.
Le volume qui m'intéresse est un in-12 de 280 pages, imprimé à Amsterdam en 1688 par un imprimeur calviniste en exil, Pierre Savouret, le fameux imprimeur du Mutus Liber. Le titre de l'ouvrage est le suivant : La vanité des sciences ou les réflexions d'un philosophe chrétien sur le véritable bonheur, dont l'auteur est Isaac Papin.
ah oui, revendre… pour l'instant j'ai toujours résisté. Mais comme j'ai quelques doublons… bientôt ils seront dans l'ebayana !
Précision sur les armes de Bullion : la généalogie de la famille est visible sur internet, et apparemment ce blason est assez générique, et repris par la branche des marquis de Fervacques, dont par exemple Anne Jacques de Bullion (1679-1745) Marquis de Fervacques.
Pour ma part l'extension de ma jeune bibliomanie a été stoppée par le WAF (Wife Acceptance Factor pour ceux qui ne connaissent pas). Je suis donc limité à une petite bibliothèque vitrée qui doit contenir une centaine d'ouvrages. Je prend ça finalement comme une chance, je dois revendre autant que ce que j'achète et ma bibliothèque connait donc un turn over important où seuls les ouvrages les plus intéressants restent. Gain qualitatif tout en ayant le plaisir d'acquérir régulièrement… ou comment concilier bibliomanie et vie de couple sereine. 🙂
Pour le chiffre, je lirais bien CL… Essayer de se limiter, c'est un objectif louable, même si on sait qu'on peut toujours mieux faire… mais il me semble qu'il faut de toutes façons "un terreau", une hiérarchie, y compris dans mes étagères. Et en pratique c'est bien ça : les bibliothèques sont dévolues à certaines catégories d'ouvrages. Et dans ma chambre, les plus beaux (enfin, les moins vilains…) !
Concernant les délais d'impression d'un livre, cela reste trop vague pour qu'on puisse y répondre : quel livre (format, nombres de feuillets)? Quel atelier? Quel type d'ornments?
Un tirage de gravures en taille douce prend beaucoup plus de temps qu'un tirage de typo sur presse normale. Les ateliers n'ont pas tous le même nombre de presses et vont donc plus ou moins vite. Enfin,certaines brochures peuvent être imprimées en deux jours, tandis qu'une édition des oeuvres complètes d'Augustin en dix volumes peut prendre plus de trois ans…
Sans compter les distractions annexes: éditions "prioritaires" qui peuvent retarder le reste de la production, gel (hé oui!) qui empêche les presses de rouler (encre + eau ne sont pas compatibles avec le froid), grèves d'ouvriers, perte ou casse de matériel, pénuerie de papier, etc.
Les armes sont écartelées, de Bullion (D'azur aux trois fasces ondées abaissées d'argent, au lion d'or issant de la première fasce) et autre. L'autre est identifié sur le site de la commune de Davron, qui indique que "Par mariage avec une Mme VINCENT, les coquilles St Jacques se retrouvent sur les armoiries de Claude de BULLION".
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Point de vélin donc (en me tapant vigoureusement le front) mais point de veau non plus.
Avoir à moitié raison c'est, de toute façon, avoir tout à fait tort.
Je vais donc entrer : de parchemin teint sur une reliure carte à dos dans ma petite base de données interne (je n'informatise pas [encore]).
Merci Jean-Paul, merci Thérèse,
Olivier
Oui, Bibliophile Rhemus, c'était une erreur de parler de vélin dans mon premier message. Ce sont les parchemins qui étaient teintés.
Pensez-vous possible que la reliure de Pouillet soit en parchemin ?
Thérèse
Il ne faudrait pas confondre parchemin (peau de mouton ou de chèvre préparée et polie) et vélin (peau de veau mort-né ou de lait, préparée comme le parchemin, mais plus fine et plus blanche), sinon on ne comprendra plus rien, surtout dans leur utilisation en reliure teintée où il s'agit bien de parchemin.
même provenance, peut-être ? une vente de bibliothèque, une succession… qui aura séparé ces ouvrages restés voisins 300 ans. C'est bien triste tout ça !
Amusant,
Je viens d'acheter un livre qui contient le même ex-libris que celui de Frédérick…
Ce qui s'appelle faire d'une pierre deux coups…
Olivier
@ Olivier : Jusqu’à la fin du XVIIIe, les relieurs collaient le cuir directement sur le dos du livre cousu, après avoir généralement renforcé le dos par des claies, bandes de papier ou de parchemin, collées entre les nerfs. A partir du début du XIXe, ils ont pris l’habitude de coller le cuir du dos sur une bande de carton fin de la largeur du dos, la « carte à dos ». Cela avait l’avantage de permettre une meilleure ouverture du livre et d’éviter que le cuir ne se brise au milieu du dos puisqu’il n’en était plus solidaire.
Les reliures en parchemin teinté, généralement vert, existaient à la fin du XVIIIe, plutôt pour des registres et des livres de comptes. Dudin (1772) parle, dans son chapitres « Des reliures qui font moins d’usage », de « reliures en parchemin simple […] qui est ordinairement teint en verd ».
Et le Manuel Roret (1830): «Terminons ce paragraphe par un mot sur la fabrication du parchemin de couleur dans ces temps modernes. L’ Art du parcheminier, par M. de Lalande, offre p. 37, quelques détails su cet objet. « Il seroit fort aisé, dit-il, de donner au parchemin toutes les couleurs imaginables. Mais dans l’usage actuel des arts, nous ne voyons guère que le parchemin vert dont il se fasse une certaine consommation. On en teint aussi en jaune ; mais cela est beaucoup plus rare, si ce n’est en Hollande. » L’auteur donne ensuite différentes recettes pour le teindre en vert… »
J’ai trouvé trace de quelques reliures en parchemin teinté du XVe et du XVIe dans des catalogues de bibliothèques (notamment une reliure verte aux armes d’Urbain VIII Baberini au Vatican, une reliure « du XVIe en parchemin rouge à recouvrements et tranches teintées de bleu » à Lyon, et une reliure en parchemin rouge du XVe à l’Arsenal… mais je ne les ai pas vues… 🙂 Si quelqu’un a des lumières là-dessus….
En ce qui concerne le travail de Pouillet, j’avoue ma totale incompétence pour savoir s'il a pu utiliser de genre de matériau…
Thérèse
Olivier, vous n'êtes pas seul ! j'avais aussi pensé au vélin, sans le dire vu mon peu d'autorité sur ces matières.
Une carte à dos, est-ce un truc rigide qu'on met sous le machin (le vélin, peut-être, ici) pour le soutenir, lui donner sa forme et le rigidifier, donc, quand la reliure n'est qu'un emboîtage ?
Merci Thérèse,
Je me sens moins seul. Une question supplémentaire qu'est-ce qu'une reliure "à cartes à dos"…?
Olivier
Le livre rouge d’Olivier ressemble fort à du vélin teinté, sur une reliure à carte à dos. Ce qui expliquerait l’aplatissement du dos en tête, les déformations sur le reste du dos et le resserrement au niveau de la pièce de titre qui a empêché le vélin de se dilater.
Thérèse
Pas de livre dans la chambre nuptial, sinon 3 ou 4 au chevet. Et de moins en moins d'achats au fil des années (mais de plus en plus de dépenses !)
Ceci étant, comme il faut bien être optimiste et anticiper sur le long terme, j'ai aménagé cet été une nouvelle pièce spécialement pour les livres ( chanvre et chaux pour l'isolation, petites fenêtres pour la lumière)avec 22 mètres de linéaires, je devrais tenir quelques années …
Moi j'avais pensé à du vélin teint (pour le côté très lisse et brillant). En tout cas je ne crois pas au veau.
Amitiés,
Olivier
PS : m'agacent ces bibliophiles avec leurs chiffres tarabiscotés. A chaque fois que j'ai essayé de déchiffrer celui-ci je suis arrivé à un résultat différent…
Du cabinet de curiosité à la chambre "nuptiale" il n'y a que le premier bas qui goutte. En bon physiocrate "laissez faire, laissez passer".
René de BLC
C'est assez difficile de se prononcer sur la matiére de ce livre rouge… ça a l'air très rigide pour être du veau, et la couleur…pour du parchemin?
Il vous faut lire ce livre:
LIVRE, POUVOIRS ET SOCIETE A PARIS AU XVIIEME SIECLE Par Henri-Jean Martin,Roger Chartier
Il vous expliquera avec des graphiques, l'evolution des différentes productions.
Quant à accumuler… avec dicernement, propre à chacun.
P.de T.
L'accumulation d'ouvrages est source d'insatisfaction. Ouvrages hors champ du reste de la collection, livres en moins bonne condition que les précédents ou pire tarés, livres trop peu désirés, achats compulsifs regrettés. Ceci dit j'ai vu d'indiscutables très belles collections de livres en tous points remarquables bien insipides. Je veux dire qu'il y a des bibliothèques qui ressemblent à des catalogues de (très bons) libraires, mais sans âme. Une belle bibliothèque doit refléter les goûts et les préoccupations du bibliophiles, au mieux beaucoup de superbes livres et rares mais qui se répondent, mais avec une petite foule d'autres ouvrages parfois sans prix marchand mais qui complètent les premiers, qui les documentent, les éclairent, permettent d'ouvrir d'autres voies.
Une limite au nombre d'acquisitions? Si on écarte le facteur financier, et la place, ne plus avoir le temps d'étudier, de référencer, d'ouvrir les nouveaux arrivants!
Lauverjat
(je répondais à Frédérick bien sûr… le temps d'écrire la réponse, Rhemus a encore frappé !)
ce n'est pas certain… apparemment ces armes sont communes à 4 branches de la famille. Anne-Jacques a eu 2 frêres qui vivaient à cette date, et des cousins qui avaient le même blason : familles Montlouet, Bonnelles, Esclimont, Monchesne.
CF la généalogie sur ce lien :
http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/BULLION.PDF
A noter que Auguste-Louis (son frère) était Chevalier de Malte et lui-même Chevalier du Saint-Esprit.
Reliure de Pouillet en parchemin peint ?
Bonjour. Merci Calamar de tes recherches. L'ex libris se trouve sur l'édition de 1727 de la Philosophie Occulte d'Agrippa. Je suis inculte en généalogie… penses-tu que cet ex libris puisse donc être celui de Anne-Jacques du Bullion (1679-1745), marquis de Fervacques ?
Bonjour à tous,
Comme le souligne Gonzalo, il faut quelques détails pour compléter la question sur la durée d'impression d'un ouvrage au XVIIe siècle, les voici.
Le volume qui m'intéresse est un in-12 de 280 pages, imprimé à Amsterdam en 1688 par un imprimeur calviniste en exil, Pierre Savouret, le fameux imprimeur du Mutus Liber. Le titre de l'ouvrage est le suivant : La vanité des sciences ou les réflexions d'un philosophe chrétien sur le véritable bonheur, dont l'auteur est Isaac Papin.
Merci d'avance pour vos réponses !
Bien à vous,
Thomas
Je pense qu'Hugues devrait lancer un concours de photos de bibliothèques. Cela pourrait-être amusant.
Olivier
ah oui, revendre… pour l'instant j'ai toujours résisté. Mais comme j'ai quelques doublons… bientôt ils seront dans l'ebayana !
Précision sur les armes de Bullion : la généalogie de la famille est visible sur internet, et apparemment ce blason est assez générique, et repris par la branche des marquis de Fervacques, dont par exemple Anne Jacques de Bullion (1679-1745) Marquis de Fervacques.
Pour ma part l'extension de ma jeune bibliomanie a été stoppée par le WAF (Wife Acceptance Factor pour ceux qui ne connaissent pas). Je suis donc limité à une petite bibliothèque vitrée qui doit contenir une centaine d'ouvrages. Je prend ça finalement comme une chance, je dois revendre autant que ce que j'achète et ma bibliothèque connait donc un turn over important où seuls les ouvrages les plus intéressants restent. Gain qualitatif tout en ayant le plaisir d'acquérir régulièrement… ou comment concilier bibliomanie et vie de couple sereine. 🙂
Pour le chiffre, je lirais bien CL…
Essayer de se limiter, c'est un objectif louable, même si on sait qu'on peut toujours mieux faire… mais il me semble qu'il faut de toutes façons "un terreau", une hiérarchie, y compris dans mes étagères. Et en pratique c'est bien ça : les bibliothèques sont dévolues à certaines catégories d'ouvrages. Et dans ma chambre, les plus beaux (enfin, les moins vilains…) !
Concernant les délais d'impression d'un livre, cela reste trop vague pour qu'on puisse y répondre : quel livre (format, nombres de feuillets)? Quel atelier? Quel type d'ornments?
Un tirage de gravures en taille douce prend beaucoup plus de temps qu'un tirage de typo sur presse normale. Les ateliers n'ont pas tous le même nombre de presses et vont donc plus ou moins vite. Enfin,certaines brochures peuvent être imprimées en deux jours, tandis qu'une édition des oeuvres complètes d'Augustin en dix volumes peut prendre plus de trois ans…
Sans compter les distractions annexes: éditions "prioritaires" qui peuvent retarder le reste de la production, gel (hé oui!) qui empêche les presses de rouler (encre + eau ne sont pas compatibles avec le froid), grèves d'ouvriers, perte ou casse de matériel, pénuerie de papier, etc.
Les armes sont écartelées, de Bullion (D'azur aux trois fasces ondées abaissées d'argent, au lion d'or issant de la première fasce) et autre.
L'autre est identifié sur le site de la commune de Davron, qui indique que "Par mariage avec une Mme VINCENT, les coquilles St Jacques se retrouvent sur les armoiries de Claude de BULLION".
Ce commentaire a été supprimé par l’auteur.
C'est la devise et peut-être l'ex-libris de Claude de Bullion, surintendant des Finances de Louis XIII, 1580-1640.